POTION HUILEUSE
1* Pr. : Huile d'amandes douces 1 once.
Sirop de fleurs d'oranger 1
Eau de tilleul 2
2* Pr. : Huile d'amandes douces 1 once.
Gomme arabique 2 gros.
Sirop de fleurs d'oranger 1 once.
Eau de tilleul 2 onces.
On émulsionne l'huile au moyen de la gomme ; la potion a un aspect laiteux , et elle reste fort long-temps sans se séparer.
LAIT d'amandes OU ÉMULSION.
1° Pr, : Amandes douces 1 once.
Eau de rivière 5
DKS ROSACÉES. 529
Celte préparation constitue une sorte de potion que l'on fait prendre ordinairement en une seule fois, et qui agit comme légèrement calmante.
2' Pr. : Amandes douces 1/2 once.
Eau 1 litre.
Celte émulsion forme une boisson adoucissante, souvent ordonnée comme tisane. On l'édulcore à volonté.
Voyez d'ailleurs pour la théorie et le modus faciendi des émulsions, page 134..
SIROP d'orgeat.
Pr. : Amandes douces I livre.
— amènes 5 onces.
Eau 4 livres.
Sucre 7 livres 18 onces.
Eau de fleurs d'oranger 3 onces.
On sépare les pellicules des amandes , au moyen de l'eau bouillante , et on les pile avec une partie du sucre et de l'eau , pour avoir une pâte très-fine (on y parvient plus promptement en broyant sur une pierre à chocolat) ; on fait avec cette pâte et de l'eau une émulsion à laquelle on ajoute le reste du sucre cassé par morceaux; on fait chauffer pour dissoudre le sucre; on passe , et l'on aromatise avec l'eau de fleurs d'oranger ou l'esprit de citrons.
Cette formule , qui est celle du Codex , mais qui appartient originairement à M. Boudet , demande quelques explications.
D'abord, il vaut mieux ne pas porter le sirop à l'ébullition. Si la chaleur à laquelle on fait fondre le sucre ne dépasse pas 40 degrés , l'albumine n'est pas coagulée ; elle ne se sépare pas du sirop, et celui-ci , délayé dans l'eau , donne un liquide plus homogène.
Quand le sirop d'orgeat se refroidit , il se fait une pellicule
solide que l'on divise dans l'eau de fleurs d'oranger ; mais il
vaut mieux l'empêcher de se former. L'on y parvient par une
manipulation simple et facile , qui consiste à recouvrir le vase
dans lequel est reçu le sirop chaud. Il ne se fait plus alors d'évaporalion à la surface, et la croûte ne peut plus se former.
Quelques pharmaciens réservent une partie de l'eau destinée à l'émulsion , et l'ajoutent au sirop, après qu'il est terminé. Par ce moyen , qui ne nuit en rien à la qualité du sirop, il acquiert beaucoup plus de blancheur.
Quelque temps après qu'il a été préparé, le sirop d'orgeat se partage en deux couches. C'est que, malgré la présence du sucre , l'émulsion se sépare de telle manière que l'huile et le parenchyme viennent à la surface. On a dierché à éviter celte désunion , et beaucoup de moyens infructueux ont été employés. Il est de fait qu'elle est inévitable puisqu'elle tient à la nature même du sirop, qui tient en suspension des matières divisées qui doivent nécessairement se séparer à la longue. Cette séparation est moins prompte quand le sirop a été peu chauffé , parce que l'albumine est alors en dissolution , et qu'elle émulsionne l'huile d'une manière plus parfaite. Mais il arrive toujours qu'une partie plus solide se réunit dans le col de la bouteille, et ne se mêle ensuite que difficilement au sirop. M. Germain a conseillé de conserver le sirop dans des bouteilles renversées sens dessus-dessous. Quand elles sont remplies et bien bouchées , on les met la tête en bas dans les trous d'une planche à bouteille ; la séparation se fait de même ; mais comme le fond de la bouteille présente une grande surface, la couche de matière est moins épaisse , et il suffit d'agiter la bouteille à plusieurs reprises pour la mêler parfaitement au reste du sirop.