BOUTON D'ORIENT
identique au sérum sanguin le plus clair. Ce liquide se concrète et forme une croûlelle jaunâtre, humide et adhérente que l’ongle arrache facilement. A ce stade encore, la lésion peut guérir sans laisser de traces durables.
À un stade plus avancé, on se lrouve en présence d’une ulcération de dimensions variables à bords irréguliers, festonnés et taillés souvent à l'emporte-pièce. Cette ulcération occupe le centre d’un large placard érythémateux el induré, de couleur rouge sombre, entouré dansles cas typiques d’une couronne de petits éléments papuleux semblables au bouton primitif et pouvant évoluer comme lui. Dans les cas anciens el graves, la lésion forme un gâteau pouvant présenter un diamètre de dix à douze centimètres, surélevé, constitué par une ou quelques ulcéralions suppurantes et entouré d'une auréole érythémateuse ou de boutons secondaires nombreux formant des saillies distinctes.
La réparation, dans ces cas, est particulièrement lente; dans aucun elle n’est rapide et demande, même quand le bouton en reste au stade de lésion suintante, un minimum de deux à trois mois. Une cicatrice irrégulière, gaufrée, pigmentée et indélébile, formée de la réunion de multiples petites cicatrices déprimées, permet le diagnostic rélrospectif.
Il n'est pas rare que l’évolution totale s’étende sur six mois, même un an.
Le bouton d'Orient peut être unique: les cas à trois ou quatre boutons sont les plus fréquents ; on peut en observer à la fois dix ou douze; on en aurait vu jusqu’à quarante el même soixante-dix-sept sur le même malade.
Unique ou multiple, le bouton d'Orient a pour siège les parties découvertes : face (surlout chez les enfants), mains, poignets, régions supérieures du tronc. Dans les pays où sévit la maladie, le climat et les habitudes étendent singulièrement le champ des régions que l’on découvre la nuit. La paume des mains, la plante des pieds, le cuir chevelu sont généralement indemnes.
Il est évident qu’une lésion ouverte comme lé bouton d'Orient et aussi durable expose, dans certains cas, les malades qui en sont porteurs aux infections secondaires des plaies et ulcères chroniques: lymphangites, érysipèle, etc. Mais ces complications sont relativement peu communes.
Diagnostic clinique. — Pour le médecin des régions à bouton, le diagnoslic s'impose; la maladie ne ressemble en effet à aucune autre. Pour celui qui n’en a pas vu, l’évolution est assez spéciale pour qu’il y reconnaisse une lésion particulière. Contrairement à ce qu’on lit dans la plupart des traités ou manuels, le diagnostic ne se pose pas el n'hésite jamais entre le bouton d'Orient d’une part et de l’autre l’ecthyma, une gomme syphilitique, une lésion tuberculeuse. On ne met aucune étiquette sur le mal par ignorance ou bien on reconnaît à coup sûr le bouton d'Orient. Dans les pays atteints, les indigènes en font le diagnostic.
S'il v avait hésitation, l'examen microscopique suffirait à lever les doutes.
Diagnostic microscopique. — Anatomie pathologique. — Le produit à prélever pour l'examen ne doit pas être le pus qui s'écoule des ulcères
anciens et qui ne contient que des bactéries banales avec des débris leuco-
cylaires, mais le Lissu non envahi encore par la suppuration et qui constitue