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EXTRAITS PRÉPARÉS PAR L'ALCOOL

Quand on veut obtenir un extrait au moyen de l'alcool , on

réduit en poudre la matière qui doit le fournir et on la traite par l'alcool au moyen de la méthode de déplacement, ou par simple macération ou digestion {Voy. pag. 111); on distille les liqueurs au bain-marie pour en retirer tout le liquide spiritueux et on achève l'évaporation à la manière ordinaire.

L'emploi de l'alcool présente toujours cet avantage que la plus grande partie de l'évaporation se fait en vases clos , à une température qui n'atteint pas celle de l'ébullition de l'eau, et qu'il ne reste qu'une petite quantité de liquide dont l'évaporation doive être achevée à l'air libre : toutes circonstances qui diminuent les chances d'altération de la matière extractive des plantes.

Le traitement alcoolique est employé à la préparation des extraits 1° pour certaines matières dont les parties actives sont insolubles dans l'eau ; 2^ pour dissoudre en même temps des principes solubles dans l'eau et des principes solubles dans l'alcool ; 3*^ pour éviter d'introduire dans l'extrait certaines matières que l'eau aurait dissoutes.

1° Quand une matière doit ses propriétés principales à des principes qui ne sont pas solubles dans l'eau , l'alcool donne le moyen de faire entrer ces principes dans l'extrait. Par ces motifs on fait avec de l'alcool fort, les extraits de fougère mâle, de cubèbes.

2® Quand une matière contient en même temps des principes solubles dans l'eau et des principes solubles dans l'alcool, et qui doivent tous faire partie de l'extrait , on emploie de l'alcool aqueux. Cette méthode convient pour les substances qui sont formées en même temps de matières extractives et de parties résineuses et d'huile essentielle. Telles sont la valériane, le jalap , le gayac , le quinquina , la serpentaire , la rhubarbe , la patience , l'ellébore noir ; mais il faut remarquer que ces extraits alcooliques sont généralement plus actifs que ceux que l'on obtient par l'eau des mêmes substances; et bien que ce mode de préparation soit préférable, il ne faut pas substituer les extraits alcooliques aux autres sans une prescription spéciale.

On peut jusqu'à un certain point rapporter à cette série d'extraits la purification que l'on fait subir à beaucoup de

gommes résines quand on n'a pu se les procurer en larmes bien pures. On les concasse, on les traite au bain-marie par de l'alcool à 2'2"'. On passe chaud à travers un linge; on ajoute de nouvel alcool sur la partie non dissoute; on passe encore avec expression et on rend aux gommes résines par évaporalion leur consistance première.

3° On a recours à l'alcool quand les parties actives d'une substance sont solubles dans l'alcool , bien qu'elles soient également solubles dans l'eau, quand elles sont accompagnées d'une abondante quantité de matières inertes, que l'eau dissoudrait également, mais sur lesquelles l'alcool n'a pas d'action. C'est un moyen de concentrer la matière active sous un plus petit volume. C'est pour ces motifs que l'on emploie de préférence les extraits alcooliques de noix vomique, de cantharides j de lichen d'Islande, de semences de stramonium,dejusquiame, de belladone et de pavot blanc.

On traite les plantes de la famille des solanées , la belladone, la jusquiame , etc., et aussi l'aconit, le rhus radicans, la cigu6, par de l'alcool à 22°. On obtient ainsi des extraits actifs, d'une belle couleur verte. L'alcool précipite la matière albumineuse de la plante et sans doute aussi une partie de k matière extractive. Il dissout la plus grande partie de cette matière extractive, les parties gommeuses et la chlorophylle. Ces extraits ont gagné par la séparation de l'albumine , matière inerte comme médicament; ils ont perdu par l'introduction de la chlorophylle; l'expérience médicale seule pourra prononcer lesquels de ces extraits alcooliques, ou des extraits obtenus par l'eau, ou des extraits par le suc des plantes méritent la préférence; mais comme ce ne sont pas des médicamens identiques, on ne doit pas, dans la pratique, les substituer les uns aux autres.

Nous devons rapporter aux extraits alcooliques deux modes Opéra loi reS" encore peu usités, mais qui pourront le devenir davantage par la suite :

Le premier consiste à faire un extrait alcoolique, à la manière ordinaire , à le dissoudre dans une petite quantité d'eau, à filtrer et à évaporer de nouveau jusqu'en consistance d'extrait. Le premier traitement alcoolique a pour effet de séparer des

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matières insolubles dans l'alcool ; le Irailennent par l'eau a pour effet de n'admettre dans l'extrait parmi les matériaux solubles dans l'alcool que ceux qui sont également solubles dans l'eau.

Ce procédé est appliqué à la préparation de l'éméliiie noire qui se trouve débarrassée ainsi des matières gommeuses et amylacées de l'ipécacuanha , et plus tard de sa matière grasse.

La seconde métbode consiste à reprendre par l'alcool les extraits obtenus par l'eau pour ne conserver que les corps qui sont également solubles dans les deux menstrues. M. Dublanc a conseillé d'appliquer ce procédé à l'extrait do suc de laitue, dont la propriété hypnotique augmente alors dans le rapport de 2 à 1. Il a été proposé par M. Lombard pour l'extrait d'aconit , et MM. Georges et Hespe ont conseillé de l'appliquer aux extraits aqueux de jusquiame et des autres solanées obtenus avec la plante sèche.

Résines. Les résines que l'on obtient dans les laboratoires des pharmaciens sont de véritables extraits alcooliques qui ont été séparés par dés lavages à l'eau des matières solubles dans ce véhicula.

Voici par quel procédé on les extrait : après avoir épuisé les substances par de l'alcool à 22», on distille aux trois quarts ; on mêle au résidu un volume égal d'eau distillée ; on recueille le dépôt résineux qui se forme ; on le lave dans l'eau chaude ; on le met dans des assiettes et on le laisse à l'éluve jusqu'à ce qu'il soit devenu sec et cassant.

On peut , au lieu d'alcool faible , se servir d'alcool à 33» qui dissout moins de parties gommeuses et extractives ; mais le résultat est le même , puisqu'il faut toujours avoir recours à un lavage à l'eau chaude qui enlève ce qui a pu en rester mêlé à la résine. C'est ainsi que Ton obtient les résines de scaramonée, de jalap, de quinquina, de pyrèthre, etc.

Quant aux résines qui peuvent être retirées des térébenthines du commerce, on les obtient enchâssant l'huile volatile au moyen de la chaleur. Afin que la matière résineuse n'éprouve pas d'altération, on la lient dans l'eau en ébuliiti»n, jusqu'à ce qu'elle ait perdu la presque totalité de son huile volatile, et que le résidu ait une consistance assez ferme pour devenir cassant à la température ordinaire. Quand on opère sur la térébenthine

ordinaire, l'opéralionsefail dans une bassine et on laisse l'huile volalile se dissiper; si l'huile volatile est plus précieuse, on peut opérer dans un alambic , par exemple , pour le baume de copahu.

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