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DES CONSERVES

On donne le nom de conserves à des médicaments d’une consistance de pâte molle ou rarement solides, formés d’une substance médicamenteuse unie au sucre qui lui sert de condiment, Le but de ceux qui. les inventèrent fut de conserver, à L'aide du sucre, des matières facilement altérables. C’est donc à tort que quelques pharmacologistes confondent ,,sous la dénomination, de conserves , les pâtes , les pastilles et les fäblettes. Danses divers composés , le sucre a pour objet de rendre le médicamentplus agréable , et non de le, consérver,;sear les matériaux qui des composent sont peu altérables, et se gerdent mieux quand ils

(DES CONSERVES. 263 sont Seuls. On a quelquefois aussi appliqué le nom de conserves aux électuaires. Quelques-uns , tout au plus , mériteraient cette dénomination : ce sont ceux qui sont peu altérables. Encore, bientôt ils entrent en fermentation, et les substances qui les constituent subissent des sltérations chimiques. Ce n'est pas, d’ailleurs, dans le dessein de conserver les ingrédients qui entrent dans les électuaires, que ces sortes de médicaments ont été invéntés , comme nous le verrons plus tard.

L’intention , au contraire, de ceux qui inventèrent les conserves, fut de garantir de la décomposition spécialement les matières pulpeuses , par le moyen du sucre, On est souvent bien éloigné d’obtenir ce résultat.

Nous désignerons sous le nom de conserves, des médicaments dans lesquels il n’entre du sucre que comme condiment et une seule substance médicamenteuse, et qui ont une consistance de miel. Il y a cependant quelques conserves qui sont cassantes.

Il y a quatre moyens de préparer les conserves :

1° Avec les plantes fraîches ;

2° Avec les plantes sèchés , par coction ;

3° Avec les plantes sèches réduites en poudre; 4 Par coction des plantes dans le sucre.

Examinons successivement ces quatre modes opératoires.

1° Conserves avec des plantes fraîches.

Quand on veut obtenir une conserve avec une plante fratche, on choisit ses parties herbacées ou charnues , et on les pile avec deux à trois parties de sucre; on passe à travers un {amis de crin à l’aide d’un pulpoir ; quand les plantes ne contiennent pas de parties volatiles, on peut chauffer la conserve au bain-marie Renent quelques instants pour faciliter la dissolution du sucre.

.Ces médicaments sont peu employés, parce qu'ils sont de mauvaise conservation. La conserve de roses rouges , qui est la moins altérable de toutes, ne peut cependant passer l’année sans entrer en fermentation. Il est bon de réserver ce mode de préparation pour les substances qui perdent leur vertu par la dessiccation, comme les plantes antiscorbutiques : encore les conserves de ces plantes ne doivent-elles être préparées qu'à mesure du

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besoin. On doit les faire avec le sucre en poudre, car la chaleur dissiperait une partie de leurs principes actifs.

La conserve de cynorrhodons et la conserve de casse rentrent dans la série des conserves préparées à froid.

20 Conserves avec des plantes sèches, par coction.

Veut-on préparer par coction les conserves des racines, on fait cuire celles-ci et on les pulpe; on fait cuire ensuite du sucre à fa grande plume, dans le décocté de la racine, et on le mêle avec la pulpe.

Donnons comme exemple la préparation de la conserve d’aunée.

Pr.: Pulpe de racine d'aunée préparée par Coction. 1

Faites cuire le sucre en consistance d’électuaire dans le décocté de racine d’aunée, et mélangez à la pulpe.

Ce procédé est répréhensible et il a été justement abandonné. L'ébullition volatilise la majeure partie du principe aromatique. En outre, comme Baumé l’a judicieusement fait remarquer, l'amidon et les matières parenchymateuses, gonflés par la chaleur, ne tardent pas à déterminer la fermentation dans la masse : aussi, quelque bien cuites que soient ces conserves, elles ne tardent pas à se gonfler, à tourner à l’aigre, à perdre leur saveur et leur odeur, et à changer totalement de nature. Elles sont gonflées par l’interposition de bulles nombreuses d’acide carbonique. Plus tard, elles s’affaissent ; la fermentation s'arrête, mais elle laisse un médicament détérioré.

30 Conserves avec des substances fraîches par coction.

En mélangeant la chair des fruits succulents avec du sucre, et en faisant cuire en consistance de miel épais, on obtient de véritables conserves plus connues sous le nom de marmelades.

Elles contiennent en effet toute la partie pulpeuse des fruits unie au sucre, et celui-ci agit comme conservateur. On sait qu'on les obtient en séparant les fruits (abricots, prunes, pêches) de leurs noyaux, les coupant par tranches et les mêlant dans une terrine avec la moitié ou les deux tiers de leur poids de sucre grossièrement pulvérisé. Après 24 heures, pendant lesquelles on a le soin d’agiter de temps en temps, on fait cuire enremuantcon- |

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