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EXTRAITS PRÉPAHÉS AVEC LES SUCS DES VÉGÉTAUX

On peut les subdiviser en trois séries : la première comprend les extraits de sucs de fruits, on robs ; la seconde, les extraits préparés avec des sucs dépurés de plante ; dans la troisième se trouvent tous les extraits laits avec des sucs non dépurés.

Pour obtenir les robs, souvent on se contente d'extraire les sucs , de les passer à travers un linge, et d'évaporer en coissistance de miel : c'est ainsi que se préparent les robs de groseilles, de belladone, d'élatérium , de raisins. Après avoir concentré le suc de ces derniers fruits, il est avantageux de l'abandonner à lui-même pour séparer, par cristaliisalion, la majeure partie du tartre dont la saveur aigre nuit à la qualité de l'extrait.

D'autres fois on laisse fermenter le suc du fruit avec ses en-^ veloppes avant de l'extraire. C'est ce qu'on fait pour le nerprun et pour le sureau (Voyez extraction des sucs). Quand le suc est préparé, on l'exprime, on le décante, et on l'évaporé en extrait.

Plusieurs pharmacopées font ajouter du sucre à ces extraits de fruits ; en France ce n'est pas l'usage; à moins que ces robs comme ceux de groseilles , de berberis ou de raisins ne soient destinés à servir d'aliment.

Les extraits préparés avec les sucs des feuilles ou des liges , «ont à juste titre très-recommandés ; l'extraction des sucs par des moyens mécaniques ne cause aucun changement dans leur composition , et quand l'évaporation a été bien ménagée, ces extraits nous représentent avec exactitude les sucs mêmes des plantes dans un état assez grand de concentration.

La méthode la plus simple de préparation, et qui nous a été donnée par M. Henry, consiste à extraire les sucs par la contusion et l'expression , à les passer à travers un linge, pour

séparer les portions grossières du tissu végétal qui y sont mêlées, à les diviser en couches peu épaisses sur des assiettes et à les évaporer à l'étuve à une chaleur de 36 à 40 degrés. On obtient ainsi des extraits qui ont conservé l'odeur de la plante qui les a fournis et qui contiennent tous les principes des sucs, tels qu'ils existaient avant l'évaporation. J'ai déjà dit que ces extraits se conservent bien si on les renferme dans des flacons à large ouverture , bien bouchés. C'est , du reste , pour les pharmaciens français , le procédé légal , celui qui est indiqué de préférence par le Codex.

Storck , qui a mis en vogue ces extraits de sucs non dépurés pour un assez grand nombre de plantes acres ou narcotiques , faisait faire l'évaporation à feu nu, à une chaleur douce et en agitant continuellement. Le résultat est le même que par l'évaporation à l'étuve, si la chaleur est bien ménagée de manière à ne pas coaguler l'albumine du suc; mais ce procédé est d'une plus difficile exécution.

Un autre procédé pour la préparation des extraits avec des sucs non dépurés , prescrit d'extraire le suc , de le passer à travers une toile, de le porter à l'ébullilion, de le passer de nouveau au travers d'une chausse de laine, et de conserver la matière féculente verte qui reste sur le filtre.

On évapore le suc ainsi clarifié jusqu'en consistance de miel, on y ajoute la fécule verte humide, et l'on achève l'évaporation en consistance pilulaire.

Parmentier avait conseillé de sécher cette fécule, et de la mêlera l'extrait quand il avait acquis une consistance sirupeuse.

Les extraits ainsi préparés ne représentent pas le suc des plantes. Il a subi par la chaleur une modification qui a pu changer ses propriétés. Ils n'ont rien pu gagner à la coagulalion , et il paraît à peu près démontré au contraire qu'ils ont perdu de leur activité.

Ces extraits ne contiennent pas la chlorophylle, mais elle est inerte et l'on ne peut regretter son absence; ils ne contiennent pas l'albumine qui est aussi un principe à peu près inaclif; ce que la clarification a de défavorable, c'est qu'en coagulant l'albumine, elle entraîne la séparation d'une partie des matières exlraclives dissoutes dans le suc. Quand on doit employer les

plantes à l'élat de suc, il y a là un désavantage réel; mais quand les sucs doivent ^lie évaporés en extrait, il n'est pas aussi certain qu'il en soit ainsi ; il s'agirait d'établir quel est l'extrait le plus actif, de celui qui provient de l'évaporation d'un suc clarifié et qui ne contient par conséquent pas les matières que l'albumine a entraînées en combinaison insoluble, ou de celui qui n'a rien perdu, mais dont la masse est augmentée de la chlorophylle et de l'albumine végétale, matières inertes qui augmentent le poids de l'extrait sans ajouter à ses propriétés. L'expérience médicale n'a pas suffisamment éclairé celte question.

On prépare avec les sucs non dépurés les extraits de laitue, de ciguë, d'aconit, de jusquiarae, de belladone, de stramonium, de rhus radicans : quelquefois , on ajoute un peu d'eau pour extraire les sucs. Celte pratique est indispensable pour le rhus radicans. Il faut, en outre, quand on manie celte plante, avoir la précaution de se couvrir les mains et le visage, pour ne pas être exposé aux accidens qui peuvent résulter du contact de son suc avec la peau.

L'emploi des sucs non dépurés pour la préparation des extraits est restreint à un petit nombre de plantes. II s'applique surtout aux extraits des plantes narcotico- acres. L'évaporation des sucs dépurés est, au contraire, une méthode très-recommandée pour la préparation des extraits qui ont pour base les feuilles des plantes. L'opération consiste alors dans l'extraction du suc, sa clarification par la chaleur , sa dépuration par le filtre ou la chausse et l'évaporation des liqueurs en consistance d'extrait.

On préfère généralement celle méthode à l'emploi des substances sèches toutes les fois que la texture des plantes permet d'y avoir recours. C'est ainsi que l'on prépare les extraits de

Bourrache, Pissenlit,

Cresson , Digitale,

Chicorée , Trèfle d'eau,

Fumeterre, Cerfeuil.

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