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A. LAVERAN. Traité du paludisme, 1907, p

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voque des rides sur sa surface gène le développement des œufs et des larves. La végétation de plantes aqualiques, en immobilisant la surface de l'eau, en facilitant le repos el la ponte, joue, au contraire, un rôle favorable, à condition toutefois que cette végélalion ne soit pas trop dense.

Les larves d’Anophèles trouvent dans l’eau les aliments nécessaires à leur croissance ; elles se nourrissent de végétaux, mais surtout d'animaux (protozoaires et crustacés copépodes, daphnies, ete.); elles sont donc surtout carnivores; elles sont très voraces el s’attaquent, pour s'en nourrir, aux larves plus jeunes. Elles servent de nourriture aux poissons; aussi se développentelles difficilement dans les eaux poissonneuses. Elles trouvent enfin dans les herbages une protection contre ces ennemis naturels. Contrairement aux larves de Culex, qui aiment les eaux putrides, les larves d’Anophèles vivent de préférence dans les eaux claires, limpides, dont la propreté est entretenue par des protozoaires et des animaux inférieurs qui se nourrissent de bactéries. S'il y a une pellicule composée de bactéries et d’autres animaux inférieurs, les larves d'Anophèles, dépourvues d’appendice stigmatifère, meurent. Toutefois, certaines espèces, comme Pyrelophorus Chaudoyei, supportent de vivre dans l'eau très fortement salée de certaines mares: elles peuvent enfin vivre pendant quelques jours dans la‘boue humide.

Les Anophèles adultes sont, contrairement aux Culex, des insectes ruraux. Is vivent en dehors des villes, dans les faubourgs, au voisinage des fermes, des villages, en rase campagne enfin. Ainsi s'explique ce fait d'observation depuis longtemps reconnu, qu'on ne contracte pas le paludisme dans les villes, mais qu'on peut le contracter dès qu'on les quitte el surtout dès qu'on est obligé d'habiter la campagne. -

Les Anophèles adultes se nourrissent de sucs végétaux : ils sont nalurellement phytophages; loutefois, 11 est remarquable que la femelle ne peut être fructueusement fécondée que si elle à fait un repas sanguin qu'elle trouve dans la piqûre de l'homme et des animaux. Un nouveau repas sanguin est nécessaire à l'efficacité d’une nouvelle fécondation. Ainsi s'expliquent le rôle de l Anophèle femelle dans la transmission de la malaria et son avidité dans la recherche de l’homme et de l’animal qui lui donnera le repas nécessaire. Ainsi s'explique aussi la rareté des mâles dans les habitations, en comparaison de la fréquence (10 fois plus grande, d’après Annett) des femelles: celles-ci, alourdies par le sang imgéré, sont incapables de s'éloigner. La piqûre se fait généralement le soir, après le coucher du soleil, el surtout la nuit, en pleine obscurité. Le moustique se repose assez longtemps au milieu de la nuit et reprend son vol au crépuscule du malin. La lumière artificielle l’attire, mais ne le retient pas. L’Anophèle s'attaque aux parties découvertes, mais sa piqûre peut fort bien se faire à travers une éloffe de faible épaisseur. La piqûre est généralement douloureuse; cerlaines espèces font une piqûre à peine sensible; certains individus, enfin, la supportent mieux que d'autres. Aussi ne doit-on pas lenir pour probantes les affirmations des paludéens prétendant n'avoir jamais été l’objet de piqûres de moustiques. Un moustique absorbe dans un repas moyen, en 2 à 5 minutes, environ 8/10 de mm. €. de sang. On peut se rendre compte du nombre de gamèles ingérés en comptant le nombre de gamètes correspondant à 100 leucocytes du

H.-VincENT et J. RIEUX.

sang d'un malade: On peut tenir qu'un malade est dangereux quand il à environ 12 gamètes par mm. €. de sang (Darling).

Quand l’Anophèle femelle est rassasiée de sang et durant tout le jour, elle se réfugie dans les coins sombres : feuillages épais, anfractuosités des troncs d'arbres (palmiers en Algérie), enfin tous les recoins obscurs des habitations, caves, écuries. Elle peut piquer plusieurs nuits de suite, même quand l'estomac est plein. Dans les pays tropicaux, {ous les moustiques femelles ont du sang dans l'estomac. L'abondance de laliment sanguin ne peut être que favorable au développement des œufs. À la fin de la saison chaude, les moustiques mâles meurent après avoir fécondé de nouveau les femelles; celles-ci choisissent pour hiverner des lieux où elles soient à l'abri du froid (caves, étables, etc.) et y passent l'hiver immobiles, sans se nourrir. Toutefois, dans les pays tropicaux, sans hiver proprement dit, les Anophèles conservent leur activité durant toute l’année. Si la saison des pluies est aussi celle du paludisme, c’est parce que ces pluies favorisent la ponte des œufs. Dans les autres contrées, la pérennité des Anophèles est assurée par l'hivernage des femelles fécondées, mais aussi par l'hivernage des larves et même des œufs, qui ne sont pas détruits par le froid ni le gel. Certains Anophèles n’hivernent que par leurs larves.

Les Anophèles adultes ne s'écartent pas beaucoup des mares qui servent de gîle aux larves. On admet qu'ils ne s'éloignent pas spontanément au delà d'un rayon de 800 à 1500 mètres. Ces conditions seraient peu favorables à l'extension de Ià malaria loin des « gîtes à larves », si d’autres n'intervenaient pour assurer le transport des Anophèles : intérieur des voilures, wagons de chemins de fer, chariots de paille, de fruits, de légumes, cabines et cales de bateaux; le vent jouirait, pour certains auteurs, d’une action semblable; À. Laveran n'est pas porté à l’admettre. Le rayon d'action de l’Anophèle, si peu étendu dans le sens hôrizontal, l’est moins encore dans le sens vertical. Ainsi s'explique l’immunité des altitudes et surtout des étages élevés.

La durée de la vie de l’Anophèle femelle peut être de 1 mois et demi à 2? mois. Pour les femelles qui hivernent, il est possible que les moustiques qui naissent à l'approche de l'hiver aient une vitalité plus grande. En tout ‘as, l'Anophèle femelle qui hiverne meurt après la première ponte de printemps. Il est admis que les Anophèles mâles meurent dans l’année après la copulation. Chaque ponte représente la mise en liberté de 150 œufs environ. Une saison palustre permet la production de 4 à 5 générations de moustiques. En admettant que chaque ponte donne naissance à 75 femelles, c'est par plus de 50 millions que se chiffre le nombre de femelles après la 4 génération, si les conditions extérieures favorisent le développement des générations SUCCESSIVES.

Les espèces d'Anoplèles répandues dans le monde sont assez nombreuses. On en connaît actuellement au moins 80. Certaines d’entre elles appartiennent à un territoire déterminé; d’autres, au contraire, se retrouvent un peu partoul; ainsi Æ. maculipennis, moustique des régions tempérées ou prétropicales. Toutes les espèces, enfin, ne sont pas également aptes à servir d'hôte intermédiaire et à propager le paludisme. Quant aux dénominations sous lesquelles on les désigne, elles sont inspirées soit par un détail struc-

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tural caractéristique, soit par le nom de celui qui a découvert l'espèce nouvelle, soit par le nom du pays qu’elles habitent.

L'une des espèces les plus connues est À. maculipennis, qui habite les régions Lempérées d'Europe et même d'Amérique (Canada, États-Unis) et aussi toute la région méditerranéenne (Corse, Italie, Grèce, Turquie d'Asie, Espagne, etc.); elle est caractérisée, comme son nom l'indique, par quatre taches brunes situées à la partie médiane des ailes. À côté d'elle, on trouve, en Europe : À. bifurcatus, Myzomyia superpicta (Halie, Grèce), Myzorhynchus pseudopictus (Italie). En Asie, citons parmi les principales espèces : 4. palestinensis, Myromyia Arabiæ, Myzomyia Chistopherst, Myzorhynchus Theobaldi (Inde, Cochinchine), Myzorhynchus si nensis(ChineetJapon). En Afrique, signalons dans la région du Nord :

A. algeriensis, qui habite surtout la zone du Tell, en Algérie; Pyretophorus chaudoyei, des régions sahariennes; P. sergenti, A. mauritianius, du Haut-Nil; Myzomuyia funesta, du Centre africain et de Madagascar. En Amérique, une des variétés les plus répandues de la région équatoriale est A. arqyrotarsis. Citons enfin, en Océanie, Myzomyia superpicta (Java, Bornéo), À. farauti (Nouvelles-Hébrides), etc. :

5° Modes d'étude de l'Anophèle. Fig. 71. Fig. 12. — Cristallisoir pour l'éle- — Un exposé sur la biologie de vage des moustiques. À, B, coul'Anophèle resterait incomplet s'il capturer les É + nu Fe ne comprenait au moins quelques oustiques. LE: plante aquatique. (D'après notions sur la technique à suivre À. Laveran.) dans la capture, l'élevage et l'exramen du moustique. Cette technique répond, pour la sporogonie, à celle des examens du sang pour la schizogonie. Ajoutons cependant qu'au point de vue médical, elle est beaucoup moins importante que cette dernière.

À) Larves et nymphes. — Les larves el nymphes d’Anophèles se capturent dans l’eau. Il convient de les chercher dans les eaux claires, stagnantes ou peu courantes. Il est facile, dans ces cas, de les recueillir à l’aide d’une cuiller qu'on glisse au-dessous d'elles. Quand on ne les voit pas et qu'on veul s’enquérir de l'existence des gites, on peut avoir recours soit à un filet à mailles fines qu'on promène dans l’eau et surtout dans les herbages qui sy trouvent et sur les bords, soit à un seau avec lequel on parcourt les mêmes régions de la surface de l’eau. Dans le premier cas, il faut déposer les larves caplurées. par le filet dans un récipient d’eau; la position caractéristique

Tube pour

H.t VinxceNT et J. RIEUX.

qu'elles ne lardent pas à prendre à la surface permet la délermination des genres. Dans le second procédé, il suffit d'examiner les larves dans le seau même qui les a recueillies.

Si l’on veut faire l'élevage des larves, il convient de placer celles qui ont été caplurées dans un vase demi-haut (cristallisoir, vase rectangulaire, etc.) où l’eau est renouvelée et où on a eu soin de mettre de l’eau du Heu même où la capture a été faite, afin que les larves y trouvent leur nourriture habituelle. Le récipient est recouvert d’une fine gaze, dans laquelle on ménage un orifice obturé par du coton : on peut par cet orifice introduire un tube pour caplurer les Anophèles naissant des nymphes. Cet élevage est le procédé de choix pour la détermination des espèces de Culicidés adultes, car c'est celui qui détériore le moins le moustique. |

B) Anophèles adultes. — La capture des Anophèles adultes se fait d'une manière courante à l’aide d’un tube à essai au fond duquel est placé un bourrelet d'ouate, imbibé au moment de s’en servir de quelques gouttes d'éther ou de chloroforme, et bouché par un autre tampon d’ouate. Sur le moustique que l’on voit posé (le soir ou le jour dans un coin obscur) sur un objet quelconque, on place lorifice du tube débouché; le moustique s’envole à son intérieur et est vite anesthésié par l’éther; on peut ainsi dans le même tube capturer un assez grand nombre de moustiques. Si on les laisse dans le tube, Féther finit par les tuer. On peut s’aider d'une petite lampe électrique pour découvrir les insectes.

Ceux-ci peuvent être encore capturés par des pièges à moustiques, boîtes à petite ouverture, placée sur la face abrilée du vent, dans les endroits obscurs; on peut en prendre ainsi des quantités considérables.

On peut enfin avoir recours à un filet à papillons à mailles fines, dit stopper où swatter, dans lequel les moustiques sont facilement emprisonnés, et on peut les recueillir par le procédé précédent du tube à essai.”

Les moustiques Lués peuvent être expédiés après avoir eu soin, pour éviler le développement de moisissure, de faire entrer dans le récipient qui les contient des vapeurs d'aldéhyde formique et d'y maintenir un petit morceau de camphre. On peut aussi les monter dans le baume de Canada, en ayant soin de bien étaler les ailes et de ne pas écraser les corps par une pression trop forte de la lamelle. On peut enfin les mettre dans lalcool absolu pur : mais ce procédé, qui demeure excellent pour la conservation des larves et des pupes, est considéré, tout au moins par certains auteurs, comme peu recommandable et inférieur aux autres. |

Si l'on veut capturer des Anophèles dans un but d'élevage, on peut uliliser soil des cages à paroi de bois et de treillis métalliques, soit des grands flacons à bouchon creux, dans lesquels on peut mettre de l’eau (Stephens et Christophers), soil des verres de lampe à gaz garnis à leur extrémité de gaze (Marchoux), soil enfin des cristallisoirs un peu élevés contenant de l’eau et fermés par de la gaze (A. Laveran). Quel que soit le procédé employé, il est nécessaire que l'air soit un peu renouvelé, que la tempéralure soit maintenue autour de 28°, que les moustiques puissent se nourrir (de préférence de sucre en poudre) et, si l'on veut obtenir une ponte, puissent faire des repas de sang: on y parvient en mettant au

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, contact du bras, l’orifice du récipient fermé à la gaze : le moustique pique à lravers elle; soit, si l'on se sert de cages, en introduisant dans elles de pelits animaux (oiseaux, souris, cobayes).

La dernière étude que l’on puisse faire sur les Anophèles capturés, c'est de savoir s'ils ‘sont infectés de Plasmodium et par conséquent susceptibles de transmettre la malaria; on en conçoit facilement l'intérêl en pays palustire. Mais cette épreuve est en réalité assez délicate et demande une réelle expérience. Il convient enfin de se garder de causes d'erreurs, dont la présence, dans l'organisme du moustique, d’autres parasites que le Plasmodium lui-même. |

L'examen des moustiques après détermination des femelles peut se faire soit par dissection, soit par coupes en paraffine. La dissection comprend elle-même l'extraction des glandes salivaires, susceptibles de contenir des sporozoïles, el celle de l'estomac, susceplible de renfermer dans sa paroi des zygotes et des blastes(!). Pour les besoins de la clinique on peut se contenter des opérations suivantes : sectionner la tête du moustique et praliquer, avec la surface de section thoracique, des frottis sur lames; on fixe les lames et on colore comme s’il s'agissait d’une lame de sang : on recherche les sporozoïtes (Ed. et EL. Sergent). On coupe par le milieu un ou plusieurs moustiques, on extrait en comprimant chaque moitié un peu de liquide, que l’on peut examiner en goutte pendante pour suivre le déve. loppement des zygotes, les mouvements des sporozoïles. Quant aux coupes en paraffine, elles ne diffèrent en rien de la technique habituelle en micrographie fine (dans le but de rechercher des microbes dans les lissus par exemple); il suffit que le moustique, débarrassé des ailes et des pattes, soit orienté dans lé sens de sa longueur. La coloration se fait comme pour les tissus: à l’'hématéine-éosine ou au Giemsa.

Ces examens demandent, nous le répétons, une cerlaime expérience pour être bien conduits et pour que les éléments de la sporogonie du Plasmodium soient exactement reconnus. [l convient de ne pas les confondre avec les autres parasites de l’Anophèle dont les prineipaux sont : des flagellés (du genre Crithidia en particulier), des filaires, des sporozoaires, des champignons el des levures, qui tous habitent le tube digestif du moustique: on trouve enfin, à la surface, des larves d’'hydrachnides. Comme le fait remarquer À. Laveran, « celte étude est intéressante parce qu'elle conduira peutêlre à la connaissance des parasites capables de détruire les Anophèles et pouvant par suile rendre des services dans la lutte contre Le paludisme (?) ».

PROPHYLAXIE

Nos connaissances scientifiques concernant l’étiologie du paludisme ont conduit à une prophylaxie rationnelle de cette maladie infectieuse.

Les principes directeurs s’inspirent de sa pathogénie, autrement dit de ce

1. Consulter pour cette technique, Marcnoux, art. Paludisme du Traité de path. exo-

tique, p. 79 et suiv.

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