LA THÉRAPEUTIQUE DU CANCER
L'étude biologique du cancer faite au cours de cet article nous a amené à souligner deux notions importantes qui vont trouver leur application pratique dans la thérapeutique anticancéreuse.
Le cancer réconnaït, du point de vue éliologique, des causes essentiellement multiples ;
Le cancer à son début, et durant un temps variable, est une maladie locale.
La multiplicité des causes étiologiques du cancer, comme la richesse de ses formes anatomiques nous expliquent vraisemblablement les difficultés que l’on rencontre à trouver un traitement unique et spécifique des cancers.
L'existence d’une phase locale, au début de la maladie, nous fait comprendre pourquoi les différents traitements employés jusqu'ici et qui ont uné aclion strictement locale n'ont d'effet que s'ils sont institués dès le début. |
Mais, tôt ou tard, cette phase locale est dépassée et le cancer devient une maladie générale. Il faudrait alors pouvoir recourir à des méthodes d'ordre général dont les effets tendraient à donner à l'organisme les moyens de lutter contre l’envahissement cancéreux. Malheureusement, les nombreux efforts tentés dans cet ordre d'idées — et que nous aurons à exposer très rapidement — n’ont donné jusqu'ici, tant en vaccinothérapie qu'en sérothérapie et chimiothérapie, que des résultats insuffisants.
La thérapeutique du cancer comprend donc deux ordres de méthodes :
Les méthodes directes qui portent leurs effets sur la tumeur elle-même;
Les méthodes indirectes qui s'efforcent de donner à l'organisme les moyens de résister au développement du cancer.
Les méthodes directes comprennent l’exérèse chirurgicale et les traitements par les agents physiques et chimiques.
Les méthodes indirectes font appel aux moyens susceptibles d’entraver l'extension du cancer, en essayant de modifier le terrain sur lequel il se développe, par la stimulation des moyens de défense de l'organisme.
Tels sont les essais de sérothérapie anticancéreuse qui un Jour peut-être entreront dans le domaine de la thérapeutique, mais qui, actuellement, ne sont encore que d’intéressantes expériences de laboratoire.
On peut aussi classer, parmi les méthodes indirectes, celles qui utihsent des substances non douées par elles-mêmes de propriétés curatives, mais qui sont peut-être capables de renforcer les moyens de défense de l'organisme, de modifier l'évolution du cancer ou encore d'augmenter l'efficacité d’autres procédés de traitement. A cette catégorie appartiennent la magnésie, le soufre, les extraits de glandes endocrines, par exemple.
Gusrave Roussy et Maurice Wozrr.
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C’est dans ce groupe de faits que rentrent également les tentatives toutes récentes de protéinothérapie dont nous aurons à dire quelques mots.