‹ Nouveau traité de médicineChapitre 30 sur 189 · DE LA FIÈVRE RÉCURRENTE ET DE LA FIÈVRE DÉS TIQUES · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE RÉCURRENTE ET DE LA FIÈVRE DÉS TIQUES

Évolution des spirochètes chez les arthropodes (Ornithodorus et

poux). — L'évolution des spirochèles dans lorganisme de larthropode transmetteur ne peut s'étudier avec méthode que si lon posséde une bonne technique de conservation et d'élevage de ces arthropodes. Celle des orni- (hodores est depuis longtemps répandue dans les laboratoires, on trouvera notre méthode d'élevage des poux exposée dans l'article sur le typhus exanthématique.

La connaissance de la transmission de Sp. Duttoni.par les ornithodores a précédé la découverte du rôle des poux dans celle de la fièvre récurrente. Aussi, l’évolution des Spirochèles dans l'organisme des acariens avaital déjà fait l’objet de nombreuses recherches. Sur ce terrain, d’ailleurs, le problème se trouvait posé dans des conditions particulièrement favorables, en raison de la connaissance antérieure d'une autre maladie, la spirillose des poules, transmise par Argas persicus, un acarien voisin d'Ornithodorus imoubata.

Dutton et Todd avaient émis l'hypothèse que les spirochèles parcouraient, chez O., moubata un cycle comparable à celui que présentent les prolozoaires pathogènes les mieux connus chez différents insectes. D'observalions nombreuses, Leishmann a cru pouvoir conclure que, chez les ornithodores, les spirochètes se résolvent en grains de chromatine. On retrouverail ceux-ci dans le tube digestif, dans les tubes de Malpighi, les ovaires, l'œuf et même dans les tissus de l'embryon, depuis les premiers stades du développement jusqu'à l’état adulte. L'arthropode placé à 34 ou 3%, ces granules redonneraient des spirilles. Balfour aurait constaté la même évolution des spirochètes des poules dans les tissus d'Argas persicus; il aurait infecté des poussins en leur inoculant des larves de ces acariens contenant de nombreux granules et pas de spirilles. Hindle a confirmé ces faits qui ont été acceptés pendant plusieurs années, en raison de l'autorité des noms de ces savants. : |

G. Blanc, moculant à une poule le produit de broyage d’argas antérieurement nourris sur un animal atteint de spirochélose et conservés depuis pendant quatre mois à jeun à la température du laboraloire, à reproduit chez elle la spirillose, bien que les acariens inoculés n’eussent pas montré de spirilles dans leurs tissus. Retrouvant les granules de Leishmann chez des argas non infectés, 1l leur dénie tout rapport avec les spirochètes qu'il suppose devoir passer par une forme ullra-microscopique et filtrante.

Plus tard, Marchoux et Couvy ont apporté de nouvelles observations à l'appui de cette conception. Ils ont poursuivi également leur étude sur A. persicus el Sp. gallinarum. On ne peut, suivant eux, inoculer un fragment de Lissu d'argas sans inoculer les spirochèles, qui parasitent constamment ces tissus; mais, pour déceler ces spirochètes, l'emploi du violet de gen- Liane el non du Giemsa est nécessaire; d’où l'erreur des auteurs anglais qui les ont ainsi laissé passer sans les voir. La durée de persistance de linfection chez l’arthropode est pour ainsi dire indéfinie, puisqu'on les retrouve après onze mois dans le liquide sanguin d’argas conservés à jeun à 15° ou après à mois de jeûne et de séjours fréquents à la glacière. Le jeûne amène les spirochètles à un élat d'extrême finesse: toutefois, il suffit de nourrir un

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