SODOAU
cobaye du sérum de convalescent et du sang de cobaye contenant des spirochaeles. Même résultat in vitro.
L'inoculation du sang humain produit chez la souris et le cobaye une septicémie à spirochaete et réalise chez le macaque la maladie expérimentale (fièvre, éruptions). Futaki propose le nom de Spirochaela morsus muris:; Dujarric de la Rivière, celui de Sp. Japonica: pus celui de Spironema Sodoku.
Étiologie. — Bien que les rats n'aient jamais été observés au moment où ils contaminaient les individus, il apparaît comme très. probable qu'ils devaient être infectés : leur rôle semble analogue à celui du chien dans la transmission de la rage et l'agent infectant Re vrasemblablement se trouver dans la salive de féoimar D'après une opinion ancienne, les rats de maison seraient plus ‘dangereux que d’autres et le rat poursuivi el traqué
Fig. 1. — Spirochètes du Sodoku dans le sang du cobaye. Forme courte. (D’après, Futaki, Takaki, Taniguchi et Osumi, in Journ. exp. Med.).
serait plus à redouter. Enfin le sujet doit être dans un état de réceplivité morbide : on a vu, en effet, un individu mordu à plusieurs reprises et n'être contaminé qu'à la dernière morsure. Le poison exerce son action nocive sur tout l'organisme, mais 1l Ièse surtout le système nerveux, ainsi qu’en témoignent les troubles intellectuels, moteurs sensilifs : l'exanthème, Purticaire sont causés par une atleinte des nerfs vaso-moteurs.
Anatomie pathologique. — Quelques aulopsies ont été bi les lésions sont tout à fait banales et consistent en hyperhémie du rein, du foie, des capsules surrénales, de la pie-mère spinale.
À l’aulopsie d'une souris inoculée, on trouve le spirochaete dans les sanglions, dans les cellules corticales des capsulés nes mais surtout He les reins.
D'après Prœscher les modificalions présentées par la peau au niveau de la morsure sont les suivantes. Macroscopiquement, elle est infiltrée par une masse blanchâtre, de consistance ferme, ne présentant pas trace de pus. Au microscope : l'épiderme épaissi par places, normal à d’autres, présente une dépression qui, remplie par un caillot sanguin et quelques polynucléaires, se continue par une fissure jusqu'au derme. |
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE, Fasc. V. — 67
Le derme ne contient ni follicules pileux, ni glandes sébacées, ni glandes sudoripares ; il est infiltré, particulièrement auwdessous de la dépression décrite plus haut, par des cellules endothéliales mal colorées, par des cellules rondes fortement colorées el par des polynucléaires. Ces différents éléments sont séparés les uns des autres par une substance fibnillare et des faisceaux de tissu conjonctif scléreux. Il existe, en outre, des formations tubulées ou arrondies, ressemblant à des amas lymphatiques, et entourées par une advenlice délicate de longues cellules fusiformes : 1l y a même des éléments tout à fait anormaux qui doivent être des clasmatocytes.
Symptômes.— L'incubation est très variable :
elle oscille le plus ordinarement entre 2 el 5 semaines : elle peut atteindre 2 mois el ne pas dépasser 2 Jours.
Puis le début se fait brutal en pleine santé. Le malade est abattu, le visage est rouge, la langue saburrale. La fièvre, symptôme dominant, apparaît; elle est franchement intermittente. Chaque accès fébrile se caractérise par les 5 stades de FRE frisson, de chaleur, de REZ ÉTÉHEEEELE EEE sueur, dure de 5 à 4 jours CHERE LEE EEE
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osta et Troisier),
le Sodoku.
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de fixe; ils se répètent pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois: puis, quand la guérison approche, ils deviennent moins intenses et s'espacent. La courbe thermique
D. Tripaur.
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a donc une évolution cyclique. Le deuxième phénomène est l'apparition d'une éruplion.
Il s'agit le plus souvent d’un exanthème. Sur loutle corps ou sur une partie du corps se montrent des macules rouges ou violacés, prenant par places l'aspect de plaques érysipélateuses ou de grands placards erythémateux.
L’exanthème peut être remplacé par de lurticaire généralisée; par des papules ressemblant à des papules svphilitiques, enfin par un semis de nodules sous-culanés très douloureux, gros comme des amandes.
En tout cas, l'éruption ne disparaît que très lentement et laisse quelquefois après elle une légère desquamalion. Elle peut évoluer parallèlement aux périodes fébriles ; elle s’atténue, s'efface même complètement dans les phases d’apyrexie pour se montrer à nouveau à chaque poussée thermique.
Les symplômes locaux. assez constants, sont dans certaines observations les premiers en date. L'endroit de Ia morsure est le siège d'un gonflement douloureux el rouge avec ou sans vésicules. [est possible d'y réconnaître les races de la morsure du rat. On‘constale une Iymphangite partant de la cicatrice de la blessure et gagnant le groupe ganglionnaire voisin hypertrophié.
I n'ya pas de symplômes viscéraux ; la rate et le foie sont normaux, mais une ébauche de syndrome surrénal à été signalée, caractérisée par de l’asthénie el un pouls rapide et dépressible.
En dehors de l'accès, l’état général est indemne : il s'allère cependant si la maladie se prolonge. Les périodes fébriles durent de 3 à 4 jours en moyenne ; la durée habituelle de la maladie est de 1! à 3 mois ; la guérison est la terminaison habituelle, après une courte convalescence.
D'après Horder, la formule leucocytaire subit des modifications assez importantes ; 1l y a une leucocytose notable: 18000 pendant les périodes fébriles et 8000 à 10000 pendant les intervalles apyrétiques.
D'après Frugont, la poussée éruptive serait marquée par une mononucléose modérée avec éosinophilie. Malgré ces réactions sanguines la rate est tout à fait normale, les ganglions ne suppurent jamais.
Le Sodoku ne se présente pas toujours avec ses caractères habituels ; la | lempéralure peut prendre les Lypes rémillent ou continu, ce qui serait d’un fâcheux augure.
Assez fréquemment, ilexiste des phénomènes généraux tels qu'un pouls ri pide et faible, une respiration courte, de l'angoisse précordiale, de la te des vertiges. Les symptômes nerveux acquièrent vile une grande importance el consistent en délire, stupeur, coma, en troubles moteurs et sensilifs : paresthésie, anesthésie, hyperesthésie. Les douleurs musculaires sont particulièrement fréquentes. Enfin ontélé décrites des douleurs abdominales avec diarrhée.
L'un des symplômes cardinaux, comme la fièvre, l'éruption, la réaction locale, peut manquer.
L'évolution de l'affection est elle-même extrêmement variable et ces changements portent sur le nombre des accès, leur durée, le laps de temps qui les sépare: la durée lLotale de la maladie est de ce fail modifiée, 2 poussées sont séparées par plusieurs mois et la maladie évolue pendant plusieurs années : le malade de Frugoni a été mordu en mai 1908 et a présenté des accès jusqu'en octobre 1910.
SYMPTOMES. Fasc. V. — (69
Des complications peuvent survenir. L'endocardilte infectieuse, des congeslions pulmonaires, des pneumonies sont notées, mais les néphrites sont surtout à mentionner et se révèlent par des œdèmes localisés aux extrémités et de l'albuminurie. Elles constituent la forme rénale du Sodoku.
{Troisier).
Enfin il faut dire que la terminaison peut être mortelle ; au Japon la morlalité s’éléverait à 10 0/0. |
Etant donné la variabilité des aspects du Sodoku, certains auteurs ont isolé des formes cliniques. Myake en à décrit trois:
1° Une forme fébrile avec éruption ;
Fig. 5. — Spirochète du Sodoku dans une coupe de ganglion 1y mphatique. Forme longue. Imprégnation à l'argent.
(D’après Futaki, Tataki, Taniguchi et Osumi, in Journ. exp. Med.)
2 Une forme apyrétique avec symptômes nerveux qui se subdivise en une forme suraiguë très grave el une forme aiguë :
® Une forme abortive avec un ou deux accès fébriles sans exanthème.
D° après Misoguchi, il y aurait # types principaux, le premier où 1l y a prédominance des symplômes locaux, gangrène ou suppuration de la eicatrice, éruplion localisée, Iymphangite, le second avec des accès fébriles intermittents eL un exanthème vésiculeux, le troisième caractérisé par des
D. THiBaur.
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douleurs articulaires ; et le quatrième où 11 y a prédominance des troubles ner veux.
Diagnostic. — Il se fail surtout par la nolion étiologique et par les principaux symplômes, fièvre intermittente, exanthème, douleurs musculaires.
L'exanthème fera songer à l’érythème noueux, à la rougeole, au purpura, à des éruptions toxiques ; les douleurs articulaires à un rhumalisme articulaire aigu ; mais la confusion sera beaucoup plus facile avec des seplicémiés de nature indéterminée ; surtout avec d’autres affections parasitaires, qui se manifestent par des fièvres intermittentes.
Le paludisme sera reconnu à la splénomégalie, à la présence de l’hématozoaire dans le sang ; la fièvre récurrente sera affirmée par la constatation du spirochaela recurrentis. La dengue n’est à diagnostiquer que dans les pays où elle sévit; la fièvre disparaît au bout de 3 jours et les phénomènes généraux sont beaucoup plus marqués.
La fièvre des tranchées comporte une splénomégalie toujours nette, mais cette affection et le Sodoku ont de nombreux traits de ressemblance, à telle enseigne que certains auteurs ont voulu les considérer comme une seule et même maladie. Enfin, la morsure du ral peut provoquer des septicémies tout autres que le Sodoku.
De tout ce qui précède, il ressort que si le pronostic du Sodoku est assez bénin, il doit, dans certains cas, comporter des réserves, ainsi que le démontrent les observations japonaises. soi ,
Traitement. — Il sera d'abord prophylactique : toute plaie, après une morsure de rat, sera désinfectée et cautérisée. Lorsque l'affection sera déclarée,.on administrera de l'huile camphrée, de la caféine. Frugoni a essayé latoxyl, sans grand succès d’ailleurs. En revanche, larsenobenzol a fourni d'excellents résultats.
Per H. VINCENT et J. RIEUX Médecin inspecteur général de [’armée, Médecin principal de l’armée, Membrz de {’ Académie de Médecine, Professeur au Val-de-Grâce.