SIROPS AVEC DES SOLCTÉS
Avec le Codex , nous comprenons dans cette série tous les sirops qui résultent du mélange d'une solution avec un sirop. Ils offrent trois modes différons de préparation.
Le premier consiste à faire un sirop avec le sucre à la manière ordinaire. Quand il est suffisamment cuit et bouillant, on y mêle la solution préparée à part ; on fait jeter quelques bouillons et l'on passe. C'est ainsi que se préparent les sirops de
Gomme , Extrait d'opium ,
Acide tartrique , Extraits divers.
— citrique,
D'autrefois on mélange la liqueur au sirop froid ; par exemple , les sirops de
Acide hydrocyanique , Sulfate de quinine,
Ether, Sulfure de potasse.
Acétate de morphine , Acétate de fer.
Le troisième procédé n'est autre que la solution du sucre dans la liqueur même. C'est ainsi que se prépare le sirop de sulfure de potasse suivant le Codex.
])KS SIROPS. îlkS
SIROPS AVliC DES SUCS.
C'est la nature des sucs qui doit servir de guide dans la préparation des sirops auxquels ils servent de base. ( Voy. prcpa-ration des sucs. )
Les sirops avec des sucs acides sont préparés par simple solution ; la concentration de ces sucs augmenterait leur sapidité, et le sirop serait peu agréable. On doit avoir l'attention d'opérer dans des vases de verre ou du moins dans des vases inattaquables par les acides faibles. On prépare ainsi les sirops de
Berberis, Suc de citions,
Grenades, - d'oranges, etc.
Groseilles ,
Il faut assimiler aux sirops précédens pour le mode de préparalion, le sirop de vinaigre simple et le sirop de vinaigre framboise.
Ces sirops n'ont pas besoin , pour se conserver, d'une forte proportion de sucre. On emploie pour chaque livre de suc clarifié 30 onces de sucre en pain ; on chauffe dans un matras ou dans une bassine d'argent ju.squ 'à ce que le sucre soit fondu.
II arrive qu'après un temps plus ou moins long , il se dépose dans les bouteilles où l'on conserve les sirops acides une cristallisation volumineuse qui envahit une grande partie de leur capacité. La matière qui s'est ainsi déposée est du sucre de raisin qui s'est formé aux dépens du sucre de cannes, sous l'influence lente et prolongée de l'acide végétal. Il résulte des expériences faites à ce sujet par M. Thinus , que la transformation commence un peu au-dessus de 60 degrés et qu'elle augmente graduellement jusqu'à ce que le sirop ait acquis une température de 90° où elle est complète. Les sirops acides faits à une basse température contiennent le sucre de cannes, et on voit quelquefois celui-ci y cristalliser; mais sa transformation commence bientôt ; elle marche il est vrai avec plus de lenteur; mais enfin elle finit par élre complète et assez abondante pour former un dépôt cristallin de sucre de raisin. 31. Germain assure que les sirops acides ne laissent plus cristalliser de sucre de raisin quand on leur a fait jeter quelques bouillons au moment de leur préparation.
'2kÙ Di:S SACCHAROLliS.
Le siîop de ii<^rprun fait exception aux autres sirops acides par la pro] ortion de sucre. Le Codex prescrit d'employer parties égales (le sucre et de suc dépuré de nerprun et de faire cuire en consistance de sirop.
Il est encore un autre procédé de préparation pour les sirops faits avec des sucs de fruits. On s'en sert quand les fruits ont un diamètre peu considérable, ou que leurs parties succulentes sont placées à l'extérieur, et que le suc a beaucoup de viscosité; telles sont les mûres et les framboises; on met ces fruits avec leur poids de suci e dans une bassine , et l'on chauffe à un feu doux. Le suc, dilaté par la chaleur, brise ses enveloppes, s'écoule et dissout le sucre; on fait bouillir légèrement , et on passe h travers un tamis de crin.
Les sirops que l'on obtient par cette méthode sont toujours visqueux; ils contiennent toujours une forte proportion delà pectine du fruit, et ils sont sujets à former plus tard un dépôt dans les bouteilles. En prenant les fruits avant leur entière maturité, le sirop est moins visqueux et il se conserve mieux.
Quand on emploie le suc des herbes à la préparation des sirops, tantôt on opère par simple solution; d'autres fois on est obligé de recourir à la concentration. La nature des sucs force quelquefois à choisir la première méthode; quant à la seconde elle est prescrite par les formulaires pour quelques sirops dans l'intention de concentrer les sucs et d'obtenir un produit plus actif.
On prépare par simple solution les sirops de
Cresson , Cerfeuil ,
Cochldaria. Chou rouge ,
Autres plantes antiscorbutiques, Pointes d'asperges.
On emploie des sucs dépurés par la chaleur, et l'on y fait fondre à la chaleur du bain-rnarie le double de leur poids de sucre. Quand le suc contient des parties volatiles , on opère au bainmarie clos et l'on ne passe le sirop que lorsqu'il est en grande partie refroidi. Au lieu de se servir de sucs dépurés on peut les prendre passés seulement à travers un linge; alors l'albumine végétale (pi'ils contiennent contribue en se coagulant à la clarification du sirop.
Le Codex pioscril. d'employer parties (légales de sucre el de suc dépuré par la chaleur pour les sirops de
Trèfle d'eau, Fumctcrre ,
Ortie , Et autres herbes.
Ou ajoute le suc au sucre, el l'ou cuit en consistauce de sirop. 11 vaudrait autant ajouter le sucre au suc non dépuré, l'albumine de celui-ci concourrait à plarifier le sirop; 31M. Henry et Guibonrl font ajouter le suc clarifié au sirop et font évaporer. Ils ont aussi , mais à tort, diminué de moitié la dose de suc, ce qui diminue également de moitié l'activité médicale du sirop.