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CD : À. AN ÉOZE BN

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Fig. 2. — Schistosoma hæmatobium. 1, œuf dans l'urine; 2, œuf gonflé par l'eau;

5, Miracidium libre; g, glandes; p, p, saillies tégumentaires. Grossis 250 fois; d’après Railliet; 4, Miracidium d’après Looss (in Manson.

Ce parasite qui semble avoir été observé une fois à l’état spontané, chez un singe (Cercocebus fuliginosus) par Cobbold, peut infester facilement les rats, les souris, le cobaye et les singes (R. T. Leiper).

Les bilharzies existent en nombre variable suivant la gravité de la

E. Brumpr.

516 LES BILHARZIOSES.

maladie. Kartulis en a trouvé 300 exemplaires dans la veine porte et ses branches. Il est probable que l’homme peut en héberger des milliers, ce qui permet d'expliquer le nombre considérable d'œufs éliminés chaque jour ou déposés au sein des tissus par des animaux aussi peu prolifiques. En dehors des conditions expérimentales, ce ver, à l'exception du simge étudié par Cobbold, ne se rencontre pas chez les animaux domestiques

et sauvages. La longévité des bilharzies est parfois considérable. Lortet et:

Vialleton ont observé un malade ‘contaminé en Tunisie qui, 15 ans après son retour à Lyon, éliminait des œufs avec des embryons vivants. L'évolution de ce ver, malgré les nombreuses recherches dont elle avait été l’objet de la part de savants éminents, était totalement inconnue jusqu’en 1915. A cette époque Leiper, qui venait de confirmer, avec Atkinson, les travaux de Miyairi et de Suzuki sur le cycle évolutif du Schisiosoma japonicum publia son remarquable travail sur l’étiologie des bilharzioses vésicale et intestinale d'Egypte. Partant de ce fait anato-

Fig. 5. — Hôtes intermédiaires du Schistosoma hæmatobium. 1, 2, Bullinus contortus (X<2); 3 et 4, B. Dybowskyi (<2). D’après Castellani et M. Chalmers.

mique que les cercaires de bilharzie possèdent une queue bifide et sont dépourvues de pharynx il se mit à rechercher ces formes chez un grand nombre de mollusques égyptiens.

Il trouva les cercaires recherchées chez de petits mollusques pulmonés appartenant au genre Bullinus (Hg. 3). En mettant ces mollusques en présence d’embryons ciliés, provenant des œufs éliminés dans l'urine des malades, 1l put constater le phénomène de l’« attraction miracidienne » qui, sans permettre d'affirmer d’une façon absolue que le mollusque ainsi désigné par le tactisme des embryons est le véritable hôte intermédiaire, permet tout au moins de le soupçonner.

Les œufs, au moment où ils sont émis avec l'urine, présentent un embryon cilié qui reste immobile tant que l'œuf est conservé dans ce liquide. Par contre si l'urine est diluée dans l’eau, l'œuf se gonfle, l'embryon (miracidium) devient actif et s'échappe par une ouverture latérale de la membrane ovulaire qui se produit d'ordinaire au voisinage de la région céphalique (Railliet).

Le miracidium mis en liberté nage activement à la récherche d’un hôte intermédiaire et il succombe en 24 heures s’il ne le rencontre pas. Les hôtes intermédiaires appartiennent au genre Bullinus, ce sont: B. contortus et B. Dybowskyi en Egypte (Leiper) et B. africanus au Transvaal (Becker). Le miracidium, ayant rencontré un de ces mollusques, pénètre dans ses téguments el se lransforme en sporocyste, donnant par bourgeonnement interne des sporocystes fils, qui émigrent dans l’hépato-pancréas du

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BILHARZIOSE VÉSICALE. Fasc. V. — 517

mollusque. Arrivés dans cette glande, les sporocysles fils se ramifient en émettant des prolongements cylindriques qui envahissent la glande el amènent son atrophie. Les tubes sporocystiques produisent de nombreuses cercaires mises en liberté ultérieurement, par leur rupture

Les cercaires de toutes les bilharzies (5, 6, fig. 4) sont caractérisées par leur queue bifide (furco-cercaire), l'absence de pharynx et la présence d’une série de pelites épines, à la partie antérieure du corps, leur permettant de traverser les téguments.

Les cercaires, de 500 & de long, libérées nagent à la surface de l’eau et semblent atlirées vers leurs hôtes définitifs, naturels ou expérimentaux,

Fig. 4. — Évolution du Schistosoma japonicum. 3, Blandfordia japonica (+ 2) hôte intermédiaire et 4 son opercule (x 6). 1, fragment de sporocyste fils renfermant des cercaires (c) sur une seule file (50 x) ; 9, extrémité d’un sporocyste. 6, Cercaire vue par la face ventrale; ce. 6, épines céphaliques; €. gl. ce, canaux des glandes céphaliques (gl. ce); td‘ tube digestif; a. n, anneau nerveux; fl. v, flamme vibratile de l'appareil excréteur; 7, la même vue de profil; 5, appareil exc réteur, v. ex, vésicule excrétoire ft. v, flamme vibratile (4 paires).

Fig1;, 2,5, 4, d'après R.T. Leiper et Atkinson; 5, 6, 7, d’après William W. Cort.

par la chaleur du corps et d’autres tactismes mal connus. Quelles que soient les causes de cette attraction cercarienne, les cercaires pénètrent en dix minutes à travers la peau ramollie par le séjour dans l’eau, perdent leur queue bifide à la surface du corps et gagnent les veines où, en deux mois environ, elles deviendront adultes. Leiper a obtenu, expérimentalement, linfection par la voie buccale. Il est probable que, dans ce cas, les cercaires doivent perforer la muqueuse buccale, car les animaux infestés présentent une irrilation locale rapide et refusent l’eau qu’on leur offre.

Ees importantes découvertes de Leiper expliquent tous les faits épidémiologiques connus depuis longtemps, en particulier la contamination par l’eau souillée par l'urine des malades et l'influence des conditions sociales et de l’habitat qui favorisent, à divers degrés, le contact avec les eaux polluées. La découverte des mollusques hôtes intermédiaires est le fait éliologique nouveau qui nous permettra de prendre des mesures prophylactiques efficaces.

En Ég gypte, d’après Mohamed Talaat Bey, la maladie est aussi fréquente chez l’homme que chez la femme dans les classes pauvres, où tous deux

E. BrumrpPt.

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