‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 174 sur 355 · SIROP DE PENSÉE SAUVAGE · texte numérisé non relu

SIROP DE PENSÉE SAUVAGE

Pr. : Pensée sauvage desséchée 1 livre.

Eau bouillante .., 5 litres.

Sirop de sucre 10 livres.

On coupe la pensée sauvage ; ;0n la fait infuser dans l'eau bouillante ; l'on passe et l'on soumet le marc à la presse. La liqueur clarifiée par le repos est mêlée au sirop de sucre et l'on fait évaporer en consistance de sirop.

On ne peut recourir à la lixivialion pour extraire les principes solubles de la pensée sauvage, parce que cette plante est beaucoup trop chargée de parties mucilagineuses.

Quelques personnes prescrivent de faire ce sirop avec le suc de la plante; mais elle est si visqueuse dans son état de fraîcheur que l'on ne peut en extraire le suc ; en ajoutant une assez forte proportion d'eau, il est encore si raucilagineux, qu'il coule à la manière des blancs d'oeufs. La clarification à chaud ne lui fait perdre qu'imparfaitement cette viscosité.

POLYGALÉES.

Les polygalées présentent peu d'analogie dans leurs propriétés médicales ; s'il fallait s'en rapporter aux renseignemens

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incomplets que ?ious avons sur celle famille, on sérail disposé à croire que l'analogie de propriétés se retrouve seulement dans les genres el non dans la famille entière.

Les polygalées ont des feuilles amères. On retrouve ce caractère dans nos Pohjgala vulgariset amara, dans lepolygala auslrîaca. Le Soulamea amara des Moluques est si amer que Rumphius l'avait surnommé Rex amaruris. Le Pohjgala venenosa de Java paraît être dangereux; seulement pour en avoir cueilli quelques rameaux , Commerson eut de longs éternuemens et des maux de cœur.

Les racines du Pohjgala pomja du Brésil et celles du Polygala glandulosadu. Pérou sont employées comme vomitives. Celle propriété appartient également au polygala de Virginie, quand on l'administre à forte dose ; mais il est surtout recommandable pour la matière médicale, par l'action spéciale qu'il exerce sur les organes pulmonaires. Aux Etats-Unis on emploie au même usage le P. sanguinea, el, suivant M. Peschier,le P. chamœbuxus de Suisse a les mêmes propriétés.

Le Monnimia polystachia du Pérou el le M. pterocarpa de l'Amérique du sud ont des racines astringentes el amères.

Dans les krameria, célèbres par la racine de ratanhia du commerce , c'est le principe astringent qui domine el devant lequel s'effacent toutes les autres propriétés. On attribue la racine de ratanbia au krameria Iricmdra du Pérou el au krameria ixina des Antilles.

POLYGALA DE VIRGINIE.

( Polygala Senega. )

La racine de polygala de Virginie a été analysée successivement par MM. Gelhen, Feneulle, Dulong et Folchi. On peut la considérer comme formée de

Matière colorante jaune pâle ;

— amère ;

— de nature mucilagineuse ; Acide peclique;

Albumine ; 1. S8

Huile volatile;

— grasse ;

Quelques sels.

La malière de saveur amère et piquante contient évidemment la partie active de la racine. Elle a été imparfaitement étudiée, et elle se présente avec les caractères ordinaires de l'extractif.

La malière colorante jaune se rapproche beaucoup des résines par ses propriétés. Cependant elle est un peu soluble dans l'eau; elle se dissout dans l'alcool et dans l'éther; mais elle n"est pas soluble dans les huiles. 11 est extrêmement difficile de la séparer du princi|)e amer. Ces deux matières se partagent dans les différens traitemens du polygala faits au moyen de l'eau en deux composés, l'un plus riche en malière amère qui se dissout, et l'autre plus riche en mr.tière jaune qui est insoluble. Ce dernier composé constitue pour la plus grande partie le dépôt qui se fait pendant l'évaporalion des infusions de polygala.

TISANE DE POLYGALA.

Pr. : P^'irine de polygala concassée 1 h 2 gros.

Eau bouiliantc 1 litre.

L'infusion de polygala est bien plus sapide que la décoction, et doit être préférée. Celte racine est assez chargée de matières acres pour qu'une tisane faite avec une once de racine par litre, ait une saveur si acre qu'il ne soit pas possible de la boire.

POTION TECTOKALE.

Pr. : Infusion de 1 à 2 gros de polygala 4 onces.

Sirop de sucre 2

Mêlez.

£\TRAIT DE l'OLYGALA.

On emploie deux extraits de polygala, l'un aqueux et l'autre alcoolique. Le premier se fait en humectant la poudre demi-fine de polygala avec deux fois son poids d'eau tiède, soumettant à

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la presse, et faisant un deuxième Irailement semblable. L'autre extrait s'obtient avec l'alcool ù 22». Quand on se sert de l'eau, on ne peut , pour le polygala, avoir recours à la méthode de déplacement, parce que la racine se gonfle, et ne permet pas au liquide de s'écouler.

Pendant l'évaporation des liqueurs destinées à la préparation de l'extrait de polygala, il se sépare une matière insoluble qui est formée en grande partie par la combinaison de la matière colorante résineuse avec la matière araère.

RATANIIIA.

(Krameria triandra.)

MM. Vogel, Gmelin, Peschier et Trommsdorf se sont occupés de recherches sur la nature chimique de la racine de polygala. Il résulte de leurs expériences qu'elle est composée de

Tannin ,

Extractif,

Apothème insoluble ,

Gomme ,

Fécule,

Matière muqueuse ,

Quelques sels.

Un acide mal déterminé.

La proportion de fécule est toujours très-petite , et même il paraît qu'il n'y en a pas toujours , car Gmelin n'en a pas trouvé. Les matières astringentes sont bien plus abondantes dans l'écorce de la racine que dans sa partie ligneuse.

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