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ACTION PATHOGÈNE

L'action pathogène de la Trichine peut être envisagée à plusieurs points de vue.

Irritation mécanique de l'intestin. Au moment où les larves sont mises en liberté dans l'intestin, 1l peut y avoir un calarrhe intense, accompagné d'hémorragies mortelles. Cet accident s'’observe rarement chez l'Homme, à moins que des quantités considérables de parasites aient été ingérées; par contre il est fréquent chez les animaux d'expérience, lorsqu'ils ont absorbé une dose trop forte.

Transport des germes pathogènes dans l’organisme. — À Ja suite de l'altéralion de lépithélium intesUinal, au moment de la pénétration du Ver, il ya une solution de continuité par où les micro-organismes peuvent s’introduire. Cette idée avait déjà été exprimée par Prana (1877). Friedreich, ayant observé des abcès sous-cutanés chez un malade atteint de trichinose, et ayant retrouvé le parasite dans lun d'eux, crut pouvoir confirmer l’hypothèse de Piana. Cependant, Staubli nia cette possibilité; pour lui, les abcès en question provenaient de la destruction de la fibre musculaire. I fit en outre remarquer que les Iarves de Trichine ne naissent pas dans la cavité intestinale, mais dans la paroi aseptique; ils ont donc peu de chances d'être contaminés et de servir de véhicules à des microbes. Romanovitch, reprenant ces expériences, n'a trouvé qu'exceplionnellement des micro-organismes dans les muscles trichinés. Par contre, en pratiquant l’ensemencement du sang, il a oblenu fréquemment divers cocci (Staphylocoques, streptocoques), des bactéries (B. co), etc. Raebiger, faisant des recherches analogues, a isolé un paralyphique. Toutefois ces deux expériences à peu près concordantes ont amené leurs auteurs à des conclusions diverses : Raebiger pense que la présence de microbes dans le sang d'animaux trichinés n’a pas d'influence sur le cours de la maladie; Romanovitch estime, au contraire, que les phénomènes d'infection : fièvre, hypertrophie splénique, abeës et quelquefois décès, sont à mettre sur le compte d'un transport de microorganismes par les larves de Trichines.

Jusqu'à ce moment, le sérum de lhôle ne présente aucun pouvoir défensif contre le processus ulcéralif du parasite. Ce dernier a surtout agi mécaniquement; il est arrivé maintenant dans le muscle et va répandre des toxines.

Action toxique. — Les anciens auteurs (Ehrhardt Oskar, Metchnikoff, V. Linstow) pensaient déjà que les larves de trichines peuvent sécréter des Loxines. Romanovitch, reprenant celle étude avec les techniques modernes, a constaté que le sérum des cobayes et des rats infestés acquiert des pro-

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priélés Loxiques qui peuvent apparaître neuf jours après l’ingeslion de viande parasilée. Celle toxicité est en raison directe du nombre de vers absorbés. Le sérum en question, Imjecté à des animaux neufs, provoque de l’abattement, du tremblement, des bâillements avec contractions musculaires. On observe également de la dyspnée, de la diarrhée et de l'amaigrissement. La mort survient dans beaucoup de cas, au bout d'un laps de temps variant de 24 heures à 25 jours. À l’autopsie, on constate des hémorragies inteslinales, une hyperémie intense des vaisseaux et de la cavité abdominale. Les cavités du cœur sont dilatées et gorgées de sang. On observe parfois des pétéchies sous-périlonéales et des pointes hémorragiques aux poumons.

De plus, linjection préalable de sérum faiblement loxique aggrave la maladie contractée ensuite naturellement par ingestion de viande trichinée.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Au niveau de l’endroil où a pénétré la femelle on constate une hypertrophie des cellules endothéliales du vaisseau Iymphatlique. Askanazy y a décrit des figures de karyokinèse. Romanovitch n'a pu les revoir, mais il a observé des mitoses en grand nombre dans les cellules épithéliales, soil au voisinage, soil à une cerlaine distance des vaisseaux lymphatiques parasilés. On constate aussi des figures de division dans les glandes de Lieberkühn; pour Romanovilch, ce phénomène est en rapport avec la destruciion des cellules glandulaires et des cellules de revêtement. C'est pourquoi on l’observe assez loin du foyer de pénétration: Cette destruelion est accompagnée de nécrose. Elle va de pair avec labrasion de la partie superficielle d'un grand nombre de glandes de Lieberkün, accompagnée de lhyperémie de toutes les parois. L'infiltration inflammatoire ne dépasse généralement pas la sous-muqueuse.

Les éléments figurés du sang subissent d'importantes modificalions. D'après Staubli, les globules rouges augmentent d'abord de nombre, puis tombent au-dessous de la moyenne. En même lemps, on observe une leucocylose el surtout une éosinophilie très nelles: celle dernière apparait vers le 8° jour; elle peut atlemdre 1% à 56 pour 100 chez l'Homme, 92 pour 100 chez les animaux d'expérience. Quant aux lymphocytes, il y à d’abord diminution de leur nombre, puis augmentation. Au moment de la convalescence apparaissent de nombreux grands mononucléaires. En infestant le Rat à forte dose, on trouve des hématies nucléées dans la proportion de 9 à 10 pour 100.

Les muscles qui sont le plus souvent parasités par les larves de trichines sont le diaphragme, les muscles intercostaux, ceux de la gorge, du cou et de l'œil. Dans les cas d’infestation plus intense, elles sont disséminées partout el peuvent même se lrouver dans les uniques celluleuses et musculeuses de l'intestin. Dans les muscles des membres, on les voit surtout aux extrémités tendineuses. Nous avons déjà dit que la larve s’installe en pleine fibre musculaire. Elle y provoque, d'après Soudakewitch, une myosile parenchymateuse. Cet auteur a constaté, dans le faisceau où siégeail Île

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