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249 « DISTOMATOSE.
Traitement. — Les Douves de l'intestin ne sont pas aussi faciles à expulser qu'on serait tenté de le croire, aussi fautl recourir à des anthe} minthiques puissants. Le procédé le plus sûr sera la médication thymolée.
DISTOMATOSES DIVERSES
Les Douves se nourrissent.de ‘sang; on comprend donc qu'une jeune Douve puisse pénétrer dans un vaisseau. Il lui suffira de se fixer par ses ventouses pour résister au torrent sanguin et comme elle aura une nourriture abondante, elle grandira rapidement et pourra être le point de. départ d’une embolie ou d'une phlébite. Mais le plus souvent elle sera entraînée par le torrent circulatoire. Le parasite pourra s'arrêter dans les capillaires du poumon (distomalose pulmonaire) ou dans les capillaires périphériques (Douves erratiques). Ces dernières se rencontreront dans un organe quelconque (épiploon, œil, cerveau, etc.) et, le plus souvent, dans le tissu conjonctif sous-cutané, où elles provoquent la formation d'une tumeur ou d’un abcès.
Durant la migration, que nous venons de résumer brièvement, nous avons vu qu'une Douve quelconque peut vivre un certain moment dans le poumon ou dans le sang. On peut donc comprendre facilement que certaines espèces aient pu s’adapter facilement à ces milieux spéciaux. Tel est le cas du Paragonimus Westermanni (fig. 4, 9) qui provoque en Extrême-Orient une affection très commune et très grave, simulant la phüsie et qui est généralement décrite sous le nom de distomatose pulmonaire où mieux d’hémoptysie parasitaire. Telles sont enfin les différentes espèces de Bilharzies (fig. 4, 13), ces Douves intéressantes, qui se sont si merveilleusement adaptées au milieu sanguin, en provoquant de très graves affections, qui seront étudiées ailleurs à l’article bilharzose.
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e COCCIDIOSE
Par J. GUIART
Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon.
On donne le nom de coccidiose à différentes affections produites par certains protozoaires parasites, appartenant à la classe des Coccidies.
Coccidies. — Les Coccidies sont des protozoaires, qui vivent en parasites chez différents animaux et en particulier chez les vertébrés. Ce sont
Fig. 1. — Adénome coccidien du foie du lapin : 1, stades jeunes intracellulaires du Coccidium cuniculi; 2, 5, 4, différents stades de la formation des mérozoïtes ; ne 5, macrogamète reconnaissable à ses granules chromatoïdes ; 6, microgamétocyte : | 1, oocyste déformé par la fixation; noter la prolifération du tissu conjonctif et de l'épithélium parasité, provoquant la formation de replis du canalicule biliaire;
d'après Borrel et Roussel.
presque toujours des parasites intracellulaires qui se logent d'ordinaire
dans les cellules épithéliales du tube digestif ou des canaux bihaires. , = La Coccidie est un parasite de forme ovalaire ou sphérique, qui vit dans une cellule épithéliale, entre la cuticule et le noyau. C’est une cellule nue, Ç c'est-à-dire sans membrane d’enveloppe; aussi la Coccidie peut assimiler et désassimiler par simple osmose au sein du protoplasme vivant de la L cellule-hôte. Au centre, se trouve un gros noyau vésiculeux, renfermant un volumineux caryosome (fig. 1, 4). |
J' GUART
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Comme la plupart des protozoaires, elle se reproduit de deux façons différentes : par voie asexuée el par voie sexuée. La reproduction asexuée ou schizogonie assure la multiplication endogène du parasite dans l'organisme parasilé. Par division nucléaire el protoplasmique, la Coccidie adulte se divise en un certain nombre de mérozoïtes (fig. 1, 2, 3, 4), qui deviennent libres et infestent de nouvelles cellules. La reproduction sexuée ou sporogonie assure la multiphication exogène du parasile: elle a pour but de permettre la dissémination du parasite chez de nouveaux “hôtes. Pour cela certaines Coccidies adultes où gamètes subissent une différenciation sexuelle en microgamèles mâles (fig. 1, 6) et macrogamètles femelles (fig. 1,5), qui se fécondent et donnent un zygote enkysté ou oocyste (fig. 1,7). Le contenu se divise alors en un certain nombre de spores dans lesquelles se différencient des sporozoïtes. Les oocystes, entraînés au dehors avec les excreta, peuvent revenir dans le tube digestif d’un nouvel hôte; la paroi éclate alors et les sporozoïtes, mis en liberté, vont infester les cellules épithéliales de l'intestin ou du foie (!).
L'homme paraît n'être pour les Coccidies qu'un parasite tout à fait accidentel; les espèces qui ont élé rencontrées chez lui sont au nombre de quatre, appartenant à deux genres différents : le genre Diplospora Labbé 1893 (et non /sospora Schneider 1881 caractérisé par des spores polyzoïques) dont les oocystes donnent 2 spores létrazoïques (fig. 4) et le genre Coccidium Leuckart 1879 (el non Eimeria Schneider 1875, nom donné aux stades jeunes RQ RON caractérisé par des oocystes donnant 4 spores dizoïques (fig. 2, 2'el 3).
Les espèces actuellement connues ue : Diplospora hominis (Rivolta IST8); Coccidium Wenyoni (Dobell, 1919); C. oxyspora (Dobell 1919); et C. Gubleri sp. n. Les trois premières espèces sont parasites de l'intestin et la dernière est parasite du foie.
Coccidiose intestinale. — L'élude des matières fécales des soldats des armées d'Orient (Gallipohi, Salonique, Palestine et Mésopotamie) a montré que la coccidiose intestinale est assez fréquente et une soixantaine de cas ont été relevés. La plupart se rapportent à Diplospora hominis (fig. 2, 4} forme voisine de D. bigemina de lintestin des carnivores : quatre cas se rapportent à Coccidium Wenyoni (Hg. 2, 2), forme voisine de ©. falciforme de l'intestin de la souris: enfin un Cas se rapporle à, C. oxyspora (Ho 258)
Nous insistons sur le fait que, contrairement à ce que l'on pensait, Diplospora hominis est la Coccidie la plus fréquente chez l’homme. C'est elle qui a été rencontrée dans la plupart de cas orientaux, mais c’est elle aussi, très vraisemblablement, qui a été décrite par différents auteurs sous le nom de D. bigemina, forme voisine, mais assez différente : par Virchow à Berlin; par Raiïlliet, aux environs de Paris, chez une femme et son” enfant attemts tous ee de diarrhée chronique: par nous-même enfin. à Paris, dans les matières fécales d’un malade atteint d’ appendicite, sans
L. Pour plus de détails VOUS AE GUIART,. Biologie et rôle pathogène des parasites animaux. Nouveau Traité de Pathologie générale de BoucnarD et ROGER. Paris. 1914. t. IT, p. 857-858. |
COCCIDIOSE INTESTINALE. Fasc. V. — 2/45
que nous puissions du reste affirmer qu'il y ail eu un rapport entre la maladie et le parasite.
Ces Coccidies paraissent vivre dans l'intestin grêle, où elles se multiplient en détruisant les cellules épithéliales aux dépens desquelles elles se nourrissent. Nous admettons, jusqu'à preuve du contraire, qu'elles peuvent Jouer un rôle pathogène dans l'éclosion des diarrhées chroniques au cours desquelles on les observe. Toutefois nous ne croyons pas qu’elles puissent
Fig 2. — Les Coccidies de l'intestin de l’homme, x 1000; d’après Dobell : 4. crie spora hominis, forme non sporulée; 2, Coccidium" Wenyoni, forme $sporulée; 3, C. oxyspora, forme sporulée.
produire d'affections graves chez l'homme, parce que celui-ci a bien peu de
chances de s’infecter fréquemment el parce que les Coccidies, après s'être
multipliées un certain temps par schizogonie, se trouvent fatalement entraînées au dehors pour y sporuler: la coccidiose est donc une maladie qui doit guérir spontanément.
Coccidiose hépatique. —— L'observation la plus ancienne de coccidiose hépatique a été faite par Gübler, à Phôpital Beaujon, en 1858. Il s'agissait d’un ouvrier carrier, âgé de #5 ans, atteint de troubles digestifs el d'anémie intense; le foie élait très hypertrophié et présentait une tumeur fluctuante, qu’on prit pour un kyste hydatique. L'individu étant mort subitement de péritonite, à la suite d’une chute, l’autopsie révéla la présence, dans le foie, d’une vingtaine de tumeurs, dont l’une, grosse comme la tête d'un fœtus, était remplie d’une substance puriforme, renfermant un nombre énorme de Coccidies enkystées (fig: 9).
J. GUraRT
246 COCCIDIOSE.
D’autres cas de coccidiose humaine sont d’ailleurs connus. La collection Sémmering, que possède l'Université de Giessen, renferme, au dire de Leuckart, un foie, dont les canaux biliaires sont ulcérés par des Coccidies. De même, Sattler a vu, à Vienne, un foie, dont les canaux bilaires étaient distendus et dont l’'épithélium proliférait activement et renfermait des Coccidies. Enfin Silcok a eu l’occasion d'observer une femme de 50 ans, dont le foie, très hypertrophié, présentait un grand nombre de foyers caséeux, la plupart superficiels, rappelant AD Got les taches blanches du foie des lapins atteints de coccidiose. Des foyers caséeux, de même nature, s’observaient dans la rate et dans la paroi de l'intestin. Toutes ces lésions étaient dues à des Coccidies, qui avaient envahi aussi bien les
Fig. 5. — Coccidies du foie du PEL x 250; microphotographie originale d’après une préparation à l’état frais.
cellules hépatiques que les canaux biliaires, bien que se trouvant de préférence dans ces derniers. Ce sont ces Coccidies que nous décrivons sous le nom provisoire de Coccidium Gubleri (fig. 5), mais qui sont certainement très voisines du C. cuniculi du lapin (fig. 3). Les lésions sont aussi vraisemblablement identiques et doivent consister en une prolifération des cellules hépatiques donnant naissance à de véritables adénomes (fig. 1) avec destruction des cellules parasitées. | Diagnostic. — Diplospora hominis s'observe toujours dans les matières fécales à l’état non segmenté (fig. 2, 4), le développement des spores (fig: 4) exigeant plusieurs jours et s'opérant toujours dans le milieu extérieur. Ce parasite diffère par là des deux autres coccidies de l'intestin, qui s’observent dans les matières fécales avec leurs spores bien développées (fig. 2, 2 et 3). L'oocyste, de forme ovoïde, à surface lisse, mesure 12 à 14 y de longueur sur 7% à 9 u de largeur et quand la sporogonie est terminée il renferme 2 spores renfermant chacune 4 sporozoïtes et un reliquat de protoplasme non utilisé (fig. 4).
L'oocyste de Coccidium Wenyoni, de forme sphérique et: ‘à surface
TRAITEMENT. FASO VE 741
rugueuse (fig. 2, 2) mesure environ 20 w de diamètre. Dans les matières fécales il renferme toujours 4 spores ovalaires de 10 y sur 7 & et chaque spore renferme 2 sporozoïtes disposés tète-bêche avec un volumineux reliquat de segmentation.
L'oocyste de Coccidium oxyspora lui ressemble étrangement et n’en diffère que par son plus grand diamètre (36 4) et par la forme des spores qui
Fig..4. — Diplospora hominis, forme ayant sporulé dans le milieu extérieur, x 1000; d’après Dobell.
qui sont effilées aux deux extrémités; le reliquat de segmentation est très réduit (fig. 2, 3).
Quant au Coccidium Gubleri (fig. 5), c'est une Coccidie ovoïde certainement très voisine du C. cuniculh du lapin (fig. 3) avec lequel on l’a jusqu'ici confondu. Elle en diffère surtout par ses dimensions beaucoup plus réduites (20 x en moyenne, au lieu de 35 à 40 ).
; , Coccidium Traitement. — L'homme, en raison de son Gubleri,
alimentation, ayant peu de chances de s’infec- ><1000:
d’après
ter abondamment, la coccidiose ne peut être Louckart.
chez lui une maladie grave. Dans les cas de
coccidiose hépatique les coccidies s’enkysteront dans le foie ;: dans le cas de coccidiose intestinale elles seront entraîinées au dehors. Mais dans l’un comme dans l’autre cas
elles seront hors d'état de nuire. La coccidiose est donc une maladie qui guérit d'elle-même.
Comme mesure de précaution on conseillera de ne jamais utiliser le fumier de lapins dans les jardins potagers.
JF GUtART,
SARCOSPORIDIOSE Par JL GUIART A |
Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon.
On donne nom de sarcosporidiose à Jl'infestation des muscles ou du tissu conjonctüif par cerlains Prolozoaires parasites appartenant au groupe des Sarcosporidies. Ce groupe ne renferme qu’un seul genre, le genre Sarcocystis® dans lequel on fait rentrer toutes les Sarcosporidies actuellement connues. Eu
Parasitologie. — La Sarcosporidie, sous sa forme la plus jeune, apparaît comme un corps fusiforme, blanchâtre, logé dans une fibre museulaire
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Hig.Æte- Sarcosporidies : 4, forme Fig. 2 — Sarcosporidie au stade balbiania
jeune dans un muscle (stade mies- dans la paroi de l’œsophage du mouton; la =
cheriä), X 60; B, extrémité inférieure zone périphérique foncée du parasite est
d’une sarcosporidie au stade sarco- due à l'accumulation des sporozoïtes dans
cystis. d'après Perroncito:; CG, Sporo- les sporoblastes. Microphotographie origi-
zoïte, d’après Laveran et Mesnil. nale. ue " (fig. 1, 4). Au fur el'à mesure que le parasite grossit en envahissant de plus et en plus la fibre musculaire, aux dépens de laquelle il se nourrit, le noyau M?
se divise activement en un certain nombre de noyaux secondaires, autour desquels s'individualise bientôt le protoplasme en constituant autant-de sporoblastes. En même lemps on voit apparaître autour du parasite une membrane d'abord mince el anhyste (stade miescheria), qui ne tarde pas à s’épaissir, en même lLemps qu'elle devient canaliculée et donne à l'animal: un aspect cilié (stade sarcocystis). Puis dans chacun des sporoblastes, situés. au centre de la Sarcosporidie, le noyau et le protoplasme se divisent de
PATHOGÉNIE. s Fasc. V. — 249
nouveau, en donnant naissance à des corpuscules réniformes où mérozoïtes (fig. 1, B). À ce stade, la Sarcosporidie peut se rompre et chacun des mérozoïtes peut infester les fibres musculaires voisines. Ainsi se ferait la multiplication du parasile dans l’intérieur de l'hôte (cycle schizogonique). C'est ce qui existe pour la Sarcosporidie de la souris, espèce éminemment pathogène. Mais dans la plupart des cas cette multiplication endogène ne paraît pas se produire. La Sarcosporidie, continuant à grossir, ne tarde pas à détruire complètement la fibre musculaire dans laquelle elle s'est développée et tombe alors dans le tissu conjonctif, où elle s’arrondit et prend un développement considérable parsuite de lactive multiplication des sporoblastes périphériques en même temps que ‘ceux du centre dégénèrent etrestent finalementà l'état de sporoblastes vides de leur contenu (fig. 2). Ceux de la périphérie, au contraire, se gorgent littéralement de corpuscules falciformes ou sporozoïtes. La membrane d’enveloppe, considérablement distendue, redevient mince el anhyste (stade balbiania).
Les sporozoïtes ont été bien décrits par Laveran et Mesnil : ils ont en réalité Fig. 3. — Sarcosporidie observée dans les cordes la forme d'une banane, vocales de l’homme : À, coupe sagittale, x 75; Bet C'est-à-dire qu'ils sont CY- C, coupes transversales, x 300; D, coupe transver-
De se sale plus fortement grossie, 650; E, sporozoïte, INQrIQUes, aTïques, avec x 1 600; d'après Baraban et Saint-Rémy.
une extrémité arrondie et une extrémité pointue (fig. 1, C). Laveran et Mesnil ont montré aussi que
ces sporozoïles renferment une loxine, à laquelle 1ls ont donné le nom de sarcocystine. Ces sporozoïtes seraient les agents de dissémination du parasite chez de nouveaux hôtes (cycle Sporogonique), mais on ne sait pas encore comment se fait cette dissémination.
Nous avons déjà dit que tous les parasites de cet ordre sont considérés äctuellement comme constituant un seul genre, Sarcocystis, avec de nombreuses espèces toutes parasites des Vertébrés et plus spécialement des Mammifères. Nous allons voir qu’elles peuvent exister chez l'homme, mais
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