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MARCHE DE L'INFECTION APPARITION ET DISPARITION DES SPIROCHÈTES

Les spirochètes neuvent apparaître dans le sang moins de 24 heures avant le début de l'élévation thermique: nous avons constaté ce fait sur un

Spirochèles dans le sang de malades alteints de fièvre récurrente. Fig. 6. — Pendant la période d’état. Fig. 7. — I]mmédiatement avant la crise.

médecin de Tunis qui s'élait inoculé expérimentalement en souillant sa peau légèrement excoriée avec le produit de broyage d'un pou infecté; ce qui représente, ainsi qu'on le verra plus loin, les conditions ordinaires du mode de contagion. Dans d’autres cas, au contraire, les spirochètes sont encore absents le lendemain du début de la fièvre. Il est exceptionnel qu'on doive attendre au delà de: ce délai pour établir le diagnostic par l'examen microscopique du sang. |

Dans les premiers temps de l'infection, les spirochètes présentent l'aspect de spirales rigides et se meuvent activement, avec des mouvements de

vrille, dans le champ du microscope. Aux approches de la erise, les spiro-

chètes deviennent languissants, flexueux, leurs mouvements serpentiformes ; finalement, ils s'agglutinent entre eux et constituent des pelotons souvent très volumineux. Puis, ces amas disparaissent brusquement au moment de la crise, si bien qu'une demi-heure après le début des sueurs, annonçant celle-c1, on n'en retrouve plus un seul en cireulation.

IMMUNITÉ. Fasc. V. — 49

Cette disparition n'est cependant pas totale. Des examens palients finissent presque toujours par déceler dans le sang a présence de quelques spirochètes attardés, peu mobiles; on les retrouve pendant 2% heures, souvent plus longtemps. Edm. Sergent et Foley, ont montré, par des inoculations aux souris, que le sang des malades demeure infectieux pendant la période intercalaire qui sépare deux accès, sans qu'on puisse constaler au moyen du microscope la présence des spirochètes, tellement ils y sont peu nombreux. Il est probable que c’est surtout au niveau des organes qu'a Heu la retenue et la multiplication consécutive des spirochètes qui survivent à la première crise et dont la pullulation nouvelle produira la rechute.

Au moment de celle-ci, les spirochètes évoluent dans le sang suivant un cycle analogue à celui du premier accès; à la dernière crise, ils disparaissent définitivement.

Le mécanisme de la disparition des spirochèles a soulevé de nombreuses discussions ; la régularité, la vitesse et la netteté avec laquelle se produit le phénomène de la crise, l'immunité solide qui lui succède ont, en effet, dès l'origine, orienté l'attention des chercheurs vers la fièvre récurrente comme vers l'objet d'étude le plus convenable pour élucider certaines questions touchant l'immunité. Les phénomènes prémoniloires de la crise, immobilisalion et agglutination des spirochètes, sont dus à lapparilion, dans le sérum du malade, de substances agglutinantes. On peut, in vitro, en se servant de spirochètes parfaitement mobiles, produire immédiatement leur agelutination en les additionnant d'un peu de sérum sanguin provenant d’un sujet récemment guéri. |

Les amas de spirochètes, délerminés par l’agglulination, sont souvent très volumineux. Ils forment des embolies dans les capillaires de tous les organes, surtout dans ceux du poumon, de la rale et du foie; ils s’y arrêtent à l’état de masses inertes et deviennent rapidement la proie des phagocytes macrophages. Il paraît probable que Ia phagocylose des sprrochètes commence dès les premiers moments de l'infection et qu'elle se poursuit sans discontinuer jusqu'à lenglobement massif qui accompagne la crise. Les macrophages sont en effet capables de se saisir de spirochèles très actifs, de les englober et de les digérer. Metchnikoff a constaté ce fait en examinant la sérosité péritonéale vivante d’un cobaye soumis préalablement à l'inoculation intrapéritonéale de sang infectieux. C'est vraisemblablement cette digestion phagocytaire des spirochèles, poursuivie dès le début de l'accès, qui détermine en fin de comple lapparition des agglutinines dans le sérum; car il est désormais établi que les anticorps dérivent d'une réac- Lion des leucocytes sur l'antigène.

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