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IV. — VACCINOTHÉRAPIE, SÉROTHÉRAPIE, BACTÉRIOTHÉRAPIE

De nombreux essais ont élé faits en vue de créer dans l’organisme une immunisation anti-cancéreuse active ou passive.

Les premiers essais de sérothérapie datent de 1895 et appartiennent à Richet et à Héricourt. Dans leur communication à l’Académie des Sciences, ces auteurs apportèrent les résultats obtenus par l'injection quotidienne de 5 à 5 c. c. d’un sérum d’âne ou de chien chez lesquels on avait'au préalable inoculé un ostéo-sarcome humain broyé, stérilisé et filtré. Ces auteurs notèrent une amélioration de l’état local des tumeurs et de l’état général des malades. Ces résultats, d’ailleurs temporaires, furent RE SIgnalés par d’autres auteurs, mais Arloimg et Courmont ont obtenu des effets semblables en injectant du sérum d’âne normal; ce qui leur enlève tout caractère spécifique.

Par des inoculations répétées de cancer humain à des lapins, Delbet a essayé d'obtenir un sérum doué de propriétés spécifiques ; mais les résultats n’ont pas été satisfaisants.

Des tentatives de vaccinothérapie ont été faites en série, chez l'animal, par Jensen et par Blumenthal, avec des résultats jusqu'ici incerlains, el He l’homme par Delbet, puis par Coca et Gilman. .

Delbet a injecté à des malades, immédiatement après l'intervention, une certaine quantité de leur propre tumeur, broyée et diluée dans du sérum ; celte injection est répétée deux fois à des étapes plus ou moins éloignées. L'injection de la tumeur broyée, même en quantité considérable, n’a modifié en rien l'évolution du cancer (Delbet).

L’immunisalion active créée au moyen de liquide ascitique (Hodenpyl) ou de lymphe de cancéreux (Magnant) par l’absorption digestive de tissu tumoral (Seeligmann) ou par l'emploi de tissu tumoral en fermentation autolytique (Jensen, Blumenthal, Pinkus et Klominger) n’ont pas donné d'effets appréciables.

Nous ne ferons que signaler, pour mémoire, les essais infructueux tentés par la cancroïne AE el par la nectrianine de Bra.

La bactériothérapie, en faveur au moment où fleurissaient les théories bactériennes du cancer, est à l'heure actuelle complètement abandonnée, les résultats favorables publiés par certains auteurs n’ont pas été confirmés par les expériences de contrôle, et semblent devoir se rapporter plutôt à des tumeurs secondairement infectées.

Nous citerons en terminant le procédé de protéinothérapie proposé récemment par À. Lumière, et qui n'est encore qu’une hypothèse de tenta- Lives thérapeutiques. Il consisterait à sensibiliser le sujet cancéreux à l’aide d’une albumine étrangère quelconque, sensibilisation suivie de l'injection de la même albumine dans la tumeur pour « déterminer à ce niveau des phénomènes de floculation qui compromettront la vitalité des tissus néoformés et qui, peut-être, arrêteront le processus prolifératif ».

LE CANCER, DU POINT DU VUE SOCIAL., Fasc.. V. — 705

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