EXTRAITS DONT LE VÉHICULE D'EXTRACTION EST L'EAU
Nous avons vu tout à l'heure que l'emploi du suc des plantes est préféré au traitement des plantes sèches par l'eau; mais les matières qui ne sont fournies que sèches par le commerce sont employées nécessairement en cet état. Il peut d'ailleurs être
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plus avantageux de dessécher certaines substances avant de s'en servir.
Une plante sécliée mise en contact avec l'eau donne-t-elle une dissolution qui reproduise exactement le suc naturel; ou en d'autres termes la dessiccation change-t-elle quelque chose à la nature des sucs que les plantes contiennent? Cette question a besoin d'être étudiée encore; cependant nous savons 1® que la dessiccation dissipe une partie des principes volatils , ce qui est san^ intérêt pour la préparation des extraits, puisque le même effet est produit pendant l'évaporation ; 2" que l'albumine végétale est en partie coagulée; et en effet, la liqueur que l'on obtient par l'action de l'eau froide, sur une plante desséchée, ne donne jamais un coagulum aussi abondant que celui du suc même après que celui-ci a été tillré; 3°quele mucilage diminue. Ceci ne me paraît pas bien démontré. On admet généralement que les plantes mucilagineuses donnent par l'eau, quand elles ontélé desséchées, des extraits moinsmuqueux. Ex.: bourrache, pensée sauvage ; 4° que le tannin et la matière extractive éprouvent pendant la dessiccation le même genre d'altération que produit le contact de l'air pendant l'évaporation ; et l'on voit en général que les liqueurs fournies par l'eau et les plantes sèches sont plus foncées en couleur que le suc des mômes plantes obtenu par expression. Ce genre d'altération est surtout fort remarquable dans le rhus radicans , dont le suc se noircit à l'air par oxidation , tandis que ce caractère ne se rencontre plus dans la liqueur aqueuse obtenue des feuilles sèches.
Au reste, l'élude des changemens que les diverses parties des plantes peuvent éprouver pendant leur dessiccation est à peine ébauchée. Elle ne pourra être résolue que par un examen spécial sur un grand nombre de plantes. Elle intéresse hautement l'histoire des extraits, et elle appelle toute l'atlenlion des pharmaciens.
Les extraits dont le véhicule d'extraction est l'eau, se préparent diversement suivant la nature des substances à dissoudre, et leur association à d'autres principes. Nous renvoyons pour tous les détails à ce que nous avons dit en traitant des solutions par l'eau d'une manière générale ; il faut se rappeler surtout qu'ici l'on a intérêt à obtenir des solutions concentrées et qu'il
vaut mieux sacrifier une partie des matières solubles que de les exposera une longue évaporalion.
On obtient par macération, suivant le Codex, les extraits de
Patience, Coloquinte,
Rardane , Séné , -
Aunée et toute» autres racines Follicules,
féculentes. Genièvre ,
Réglisse, Agaric blanc ,
Gentiane , Quinquina (sec),
Rhubarbe, Casse,
Valériane, Opium,
Fleurs de narcisse, Suc de réglisse.
On prépare par infusion les extraits de
Centaurée , Houblon ,
Chardon bénit. Fleurs sèches ,
Cbamœdris , Douce-amère,
Saponaire et autres feuiUes sèches, Serpentaire et autres racines
Camomille , non amylacées.
Cachou, Aloës-
Tous les extraits dont les principes sont solubles dans l'eau peuvent être obtenus par une méthode plus générale. C'est la macération ou la lixiviation faites avec de l'eau tiède seulement. Lorsque les matières sont de nature peu mucilagineuse , on les traite par déplacement ; mais on cesse de recueillir les liqueurs aussitôt qu'elles passent peu concentrées, parce qu'ici il vaut mieux perdre une partie de la matière que de la soumettre aux chances d'altération qu'une plus longue évaporation fait subir aux extraits. Je citerai comme exemple la préparation des extraits de
Ratanhia, Absinthe,
Quinquina (sec) , Funiclerre,
Patience, Digitale,
Réglisse , Camomille ,
Salsepareille , Petite centaurée ,
Douce amère , Belladone.
Quand on a affaire à des substances muqueuses qui ne laisseraient pas écouler l'eau, on les réduit en poudre, on les humecte avec le double de leur poids d'eau tiède, et après quelque temps de coniact, on soumet à la presse ; on délaye le résidu dans une quantité d'eau pareille à relie qui a été extraite par la presse, et l'on fait une nouvelle macération. Cette méthode
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esl due à Cadel , el elle élail suivie par plusieurs pharmaciens , jaloux d'obtenir des extraits d'excellente qualité. Les deux macérations ne suffisent pas pour épuiser la matière végétale; mais ici encore il vaut mieux perdre un peu d'extrait el diminuer la quantité de liquide à évaporer. Quand les substances sont très -visqueuses comme le séné, la bardane, il faut augmenter un peu la proportion d'eau.
On obtiendra par cette méthode les liqueurs destinées à la préparation des extraits de
Racines de aunée , Feuilles de bourrache, bardane , charaœdris ,
gentiane, chardon bénit,
saponaire, pensée sauvage ,
poiygala, saponaire.
Le procédé de Cadet peut même être généralisé el appliqué à toutes les substances, muqueuses ou non , dont les principes actifs sont facilement solubles dans l'eau. Il est même plus avantageux que la lixiviation quand on opère sur des masses considérables ; car alors le déplacement des liquides se fait avec une extrême lenteur, et les matières ont le temps de s'altérer avant d'être épuisées; en outre on ne peut guère éviter qu'il se fasse de fausses voies par lesquelles le liquide se fait un passage facile et qu'il parcourt sans épuiser entièrement le reste de la substance.
On prépare par décoction les extraits des substances qui contiennent des matières insolubles dans l'eau et qui doivent faire partie de l'extrait , par exemple, les extraits de
Jalap, Gayac.
Quinquina.
Ici on ne peut recourir à la lixiviation, qui ne remplirait pas le but que l'on se propose d'atteindre.
La décoction est en général un mode vicieux de préparation; et pour les substances qui ne se dissolvent que par son moyen, il vaudrait mieux recourir au traitement alcoolique.