DE L'ÉLECTION ET DE LA RÉCOLTE
mandalion h f;\ii-e pour le choix des substances minérales , est de les prendre dans le plus grand étal de pureté possible. Au reste, le nombre de celles que la médecine emploie est extrêmement limité, et le pharmacien trouve dans ses connaissances minéralogiques les caractères propres à les distinguer.
C'est en bien moins grande proportion encore que les substances animales sont mises en usage. Peu d'entre elles entrent dans la confection des médicamens , et la plupart, fournies par le commerce , ne laissent au pharmacien que le soin d'un choix, dans lequel il est guidé par la matière médicale.
Quand on emploie les animaux entiers ou leur chair , il faut préférer ceux qui sont dans la vigueur de l'âge et de la santé. Leurs sucs ont acquis toute l'élaboration dont ils sont susceptibles, et jouissent au plus haut degré des propriétés qu'on y recherche. Dans quelques circonstances rares, on préfère les jeunes animaux ; le veau et le poulet en sont des exemples connus. Leur chair, trés-gélatineuse , fournit des boissons dont l'effet émollient ne se retrouverait plus dans leur viande plus feile.
Les substances végétales présentent trop d'intérêt , par la quantité que l'on en consomme , et les services qu'elles rendent à l'art de guérir, pour que nous soyons aussi brefs dans l'exposition des règles à suivre dans leur choix.
L'époque la plus favorable à la récolte des végétaux , que Vanhelmont nommait temps balsamique, n'est pas la même pour tous, et elle influe beaucoup sur leurs propriétés. L'âge des plantes et le terrain sur lequel elles croissent ont surtout une influence très-marquée. L'etîet de la culture ne peut non plus être révoqué en doute. Enfin, nous verrons qu'il n'est pas indifférent d'employer telle ou telle partie d'un même végétal.
On sait que les jeunes plantes contiennent beaucoup d'eau et de principes mucilagineux. Aussi , est-il très-rare que , dans cet état, elles soient employées comme médicament. Les plantes mucilagineuses sont peut-être les seules que l'on puisse employer à cette première époque de leur vie ; encore le mucilage est-il plus élaboré quand elles ont parcouru une plus longue période de végétation. II existe de nombreux exemples de cette différence entre les propriétés des plantes dans leur jeunesse et
32 I>ES OPKRATIOXS PHARMACEUTIQUES.
à un âge plus avancé. L'expérience nous a appris que la bourrache peu développée neconlient presque que du mucilage. Plus lard on y trouve des malières exlraclives el des sels , en parliculier du nilrale de pelasse. Les nègres se nourrissent sans inconvénienl des jeunes pousses de l'apocyn, el les paysans toscans de celles de la viorne clématite. En Suède, on mange l'aconit dans sa jeunesse. Les feuilles naissantes des chicoracées el des cynarocépliales sont un aliment agréable; plus développées, elles sont remplies d'un suc très-amer, etc.
Les mêmes observations peuvent être faites sur les parties séparées des plantes. Ainsi , les feuilles sont plus chargées de sucs exlractifs avant la floraison ; l'aubier est plus aqueux au temps de la sève ; les écorces se détériorent à mesure qu'elles vieillissent.
L'influence du terrain sur les propriétés des végétaux est mal connue. Les nombreux exemples que nous en avons ne permettent cependant pas de la révoquer en doute. Nous voyons des ombellifères être aromatiques quand elles croissent dans un sol sec, et acquérir des propriétés vénéneuses quand le terrain est Irès-humide , et surtout quand elles viennent dans l'eau. Les solanées, el surtout les crucifères, venues dans un sol aride n'y végètent pas avec la môme vigueur que dans le voisinage des lieux habités. Il semble qu'une nourriture aniraaîisée soit nécessaire à la formation de leurs sucs actifs. On doit, en général, récoller les plantes là où elles croissent naturellement. Les bulbes viennent mieux dans un terrain sec , et les racines fibreuses dans une terre poreuse. Le trèfle préfère les terrains gypseux, la bourrache et l'ortie les terrains nilrés. Nous voyons les plantes des montagnes être généralement préférées aux mêmes espèces qui viennent dans la plaine. Sans doute que la sécheresse du terrain et surtout la lumière vive à laquelle elles se irouvenl exposées sont pour beaucoup dans ce résultat. Haller s'est assuré que la valériane qui pousse dans des lieux bas el humides est bien moins efficace que celle qui a été récollée sur les hauteurs.
L'influence de la culture sur les propriétés des plantes est trop connue pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter long-temps. Nous citerons cependant quelques exemples , et d'abord se présente
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au premier rang celui des arbres fruiliers. Les variétés qu'ils nous fournissent , et dont nous faisons tant de cas , sont l'effet du hasard. Il n'est pas en notre pouvoir de les faire naître à volonté; mais nous savons les conserver par une culture habilement conduite. C'est par elle que nous voyons se remplir de sucre les péricarpes, naturellement acerbes, des drupacées et des pomacées. C'est encore elle qui diminue la saveur forte et désagréable des chicoracées, du céleri, des cardes, etc. Si, dans ces circonstances , la culture est utile, dans d'autres elle serait nuisible , car elle affaiblit ou dénature des propriétés actives. Ainsi, l'on ne recherchera pas un amer dans la chicorée étiolée de nos jardins , et le plus grand nombre des plantes médicinales sont dans le môme cas. Il faut en excepter cependant toute la famille des crucifères , les ombellifères aromatiques , et, jusqu'à un certain point, les labiées.
L'expérience nous a appris quelles sont les parties des végétaux les plus propres à l'usage médical. Ce sont, en exceptant les matières mucilagineuses et émollientes , celles dont la saveur et l'odeur sont très-prononcées ; et dans le cas où l'on veut employer une plante dont la pratique médicinale n'a pas encore profité, c'est dans les organes les plus aromatiques et les plus sapides que l'on doit rechercher les propriétés médicales les plus énergiques. Nos sens sont toujours des guides certains dans ces occasions ; mais on peut se laisser conduire encore par la voie de l'analogie. On sait que le calice est la partie la plus aromatique des labiées ; dans les amomées , c'est la racine ; toutes les parties sont odorantes dans les laurinées , etc.
Doit-on s'astreindre à n'employer que l'espèce indiquée dans le Codex? Oui, dans le plus grand nombre de cas. Cependant, le pharmacien instruit peut souvent se laisser guider par l'analogie. Un grand nombre de substitutions de ce genre sont journellement pratiquées. Dans une grande partie du midi de la France, on substitue le lepidium latifoUum au grand raifort. Une foule de rumex remplacent, dans différens pays, le rumex patientia de Linné. On emploie indifféremment le sympMtum tuberoswn et le symphiium officinale , le cynoglossum vulgare et le cynoglossum pictum , Vhelleborus niger et Vhelleborus 1. 3
viridis, le trilicum repens el lepanicum daclylon, elc. Ce n'est cependant qu'avec la plus grande ciiconspeclion que l'on doit se permettre les substitutions. Elles ne peuvent guère être faites que d'espèce iH espèce. On doit se défier d'une ressemblance apparente, et se rappeler, en outre, qu'un môme principe existant dans des espèces différentes ne s'y trouve pas dans des proportions semblables.
Les racines doivent être récollées au prinlemps ou à l'automne. Si on les arrache au prinlemps , c'est quand les feuilles commencent seulement îi se développer; si on les récolles e»* automne , c'est après la chule totale des feuilles et celle de la tige dans les plantes bisannuelles. En voici la raison : les racines croissent en automne après la maturation de la graine , parce que les sucs , n'étant plus attirés vers les organes de la reproduction, redescendent dans les racines. Elles deviennent Irèssucculenles à celle époque, el elles prennent de l'accroissement. Elles continuent à croître jusqu'à ce que le froid arrête la végélalion. Mais au printemps la chaleur douce de l'atmosphère ranime l'action vitale; la racine absorbe dans la terre de nouveaux sucs , et bientôt les feuilles se développent. En raison de leur force de succion ces derniers organes absorbent tout le suc surabondant qui se trouvait dans la racine, et celle-ci s'épuise , bien qu'elle resl-e encore succulente en raison de la grande quanlilé de sève qui la traverse. C'est donc en automne, quand les sucs nourriciers sont abondans , ou au prinlemps avant l'absorption des sucs, que l'on doit récolter les racines. Il est bon de remarquer que la récolle d'automne est plus facile; si l'on attend au prinlemps que la végétation recommence, les sucs contenus dans les racines changent de nature, el s'approprient en quelque sorte à leur nouvelle fonction qui est la nourriture des pousses nouvelles; puis elles perdent ensuite de plus en plus quand les feuilles se développent et se montrent à la surface du sol. Il y a cependant quelques exceptions à ces règles, fondées sur les circonstances particulières de la végétation ou sur les propriétés que Ton recherche dans les plantes. Ainsi, l'existence éphémère des racines annuelles oblige de les récoller quand la plante est en pleine végétation. Au reste, quelle que soit l'époque où l'on arrache une ra-
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cine, il faut que celle-ci soit succulente, flexible et non ligneuse. Quelques racines, cependant, sont récoltées quand elles sont devenues ligneuses; ce sont celles dont on n'emploie que i'écorce, comme la quinlefeuîlle, la cynoglosse, la bardane. On les prend quand I'écorce est épaisse, succulente, et peut se séparer facilement du bois.
Quand une racine appartient ti une plante vivace, il est convenable de ne l'arracher de terre qu'après quelques années de végétation. On la trouve remplie de sucs élaborés et plus propres à l'usage médical. Ceci est une conséquence de ce que nous avons dit sur l'état imparfait des principes immédiats dans les plantes encore jeunes : aussi , les racines de rhubarbe, de jalap ne sont recueillies que lorsque la plante est déjà âgée de quatre à cinq ans. Pour les autres, on attend qu'elles aient deux ou trois ans. Plus tard elles deviendraient ligneuses et moins succulentes.
Les racines annuelles sont généralement inertes. Les racines des plantes bisannuelles doivent être récoltées à la fin de la première année , quand la végétation des feuilles est terminée et à une époque dans l'hiver aussi avancée que possible.
Les expériences de M. Knigth peuvent nous guider sur le choix de l'époque la plus favorable à la récolte des tiges ligneuses. Ce savant physicien a observé que le bois et l'aubier sont plus denses en hiver , et qu'ils fournissent plus d'extrait qu'en toute autre saison.
Sans entrer dans les considérations physiologiques auxquelles il a été conduit, et qui sont étrangères au sujet que nous traitons , tirons-en seulement cette conséquence que c'est en hiver qu'il faut récolter les bois, d'autant mieux que les liquides étant moins abondans, la dessication en est plus facile. On avait proposé d'écorcer les arbres pour donner plus de densité au bois. L'expérience a parfaitement confirmé ce que la théorie avait prévu, que les sucs, ne pouvant plus descendre par I'écorce, se jettent sur le bois, et augmentent sa densité. Elle nous a appris en même temps que les bois écorcés à l'avance deviennent plus tôt la proie des vers. Cet inconvénient, qui est d'un très-grand poids dans l'etnploi des tiges comme bois de construction, ne contrebalance pas , pour l'usage médical,
86 DES OPÉRATIONS PHARMÀCÉtTtlQUES.
l'avantage d'avoir des médicamens plus riches en parties actives ; et rexcorticalion des arbres pourrait sans doute être pratiquée avec avantage dans la culture médicale.
Il faut recueillir les écorces quand la végétation de l'année est terminée ou avant la lleuraison. Car, au moment où le travail de la reproduction se fait, les sucs se portent abondamment , d'abord sur les fleurs , ensuite sur le fruit et les graines, au détriment des autres organes, de sorte que ceux-ci ne sont chargés convenablement de sucs actifs que lorsque les fleurs commencent à poindre ou quelque temps après que la maturation de la graine est achevée. On prendra les écorces sur des individus ni trop jeunes ni trop vieux. Quand elles sont arrivées à un certain terme de leur accroissement, les écorces doivent être rejetées de l'emploi médical. EUes se fendent ; les parties extractives s'altèrent, et les matières salines sont entraînées par l'eau des pluies; toutes circonstances qui tendent à détruire leurs propriétés médicales.
On récolte les feuilles quand la végétation est dîms toute sa force, au moment où les organes reproducteurs commencent à poindre. Plus tard, comme nous l'avons dit, ceux-ci attirent la majeure partie des sucs de la plante, au détriment des autres organes, et, bientôt après la maturation , les feuilles ne tardent pas à changer de couleur , ce qui est un indice certain des changemens cliimiques qui s'y sont opérés. Dans leur jeunesse, au contraire, les feuilles gorgées de sève contiennent peu de sucs actifs, et ont besoin que l'acte de la végétation détermine dans leur tissu le dépôt d'une plus grande quantité de matériaux élaborés.
Les fleurs , en raison des propriétés qu'on y recherche et des changemens qu'éprouvent les matériaux immédiats qu'elles renferment, ne sont pas toujours cueillies dans le mOme état. Le plus souvent c'est quand l'épanouissement, en partie opéré, nous offre les pétales dans leur plus grand état de vigueur. Bientôt après l'ouverture de la fleur, la fécondation se fait et les sucs cessent de se porter sur les organes accessoires, qui dépérissent. Quelquefois on cueille les fleurs presque en boutons. Cette précaution est à prendre pour les composés à aigrettes , dont le développement continue à se faire encore long-temps,
j>E i/î:Li':r.Tîo.\ i;t dk la rixolte. 37
parce que le rcTCplacIe charnu (jui porle les peliles fleurs ne perd son eau de \égélalion qu'avec beaucoup de lenteur. La rose de Provins est cueillie tout-à-fait en boulons ; c'est, de toutes les fleurs indigènes, la seule qui soit dans ce cas. La couleur rouge qu'elle nous fournit et le principe astringent y sont plus développés.
Quelle est l'époque de la journée la plus convenable pour cueillir les fleurs? Si l'on doit les conserver, il ne faut les cueillir qu'après que la rosée est évaporée; sans quoi l'humidité qui les recouvre retarde leur dessication , et provoque une altération dans leurs principes. Mais quand les fleurs doivent être employées de suite , lorsque , par exemple , on les destine à la fabrication des eaux distillées , il est préférable de les cueillir le matin ou le soir. L'odeur des fleurs est due à un principe volatil de la nature des huiles essentielles , que la chaleur du soleil volatilise : aussi , remarque-t-on que les plantes ont une odeur plus faible dans la journée , parce qu'au soleil ces huiles se dissipent plus vite qu'elles ne se reproduisent, tandis que le matin ou le soir les sucs qui affluent dans les fleurs s'y conservent beaucoup mieux, et y sont plus abondans. Ce n'est pas, cependant une raison pour les récolter alors , quand elles doivent être séchées; car la dessiccation y produit le même effet que la chaleur du jour.
Les fruits considérés pharmaceutiquement peuvent être séparés en deux groupes , les fruits charnus et les fruits secs. Les fruits charnus sont ceux dont le péricarpe contient, outre les vaisseaux nourriciers , une quantité considérable de tissu cellulaire gorgé de sucs. Les fruits secs ont le tissu cellulaire peu abondant, et leur péricarpe est naturellement d'une consistance presque sèche.
Quand on doit employer les fruits charnus récens, il convient de les cueillir à leur parfaite maturité. Il est cependant quelques exceptions à cette règle. Ainsi, les framboises, les mûres, les groseilles très-mûres donnent des sucs visqueux qui s'altèrent promptement. Il est convenable de les cueillir à leur maturité , mais avant qu'elle ne soit très-avancée.
Si les fruits charnus doivent être conservés dans leur état de fraîcheur , il faut les enlever de dessus l'arbre avant qu'ils soient
lout-à-fait mûrs. La maturation s'achève dans le fruitier, et sans celte précaution les fruits blessiraienl bientôt.
Les fruits secs capsulaires , c'esl-à-dire dont les valves se séparent naturellement h la maturité , doivent être récoltés quand la graine et le péricarpe ont acquis tout leur développement, mais avant leur dessication naturelle. A la fin de leur vie , il se manifeste , dans les péricarpes , des changemens de couleur qui annoncent des altérations chimiques dans leur tissu. C'est probablement à la négligence mise à la récolte de certains fruits capsulaires , par exemple de ceux du pavot , qu'il faut rapporter , en grande partie , l'incertitude des résultats qu'ils ont donnés dans la pratique médicale. On attribue à la même cause le peu d'efficacité des follicules de séné.
Mathiolle assure que nombre de fois il a fait usage de ces fruits succulens , et que toujours il les a trouvés aussi purgatifs que les feuilles.
Les fruits carcérulaires ou les fruits secs indéhiscens doivent être récoltés h des époques différentes , suivant l'usage auquel on les destine. Si le péricarpe est la partie essentielle du fruit , si c'est en lui que résident les propriétés médicinales , on se conformera aux règles que nous avons établies pour les fruits capsulaires : mais , si l'on recherche principalement les vertus qui appartiennent à la graine proprement dite , laquelle , dans ce genre de fruits , est souvent soudée avec le péricarpe , on devra attendre que la maturité soit complète , afin que les différentes parties de la graine aient pu acquérir tout leur développement. En se conformant à ces principes , on récollera , avant le moment de leur chute, les fruits secs des ombellifères (polachênes de Richard ) , qui contiennent, dans le péricarpe, l'huile volatile à laquelle ils doivent leurs vertus. On attendra le moment où le fruit des graminées (cariopse de Richard) sera prêt à sortir de ses enveloppes scarieuses, parce que c'est dans la graine , et non dans le péricarpe, que se trouvent les principes immédiats utiles. On devra attendre la maturité des fruits du carthame , du blé noir , de l'arroche , et prévenir celle de la noix, quand on aura l'intention d'utiliser le brou.
Les semences doivent être recueillies à la maturité parfaite. Autrement, l'eau qu'elles contiennent encore se vaporise, et
les laisse désorganisées. Si elles sont émulsives , elles rancissent d'ailleurs plus vile. Le moment de récolter les semences est celui de la déhiscence des valves dans les fruits capsulaires , et de la maturité du péricarpe dans les fruits charnus.
Quand les graines sont enfermées dans une coque osseuse, on ne les en tire qu'au moment d'en faire usage. Elles y sont garanties du contact de l'air , et elles s'y conservent mieux.
DESSICCATION, CONSERVATIOiN , RENOUVELLEMENT.
Les drogues exotiques nous sont apportées dans mi élat qui leur permet de se conserver pendant un temps plus ou moins long. 11 en est tout autrement de la plupart des médicamens simples indigènes. On ne peut les garder qu'autant qu'ils ont été privés de l'eau qu'ils contiennent. S'il était toujours possible de se procurer des plantes fraîches dans un élat convenable de développement, nul doute que souvent on ne dût leur donner la préférence. Mais pendant une partie de l'année la végétation est inactive , et pendant la saison chaude , ce n'est que pendant un espace de temps déterminé qu'un même végétal est dans l'état convenable à 1 emploi médical ; de là , la nécessité de dessécher les végétaux pour rendre leur administration possible dans toutes les saisons. L'emploi des plantes dans leur étal de fraîcheur, ou après leur dessication, n'est pas une chose indifférente. Il se faitpendantla dessiccation des changemens qui n'ont pas été appréciés enc(Te avec une assez grande attention. Nos connaissances , à ce sujet, se bornent i\ quelques observations générales, qu'une étude plus attentive pourrait bien souvent démentir. On suppose que la partie gommeuse des plantes diminue de quantité, qu'une partie de l'albumine végétale se coagule. On sait que les matières volatiles se dissipent en partie , et qu'il en est quelques-unes qui se perdent entièrement, telles que l'huile acre des crucifères , et le principe fugace des renonculacées , des arum, des sumacs.
La dessiccation pour les plantes consiste dans la dissipation de leur eau de végétation. Les sucs séveux et les sucs propres sont composés de matières très- diverses, dissoutes ou divisées à la faveur de Feau. Celle-ci s'évapore, et les principes qui lui étaient unis restent dans le tissu du végétal à l'état de siccité,
ko Di:S Ol'KRATIONii PJlAUMACi: Il lOL'K?.
et peuvent s'y consener. La dessiccation doitôtre prompte pour éviter les altérations que les sucs contenus dans les plantes éprouveraient nécessairement, si l'évaporalion de leur eau de végétation se faisait avec lenteur. La dessiccation des corps est basée sur la propriété que l'eau possède de s'évaporer à l'air ; cette évaporation se fait également , mais avec plus de lenteur, quand l'eau est contenue dans le tissu du végétal.
L'air sert à l'évaporation de l'eau , en recevant dans ses interstices la vapeur d'eau qui se forme. Mais par lui-môme il nuit h l'évaporation plutôt qu'il ne la facilite. La vapeur d'eau se formerait plus vite dans le vide qui ne lui présenterait pas d'obstacle , tandis que pour se séparer dans l'air , elle est obligée de se loger dans les intervalles que les particules gazeuses laissent entre elles , ce qui demande plus de temps ; mais pour la dessiccation des plantes , on conçoit que le système d'évaporation dans le vide soit impraticable.
En renfermant de l'eau dans un espace circonscrit, elle forme de la vapeur : mais la quantité en est limitée par l'étendue de l'atmosphère qui l'enveloppe , et par la température. Aussitôt que l'air est saturé de vapeur pour celte température à laquelle on opère , toute évaporation cesse de se produire. Le même effet , et par les mêmes causes , se produirait dans une chambre bien fermée, où l'on placerait des plantes fraîches. Celles-ci abandonneraient bien toute l'eau de végétation nécessaire à la saturation de l'air de la chambre ; mais une fois qu'il serait arrivé à cet état extrême d'humidité , la dessiccation serait interrompue; de là , la nécessité de renouveler l'air pour remplacer celui qui s'est chargé de vapeur d'eau , par un nouvel air qui puisse en recevoir à son tour.
La rapidité du courant d'air a une influence très-grande sur la promptitude de la dessication. Tout le monde sait qu'elle la rend beaucoup plus prompte. Voici l'explication de ce fait. Nous avons vu que la nécessité pour la vapeur de se faire passage dans les vides laissés entre elles par les particules d'air , retardait la formation des vapeu-rs. Par la même raison, l'évaporation dans l'air marchera plus vite dans un air sec que dans un air contenant déjà de l'humidité. Dans l'air sec , les vides sont libres , et la vapeur n'a à vaincre que la résistance des parti-
Cilles d'air; dans l'air humide , les vides sont en partie remplis pqir delà vapeur, et celle qui arrive trouve cet obstacle de plus. Or, quand l'air ne séjourne pas long-temps sur des plantes, celles-ci sont en contact à chaque instant avec un air nouveau qui n'a pas le temps de se saturer. Elles sont constamment exposées à l'effet d'une atmosphère qui, étant éloignée de son point de saturation reçoit la vapeur avec plus de promptitude.
Quand l'air est plus sec , l'évaporation marche plus vite ; c'est encore une conséquence de la difficulté que la vapeur d'eau éprouve de plus en plus à se nicher dans les vides de l'air , ù mesure que ceux-ci se remplissent d'humidité.
Quand l'air est plus chaud , l'évaporation est plus prompte. Ceci tient à une propriété que possède l'eau comme tous les liquides, de former plus de vapeurs dans un espace circonscrit quand la température est plus élevée ; mais pour cette élévation de température, il y a encore un point de saturation passé lequel toute évaporation cesse encore; de sorte qu'exception faite de la faculté de dissoudre plus de vapeur d'eau , toutes les considérations précédentes trouvent encore la même application.
La dessiccation des plantes et de leurs parties se fait ordinairement dans un grenier aéré qui prend le nom de séchoir. 11 est placé de préférence sous les com'oles , parce que la chaleur du soleil qui frappe sur les tuiles élève la température de la pièce, et rend la dessiccation plus prompte.
Le séchoir est autant que possible pris à l'exposition du midi. Il doit présenter des ouvertures assez nombreuses , pour que l'air y circule facilement; mais ces ouvertures doivent se trouver surtout du côté qui amène de l'air sec et chaud ; dans nos climats, du côté du midi ou de l'est. Les ouvertures doivent être fermées avec des pcrsiennes qui ne s'opposent pas au courant d'air , mais qui empêchent les rayons du soleil de venir tomber sur les plantes. Ces ouvertures sont même fermées entièrement par des volets , en temps de pluie, dans la direction du vent qui pourrait faire pénétrer celle-ci dans le séchoir. Il faut faire présenter aux plantes que l'on veut sécher une grande surface , et renouveler celle-ci autant que possible. A cet effet,
on les dispose sur des claies à claires-voies ; on les y étale en couches peu épaisses , et on les retourne souvent pour éviipr qu'elles ne s'altèrent.
On peut aussi attacher les plantes par paquets, elles suspendre en guirlandes. Les paquets ne doivent être ni trop épais ni trop serrés pour que la dessiccation puisse se faire facilement jusqu'au centre.
On a souvent recours, pour dessécher les plantes, à la chaleur de l'éluve. Celle-ci est indispensable dans les temps pluvieux, pendant lesquels l'air est presque saturé d'humidité, ou lorsqu'on opère sur des parties succulentes à tissu compact, qui laissent sortir difficilement leur eau de végétation.
Une étuve est un emplacement plus ou moins vaste, souvent une chambre qui est chauffée par un fourneau, et dont la construction , bien que variable suivant les localités , doit cependant être conforme à quelques principes. La chaleur lui est donnée par un poêle , dont la bouche du foyer est placée en dehors , pour que la poussière des cendres ne puisse salir les matières à sécher. Ce poêle doit être muni d'un grand nombre de tuyaux et on leur fait parcourir le plus grand espace possible dans le sens horizontal. Ils fournissent alors plus facilement leur chaleur. Les pirticules d'air, qui viennent toucher à sa base un tuyau vertical, s'échauffent et se dilatent ; devenues plus légères , elles s'élèvent le long du tuyau en s'échauffanl toujours davantage , et elles forment ainsi une sorte de fourreau qui recouvre constamment le tuyau et se trouve continué par les particules qui remplacent à la base celles que leur légèreté à fait monter vers les régions supérieures ; de ce phénomène il résulte que les mêmes particules s'échauffent beaucoup au point de contact avec le tuyau, mais qu'il faut beaucoup de temps pour qu'elles s'y soient toutes échauffées , Si le tuyau est horizontal, les particules qui le touchent ne restent que quelques instans en contact avec lui, parce que, dans leur ascension, elles l'ont bientôt dépassé; ainsi elles se renouvellent sans cesse, et, comme un corps chaud se refroidit d'autant plus rapidement qu'il a lo contact de corps plus froids , il y a (ians un même temps plus de chaleur en-
levée au tuyau, quand il est horizontal que lorsqu'il est placé verticalement.
Il ne suffit pas d'échauffer l'atmosphère d'une éluve, il faut encore la renouveler, car elle sérail bientôt saturée de vapeur aqueuse, et toute évaporation cesserait. On établit un courant d'air en pratiquant quelques ouvertures sur les parois de l'étuve : il sort par là continuellement de l'air chaud chargé d'humidité, qui est remplacé à mesure par de l'air plus froid, qui s'échauffe et devient très-propre à hâter la dessiccation Cet air froid entre par les fissures de la porte de l'étuve, et il a l'inconvénient de la refroidir. On remédie à ce défaut en plaçant sous le foyer du fourneau des cylindres métalliques qui sont échauffés dans le poêle et qui viennent s'ouvrir dans l'intérieur de l'étuve ; l'air extérieur les traverse pour eatrer dans l'étuve, de sorte que ces bouches de chaleur y versent continuellement de l'air sec et échauffé qui remplace celui qui sort par les ouvertures. Il s'agit seulement de modérer le courant afin que l'air ne soit expulsé de l'étuve qu'après avoir eu le temps de s'y saturer d'humidité. Celte condition est avantageusement remplie dans le système d'étuve qui a été proposé par M. Cooper. L'air échauffé est porté à la partie supérieure de l'étuve et l'issue lui est ouverte à la partie inférieure : par là le mélange se fait avec lenteur, et ce sont toujours les couches inférieures les plus chargées d'humidité qui sont expulsées. Du reste , la construction de l'étuve peut présenter de grandes différences suivant les localités.
Dans la dessiccation à l'étuve, les plantes doivent être également étalées en couches minces et retournées de temps en temps pour que la dessiccation s'en fasse facilement. Une autre précaution est indispensable: c'est de ne pas les exposer de suite à une forte chaleur. Elles subiraient dans leur eau de végétation une sorte de coclion qui les altérerait. On commencera par une température de 20 à 25 degrés que l'on élève jusqu'à 35 à 40.
Quelle que soit la manière dont les matières oganiques ait été séchées , on remarque qu'au sortir du séchoir elles sont cassantes ; au bout de quelque temps elles reprennent un peu de flexibilité, et deviennent plus maniables; ce qui lient à ce que
4+ I)i:S OPKIIATIONS PIIAUMACEUTIOUES.
1p lissu végL'lal est hygromélrique, et s'empare d'une partie de riiumidilé de l'air, de majiièrc à se mettre dans une sorte d'équilibre avec lui.
Il n'y a rien à ajouler à ce qui précède pour la dessiccation des plantes entières ou des feuilles des plantes. Tout ce qui la concerne se trouve compris dans ce que nous avons dit de leur élection et de la dessiccation en général. Nous nous contenterons de citer quelques exemples. On desséchera h l'air libre les labiées , la fumelerre, le trèfle d'eau, la mercuriale, etc., toutes plantes moyennement aqueuses, La chaleur de l'étuve sera nécessaire pour l'orpin , la joubarbe , dont les sucs sont trèsabondans.
Les végétaux aromatiques chargés d'huile volatile doivent être séchés, de préférence au grenier, à la chaleur de l'atmosphère. On ne peut éviler qu'ils ne perdent une partie de leur odeur ; mais la proportion en est plus faible à mesure que l'on opère à une plus basse température, parce que la volatilité de l'huile essentielle décroît par un même abaissement de chaleur dans une proportion plus grande que ne le fait la vapeur d'eau. 11 faut rester dans des limites telles que l'évaporalion se fasse bien, ce qui n'aurait pas lieu à une température trop basse et en môme temps veiller h ce que la dissipation des principes volatiles ne soit pas trop abondante. On remplit ces conditions en étalant les végétaux à l'ombre , dans un lieu bien aéré.
Quand les racines sont peu succulentes et peu épaisses, on les dessèche facilement en les suspendant par paquets dans une étuve ou dans un grenier aéré , ou encore en les coupant par tronçons courts et les étalant sur des claies.
Les racines charnues sont coui)ées par tranches minces. On en forme des chapelets que l'on suspend dans l'étuve. Telles sont la pomme de terre et les racines de bryone et du nénuphar.
On recommande généralement de laver les racines avant de les dessécher. Cette opération a pour but d'en séparer la terre qui y est adhérente. Elle doit se faire sur les racines entières , car autrement l'eau entraînerait une partie des sucs : à cet effet on met les racines dans un réservoir ( un baquet, une auge en pierre ) avec un bonne quantité d'eau , et on les y remue avec une pelle ou avec la main. La terre se détache et se pré-
cipile ; on relire les racines et on les soumel, s'il est nécessaire, à un second lavage, après quoi on les étale à l'air pour faire évaporer l'eau qui les mouille. Une fois que leur surface est séchée, on les coupe par tranches et on les fait sécher au grenier ou à l'étuve.
Quelques personnes préfèrent sécher les racines sans les laver , et les secouer dans un sac de toile une fois qu'elles sont bien sèches. Le frottement que les morceaux exercent les uns sur les autres en détache toute la terre, que l'on sépare ensuite au moyen d'un crible.
Celte méthode est bonne pour les racines un peu fortes, qui ne sont pas composées de plusieurs branches, et que l'on coupe ordinairement par tronçons ; mais le lavage est encore préférable.
11 est avantageux de conserver quelques racines dans leur état de fraîcheur, soit qu'elles perdent, en se desséchant, les propriétés qui les caraclérisent; soit qu'elles en acquièrent de nouvelles. On les lient environnées et couvertes d'un sable bien sec. On conserve de cette manière les racines de raifort , d'iris , d'arum. On coupe le collet du raifort afin que les feuilles ne se développent pas , ce qui ne pourrait avoir lieu qu'au détrimen' de la racine.
Les bulbes, toutes les fois qu'on les emploie frais ( et alors on va les chercher le plus souvent au moment de s'en servir ), sont conservés dans du sable. Si on les dessèche, c'est toujours par le procédé suivant. On rejette les parties les plus extérieures dont l'aspect seul annonce un commencement de détérioration , et les parties voisines de la hampe dont l'état d'étiolement naturel n'a pas permis aux principes actifs de se produire, et l'on ne récolte que les squammes ou tuniques intermédiaires. On les coupe, soit transversalement , soit dans le sens de leurs fibres longitudinales pour diviser la pellicule mince et très-dense qui recouvre leur surface, et qui s'opposerait à l'évaporation de l'humidité. On les enfile en chapelets , ou on les étale sur des claies , et on les fait sécher à l'étuve.
Le bois et les écorces se dessèchent avec la plus grande facilité. Il suffit de les laisser exposés h l'action de l'air dans un grenier bien ouvert.
k& DES OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES.
Les fleurs d'un volume un peu considérable ou celles qui seul isolées sur la (if^e sont recollées séparément les unes des autres. Quand, au contraire , elles sont très-petites et réunies en grand nombre sur un support commun , en corymbe , en ombelles ou en grappes , on les cueille avec leur pédoncule, et on les désigne sous le nom de sommités fleuries. On les réunit en peliles bottes, h l'aide de ficelles, et on les suspend dans un grenier; quelquefois on les enveloppe de papier, pour éviter que la lumière n'en altère les couleurs ; par exemple , pour le caillelait, le millepertuis, la petite centaurée, le mélilot, l'origan, la marjolaine.
Les fleurs , en raison de la délicatesse de leur tissu et de la facilité avec laquelle elles s'altèrent, doivent être desséchées promplement , en se conformant cependant à ce qui a été dit sur les moyens généraux de dessiccation, et la pressant d'autant plus que leur tissu est plus aqueux et plus altérable.
On fait subir à quelques fleurs une opération préalable. On sépare le calice et les onglets des pétales des roses rouges et des œillets. On enlève le calice de la violette. Si l'on destine les fleurs aux usages chimiques , il faut , avant de les sécher , les laver à l'eau chaude pour séparer une matière verte. Elles conservent fort bien leur couleur si , aussitôt qu'elles sont assez sèches pour être friables , on les enferme encore chaudes dans des vases hermétiquement fermés. L'altération qu'elles éprouvent dans les circonstances ordinaires paraît être le résultat d'une sorte de fermentation déterminée par l'humidité hygormélrique.
Les fruits peu charnus sont desséchés par les procédés ordinaires. On se contente de les étendre dans un grenier aéré ou au soleil. 11 est plus convenable de placer à l'ombre ceux qui sont chargés de principes volatils , par exemple , les polachênes des ombellifères.
Les fruits pulpeux tels que les Ogues , les prunes , les cynorrhodons , ne doivent jamais être desséchés au point de devenir cassans. On les expose d'abord 'a la chaleur douce d'un four , et ensuite à celle du soleil , et on les reporte successivement au four et au soleil , jusqu'à ce qu'ils aient acquis le degré de siccité convenable. Le but qu'on se propose dans cette
manipulation est 1« de faciliter la dessiccation de la matière charnue, en élevant la température; 2» de déterminer également l'évaporation dans toutes les parties. La chaleur du four agit surtout à la surface ; à mesure que l'humidité s'échappe , le tissu végétal se resserre , et devient bientôt assez dense pour s'opposer h l'évaporation des sucs situés plus profondément. Pendant le temps que les fruits passent hors du four, l'équilibre se rétablit îi peu prés dans toute leur substance , parce que leurs parties dcssécliées se ramollissent de nouveau aux dépens des sucs de l'intérieur. Il est aisé de concevoir qu'en renouvelant plusieurs fois ces effets , on arrivera graduellement à la concentration convenable des sucs du fruit.
Observons que le four doit être chauffé de manière à produire la dessiccation sans cuire les fruits.
Les semences , quand elles ont été récoltées à leur parfaite maturité , n'exigent ordinairement d'autre soin que d'être gardées dans un lieu sec , à l'abri de la voracité des animaux. Il est convenable de garder dans leur coque ligneuse celles qui en sont pourvues. On a remarqué qu'elles s'y conservent plus long-temps sans altération.
On pourrait sécher à l'étuve les graines mucilagineuses, au soleil les autres graines inodores; mais on devra laisser à l'ombre celles qui sont aromatiques , ou douées d'un principe acre et volatil.
Toutes les substances prises des animaux doivent être soumises à la dessiccation avec les mêmes soins que les plantes , en variant les procédés selon la nature particulière de chacune d'elles.
Les cantharides , les cloportes sont exposés épars sur des toiles ou sur des châssis, dans un grenier ouvert où l'air circule librement.
On sépare la peau, la tête et les intestins des vipères. On les suspend ensuite , dans une étuve , pour les sécher par degrés. Le foie et le cœur étaient autrefois conservés à part , et ils étaient désignés sous le nom de bézoard animal.
Toutes les substances , après avoir été convenablement desséchées , doivent être enfermées dans des vases inaccessibles à
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la lumière , à riiumidité el à la poussière. Des vases de verre noir ou de faïence seraienl sans contredit les meilleurs, s'ils n'avaient l'inconvénient d'être d'une trop petite capacité. On les remplace par des boîtes de bois peintes en dehors , et garnies intérieurement de papier collé avec de la colle d'amidon , h laquelle on a ajouté de l'aloOs , de l'absinthe ou de l'alun , pour la garantir des insectes. 11 est d'ailleurs nécessaire de visiter souvent tous les médicamens simples , pour les préserver des avaries qu'ils peuvent contracter avec le temps , et pour rejeter ceux qui se trouveraient altérés.
Quand on doit conserver des masses assez considérables d'espèces indigènes, la manière la plus avantageuse est de les tasser fortement en balles , après qu'elles ont été bien desséchées. De cette manière , l'air el l'humidité ne peuvent pénétrer dans l'intérieur, et leur action se borne tout au plus à dénaturer la couche superficielle. C'est par ce procédé que, dans les arts, on conserve le houblon. C'est aussi le moyen dont se servent les herboristes en gros. Les pharmaciens se trouveront bien de l'employer, suivant le conseil que leur en a donné M. Decourdemanche.
Quand il s'agit de conserver des animaux vivans , on y parvient en les plaçant dans les conditions qui les écartent le moins possible de leurs habitudes naturelles. On conserve les grenouilles et les écrevisses en les mettant dans des vases avec de l'eau et de l'herbe, ou mieux encore des touffes de joncs. On recouvre le vase d'un couvercle à claire-voie ou d'un filet. On met les tortues dans un jardin , les vipères dans une boîte garnie de son. Les sangsues sont placées dans de l'eau fraîche que l'on renouvelle souvent.
Tableau de la perte qu'éprouvent les plantes par la dessiccation.
NOMS des
VKGiTADX.
Racine d'àclie
angéliqae
asperge
aunée
bai'dane
consoude
cynoglosse. . . .
fougère mâle. . .
galiiiauve
jusquiaiiie . . . .
paiience
Vileriane
Ognons de sciile
Bourgeons de peuplier. .
Ecorce de chêne , .
orme
sure-iu
Tiges de douce-auière. . .
Feuilles d'aconit
Lelladoiie
Lugle
LouilloD blanc.
Lourrarhe . . .
chardon bénii. .
ciguë
chicorée
digitale
guimauve
jusquinnie
uiauve
méiilauihe. . . .
oranger
rhas r.idicans. .
saponaiie . . . .
stiiiiiionium. . .
Sommités aLsynihe
aiiTioi.'-e
chaniadris , . . .
fuiiietti.ie
hysope
NOMS des