‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 56 sur 355 · PRÉPAIVATIOIV DES HUILES VOLATILES PLUS PESANTES QUE L'EAU · texte numérisé non relu

PRÉPAIVATIOIV DES HUILES VOLATILES PLUS PESANTES QUE L'EAU

Prenez , par exemple, cannelle concassée, cinquante partiies; sel marin, cinq parties; eau commune, cent parties. Faites macérer pendant deux jours , et distillez jusqu'à ce que le produit ne soit plus laiteux , ce qui annonce qu'il ne passe plus que très-peu d'huile; laissez déposer l'huile essentielle, et reversez dans l'alambic l'eau qui surnage; redistillez de nouveau, comme ci-dessus. La même manipulation doit être réitérée trois ou quatre fois, et même plus, jusqu'à ce qu'il ne passe plus d'huile volatile. C'est par ce procédé que l'on se procure les essences de cannelle de Chine , de cannelle de Ceylan , de girofles , de sassafras, etc.

On reçoit ces huiles pesantes dans le récipient florentin ; mais au lieu de nager à la surface du liquide elle se précipite au fond.

Si l'on fractionne, de manière à obtenir à part l'huile essentielle de chaque opération, on trouve qu'elle est toujours moins suave à chaque nouvelle opération , et que dans chaque opération la première huile qui distille est la plus suave. Au reste il en est de même dans la distillation des huiles légères.

Le sel que l'on ajoute a pour objet de retarder le terme d'ébuUilion de l'eau , de manière à ce que la liqueur, dans l'alambic, n'entre en ébullilion qu'au-dessus de 100 degrés ; mais la proportion de sel n'est pas assez forte. Pour porter l'eau salée

DE LA DlSriLLATlON. 197

à son maximum de température ( 107»), il faudrait 35 parties de sel pour cent parties d'eau.

nUILES VOLATILES PAR EXPllESSION.

Ce procédé ne s'emploie que pour extraire les huiles contenues dans le zeste des hespéridées. On râpe toute la partie jaune superficielle des fruits et on la soumet à la presse dans un sac de crin. Le suc s'écoule, et on l'abandonne à lui-même ; il se sépare en deux couches , l'une aqueuse inférieure , l'autre supérieure, composée presque entièrement d'huile volatile ; elle laisse déposer, par le repos , les fèces qui troublaient sa transparence.

Ainsi obtenue , l'huile est bien plus suave que celle préparée par la distillation , mais elle est moins pure ; elle est mélangée d'autres principes immédiats , entre autres de mucilage et de matière colorante ; aussi, elle fait tache sur la soie , et ne se dissout qu'imparfaitement dans l'alcool.

Les huiles volatiles sont le plus ordinairement achetées par le pharmacien dans le commerce, parce que toutes les localités, comme nous l'avons dit, ne sont pas également propres à fournir des produits de première qualité; mais ces essences du commerce ont souvent besoin d'une rectification. On y procède par deux méthodes différentes :

1® On met l'huile volatile dans une cornue de verre et l'on distille au bain de sable tant que l'huile passe incolore. Il reste dans la cornue une proportion plus ou moins considérable d'une matière résineuse.

2» On met une partie d'essence avec deux parties d'eau dans une cornue et on distille. On sépare par décantation l'essence de l'eau. Ce procédé est plus économique que le premier parce qu'il y a moins de perle. Toutes les huiles soumises à cette rectification passent incolores.

Les huiles essentielles du commerce sont souvent falsifiées. Les falsifications les plus ordinaires sont l'addition d'une huile fixe , celle de l'alcool , le mélange avec d'autres huiles volatiles. Quand une essence est mélangée avec une huile fixe, il suffit d'en verser un peu sur du papier et de chauffer. L'huile altérée laisse une tache grasse.

On peut encore mêler l'essence avec huit fois son volume

d'alcool à 40" si elle est pure; elle se dissout enlièremenl. Une essence falsifiée avec l'huile de ricin se dissoudrait également; mais la friiude serait facilement dévoilée par l'épreuve au moyen de la chaleur.

On falsifie les essences des hespéridées en les mêlant avec de l'alcool. On reconnaît celte fraude en agitant les huiles dans un tube avec de l'eau. Si la proportion d'alcool est un peu forte, l'eau prend une apparence laiteuse et l'essence diminue de volume.

On falsifie les essences en les mélangeant les unes avec les autres. C'est ordinairement de l'essence de térébenthine dont on se sert pour falsifier les essences des labiées , et pour que la fraude soit plus difficile à reconnaître, on distille les deux essences ensemble en y ajoutant encore un peu d'huile volatile de lavande pour mieux masquer l'odeur de térébenthine.

Quand la proportion d'huile de térébenthine est un peu forte, on la reconnaît en trempant un papier dans l'essence soupçonnée et en l'exposant à l'air. L'odeur de lavande et de térébenthine qui est plus tenace reste la dernière; mais quand on a mélangé des essences d'odeur analogue, il faut la plus grande habitude pour découvrir la fraude.

Les huiles volatiles doivent être conservées dans des vases bien bouchés; au bout de quelque temps, elles absorbent l'oxigène de l'air, et se rapprochent de l'étal de résine; il est même dangereux de conserver dans un endroit peu aéré des quantités considérables d'huiles volatiles. Quand les vases qui les renferment ne bouchent pas parfaitement, l'oxigène est absorbé, et l'air est vicié, au point de devenir dangereux. L'on a des exemples d'asphyxies instantanées produites par une pareille atmosphère. Il ne paraît pas cependant que le manque d'oxigène ait été la cause de la mort des individus , car l'analyse a fait retrouver, dans cet air, plus d'oxigène qu'il n'en faut pour qu'il reste propre à la respiration.

Quand une huile a été ainsi altérée , on peut, par la distillation, séparer la matière résinifiée de celle qui n'a pas éprouvé d'altération, et pour lui rendre l'arôme qu'elle a perdu, on peut la redistiller sur des plantes fraîches.

La lumière concourt aussi ù l'altération des huiles volailles; «lie hûte leur épaississement, et souvent elle change leur cou-

DES ALCOOLATS.

leur. Aussi faul-il garder les essences dans des lieux obscurs , et dans des flacons couverts de papier noir.

Tableau des quantiltis d'huiles essentielles fournies par plusieurs plantes, d'après M. Raybaud.

100 Livres

de

AbsynlLe grande.,

Absyntlie petite.. ....•,...

Amandes anières (tourteau)

Angélique, racine..

plante fraîche,,

Anis

Badi.iiie

Menllie coq sèche.

Canioniill-i romaine (sèche).

(fraîche.)

Canelle de Cevlau. , , . , . .

• Chine

Cerfeuil

Cochlearia

Coriandre, semence......

Cuhcbes

Estragon.

Genévrier, baies mures. , .

vertes. . . .

Laurier (feuillei> récentes).

L^iurier cerise

Macis ....

Malricaire

Muscades. , . .,,,

Fleurs d'orangt'r

(bigarradier. )

l'imcnt de la Jamaïque, . ,

Poivre noir

blnoc. ,

' long (capsicuni) , , ,

( fruits irais. )

ïtoses

Idem..,.

Rue

Localité.

Sabine, . ,

Idem ..

.Sassafras.

iTanaisie.

Grasse, J'aris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Paris.

Provence.

Paris.

Grasse.

Paris.

Provence Paris.

Grasse.

Paris.

Provence Paris.

Epoque

de

distillation.

(JU.VNTITE d'huile.

Septembre.

Idem.

■Septembre.

Août.

Juin.

Avril.

Juillet.

Décembre.

Septembre

Janvier.

Novembre

Août.

Mai.

Juillet.

Avril.

Juin.

Juillet.

Juillet.

M^irs.

Oclolire.

)) Juillet.

Juillet.

1 I gros.

5 gros.

i^° 4 gros .

7 gros.

1" b gros.

1" 3 gros.

6 gros.

3 gros 1/2

2° 2 gros.

19" 4 g'os.

0° 4 gros.

2° t) gros.

à" 7 gros.

i» 2 gros.

2" I gros.

2^ 1° 16'° 4 grus.

5° , 7 gros.

12° 3 illOS.

CoULEUH.

1/2 pros

1/3 gios.

4° i gros.

5 gros.

i4° 2 .?ros.

1° l/.^gros.

1° 2 gros.

vert fonce.

idem.

verte.

ambrée.

doie'e.

jaune.

blanche.

ambrée.

1^ bleuâtre,

bleue, jaunâtre, jaunâtre, jaune verdâtre.

jaune brun, jaunâtre.

;.nibiée.

citrine.

[ blanche.

verdâtre.

jaune.

presque Manche

paille.

jaunâtre.

jauuâlre.

paillée.

ambrée

ambrée.

amiirée.

paillée.

ambrée.

ambrée.

jaunâtre.

amIirée.

jaunâtre.

jaunâtre

ambrée.

jaune.

jaune.

DES ALCOOLATS.

On nomme alcoolat de l'alcool qui a été chargé , au moyen de la distillation , des parties aromatiques des végétaux. Les alcoolats étaient désignés autrefois sous une foule de dénomi-

200 l)i:S MKDICAMEXS l'RÉl'AKlJS l'Ail DlM'Jl.LAllON.

ualioiis. On les appelai! esprits, gonltes, baumes, eaux, etc. rius lard on substitua à ces noms le mol alcool que l'on fit suivre du nomde laplantequiluifoumissaitses principes médicamenteux. LeCodexa nommé toutes ces préparations alcoolats.

Les matières propres à fournir des alcoolats sont celles qui contiennent des parties volatiles qui peuvent passer avec l'alcool à la distillation, et rester en dissolution dans ce véhicule. L'huile essentielle est le principe immédiat qui s'y trouve le plus fréquemment. Quand sa proportion est considérable comme, par exemple, dans l'eau de Cologne , l'esprit de citrons, l'alcoolat blanchit lors de son mélange avec l'eau par la précipitation de l'huile volatile. La liqueur conserve sa transparence si l'huile volatile n'y existe qu'en très-petite quantité , parce qu'alors elle reste en dissolution.

Les alcoolats sont simples ou composés ; simples , quand ii n'entre qu'une seule substance dans leur préparation ; composés, quand on a distillé l'alcool sur plusieurs substances.

On emploie à la préparation des alcoolats, tantôt des matières fraîches , et tantôt des substances sèches. Ces dernières doivent macérer quelque temps dans l'alcool , avant que l'on ne procède à la distillation ; il est même convenable de ne pas distiller de suite quand on se sert de substances fraîches. La macération facilite la dissolution des matières huileuses dans l'alcool, et elles passent ensuite plus facilement à la distillation..

Les matières qui doivent servir à la préparation des alcoolats ont besoin d'être divisées convenablement pour que l'alcool les pénètre plus aisément et plus complètement. Quelquefois cette division des substances serait nuisible, par exemple, pour les fruits charnus, qui donneraient un produit moins suave.

Comme l'alcool est très-volatil , on fait la distillation au bain-marie ; on évite ainsi de communiquer au produit une odeur empyreumatique. Il n'a cependant jamais, au moment où il vient d'être distillé, toute la suavité qu'il est susceptible d'acquérir plus tard. Il semble qu'avec le temps l'alcool et les principes aromatiques éprouvent, en quelque sorte, une combinaison plus intime. On peut produire cet effet, presque instantanément, en plongeant les alcoolats, pendant quelques heures , dans un bain de glace.

Di:s ALCOOLAIS. iOJ

Dans la préparation des alcoolats , on ne se sert pas toujours d'alcool au même degré. Le .Codex prescrit , pour tous les alcoolats simples, de prendre de l'alcool à 32 degrés, et de retirer , par la distillation , à peu près autant de produit que l'on a employé d'alcool; en outre, on a l'attention d'ajouter un peu d'eau dans le bain-marie, de manière à ce que, au moment où l'on cesse le feu, les matières soient encore humectées.

Pour la préparation des alcoolats composés, le degré de l'alcool varie davantage. On se sert d'alcool à 22», pour l'eau de mélisse et l'eau vulnéraire ; d'alcool à 32°, pour l'esprit de cochléaria et le baume de Fioraventi; d'alcool à 36°, pour l'eau de Cologne,

Quelquefois on ajoute aux matières à distiller une eau aromatique : c'est l'eau de cannelle , dans l'alcool carminatif de Sylvius; c'est l'eau de fleurs d'oranger, dans l'alcoolat pour l'élixir de Garus.

D'autres fois on emploie des plantes fraîches dont l'eau de végétation remplit le même effet qu'une addition d'eau distillée; par exemple, pour l'esprit de cochléaria.

Enfin , dans un grand nombre de cas, on ne retire pas , à la distillation, tout l'alcool que l'on a mis dans le vase distillatoire. C'est ce que l'on fait pour l'alcoolat de Garus, l'eau de mélisse, l'eau vulnéraire, le baume de Fioraventi. Toutes ces diverses pratiques ont toujours pour effet de ne pas laisser à sec les matières dans lacucurbite,afin d'obtenir des produits plus suaves.

Il est des fleurs , telles que le jasmin , la tubéreuse , dont l'odeur fugace ne pourrait être communiquée à l'alcool par le procédé ordinaire. On place ces fleurs , couches par couches , que l'on sépare les unes des autres avec des morceaux d'étoffes de laine imprégnés d'huile d'olives ou de Ben , et l'on comprime légèrement le tout. Toutes les vingt-quatre heures , on renouvelle les fleurs , jusqu'à ce que l'huile fixe soit suffisamment chargée de l'arôme des fleurs ; alors on lave l'étoffe de laine dans l'alcool, et l'on procède à la distillation par les procédés ordinaires.

Ce que nous venons de dire suffit à la préparation des alcoolats simples. '

202 DES MÉDICAMENS PRÉPARÉS PAR DISTILLATION. ELIXIR AMÉRICAIN DE COVRCELLES.

Vr. : Racines d'auncc 4 lÎTrcs.

— aristoloche 3

— canne à sucre 3

— — de Provence 2

Feuilles d'avocatier 2

— millepertuis 1

— sureau 8 onces.

Ecorcc de bois de fer 6

Feuilles de fleurs d'oranger 6

Feuilles de croton balsamiferuiu. . 4

Baies de genévrier 3

Fleurs de tilleul 2

Feuilles de romarin 2

— justicia pectoralis 2

Racine d'azarum l

— de palmiste 1

Opium 2 1/2

« :alel).isse N' 2.

Alcool rectifié 8 pintes.

Eau S. Q.

Cendres provenant de la combustion des mêmes plantes qui servent à la préparation de l'elixir.. 24 onces.

On fait infuser les racines dans l'eau bouillante, pour avoir huit pintes de liqueur. On ajoute toutes les autres substances et l'alcool. On fait macérer trois jours et l'on distille au bainmarie toute la partie spiritueuse.

On exprime le résidu de l'opération, on ajoute les cendres à la liqueur extraclive et l'on distille pour avoir autant d'eau aromatique qu'on a obtenu d'esprit alcoolique. On mêle les liqueurs et on les colore avec si\ onces de fleurs de coquelicot ou trois onces de racine de garance et l'on filtre.

Nous avons rapporté la formule de ce remède soi-disant anti-laiteux, d'après MM. Henry et Guibourt qui assurent qu'elle est la seule véritable.

ALCOOLAT TUËRIACAL.

Pr. : Racine sèche d'angélique 2 oncefc.

aunée 2

souchet 2

contrayerva 1

impératoire I

DES ALCOOLATS. 203

Racinesèchede serpentaire de Virginie, l once.

valériane sauvage 1

zédoaire 1

galanga « ij2

Cannelle fine « 1/2

Girofles « 1/2

. Ecorces récentes de citrons « ï/2

oranges « 1/2

Baies de genièvre « I/2

laurier « I/2

Sommités de romarin « 1/2

rue « 1/2

sauge « 1/2

Alcool rectifié à 30 3 livres.

Eau distillée de noix 3 livres.

Thériaquc 8 onces.

Après avoir fait macérer toutes les substances sèches dans l'alcool, on ajoute la thériaque délayée dans l'eau de noix; et après deux jours on relire à la distillation toute la partie alcoolique.

Cet alcoolat qui est cordial et stomachique comme tous les alcoolats aromatiques est maintenant peu employé.

ALCOOLAT GARMINATIF DE SYLVIUS.

Pr. : Racines d'angélique 4

— d'inîjjératoire |

- de galanga ( ^"« ^ gros.

Feuilles de romarin \

— marjolaine .... (

j.yg > ana 3 onces.

— basilic ;

Baies de laurier 6 gros.

Semences d'angélique .... 1

— de livèche l ana 1 once.

— d'anis )

Gingembre ^

Noixmuscade } ana 3 gros.

Cannelle 6 gros.

Girofles v

Ecorces de citrons J ana 2 gros.

Alcool à 32 degrés 6 livres.

Retirez 4 livres d'alcoolat.

Employé comme cordial et stomachique à la dose de 1 à 2 gros.

204 DES MÈDICAMENS PRÉPARÉS PAU DISTILLATION. ALCOOLAT DE MÉLISSE) COMPOSÉ.

(Eau de mélisse des Carmes .)

On prépare séparément des alcoolats simples avec :

Alcool à 2?. degrés 2 livres.

De chacune des matières qui

doivent entrer dans l'alcoolat

composé 3 onces.

On fait un premier mélange avec :

Alcoolat de cannelle

1 ana 11 onces.

coriandre, girofles , mi

anis G onces.

ccorces de citrons. 6 gros.

rnscadés.' ."!!!;!!.■ } «"» 9 onces 1/2

On fait un second mélange de :

Alcoolat d'angélique • 2 liv.

— romarin 1 livre 3 onces.

— liyssope 1 livre 10 onces .

— marjolaine \

thym )«°^ 1 V« nonces.

— sauge 3 livres 2 onces.

On réunit dans la cucurbite d'un alambic 1 livre du premier mélange, 1 livre du second, et 1 livre d'alcoolat simple de mélisse. On y ajoute le dixième de leur totalité d'eau- et un huitième de sucre (lequel, au reste, est inulile), et l'on relire les quatre cinquièmes par la distillation.

Aucune odeur ne doit prédominer dans ce mélange; si quelqu'une prédomine, on la masque en ajoutant par le tâtonnement une nouvelle quantité des autres alcoolats.

Baume donne la formule suivante qui est beaucoup plus simple et qui donne un aussi bon produit.

Pr. : Mélisse récente en fleurs. . . 24 onces. ■

Zestes de citrons récens. . . 4

Cannelle fine 2

Girofles 2

Muscades 2

Coriandre sèche . . , 1

Racine d'angélique sèche. . . 1

Alcool à 32 degrés 8 livrci.

Après quatre jours de macération, distillez au bain-marie loute la partie spiritueuse.

On donne le nom d'extrait au produit de l'évaporation d'un macératum, d'un infusum, d'un décoctum ou d'un suc clarifié ou non clarifié. Les extraits sont fournis par les substances végétales ou animales. Leur consistance varie depuis celle du miel jusqu'à l'état de siccité parfaite. Dans ce dernier cas, on les connaissait fort mal à propos sous la dénomination de sels essentiels.

Quelques extraits ont reçu des noms particuliers. On désigne, sous le nom général de rob tous les extraits faits avec des sucs de fruits, quoique souvent encore on les nomme simplement extraits. Les anciens appelaient sapa le rob de raisin, et mj/t-a le suc du raisin réduit, par évaporation , au tiers de son volume.

La composition des extraits est extrêmement compliquée. Ils peuvent contenir tous les principes solubles que renferme le suc de la plante; tous ceux qui peuvent se former pendant l'évaporation, ou bien qui proviennent delà réaction de certaines matières les unes sur les autres. Enfin, il arrive que certaines substances insolubles par elles-mêmes sont entraînées à la faveur de certaines autres , et qu'elles deviennent parties constituantes des extraits.

Les matériaux qui constituent les extraits sont principalement ceux qui suivent :

1" La gomme, elle mucilage, qui n'en est qu'une modification. Leurs caractères pharmaceutico-chimiques sont d'être incristallisables , Irès-solubles dans l'eau, qu'ils épaississent, et d'être insolubles dans l'alcool;

2° Le sucre , et ses différentes variétés , caractérisées par leur saveur douce, leur solubilité dans l'alcool et surtout dans l'eau , et la propriété de produire, par leur mélange avec le ferment, de l'alcool et de l'acide carbonique;

3® Les gommes-résines, qui sont une combinaison ou plutôt un mélange de résine et d'autres matériaux, au nombre desquels la gomme se trouve ordinairement;

206 DES MÉDICAMENS PRÉPARÉS PAR l'ÉVAPORATION.

4» Les matières coloranles , dont la nature est très-variée;

5° Le tannin , qui est presque toujours accompagné par l'acide gallique, et qui se fait reconnaître à sa saveur astringente et à la propriété de précipiter le fer en noir, et la gélatine en un composé élastique;

6" L'arôme, qui est dû probablement h des huiles volatiles, et qui cependant résiste souvent à l'action de la chaleur;

7<» Les huiles fixes , qui ne se trouvent dans les extraits préparés par l'eau que parce qu'elles sont entraînées par d'autres principes;

8» La fécule, reconnaissable à son insolubilité dans l'eau froide et l'alcool , à la propriété qu'elle possède de rendre l'eau bouillante gélatineuse, et h la faculté de bleuir par la teinture d'iode;

9° Les sels , et particulièrement les acétates de potasse et de chaux, le nitrate de potasse, etc.;

10*^ L'extractif dont nous avons déjà parlé comme d'un mélange de diverses matières , mais qui se retrouve toujours avec certains caractères, savoir : une saveur prononcée, la solubilité dans l'eau, la solubilité dans l'alcool aqueux, l'insolubilité dans l'alcool concentré et dans l'éther, la propriété d'être entraîné en combinaison insoluble par l'albumine qui se coagule.

Ces propriétés peuvent appartenir à des corps, d'ailleurs, très différens : aussi l'existence de l'extractif, comme principe immédiat particulier des végétaux, est-elle bien' douteuse. Nous emploierons ce mot sans y attacher aucune importance pour l'explication de certains phénomènes que nous présente la préparation des extraits.

Il y a beaucoup d'autres substances que l'on rencontre dans les extraits, à la vérité plus rarement: il en résulte que ce sont des médicamens très-compliqués. On a cherché à les classer d'après leur nature chimique. Rouelle a donné une division méthodique qui a long- temps été adoptée par les pharmacologistes. Il divisait les extraits en extraits gommeux , extraits gommo-résineux , extraits résineux : les derniers sont des résines proprement dites. Les premiers sont remarquables; ils ressemblent à la colle, à la gelée ou à la gomme: ce sont des mucilages , des gelées ou des gélatines animales. Les extraits

savoneux sont solubles dans l'eau el l'alcool , pourvu qu'il ne soit pas trop concentré; ils sont presque entièrement formés de ce que l'on a appelé l'exlractif. Enfin , les extraits gommorésineux sont composés de matières extraclives ou gommeuses unies à de la résine , que l'on peut en séparer par l'eau.

Quelques auteurs ont fait des classifications différentes, mais qui sont loin d'être satisfaisantes, nous connaissons trop imparfaitement la nature chimique des extraits, et elle est d'ailleurs trop complexe pour qu'il soit possible d'établir une classification basée sur leur nature chimique. 11 est préférable delà former d'après le procédé qui sert à leur préparation, ainsi que nous le ferons par la suite.

Le but général que l'on se propose dans la préparation des extraits, c'est d'obtenir sous un petit volume les principes médicamenteux des plantes ou des animaux sans leur faire éprouver aucun changement dans leur nature; et plus on se rapproche de ce résultat, plus on est près de la perfection. Le moyen général auquel on a recours est l'évaporation des solutions, ce qui suppose que les liquides qui servent à la préparation des extraits sont volatils.

Quand les matières sont naturellement en dissolution , l'opération consiste dans la soustraction du liquide dissolvant; quand, au contraire, elles existent à l'état sec mêlé à d'autres principes , l'opération se compose d'une dissolution préalable el d'une évaporation.

Nous aurons à étudier successivement :

Les extraits obtenus par l'évaporation des sucs , par l'intermède de l'eau , de l'alcool , du vin , du vinaigre , de l'élher.

Mais avant d'étudier ces divers modes de préparation, nous allons examiner les phénomènes de l'évaporation des extraits , qui sont communs à peu près à toutes ces préparations.

Pendant l'évaporation des liqueurs extractives , la matière exlractive est altérée. Suivant M. de Saussure, elle absorbe l'oxigène de l'air et il se forme du gaz acide carbonique à ses

208 DES MKDICAMF.NS PREPARKS PAR L'ÉVAPORATION.

dépens. Cependant la proportion du carbone augmente dans la matière extractive, par la soustraction d'une partie de son oxigène et de son hydrogène , qui se combinent pour former de l'eau. La quantité de carbone qui est enlevée par l'oxigène de l'air est proportionnellement moins grande que la soustraction d'oxigène et d'hydrogène transformés en eau.

L'altération de la matière extractive se fait surtout à l'ébullition et elle s'étend à une plus grande quantité quand les liqueurs restent long-temps sur le feu. Il y a cependant avantage à ne pas faire l'évaporation à l'ébullition, car bien que l'opération exige alors plus de temps , la matière extractive éprouve moins de changement que par une évaporation plus rapide et à une température de -f- 100.

Celle altération de la matière extractive, lui ôte de sa solubilité, cl elle se précipite sous la forme d'un dépôt que l'on a nommé extraclif oxigéné, et auquel M. Berzélius a appliqué le nom spécial d'apothème; mais on se tromperait bien si on le croyait toujours de la même nature; dans l'opium c'est une combinaison de narcoline, de résine, d'huile acide et de matières colorantes ; dans le quinquina, c'est un mélange d'une combinaison de tannin et d'amidon , avec du rouge cinchonique pur ou combiné h des alcalis organiques; dans la valériane, dans le gayac il contient beaucoup de résine; dans la rhubarbe, c'est une sorte de rhabarbarin plus riche en parties résineuses, etc. Mais pour un grand nombre d'extraits ces dépôts n'ont pas été étudiés et l'on peut leur conserver le nom général d'apothème.

L'évaporation a encore pour effet de dissiper les principes volatils ; aussi ce genre de préparation est-il mal appliqué aux plantes ou aux parties des plantes qui doivent leurs propriétés médicales ci des matières faciles à volatiliser. Cependant l'élimination de ces principes n'est pas absolue, parce qu'il se trouve souvent dans les plantes d'autres corps qui rendent leur dissipation plus difficile. C'est ainsi que l'on retrouve dans les extraits de l'huile volatile qui a été retenue dans une sorte de combinaison ; dans la valériane , c'est à la faveur de la résine ; dans les racines des ombellifères aromatiques , le même obstacle est opposé par une huile gras.^e et résineuse. Ce que nous avons vu défavorable à l'extraction de l'huile essentielle devient une

circonslance avantageuse dans la préparation de l'extrait. Toutefois, en thèse générale, la forme d'extrait n'est pas avantageuse à la conservation des principes volatils , et toujours il y en a une grande partie de dissipée.

En règle générale il faut, pour éviter autant que possible l'altération des liqueurs qui doivent fournir des extraits , les obtenir dans un grand état de concentration ; les évaporer à une basse température , et liûter d'ailleurs l'évaporalion par tous les moyens possibles.

1° Êvaporation dans le vide. On a proposé d'évaporer les extraits sous le récipient de la machine pneumatique en faisant le vide , et en absorbant à mesure la vapeur par un corps avide d'eau, comme l'acide sulfurique, le chlorure de calcium ou la chaux. Ce procédé est fort bon en ce que l'évaporalion a lieu k une basse température et à l'abri du contact de l'air ; mais il n'est pas praticable en grand , et il est réservé pour l'évaporalion des liqueurs destinées à l'analyse.

Le docteur Ure a donné la description d'un appareil de l'invention de Barry , au moyen duquel on peut évaporer à une chaleur peu élevée et à l'abri de l'air. La bassine à évaporer est une capsule hémisphérique , munie d'un couvercle plat fermant hermétiquement. Du centre de ce couvercle s'élève un tube qui se recourbe et qui vient aboutir dans une sphère de cuivre d'une capacité trois ou quatre fois plus grande que la bassine. Ce tube porte un robinet qui peut h volonté établir ou intercepter la communication entre la chaudière et la sphère. H porte en outre un autre bout de tube , armé d'un robinet et qui communique avec un générateur de vapeurs.

La liqueur à évaporer est introduite dans la bassine, que l'on ferme hermétiquement et que l'on plonge dans l'eau. On tient aussi fermé le robinet qui la met en communication avec la sphère. On fait arriver par la branche du tube principal un courant de vapeur d'eau , jusqu'à ce que tout l'air de la sphère ait été chassé, ce qui a lieu au bout de quelques minutes, et l'oa s'aperçoit que cet effet est produit , quand la vapeur d'eau s'échappe par le robinet de la sphère sans avoir été condensée. A ce moment, on ferme et le robinet de la sphère et celui 1. 14

210 1>ES MÉhlCAMENS I>RÉ1>AKÉS PAH LÉVAPORATION.

qui communique avec lachaudière à vapeur, et l'on fait tomber sur la surface extérieure de la splière une nappe d'eau froide. Le vide est produit par la condensation de la vapeur d'eau ; on établit alors la communication avec la chaudière ; l'air de celle-ci se répand uniformément dans tout l'appareil; et comme la capacité de la sphère est quatre fois aussi grande que celle delà chaudière, celle-ci ne contient plus que le 1/5 de l'air qu'elle contenait d'abord, (^n recommence cinq a six fois cette manœuvre et le vide est fait d'une manière suflisante. On échauffe alors le bain-marie dans lequel la chaudière est plongée jusqu'à ce que le liquide intérieur entre en ébullition, ce qu'on aperçoit par une petite fenêtre pratiquée à l'appareil , et en môme temps on refroidit continuellement la sphère. On continue ainsi jusqu'à ce que la liqueur soit épaissie au degré couvcfïabie. L'évaporation se fait à une température d'environ 38", et sous une pression de 4, 7 5 centimètres ou seize fois plus faible ([ue celle de l'air.

M. Barzélius indique défaire l'évaporation à la chaleur de l'ébullition dans la chaudière d'un alambic; la matière est mise à l'abri de l'air par la vapeur qui remplit constamment l'appareil. Mais ce procédé est peu avantageux, parce que l'ébullition seule altère un grand nombre de liquides; mais surtout parce qu'une portion de matière peut s'altérer sur les parois latérales des vases exposées à sec à l'action du foyer.

2® Êvaporalion au contact de Vair. C'est le système le plus employé. 11 s'applique de différentes manières.

A. On met dans des assiettes une couche mince de liquide et l'on place ces assiettes dans une étuve chauffée de 36 à 40 degrés. Il est important 1° que l'air de l'étuve se renouvelle assez promptement; 2° que le courant soit bien établi dans la partie de l'étuve où l'on met les assiettes ; 3° que la couche de liquide soit assez mince pour être évaporée dans vingtquatre à trente-six heures au plus. On a reproché au procédé d'entraîner l'altération des liquides, et aux extraits obtenus de s'altérer promptement. Le premier inconvénient ne se présente qu'autant que les liqueurs sont en couches épaisses et qu'elles exigent un séjour prolongé à l'étuve. Quant au second reproche, l'expérience de plusieurs années na'a prouvé qu'il o'esl

pas à redouter, pourvu que Ion renferme les extraits dans des vases bien bouchés.

Ce procédé d'évaporalion est appliqué surtout à la préparation des sucs de plantes non dépurés , et à celle des extraits secs. Pour les premiers , l'évaporation doit être menée presque à siccité ; on sort les assiettes de l'étuve , et bientôt l'extrait a repris à l'air assez de mollesse pour être détaché. Quant aux seconds , après avoir évaporé les liqueurs par les méthodes ordinaires en consistance sirupeuse , on étend la matière en couches minces et uniformes sur des assietles de faïence , et on achève la dessiccation à l'étuve; puis dans l'étuve même ou au moins dans un endroit bien sec, on détache l'extrait sous forme d'écaillés, au moyen d'un couteau plat et tranchant à son extrémité , et en frappant à petits coups secs. Les écailles sautent souvent au loin et l'on doit avoir la précaution de placer tout autour de soi du papier où l'on puisse les recueillir. On les enferme dans de petits bocaux bien secs.

B. On met dans une bassine sur un feu doux le liquide que l'on veut évaporer, et on le remue continuellement avec une spatule de bois. Ce procédé ne demande aucun appareil spécial, mais il exige le plus grand soin dans l'exécution; le feu doit être conduit de manière que la liqueur reste assez éloignée du terme de l'ébuliillon, et quand on opère sur du suc albumineux elle ne doit môme pas dépasser iO à 50°. La difficulté de conduire le feu d'une manière bien régulière fait préférer le bainmarie. L'appareil le plus simple , et qui convient fort bien aux pharmaciens qui n'ont qu'une petite quantité de liqueur à évaporer, se compose d'une bassine en cuivre, dans laquelle enl.re exactement une autre bassine en étain ou en cuivre étamé. La première bassine contient de l'eau ; la deuxième reçoit le liquide à évaporer. Elle porte sur le côté une petite ouverture qui livre passage à la vapeur d'eau. On porte l'eau à l'ébullition; la liqueur k évaporer s'échauffe, et l'on remue continuellement l'extrait pour hâter sa concentration.

C. M. Henrj^ a fait établir à la pharmacie centrale des hôpitaux un appareil de ce genre , composé de plusieurs vases échauffés par la vapeur d'eau ; c'est une série de vases communiquant les uns avec les autres au moyen de tuyaux

212 LES MIÎDICAMKNS PRÉPARI^S PAR l/ÉVAPORATION.

de cuivre; le premier vase est une chaudière destinée à fournir de la vapeur d'eau bouillante; les autres vases sont des portions de sphère en cuivre qui ont un double fond in-

Fig. ai.

térieur en étain, de manière que la vapeur d'eau puisse circuler librement entre les deux fonds, et servir à l'évaporation des extraits. A la partie inférieure de chacun de ces vases se trouve un robinet destiné à livrer, de temps en temps, passage à l'eau qui s'est condensée. L'appareil est terminé par un tube qui plonge dans un vase qui contient de l'eau : c'est afln de gêner la libre sortie de la vapeur, et de prolonger son contact avec les vases évaporaloires.

J'ai renoncé à cet appareil parce qu'il exige constamment la présence d'une personne qui remue les liqueurs pour renouveler les surfaces et activer l'évaporation.

D. M. Bernard Desrones a fait connaître un appareil qui est bien préférable. Il consiste en un plateau de cuivre étamé , à

rebords , qui est divisé en plusieurs compartimens incomplets par des lames de cuivre étamé saillantes. Il a un double fond dans lequel on fait passer de la vapeur d'eau afin de faciliterl'évaporation.Le liquide est versé sur le coin supérieur, et par suite de la pente légère que l'on a donnée au plateau, il s'écoule jusqu'à l'extrémité opposée en suivanlla roule tortueuse que les lames de cuivre lui ont faite; il reste par conséquent longtemps à la parcourir ; pendant ce temps il est échauffé, et présente beaucoup de surface ; il est continuellement en mouve-

Fig. 2 2

ment, et si l'on ajoute que l'appareil est placé dans un courant d'air, on verra que les circonstances les plus favorables pour hâter l'évaporation sont réunies ; aussi l'opération marche-telle avec une grande rapidité. Le liquide est mis en mouvement par le seul effet de la pente, et l'on n'a d'autre soin à prendre que d'entretenir le courant de vapeur et de remplir de temps en temps le vase qui contient la liqueur et qui la déverse peu à peu sur le plateau de cuivre. On peut placer ainsi plu-

Fig. 23.

sieurs plateaux à la suite les uns des autres ; on continue l'évaporation jusqu'à ce que les liqueurs soient assez concentrées pour ne plus couler que difficilement; alors on achève l'évaporation au bain-marie dans une bassine ordinaire et en'agitant continuellement.

Les plateaux, dans l'appareil de M. Desrones, sont contenus dans un plateau en bois qui préserve la surface extérieure du refroidissement. La vapeur est fournie soit par une chaudière à vapeur , soit par le bec du chapiteau de l'alambic ordinaire, i" D. Le plus mauvais de tous les procédés évapora toires est celui qui était autrefois en usage et qui consistait à évaporer les liqueurs à feu nu et à la chaleur de l'ébullilion. On obtenait ainsi des extraits altérés qui étaient loin de représenter les liqueurs qui les avaient fournis.

De quelque manière que l'on procède à l'évaporation des h'queurs, on ne peut empêcher qu'il s'y forme un dépôt. Il est souvent, d'ailleurs, le résultat, non d'une altération des liqueurs , mais de la soustraction du liquide ; elle oblige certaines matières à se déposer, parce qu'elles ne trouvent plus assez de liquide pour rester en dissolution , et elle rapproche et augmente la cohésion d'autres principes qui n'étaient en quelque

214 DES MÉDICAMENS PRÉPARÉS PAR l'ÉVAPORATION.

sorte que suspendus. On est dans l'habitude de séparer ces dépôts quand les liqueurs sont concentrées aux 3/4 environ , et l'on achève l'évaporation. Certains de ces dépôts ont cependant une efficacité bien pronoiicée ; ainsi , le dépôt qui se fail dans l'extrait de gayae est presque complètement formé de résine , qui seule a quelque action médicale.

On reconnaît qu'un extrait est suffisamment cuit en en faisant refroidir une partie ; ou bien lorsqu'il se forme une espèce d'épiderme à sa surface , de manière qu'en en prenant une certaine quantité sur la spatule, et frappant avec la main, celle-ci n'y adhère pas; ou bien encore lorsque, posé sur un papier non collé, il ne le traverse pas. Il est cependant quelques extraits que l'on cuit moins, comme l'extrait de genièvre; d'autres auxquels on donne la consistance pilulaire ; l'extrait d'opium. II en est que l'on dessèche loul-à-fait.

Quelquefois les extraits contiennent des sels ou des matières résineuses qui leur donnent un aspect grumelé , quoique cependant ils aient été bien préparés. Les sels appartiennent à la nature même des extraits , et il est bien difficile de les diviser davantage.

Pour en diminuer autant que possible la quantité , ou , pour mieux dire, pour ne pas l'augmenter par l'addition de sels étrangers , il faut toujours se servir d'eau distillée ou de pluie pour préparer les extraits.

Le grumelage peut être le résultat de la séparation des par-r lies résineuses.

Parmentier conseille avec raison , pour diminuer cette séparation des résines , d'ajouter quelques cuillerées d'alcool à 22<* à l'extrait, quand il est sur le point d'être achevé. Il en devient plus homogène, et il se conserve mieux.

Les extraits attirent, pour la plupart, l'humidité de l'air, soit parce que la matière végétale jouit elle-même de cette propriété , soit parce qu'ils contiennent des sels déliquescens : il faut les conserver dans un endroit parfaitement sec. Ou lef» visite souvent pour s'assurer qu'ils ne s'altèrent pas.

Les extraits divisés par rapport à leur mode de préparation peuvent former sept classes :

1® Les extraits préparés avec les sucs de végétaux;

DES EXTRAITS. 2l5

2° Les extraits dont le véhicule d'extraction est l'eau;

3° Les extraits préparés avec le vin ;

4° Les extraits préparés avec le vinaigre;

5° Les extraits préparés avec l'alcool ;

6° Les extraits préparés avec Téther;

70 Les extraits préparés avec des matières animales.

Page 1