PRUNEAUX
( Prunus domestica. )
Les pruneaux sont les fruits desséchés au. Prunus domestica. Leur composition est celle de tous les fruits acides de la tribu des drupacées. On y trouve de l'acide malique, du sucre, de la gomme , une matière azotée , de la pectine.
On emploie en médecine , mais comme substance alimentaire, les pruneaux doux et sucrés de belle qualité; ceux qui sont destinés à l'usage médicinal proprement dit sont choisis moins sucrés et plus acides : ils proviennent de la variété appelée petit damas noir.
UES KOSACKEi. 537
DESSICCATION DES PHUNEAUX.
On cueille les prunes à la maturité , et on les place sur des claies , en ayant soin de les écarter assez pour qu'elles ne se touchent pas ; on les expose à toute l'ardeur du soleil si l'on habite un pays chaud ; mais , dans les climats froids , il faut recourir à la chaleur artificielle d'une étuve ou d'un four ; les claies chargées de prunes sont laissées alternativement pendant une journée au four et pendant une journée ù l'air, à moins que le temps ne soit trop humide. Par cette manipulation , les sucs intérieurs , qui ne peuvent éprouver de concentration directe , se mettent en équilibre de concentration avec ceux de la surface sur lesquels se fait l'évaporation. On s'arrête avant l'entière dessiccation des fruits, quand les sr.cs ont acquis assez de consistance pour que le sucre qu'ils contiennent leur serve de condiment.
PULP£ DE PRUNEAUX.
On fait cuire les pruneaux dans l'eau , de manière à ce qu'il ne reste qu'une très-petite quantité de décoction ; on les pulpe sur un tamis , en ayant soin d'ajouter de temps en temps un peu de décoction pour ramollir la pulpe , et pour qu'elle passe plus facilement à travers le tissu du tamis.
Il vaut mieux encore faire cuire les pruneaux à la vapeur et les pulper.
La pulpe de pruneaux est un doux laxatif; on l'emploie rarement seule. Elle ^ntre dans quelques anciennes préparations officinales.
CYNORRHODONS.
(Rosa canina. )
Les cynorrhodons sont le fruit de la rose et l'on emploie indifféremment celui de plusieurs espèces sauvages ( /î. canina, arvensis , sepmni ). 11 se compose du calice persistant, charnu et succulent qui renferme dans son intérieur de petits fruits secs,
mêlés de poils et des débris des pistils. C'est la partie charnue du calice qui est employée en médecine ; elle contient , suivant Bilz, de l'acide inalique, de l'acide citrique, du sucre et une matière astringente, de la rayricine, une résine rouge, de l'albumine. Les cynorrhodons sont employés comme un aslriDgent doux et agréable.
PULPE DE CYNORRHODONS.
On prend des cynorrhodons un peu avant leur entière maturité; on en sépare les lobes persistans du calice et le pédoncule, y compris le petit renflemenl qui est à son sommet. On ouvre le fruit et l'on rejette les carcérules et les poils qui les accompagnent; cela fait, on arrose les' cynorrhodons avec un peu de vin blanc et on les abandonne dans un lieu frais, jusqu'à ce qu'ils soient ramollis, en ayant l'attention de les remuer de temps en temps; quand ces fruits ont suffisamment blessi, on les écrase dans un mortier , et on les pulpe par le procédé ordinaire.
La pulpe de cynorrhodons n'est employée que pour préparer la conserve du même nom.
CONSERVE DE CYNORRHODONS.
Pr. : Pulpe de cynorrhodons 2 parties.
Sucre blanc 3
On prépare la pulpe de cynorrhodons par le procédé que nous avons décrit en traitant des pulpes; on la mête avec le sucre cuit en consistance d'électuaire. ,
Il est important que le sucre ne soit pas trop chaud ; sans quoi la conserve ne garderait pas sa belle couleur rouge ; il est même préférable de mêler le sucre en poudre à la pulpe et de chauffer seulement quelques instans au bain-marie. La conserve a une teinte rouge beaucoup plus belle.