‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 180 sur 355 · FARINE DE LIN · texte numérisé non relu

FARINE DE LIN

On peut obtenir de la farine de lin en pilant la graine dans un mortier; mais c'est un moyen très-long; il vaut mieux avoir recours au moulin. Celui-ci doit remplir dans sa construction la condition d'inciser ou de déchirer la graine, plutôt que de l'écraser ; autrement l'huile est exprimée , la farine est moins -belle et elle rancit plus vite.

II est à désirer que les pharmaciens fassent toujours euxmêmes leur farine de lin ; celle du commerce est constamment falsifiée. La plus belle espèce, celle qui est vendue sous le n" 1, est môme de qualité inférieure ; elle provient des premiers produits de la pulvérisation , dans lesquels il se trouve beaucoup plus de l'amande que de son enveloppe, et c'est précisément dans cette enveloppe que réside le mucilage. Quant aux autres qualités, elles sont mélangées de tourteau de lin, de son, de sciure de bois, etc.

UtlLE UE LIIX.

On obtient l'huile de lin par l'expression à froid des graines réduites en farine. Cette huile est douce et bien différente de celle du commerce, qui a clé extraite par le secours de la chaleur et qui doit être réservée pour les usages des arts. L'huile de lin est siccative ; elle s'altère avec rapidité et pour cette raison on ne doit en préparer que de petites quantités à la fois.

MUCILAGE DE LIIV.

Sa consistance varie suivant les proportions de lin dont on s'est servi cl la température à laquelle l'eau a agi.

1 once de graine de lin et 6 onces d'eau, digérées pendant 12 heures, donnent le mucilage de lin du Codex, dont la consistance est celle du blanc d'œuf non battu.

2 gros de lin bouillis quelques instans ou infusés dans une pinte d'eau donnent une tisane limpide et faiblement visqueuse. La macération de pareille dose ne fournirait pas un liquide assez chargé.

DES MALVACIÉES. 4V3

1/2 once de graine de lin bouillie pendant un quart d'heure dans une livre d'eau donne une liqueur visqueuse de bonne consistance pour des lotions ou des injections.

MALVACEES.

Les malvacées contiennent dans toutes leurs parties un suc raucilagineux qui leur donne des propriétés médicales comniunes et qui permet de les substituer les unes .aux autres sans le moindre inconvénient. La guimauve et l£> mauve de nos climats sont remplacées par des espèces nombreuses exotiques appartenant aux mêmes genres , ou aux genres voisins , Sida , Pavonia . Urena , Lavatera , Waltlieria. On connaît bien peu d'exceptions à cette uniformité des propriétés. Elles nous sont fournies par les feuilles acides des Hibiscus sabdarifera , suratensis Qlcannabinus, par l'amertume des Sidalanceolala de l'Inde et mauritiana de l'île Bourbon , qui sont employées comme fébribuges.

Les fruits des malvacées sont petits et inusités; h l'exception des fruits mucilagineux et un peu acidulés de Vhibiscus esculentiis, qui servent d'aliment dans le Levant sous le nom de gombo. Les semences des malvacées sont petites, oléagineuses, et inusitées à cause de leur petitesse. Elles paraissent avoir les propriétés de toutes les semences émulsives ; à Coyenne on fait une émulsion pectorale avec les semences de cotonnier. Cependant , suivant Rumphius , celles du sida hiria sont narcotiques. Les graines de Vhibiscus abelmoschus sont employées comme parfum sous le nom de graine d'ambrette ; elles contiennent, suivant l'analyse de M. Bonastre , une résine colorée et un corps odorant volatil d'odeur de musc.

Les espèces de malvacées employées dans la médecine d'Europe sont la guimauve , qui fournit sa racine ^ ses feuilles et ses fleurs ; les mauves, Malva sylvestris ,glabra et roHmdifolia, dont les fleurs et les feuilles sont également employées. Les fleurs traitées par infusion fournissent des tisanes adoucissantes et les feuill>?s sont plutôt réservées pour l'usage externe ; elles servent à la préparation d'une pulpe émollienle que l'on em-

VVl. DKS MÉDIGAMENS FOURNIS PAR LKS VÉGKTAUX.

ploie en calaplasmes. Le mieux est de les foire cuire Ix la vapeur , de les piler dans un mortier et de les pulper.

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