VÉGÉTAUX
lavande
lierre terrestre. .
Sommités mélisse
menthe
mercuriale
morellc ,
origan ,
pariétaire ,
pensée sauvage..
rue
saope
Sommitésflenriesdecaiilelail
petite centaurée. .
nielilot
mil'epertuls
Fleurs bourrache
bou'lliiii blanc
camomille romaine..
guimauve
la\aii(le
mati icaire . .
mauve
muguet
nénufar
pi^olier
sureau
tilleul
tussilage.
Pétales de Cufjiielicot
ce lot r ouije
roses pâles
ro.ses rouges
/Vota. Tous rfs rapports ne «ont qii'appro'»!
i!i!5;fls vnrionl lin (leii avec lelul .le h, plautp au niiimrnt de tu réc.ilie, et snivanl qui Il sainoii en lèilic ou pluvieusr.
I)K h\ PULVERISATION.
La pulvérisation est une opération par laquelle on réduit les corps en particules plus ou moins ténues. On y procède par dos moyens trcs-diiïérens. La râpe, la lime , les meules, sont mises en usage. Plus souvent , on se sert du pilon. Nous examinerons d'abord quelles sont les règles applicables à la pulvérisation des corps en général. Nous passerons ensuite en revue chaque mode particulier de pulvérisation pratiqué dans les oflîcines , en ifidiquanl successivement quels sont les corps qui doivent y être soumis.
Les corps que l'on veut pulvériser doivent être fort secs. Cette précaution est surtout indispensable pour les matières qui sont formées par un tissu organique. Elles se mettent en équilibre d'humidité avec l'air atmosphérique; leurs tissus organiques prennent de la mollesse , de la ductilité, et refusent de se pulvériser. Pour peu que ces matières aient un volume un peu considérable , on leur fait subir une division préalable pour qu'elles présentent plus de surface , et qu'elles se dessèchent mieux. A cet effet, quand les matières sont d'un tissu compacte , on les concasse et on les laisse exposées au soleil , ou mieux à l'étuve. Par exemple , les racines de jalap, de colombe, d'iris, decurcuma, etc. Quand les matières que l'on doit pulvériser ont un tissu ligneux , on les divise au moyen de la rdpe. Par exemple , les bois de gayac, le quassia amara, les santaux, la racine ligneuse de sassafras , etc.
Les racines Irès-fibreuses , comme la réglisse , la guimauve , la salsepareille, la garance, sont coupées en tranches trèsminces au moyen du couteau à manche. Cette opération , en même ten)i)S qu'elle divise la racine, et facilite sa dessiccation, rend la pulvérisation plus facile en divisant les ûbres nombreuses de ces racines.
On coupe de la même manière les racines plus compactes de bardane, d'ûche, d'aunée, d'acorus, de patience, de pyrèthre, de ratanhia , etc.
Dû outre des opérations précédentes, il est des substances qui exigent quelque manipulation préalable , dont le but peut être for I différent; ainsi il est certaines racines, composées de
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plusieurs parties assez petites, rapprochées les unes des autres, et qui dans les intervalles retiennent de la terre enferraée. Il est important de séparer cette terre qui se mêlerait à la substance pulvérisée. On y parvient en concassant légèrement ces racines, et en les secouant sur un crible pour faire tomber la terre. On les sèche ensuite à l'étuve, et on les pulvérise. On traite par cette méthode les racines de valériane , d'angélique, d'aristoche petite, d'asarum, de benoîte, de contrayerva. Quand ces racines sont propres , cette opération préalable est inutile. On sépare les semences contenues dans les capsules de pavot , les semences engagées dans la pulpe de coloquinte , et les noyaux osseux des myrobolans ; on monde de leur enveloppe les semences des cucurbitacées , les amandes , les pignons d'Inde, les graines de tiily. On rejette au contraire le péricarpe scarieux de l'amome en grappes et du cardamome.
Les coquilles d'œufs, les coquilles d'huîtres, le corail , les pierres d'écrevisses sont d'abord contusées et passées au tamis de crin; on lave cette poudre j»vec de l'eau bouillante, pour enlever, au moins en partie, une matière animale qui. plus tard, se putréfierait et ferait prendre une odeur fétide à la poudre.
Le salcp est mis à tremper dans l'eau froide pendant douze heures. Au bout de ce temps on le retire , on l'essuie fortement à la surface pour en détacher la peau , puis on le sèche à l'étuve avant de le pulvériser. L'eau qui pénètre par la macération dans le salep change en quelque sorte son état moléculaire. Elle lui ôte de sa consistance cornée et le rend plus friable. On expose à la vapeur les semences coriaces de la noix vomique et de la fève Saint-Ignace ; on les passe au moulin ou on les pulvérise au mortier.
Les pierres siliceuses ne se pulvérisent bien qu'autant qu'on lésa fait rougir au feu , et que , dans cet état, on les a plongées dans de l'eau froide. Sans doute que leur friabilité, après celte opération, est le résultat de la tension extraordinaire dans lequel se trouvent leurs molécules. La chaleur les écarte les unes des autres , et augmente le volume de la masse. Le refroidissement subit que produit le contact de l'eau froide , contracte brusquement les parties les plus extérieures ; mais cet effet ne se fait pas sentir à l'intérieur où les molécules se refroi-
dissent lentement, et restent dans un étal d'écarlemenl plus grand (lue ne le comporte leur température; état contre nature cl qui détermine la séparalion des particules dès qu'un choc brusque vient à détruire l'équilibre qui existait dans la masse. A mesure que l'on pulvérise un corps , les portions qui ont été réiluiles en poudre s'élèvent dans l'atmosphère à chaque secousse qui est imprimée à la masse. Le moindre inconvénient qui en résulte est la déperdition d'une certaine quantité de matière. Il arrive aussi fréquemment que le pileur en est Irèsincommodé ; et souvent même il en résulterait pour lui desaccidens fâcheux, s'il ne parvenait à se mettre à l'abri. Toutes les matières acres, comme les gommes-résines, l'euphorbe, les cantharides, les racines dejalap, d'azarum, d'ipécacuanha, de béloine, d'arnica, etc., peuvent produire ces effets. On évite le danger qui résulterait de leur action, en recouvrant le mortier d'un sac de peau en forme de cône qui est traversé par le pilon dans sa partie supérieure , et qui y est fortement attaché. La base du cône recouvre la bouche du mortier , et se trouve liée à ses bords par une corde ou une courroie.
M. Gay a décrit, dans le tome 2 du Journal de pharmacie. un couvercle de mortier très-convenable.
11 serait de toute impossibilité de pulvériser entièrement dans un mortier toute la matière que l'on y a mise. De temps en temps, on sépare les parties les plus (ines de celles qui n'ont pas encore été suffisamment divisées. On y parvient au moyen d'un tamis. C'est un tissu tendu dans une portion de cylindre en bois et au trix'.ers duquel les parties les plus ténues trouvent seules un passage. On se sert de tissus plus ou moins fins suivant que l'on veut obtenir des matières plus ou moins ténues. Quand on veut avoir des poudres très-fines, on emploie un tamis couvert. La pièce supérieure e.U appelée couvercle, et la pièce inférieure tambour. Elles sont toutes deux garnies en peau , et elles s'emboîtent sur le tamis » de manière à ce qu'il ne puisse y avoir déperdition de poudre. On emploie ces tamis couverts dans les mêmes circonstances et pour les mômes raisons que nous avons rapportées plus haut en parlant de la déperdition pendant la contusion des corps.
Pour faire passer les poudres il travers le tissu du tamis, on
DE LA PULVÉllISATION. 53
se con(enle de remuer circulairemenl celin-ci en l'appuyant sur le morlier, ou au moins de l'at-iîer dans les mnins. Si on le frappait conlre le mortier, l'on forcerait à passer des parlies qui n'auraient pas encore acquis le degré de ténuiU'; convenable. Une matière fibreu«:c qui auraiuHé tamisée de la sorte fournirait une poudre remplie de fibres non pulvérisées.
Souvent les matières que l'on soum.el à îa pulvérisation sont composées de parties différemment fi iables , ce qui donne le moyen de les séparer les unes des autres. On ne ciierche pas à le faire, quanti les particules d'un corps sont toutes de même nature, ou qu'elles ont toutes des propriétés utiles, et aussi quand les différens principes qui composent un corps offrent peu de différence dans leur dei,'ré de friabilité.
Quand une matière n'est formée que d'une seule espèce de substance, comme les composés cbimiques bien déterminés, les gommes pures, le sucre , les résines, etc., la poudre est semblable à toutes les époques de l'opération et on peut prendre indifféremment les premiers ou les derniers produits.
Le même résultalesl présenté, quoique d'une manière moins exacte, par les corps de nature organique, composés par conséquent de matières très-différentes, quand iis sont formés d'un tissu délicat, sans mélange de fibres ligneuses ou avec mélange d'une faible quantité de ces fibres. Alors les parties ])los friables facilitent la pulvérisation (^s autres, et, jusqu'à la fin de l'opération , les produits sont pareils ou peu différens. Dans ce cas, il faut faire entrer dans la composition de !a poudre médicinale, toute la substance même qui a été soumise à l'opération. C'est ainsi que l'on traite les racines de jalap, de rhubarbe, d'année, de gentiane, l'écorce decanelle, de winter, les cantliarides, etc. La texture même des matières organiques que l'on pulvérise est souvent un indice certain pour reconnaître celles qui doivent ainsi êlie pulvérisées sans laisser de résida.
Lorsque les matériaux qui constituent un médicament sont très-différemment friables , et que l'un d'eux n'a pas ou n'a que très-peu de propriétés médicamenteuses, il est avantageux de le séparer. On y parvient, en grande partie, en fractionnant les produits delà pulvérisation. Si la partie active se pulvérise la dernière , on rejette la première poudre : si elle est plus fria-
5i DES OPERATIONS PHARMACEUTIQUES.
b!c que les parties inertes , on rejette au contraire les derniers produits. Dans le premier cas se trouvent le quinquina gris, la cascarille, la gomme adragante. On rejettera donc les premiers produits de la pulvérisation du quinquina gris et de la cascarille. La première poudre que fournit la gomme adragante contient toutes les matières étrangères plus friables que celte gomme. MM. Henry et Guibourt ont proposé avec juste raison de gratter l'écorce du quinquina gris pour enlever tous les cryptogames et le tissu cellulaire superficiel, de gratter également la cascarille pour en géparer la couche lichenoïde , car ce sont les matières qui les premières se réduisent en poudre. Ils appliquent la môme manipulation aux écorces d'anguslure vraie et d'anguslure fausse, au quinquina jaune ou rouge avec écorce , comme on les appelle dans le commerce.
Les corps dont les derniers produits de la pulvérisation sont sans vertu sont en plus grand nombre. Ce sont toutes les racines fibreuses, les feuilles et les liges, dont la fibre végétale résiste plus a l'action du pilon que les matières extractives. On rejette le résidu qu elles laissent, et qui est lout-à-fait fibreux. On ne peut dire , avec une suffisante exactitude , à quel point on doit arrêter la pulvérisation. Il peut varier non-seulement pour des substances différentes; mais encore pour la même substance. On observe dans la pulvérisation de ces corps que les produits sont de moins en moins odorans et sapides; on doit s'arrêter au moment où le résidu n'a plus que peu d'odeur vl de saveur
Ce que nous venons de dire conduit à penser que, dans un très-grand nombe de cas , les poudres ne sont pas homogènes a différentes époques de la pulvérisation. Aussi , est-il essentiel de mélanger tous les produits pour avoir un tout dont les propriétés soient constantes dans toutes ses parties. Le mélange se fait en retournant toutes les poudres ensemble dans le fond d'un tamis ou sur un papier. Pour que le mélange soit exact, il convient môme de les forcer h passer de nouveau à travers un tamis dont le tissu soit plus lâche que celui qu'elles ont traversé en premier lieu.
Les différens modes de pulvérisation mis en pratique dans les officines sont au nombre de sept , savoir :
CONTUSIO^, TUITITRATIO^. 5o
La contusion , La triluralion , La moulure ,
La pulvérisation par frottemenl, La pulvérisation par intermède, La porphyrisation , La lévigation.
Jetons un coup d'œil sur chacune de ces sortes de pulvérisation.