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SIROP DE VALÉRIANE

Pr. : Racine de valériane 4 onces.

Eau bouillante 37

Sirop simple 2 livres.

On concasse la racine de valériane , on la met dans la cucurbite d'un alambic , et on verse dessus l'eau bouillante ; après 10 à 12 heures d'infusion , on distille pour retirer 6 onces de liqueur que l'on conserve à part ; on passe avec expression la matière restée dans l'alambic ; on filtre le liquide , on le mêle

au sirop de sucre , et l'on fait cuire jusqu'à ce que celui-ci ait perdu six onces ; on le fait refroidir en partie et on y mélange la liqueur aromatique.

J'ai essayé de faire le sirop de valériane , tout en conservant le même rapport entre la racine et le sucre : 1° par simple solution du sucre dans l'infusion de valériane au bain-marie fermé; 2° en évaporant l'infusion de valériane avec le sirop, et décuisant avec 2 onces d'eau distillée de valériane, suivant le procédé de MM. Henry et Guibourt; 3° en mettant la poudre de valériane en contact avec le double de son poids d'eau chaude , exprimant après quelques heures; ajoutant une livre d'eau sur le marc ; exprimant de nouveau; faisant évaporer cette seconde liqueur avec le sirop et décuisant avec la première; 4° en faisant dissoudre une once d'extrait alcoolique de valériane dans 6 onces d'eau' filtrant et mêlant la liqueur au sirop de sucre qui avait été évaporé d'un poids égal à celui de la solution d'extrait. Ce dernier sirop pouvant seul soutenir la comparaison avec le produit de la première formule.

Les composées sont divisées en trois groupes principaux, savoir : les Chicoracées, les Cynarocéphales et les Corymbifères.

Les Chicoracées sont des plantes à suc laiteux amer, qui, suivant quelques chimistes, doit sa iaclescence à du caoutchouc; au moins Schrader dit en avoir trouvé dans la laitue, Pfaff dans la laitue vireuse et John dans le pissenlit. Le suc des Chicoracées est employé comme Ionique et slomachique et â hauiedose, où, par un usage continué, il est laxatif. Les espèces les plus employées sont le pissenlit, la chicorée sauvage, la lampsane ( Lampsana communis ), la chondrillle ( Chondrilla juncea ) ; mais on peut leur substituer au besoin le plus grand nombre des espèces de la tribu.

Quelques Chicoracées sont sédatives ; la laitue ordinaire , la laitue vireuse, la laitue sauvage [Lacluca sylvestris)^ hL. elon-^ gâta aux États-Unis , le Sotichus tcnerrimus à Naples , sont les espèces dans lesquelles on a reconnu celte propriété ; elle paraît résider dans le suc propre laiteux que contiennent les gros

vaisseaux de l'écorce. Celle propriélé, d'ailleurs assez faible dans ces piailles, se rclrouvo-l-clle dans les autres espèces? Nous manquons d'expériences à ce sujel , et il me paraît judicieux de suspendre le jugement jusqu'à ce que de nouvelles observations aient pu jeter du jour sur celte comparaison.

Malgré leur amertume, les Chicoracées, dans leur jeunesse, sont alimentaires ; un grand nombre d'espèces sont dans ce cas. Je citerai la chicorée sauvage, le pissenlit , la scorzonère; la larapsanese vend communément sur les marchés du Levant. On mange le Sonchus oleraccus en llalie, et le S. tenenimus dans les pays de montagnes. Dans un âge plus avancé, des Chicoracées ne peuvent servir d'aliment qu'autant qu'on les a fait élioler; telles sont la laitue pommée; la laitue romaine, l'endive ( Ckhorium endivia ), la scarole [Lactiica scariola ), la barbe de capucin, qui n'est aulreque la chicorée sauvage, dont les racines ont élé plantées à la cave , et dont les feuilles ont poussé à l'obscurité, longues, étroites, décolorées et en grande partie dépourvues de sucs amers.

Quelques racines de Chicoracées sont employées comme aliment, la scorzonère {Scorsonerra liispanica)y le salsifis [Tra~ gopoyon porrifolium ) , la ca rdousse ( ^coiymus hispanicus). Celles des racines qui ont peu d'amertume sont considérées comme apérilives ; celles qui sont plus amères, comme la racine de chicorée, sont employées à l'instar des feuilles.

CïKAROCÉPHALES.

Les Cynarocéphales ont le suc amer , mais d'une amertume plus franche que celui des Chicoracées ; il ne paraît pas participer à ses vertus laxatives , aussi en fait-ou usage comme tonique et fébrifuge ; mais il ne réussit pas également dans le traitement des maladies chroniques du mésentère. Les espèces très-amères sont vantées comme fébrifuges. Ex. ; les Centaurées, et en particulier la chausse- Irape { Cenlaurea calcitrapa), l'artichaut ( Cynara scolymus ), le Serratula amara, de Sibérie. Les espèces moins amères sont réputées sudorifiques, stomachiques, apérilives; Ex. : chardon marie { Silxjlum marianum ) , chardon bénit ( Centaurea benedicta),

chardon bénit des Parisiens {Carthamus îanalus) et VElephantopus scaber^ de l'Inde.

La nature du principe amer de ces plantes a été mal déterminée , M. Morin l'a trouvé dans le chardon bénit sous forme d'une matière peu soluble dans l'eau froide , beaucoup plus soluble dans l'eau chaude, soluble dans l'éther et dans l'alcool ; C'est évidemment une substance du même genre que Figuier a signalée dans la chausse-trape sous le nom de matière résiniforme et qu'il a considérée comme la partie active de cette plante.

Les Cynarocéphales dans l'état de jeunesse ou d'étiolement peuvent servir d'aliment. C'est ainsi que l'on étiole les pétioles du cardon {Cynara cardimculus], que Ton mange les réceptacles charnus et naturellement étiolés de l'artichaut , et dans les montagnes ceux de la Cartina acaulis.

Les racines des cynarocéphales sont un peu amères et passent pour diurétiques. Les espèces les plus connues sous ce rapport sont les Carlinavulgaris^ Cnicus acarnajC.casahorna, Silybum marianum / Echinops ritro et Sphœrocephalus. La racine de bardane est la seule qui soit d'un usage habituel ; elle est employée dans le traitement des maladies de la peau et des maladies vénériennes.

Parmi les fleurs des Cynarocéphales, une est remarquable par la matière colorante qu'elle fournit à la teinture, c'est le Carthamus tinctorius, ou safran bâtard. Sa fleur renferme une matière colorante jaune , soluble dans l'eau , sans intérêt, et dont on la dépouille par des lavages ; et une autre matière colorante rouge , insoluble dans l'eau, soluble dans les alcalis et que les acides précipitent de sa dissolution ; elle donne des couleurs très-vives , mais qui malheureusement n'ont pas de solidité. Broyée avec du talc, elle constitue le rouge de fard pour la toilette.

Les Cynarocéphales ont des semences huileuses ; on dit que celles du cartame sont purgatives. Durand a proposé d'extraire des graines deVOnoperdum acanthiurrif une huile qui est bonne à manger.

CORYMBIFËRES.

On trouve dans les Corymbifères une matière araère et de l'huile volatile. La présence de ces deux principes rend ces plantes toniques et excitantes, et chacune de ces deux propriétés domine suivant la proportion de l'un ou de l'autre des principes actifs. C'est par suite de ces propriétés générales que les Corymbifères sont considérées dans la matière médicale comme emménagogues , antihystériques , vulnéraires , stomachiques , fébrifuges.

Les espèces les plus employées comme amères , et qui sont en grande partie dépourvues d'huile essentielle , sont l'aunée , la verge d'or ( Solidago virga aurea ).

On emploie comme stomachiques , emménagogues , excitantes , les Absynthes , les Achillées , les Ambrosia, la Matricaire ( Matrkaria parthenium), la camomille ( M. chamœmilîa ), la camomille romaine ( Anthémis nohilis ) ; c'est peut-être à cette même propriété que le Mikania guako et le Mïkania opî/era, du Brésil, doivent d'être employés contre les morsures des serpens.

Les vermifuges les plus ordinaires parmi les Corymbifères sont la santoline ( Santolina chamœcijparissus ), la tanaisie ( Tanacetum vulgare ) , l'absynthe , les fleurs des Artemisia contra et jiiddica, connues sous le nom de semen-contra , VAscaricida anthelmintica , connue dans l'Inde sous le nom de Calageri.

PlusieufS espèces sont employées comme vulnéraires : de ce nombre sont VAchillœa millefolium, le génépi blanc ( Artemisia glacialis, rupestris^ mutellina, vallesiaca et spicata),\G génépi noir ( Achillœa herba rosa, moschata, atrata ).

Quelques Corymbifères peu actives sont usitées comme pectorales , telles sont le tussilage ( Tussilago far far a ), le pied de chat ( Gnaphalium dioicum ) , l'ayapana ( Eupatorium ayapana ) , VEubertia ambavilla de l'Ile-de-France ; d'autres espèces sont inertes comme le souci , les bellis , le séneçon.

L'huile essentielle des Corymbifères a tous les caractères propres à cette série de corps ; le principe amer a été imparfai-

G3(j DES MÉDICAMENS FOURNIS PAR LES VÉGÉTAUX.

temenl étudié dans l'absynlhe; il s'y est présenté sous deux formes, celle d'une matière soluble dans l'eau , et celle d'une matière résiniforme qui y est peu soluble : dans la tanaisie , M. Peschier l'a désigné sous les noms d'cxtractif et de résine, ce qui annonce de l'analogie de composition avec l'absynthe. Dans le Semen contra les résultats obtenus sont assez de la même nature.

Certaines Corymbifères ont des propriétés toutes différentes de celles qui appartiennent à l'ensemble de la famille, ainsi le Bailleria aspera de Cayenne enivre le poisson ; la racine de l'Eupatoire d'Avicenne [Eupalorium cannabimim) est purgative , et , suivant M. Rigbimi, elle contiendrait une base alcaline de saveur piquante, l'eupalorine ; la racine d'Arnica a été employée comme vomitive ; ses fleurs ont une action énergique, elles produisent des vertiges , des tremblemens. Jusqu'à présent les essais chimiques n'ont pas fait connaître avec exactitude à quel principe il fallait rapporter celle action spéciale.

Certaines Corymbifères ont une saveur piquante , qui excite la salivation et qui les a fait employer comme sialogogues. Tels sont le Spilanthus acmella, ou cresson de Para, ÏAcmella repens et mauritiana » les Bidens tripartita et cermia, VOsmites cawphorma du Cap. Cette dernière plante donne à la distillation une eau qui est employée contre la paralysie sous le nom d'eau de pâquerette. La même propriété sialogogue se retrouve dans les racines de pyrèthre ( Anthémis pyrelhrum ], dans celles de VÂchillœa ptarmica, du Spilanthus urens de Carthagène, du Sigisbecktaorientalis de l'Inde. D'après l'analyse de M. Gauthier, la matière acre de la pyrèthre est une espèce d'huile résinoïde insoluble dans l'eau: on a trouvé une matière tout-fj-fait analogue dans le cresson de Para.

Les tubercules de VHelianthus tuhcrosus { Topinambour ) et des Dahlias [Georgina superflua et frustranea ) peuvent servir d'aliment. Ils contiennent une abondante proportion d'inuline.

Les semences des Corymbifères sont huileuses; quand elles sont assez volumineuses, on en peut extraire l'huile avec avantage. Aux environs de Lyon , on cultive à cet effet le grandsoleil ( Udianthus anmius ); on se sert au même usage dans l'Inde du Verbesma sativa, etau Chili du Madiasativa on Madi

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