SIROPS 3IËDICA.ME?!TEUX
Il y a plusieurs procédés généraux employés à la préparation des sirops médicamenteux, La solution simple ; la solution avec évaporation ; la solution avec clarification au blanc d'oeufs ; le mélange du sirop de sucre et l'évaporalion ; le mélange avec le sirop de sucre sans évaporation ; la solution avec clarification par le papier.
Sirops par simple solution. Cette opération sepratique quand la quantité de véhicule est précisément dans les proportions convenables pour transformer le sucre en sirop. Elle exige du sucre d'assez belle qualité; aussi se pralique-l-elle le plus ordinairement pour des sirops agréables. Ex.: sirops avec des eaiix /distillées , des sucs acides, les infusions d'œillets, de violettes, etc. Ces sirops se préparent à froid, quand on tient à les avoir fort blancs ; autrement on a recours à la chaleur du bain-marie. Le manuel de l'opération est absolument celui que nous avons décrit pour le sirop de sucre. On emploie encore ce procédé pour la préparation des sirops dont la base est une liqueur aromatique ou une liqueur facilement altérable qui
perdrait une partie de ses propriétés par la coction. Eï. : sirop de digitale, de gentiane, d'absynlhe.
Sirops par simple solution et ëvaporation. On mêle le sucre par morceaux à la liqueur et on évapore en consistance de sirop. Ce procédé est donné par le Codex pour la préparation des sirops de quinquina , de pavots blancs. Il est applicable surtout à des liqueurs troubles dont une partie des principes actifs sont tenus en suspension et qui perdraient leurs propriétés par la clarification.
Sirops par clarification au moyen de l'albumine. L'opération s'exécute absolument comme nous l'avons décrite pour le sirop de sucre, seulement on remplace l'eau pure par une solution aqueuse. Celle méthode était appliquée autrefois à la presque totalité des sirops; mais elle est réservée maintenant à un petit nombre d'entre eux. On l'évite pour toutes les liqueurs qui peuvent perdre quelque chose à la clarification par l'albumine ; on la conserve pour celles dont les parties actives n'étant pas de nature extractive, ne sont pas enlevées par l'albumine au moment de la coagulation. On prépare encore par coction et clarification les sirops de navel, d'oignon, de limaçons, de guimauve.
Sirops par mélange avec le sirop de sucre et ëvaporation. On prend du sirop de sucre cuit au degré ordinaire, on le met sur le feu , on y ajoute la solution et l'on continue de faire évaporer jusqu'à ce que le sirop ait repris le degré convenable.
Ce procédé a sur la solution simple l'avantage de ne pas exiger des sucres raffinés ; aussi s'applique-t-il à des sirops pour lesquels une grande blancheur n'est pas nécessaire ou n'est pas possible ; il a sur le procédé de coction et clarification l'avantage de ne pas dépouiller les solutions végétales des principes qu'elles peuvent contenir. Sous ce rapport il est fort avantageux pour tous les sirops qui contiennent des liqueurs extractives. On emploie le sirop bien clarifié, les solutions bien limpides , et l'on a un produit fort beau. On ne peut appliquer ce mode opératoire aux liqueurs qui sont aromatiques et dont l'évaporation dissiperait une bonne partie des principes médicamenteux. On évite également de s'en servir pour les liqueurs que la chaleur pourrait altérer; par exemple,
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les infusions colorées de fleurs; les sucs acides, etc. , etc.
La préparation des sirops par évaporalion des solutions végétales avec le sirop simple s'emploie quand la proportion de la base médicamenteuse est telle qu'il est impossible de l'épuiser avec une petite quantité de liquide. Toutes les fois que l'on peut arriver à préparer sans concentration une liqueur qui suffise à la simple solution de sucre, il vaut mieux le faire, car l'évaporalion des liqueurs qui contiennent des principes végétaux ne se fait jamais sans que ces principes éprouvent quelque altération. Dans le cas même où cette concentration est nécessaire, il est bon de préparer des solutions aussi concentrées que possible. Je trouve avantageux d'épuiser les substances successivement de manière à obtenir une première liqueur concentrée et une seconde plus faible. On évapore cette dernière avec le sirop et l'on n'ajoute l'autre qu'en dernier, et même si on a pu l'obtenir en assez petite quantité, on ne la mêle au sirop que lorsque celui-ci a dépassé le point de cuisson, de manière à le ramener sans une nouvelle évaporalion au degré de concentration convenable. Les matières végétales qui se prêtent au traitement par lixiviation , se prêtent aussi le mieux à ce genre d'opération. Je citerai comme exemple du mode de préparation que je viens de décrire les sirops de douce-amère , ratanhia , coquelicots , valériane , pensée sauvage, cinq racines apéritives.
Sirops j)ar mélange avec le sirop de sucre sans évaporalion. Celte méthode s'applique avantageusement toutes les fois que l'on ne doit introduire dans le sirop que de petites quantités de liqueur ; d'abord elle convient très-bien pour des sirops qui peuvent sans inconvénient être un peu moins cuits que le sirop de sucre ordinaire , et qui s'obtiennent en mêlant une liqueur avec le sirop de sucre par un mélange simple. C'est ainsi que l'on obtient les sirops d'éther, de sulfate de quinine, d'acétate de morphine, etc.
Une seconde manière d'opérer à laquelle on a plus souvent recours, consiste à cuire le sirop de sucre au-delà du terme ordinaire et cl le ramener au degré de consistance convenable en y versant brusquement la solution végétale. Ce procédé s'applique très-avantageusement aux liqueurs extractives, et même aux liqueurs aromatiques parce que la liqueur ne res-
tant que quelques inslans exposée ù la chaleur, elle n'a pas le temps (le se dépouiller de ses parties volatiles. Celte méthode n'est du reste applicable qu'à des sirops colorés, parce que la cuisson colore toujours plus ou moins le sucre.
On n'emploie pas indifféremment ce procédé de préparation ou celui qui consiste à évaporer les liqueurs mêlées au sirop. Toutes les fois que de prime abord il est possible d'obtenir une solution assez concentrée pour que son mélange avec le sirop ne le ramène qu'au degré de cuisson ordinaire, il faut le faire, parce qu'ainsi on évite toutes les altérations qui peuvent survenir par l'action delà chaleur; mais quand on a des dissolutions étendues qui ont besoin d'une concentration, il vaut mieuv les mêler au sirop et évaporer le tout ensemble que de concentrer d'abord la dissolution pour en décuire plus tard le sirop concentré.
Voici les données sur lesquelles on peut s'appuyer pour cette manipulation .-quand 1000 grammesdesirop de sucre ont perdu 250 grammes d'eau, le sirop est cuit au petit boulé ; quand il a perdu 260 grammes, il est au grand boulé ; quand il en a perdu 280 , il est au petit cassé , et quand il a perdu 300 grammes, il est au cassé. A ce moment il se mêle encore bien aux liqueurs aqueuses ; si l'on attendait davantage , il se séparerait du sucre solide au moment du mélange , et l'on serait forcé do laisser la liqueur sur le feu pour en produire la dissolution ; quand il est possible de ne pas pousser aussi loin la concentration du sirop, il y a avantage.
On prend une bassine , on y met le sirop et l'on porte le tout sur le feu ; d'autre part on pèse la solution végétale ; on pousse l'évaporation du sirop jusqu'à ce qu'il ait perdu exactement un poids d'eau égala celui de cette solution, ce que l'on reconnaît par la balance ; on mélange rapidement la solution au sirop et l'on passe à travers un Manchet.
Sirops avec clarijicaitoa au papier. Celte méthode est de M. Desmarets. On prend une certaine quantité de papier blanc non collé , on le met dans un pot avec de l'eau chaude, et on le bat fortement pour le diviser en se servant d'un fouet d'osier que l'on fait tourner entre les mains. Quand le papier ne forme plus qu'une bouillie bien homogène , on le jette sur un tamis et on 1. 16
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le lave jusqu'à ce que l'eau sorte claire. On lasse légèrement la pAle entre les mains et on la délaye dans le sirop que l'on veut clarifier ; après quoi on verse celui-ci sur une chausse ou sur un blanchet. Le papier qui se dépose à la surface du tissu y forme un véritable filtre. La quantité de papier doit être suffisante pour couvrir la surface du tissu qu'on présume devoir être mouillée par le sirop.
Ce procédé de clarification s'applique avec avantagea la préparation des sirops avec des liqueurs extractives que le blanc d'œuf affaiblirait. II est surtout utile pour les liqueurs qui contiennent du tannin. Leur mélange avec le sirop de sucre ordinaire clarifié, donne lieu à un précipité , parce qu'une partie du tannin est séparée en une combinaison insoluble par la portion de matière animale que l'albumine laisse dans la liqueur au moment de sa coagulation. Hors ce cas, il faut préférer le mélange des liqueurs au sirop très-cuit , quand il est possible d'ailleurs d'avoir des Hqueurs assez concentrées.
On donne généralement aux sirops médicamenteux le même degré de concentration qu'au sirop de sucre ; mais tous ne doivent pas être également cuits. Quand un sirop est fait avec des eaux distillées , des liqueurs acides ou vineuses , il lui faut moins de sucre pour empêcher son altération , parce qu'alors le sucre est , pour ainsi dire , le seul principe qui ait de la tendance à fermenter. Si , au contraire, le sirop est chargé de beaucoup de matières extractives ou muqueuses qui passent aisément à la fermentation , on doit lui donner un degré plus fort de cuisson. L'on n'a pas à craindre d'ailleurs que le sucre se dépose aussi facilement : enveloppées de toutes parts par des substances iiicristaUisables , ses molécules ne pourraient se réunir qu'avec peine.
Quand un sirop a fermenté, on le raccommode en le faisant chauffer pour le ramener à l'état de cuisson convenable. On y ajoute un peu d'eau, parce qu'il est nécessaire qu'il reste assez long-temps sur le feu , pour que tout le gaz acide carbonique ait le temps de se dégager. Quand un sirop a été ainsi réparé un grand nombre de fois , il a peu de disposition à fermenter de nouveau, mais aussi une partie des principes qu'il contenait a été altérée.
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Les véhicules qui servent Ix faire les sirops sont très-nombreux; ils nous serviront de base pour diviser ces niôdicamens. Nous aurons la série suivante :
1". Sirops simples ,
a avec des eaux distillées ,
b avec des solutés ,
c avec des macérâtes,
d avec des digestes ,
e avec des infusés ,
f avec des décodés ,
g avec des liqueurs vineuses ,
h avec des sucs ,
i avec des liqueurs émulsives ;
2'. Sirops composés ,
a au moyen de la distillation ,
6 au moyen de la décoction ,
c au moyen de la décoction et de l'infusion.