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En. et ET. SERGENT. Loc. cit; p

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également diviser les mesures qu'elle comporte en mesures principales el secondaires, les premières ayant trait à la protection contre les piqûres du moustique, les autres à la destruction de l’insecte.

a) Mesures principales. — Elles consistent en la protection de l'homme contre la piqûre du moustique et par conséquent contre l'infection malarique. |

L'homme peut se protéger directement, soit en quiltant pendant la saison palustre la région infectée, pour habiter des pays salubres (ainsi, aux Indes, beaucoup de familles anglaises vont estiver sur les pentes de l'Himalaya ; de même, en Algérie, les individus des classes aisées habitant le Sud: vont

EMLorrrv, CR 3

Fig. 79. — Modèle de maison protégée totalement contre les moustiques. — Fenêtre 1, panneau inférieur déplaçable; fenêtre 5, panneau inférieur à coulisses; fenêtres 5 et

£ 4, doubles fenêtres grillagées. Le tambour, dont la porte est située sur le devant, laisse voir par transparence la porte d’entrée de la maison. (D’après A. Laveran.)

esliver dans les villes des Hauts-Plateaux), soit en adaptant à sa coiffure (casque ou chapeau), dès le soir, un voile moustiquaire introduit à la partie inférieure dans le vêtement, en abritant les mains par des gants de coton épais et les jambes par des chaussures munies de jambières, en dormant enfin sous une moustiquaire, dont les mailles ne doivent pas dépasser 1 mm 5, être exempte de déchirures, et être repliée la nuit sous le matelas. Il est recommandable enfin de camper ou d'habiter aussi loin que possible des villages indigènes, au moins à 1500 m., distance supérieure à la portée du vol de l’'Anophèle.

Mais la protection la plus importante et la plus digne de retenir l’attenlion est la protection indirecte, qu'on obtient par le grillage de foutes les ouvertures d’une habitation : portes, fenêtres, cheminées, ete. C’est la prophylarie mécanique.

Le grillage est obtenu par de la toile métallique dont les mailles doivent

H: VixcentT et J. RIEux.

être en moyenne de 1 millimètre à ! mm 5, de fil assez gros el fait de pré-

férence de fil de fer galvanisé, qui peut résister à loxydation pendant plusieurs années. Les toiles recommandables sont les loiles faites de fil n° 12, n° 1% ou fil P du commerce. À défaut de toile métallique, on peut employer le même tulle que celui des moustiquaires, ou mieux la toile canevas beaucoup plus solide et plus durable.

La loile employée doit être tendue sur un cadre de bois qui s'adapte exactement à l’orifice qui doit le supporter. Pour la fenêtre, on le visse sur le dormant; le cadre lui-même est construit de manière à présenter une partie mobile qui permet l'ouverture ou la fermeture, soit de la fenêtre, soit des volets extérieurs; la disposition en charnière est la plus simple

el la plus recommandable. Les portes sont munies d'un tambour extérieur

dont les trois faces sont garnies à leur moitié supérieure du même cadre à toile métallique. Les cheminées en possèdent également soit à leur partie inférieure, quand on n’y fait pas de feu, soit à leur partie supérieure. Toutes les autres ouvertures possibles : lucarnes, soupiraux, sont également obturées, par le même procédé. La maison tout entière peut ainsi être protégée. Mais cette protection est coûteuse. On peut se contenter de protéger les chambres à coucher, en ayant soin de garnir de toile métallique non seulement les fenêtres, mais aussi les cheminées et d'obtenir une étanchéité aussi parfaite que possible des portes par un lambour. On peut enfin étendre cette protection jusqu'aux vérandas, aux chambrées des casernes, aux salles d'hôpitaux. L'application en est évidemment d'autant plus difficile que la surface à protéger est plus grande et que le nombre des habi- Lants du local est plus élevé.

La protection mécanique doit en tout cas être très soignée. « Fout est

minulie dans l'installation des grillages; pas de planches fendues, pas de nœuds dans le bois, pas de serrures à clefs, pas de seuils déjetés; la moindre fente, le moindre trou, suffisent à l’Anophèle affamé pour pénétrer dans la place. Les pertuis que son instinct sanguinaire, exaspéré par le jeûne, lui fait découvrir sont parfois si pelits que, gorgé de sang, il ne peut plus les retrouver. » (Ed. et Et. Sergent.)

Les reproches qu'on fait aux grillages : celui de diminuer la lumière des chambres protégées, celui d’amoindrir leur ventilation, ne sauraient se soutenir: la lumière du Jour est toujours suffisante; quant à la ventilation, elle n’est pas très sensiblement inférieure à celle que fournit une fenêtre ouverte. En revanche, le bien-être apporté par le grillage, par la suppression des moustiques la nuit et des mouches le jour, est vile apprécié.

b) Mesures secondaires. — On peut dénommer ainsi les autres moyens employés pour chasser ou détruire les moustiques: Femploi de désinfectant des locaux, acide phénique, formol; l'emploi de substances diverses répandues sur les individus pendant le sommeil: essences diverses (térébenthine); l'emploi de la fumée de bois ou de papier, de la fumée de poudre de pyrèthre, de la fumée de tabac; enfin l'emploi de ventilateurs, qui, par le mouvement imprimé à l'air, éloignent les moustiques.

jouet et Roubaud (1912) ont recommandé l'emploi de vapeurs de crésol. Ce produit, placé dans un récipient à raison de à grammes par m.e.de local

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à désinsecliser, est évaporé par la flamme d'une lampe à alcool: cette : flamme doit être assez basse pour ne pas enflammer les vapeurs elles-mêmes: les premières vapeurs sont blanches, sans action sur les muqueuses olfaclive et conjonclivale; elles font place à des vapeurs bleues, plus irritantes. Ces vapeurs tuent Imstantanément les moustiques.

V. Conclusion. — Ces diverses mesures prophylactiques ne sont pas incompatibles et peuvent dès lors associer leurs efforts : ainsi la protection mécanique jointe à la quinisalion préventive. Toutes ne sont pas également applicables partout.

On peut hiérarchiser dans l'ordre suivant les mesures prophylactiques vis-à-vis de la malaria : À

1° Application des grandes mesures antilarvaires : culture et irrigation rationnelle des régions palustres.

2° Stérilisation par la quinine des individus infectés (réduction du réservoir de virus) et leur isolement tant qu'ils sont susceptibles de transmettre la malarta. :

9° Protection mécanique des habitations et des individus sains.

4° Quinisalion préventive.

9° Mesures secondaires contre les larves et contre les Anophèles adultes.

Mais, dans la pratique de la prophylaxie, les difficultés les plus grandes s'opposent à l'application stricte de ce programme idéal. On peut dire que ces difficultés relèvent des facteurs géographiques, sociaux et moraux.

Au point de vue géographique, ce qui peut être fait contre la malaria dans les régions européennes (Italie, Corse) où du nord de l'Afrique (Algérie, Tunisie, Egypte) n’est pas toujours réalisable dans les régions équatoriales. Dans certaines régions la pente naturelle des vallées permet le drainage facile’du sol (Malaisie); il n'en est pas de même dans d'autres (Italie par exemple) où la pente n'existe pas.

Des causes sociales peuvent aussi intervenir. Par léducalion, par la propagande, par la volonté, on peut obtenir beaucoup des populations européennes, même réfractaires. Peut-on en penser autant des peuples à peine ouverts à la civilisation (Centre Africain, Maroc)? De même la prophylaxie du villageois et du cultivateur peut être plus facilement obtenue que celle du soldat dans les camps, dans les bivouacs ou en campagne.

Enfin le facteur moral n'est pas négligeable et l'hygiène Ia plus rationnelle ne peut faire abstraction de l’incurie, de l'opposition ou de linsouciance de certaines populations. |

En matière de prophylaxie antimalarique, il est donc nécessaire d'étudier, dans chaque cas, quelles sont les mesures les plus opportunes parmi celles que nous avons exposées.

Ainsi vis-à-vis d'habitants autochtones de contrées palustres, le conseil de A. Celli est à retenir: D'abord la quinisation préventive, puis la protection mécanique, enfin les {travaux de salubrité du sol. |

Dans le cas de terres neuves à défricher, de routes à tracer, de conduite . d’amenée d’eau à construire, 1l est bon de conseiller que les (travaux soient effectués en dehors de la saison imsalubre : si ce conseil ne peut être suivi, c’est encore la méthode de Celli qui se recommande.

H. Vincent et J Rœux.

Dans le milieu militaire, deux cas sont à envisager: celui de la période d'expédition, celui de la période d'occupation. Les expéditions doivent être faites, autant que possible, pendant la saison non fébrigène. Sinon, on doit praliquer rigoureusement la quinisation préventive selon les règles que nous avons résumées; encore doit-on s'attendre en raison du surmenage et des conditions climatiques, à une efficacité restreinte. Mais dès l'occupation la protection mécanique, minutieuse et disciplinée doit prendre le pas sur toutes les autres, qui ne peuvent intervenir que comme mesures complémentaires. | |

Dans les localités infestées, la lutte contre la malaria doit être conduite avec énergie. Le médecin est le premier juge de l'opportunité des mesures à prendre. Au-dessous de lui, il est bon de créer des sortes de commissaires, ayant une éducation quelque peu médicale et entomologique, capables dès lors de poursuivre et de vulgariser l’œuvre antimalarique et ses divers moyens : quinine, défense mécanique, culture et irrigation rationnelles. L'instituteur dans la population civile, l'officier dans l’armée se présentent comme des agents lout indiqués pour cette vulgarisation. Leur concours peut être complété par les procédés habituels de propagande : champs de démonstrations comme ceux d'Algérie, prospectus, affiches des écoles et des gares, conférences, etc.

Par H. VINCENT À J. RIEUX Médecin inspecteur général de {’ Armee, Médecin principal de {’Arrrée, Membre de l’Académie de Médecine, Professeur au Val-de-Grâce.

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