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DES EMPLATRES PROPREMENT DITS

(Stéaratés).

Cette série d’emplâtres a pour base la combinaison du plomb avec les acides oléique, stéarique et margarique. On les diviseen deux séries ; la première comprend les ciniirbs préparés avec l’intermède de l’eau ; et la seconde, les emplätres préparés sans eau, que l’on déciee aussi par Pépithète d'emplätres brûlés.

Indiquons d’abord le mode de préparation des emplâtres non brûlés ; nous donnerons ensuite la théorie de leur préparation,

Toutes les huiles ne sont pas également propres à la fabrication

des emplâtres. Les huiles natüréllement mucilagineuses, ou celles

que lon a rendues telles artificiellement, donnent des emplâtres peu consistants. ,

M. Henry s est assuré que l'huile d'olives mérite la préférence sur toutes les‘autres : elle donne avec facilité un emplâtre peu coloré et d’une bonne consistance ; mais pour obtenir ce résultaf,

il faut s'assurer de sa pureté par les procédés que nous avons.

déjà donnés (voyez page 162).

L'huile blanche se combine assez bien, mais le produit qu elle) donne est moins blanc et plus mou. II se dessèche à la surface, et se couvre d’une croûte cassante.

L'huile dericins donne un emplâtre solide, mais moins-blane., Avec la graisse de pore, l'emplâtre ne paraît pas différer beauéoup de celui que forme Phuile d'olives. |

La nature de l’oxide influe puissamment aussi sur la: votiif naison. M. Chevreul a fait voir que la plupart des oxides més talliques peuvent former des savons avec les corps 8ras;"r

DES EMPLATRES. 307 presque toutes ces combinaisons ne s’obtiennent bien que par doubles décompositions, et doivent trouver leur place parmi les Savons. kde

La litharge est, de tous les oxides de plomb, le plus convenable pour la préparation des emplâtres. Cependant il n’est pas ‘indifférent de prendre telle ou telle litharge du commerce. La litharge anglaise donne un emplâtre qui a la blancheur, la consistance et le liant que l’on recherche. La litharge de Hambourg donne un emplâtre grenu, coloré et dépourvu du liant et de la consistance du précédent (Henry).

Ces différences sont dues aux divers degrés de pureté des litharges du commerce. Celles qui ne contiennent que de faibles proportions d'oxide de cuivre et d’oxide de fer, fournissent un emplâtre blanc et d’une bonne consistance; les autres donnent des emplâtres grenus et colorés, parce que l’oxide de fer et celui de cuivre se combinent mal et restent interposés au milieu de la masse. |

La litharge que l’on destine à la fabrication des emplâtres doit ètre essayée, et le procédé le plus simple et le meilleur est de la faire servir à la préparation d’une petite dose d'emplâtre; si.céluici est blanc et de bonne consistance, la litharge peut être considérée comme suffisamment pure.

La propriété que possède la litharge de donner une bonne masse emplastique, lui fait donner la préférence sur tous les autres oxides de plomb. L'on a abandonné presque complétement les préparations faites avec le minium ou le massicot, qui ne donnent un résultat pareil qu’avec plus de difficulté. |

M. Henry avait trouvé que le massicot, qui ne diffère de la litharge que par son mode d’agrégation, ne pouvait donner qu’une masse emplastique Sans consistance. Jai reconnu depuis qu'il demande seulement plus de temps, et que cette condition de temps étant remplie, on obtient aussi un bon produit, pourvu toutefois que l’on se serve d’un massicot exempt de substances étrangères. Fr & |

Le minium donne des résultats’ analogues, mais avec cette circonstance particulière d'exiger ‘pour être terminée beaucoup plus de temps que n’en demande le massicot lui-même. En opérant sur 100 grammes de minium, il ne m'a pas fallu moins de sept heures pour mener l'opération à son terme, Bien entendu qu'il ést

question iei du minium pur; en se servant du minium du com merce qui contient, suivant M. Dumas, jusqu'à 50 p. 100 de protoxide de plomb hors de combinaison, la combinaison est accélérée. Cependant la patience a manqué aux opérateurs pour mener l'opération à fin. Ils ont obtenu une masse trop molle; aussi voit-on une forte proportion de cire figurer dans les formules qui ont pour base l’emplâtre de minium.

Dans l’action des graisses sur le minium, il faut que le peroxide de plomb perde son oxigène. On ne sait rien encore sur les corps qui peuvent résulter de cette réaction.

La céruse ou carbonate de plomb saponifie facilement les graisses, en même temps qu’elle perd son acide carbonique ; toutefois, l'on ne peut espérer de succès qu'’autant que la céruse est pure, ou en d’autres termes, formée entièrement de carbonate de plomb. La céruse du commerce est sujette à être falsifiée par du sulfate de baryte, du sulfate de plomb ou du carbonate de chaux : alors l’oxide de plomb se trouve en proportion trop faible par rapport au corps gras, et l’emplâtre ne prend pas assez de consistance. Pour essayer la céruse, il faut la dissoudre dans de acide nitrique très étendu, qui ne dissout ni le sulfate de plomb ni le sulfate de baryte. On étend la dissolution d’eau et on la précipite par un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite tout le plomb; si la céruse contenait de la craie, la liqueur privée de plomb précipiterait abondamment par le carbonate de potasse ou l’oxalate d’ammoniaque. ; |

Le choix des corps gras et de l’oxide étant fait, on liquéfien les premiers, s'ils sont solides; on y mélange l’oxide, puis on ajoute un peu d’eau. On chauffe de manière à entretenir la matière bouillante en l’agitant continuellement jusqu'à ce qu'elle ait acquis une consistance convenable, ce que l’on reconnaît en ma Jaxant une petite parcelle d’emplâtre dans de l’eau froide : elle ne doit pas s'attacher aux doigts. On s'aperçoit que ce moment ap= proche, à ce que l'emplâtre a perdu sa couleur et à ce qu'il s'élève de sa masse, tandis qu’on l’agite, des bulles légères qui sont enle= vées par le courant d’air chaud : elles sont formées par de l'air retenu captif au milieu d’une pellicule très mince d'emplâtre. |

Pendant tout le temps que dure la cuisson de l’emplâtre, on ajoute de l’eau chaude de temps en temps, de manière à ce qu’elle serve de bain-marie, et que la température ne puisse pas s'élever

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au-dessus de cent degrés et que l'emplâtre ne puisse brüler. I faut remettre de l’eau de temps en temps pour remplacer celle qui s'évapore. Si, toute l’eau étant vaporisée, on voulait en ajouter de nouvelle, on devrait préalablement laisser refroidir l'emplâtre ; Sa température s'étant éleyée au-dessus de cent degrés, au moment où l’eau serait en contact avec lui, elle serait instantanément réduite en vapeurs : celle-ci, en se dégageant avec violence, enléverait la matière et la projetterait au-dehors, non sans danger pour l'opérateur.

Examinons les phénomènes qui se manifestent pendant l’opération, et cherchons à en déterminer la cause. |

Le mélange, dé rougeâtre qu'il est d'abord, change successivement de couleur; il est incolore après la cuisson. Au commen- : cement de l’action du feu, il se manifeste une effervescence qui boursoufle la matière. Bientôt elle s’apaise, mais l'émplâtre n’en Occupe pas moins un volume considérable pendant tout le cours de l'opération , à cause de la vapeur d’eau qui le soulève en se dégageant. Ces circonstances nécessitént l'emploi d’une bassine dont la capacité soit bien plus grande que ne semble le demander le volume primitif des composants. 6

Au moment où l'on.chauffe le mélange d'huile et d’oxide, ils’établit une réaction, dont le premier effet visible est le dégagement de l'acide carbonique de la litharge. Les éléments des Corps gras, oléine, stéarine et margarine, réagissent les uns sur les autres, et se transforment en acide oléique, stéarique et margarique, et en principe doux ou glycérine. Les acides se combinent à l’oxide de plomb, et le principe doux reste dans l’eau ; il est.rejeté avec elle. Pendant ces réactions, suivant M. Chevreul, la plus grande partie du carbone et de l'hydrogène des COrPS STas, en proportion très rapprochée de celles où ils sont dans l'hydrogène percarboné, retient une partie d’oxigène pour constituer les acides margarique et oléique, tandis que le reste de l'hydrogène et du carbone, avec une portion d’oxigène, forme le principe doux, en fixant une certaine quantité des éléments de l’eau. Il est de fait qu'il ya de l’eau fixée dans l'opération, çar la somme des poids de la graisse saponifiée et du principe doux est plus forte que le poids de la graisse employée; ce qui prouve que, par suite des réactions, une portion d’eau, ou du moins de ses éléments, est en» trée dans les nouvelles combinaisons,

Je rapporte, d’après M. Chevreul, un exemple de saponification: 100 parties de graisse de mouton sont formées de : :

Oxigène. 000906230006. 04ae%a 9,304

Carbone, 00% 20e see dos 718,996

Hydrogène, .........".......e . 11,700 :

Ces 100 parties donnent à la saponification :

Acides gras SeCS. ....s.ese 00 TS Glycérine. LU PA Ar A PA PC 8

LE

| Oxigéne, Hydrogène. Carbone.

Les 92,978 d’acides contiennent. 7,001 11,162, 74,815 Les 8 de glycérine contiennent... 4,080 0,114 3,206

sd nt

| Différence... .s....erer..e + 1,777 0,176 — 0,075

» Cette ‘expérience donne donc dans les produits de la saponification 0,176 hydrogène et 1,777 d’oxigène en plus que dans la graisse non saponifiée, et l'augmentation serait évidemment plus grande, sans les pertes qui accompagnent nécessairement les opérations de ce genre, et qui nous sont dénotées du reste par la déperdition de 0,975 de carbone, bien que tout celui de la graisse entre dans la composition des acides gras et de la glycérine.

Quant à la cause qui détermine la transformation des corps | aras en glycérine et en matières acides, on peut la voir dans Ja mobilité générale aux matières d’origine organique et dans linfluence exercée par les matières alcalines pour produire des corps. acides qui puissent les saturer ; aussi la saponification est-elle plus facile à mesure que l’on fait agir sur les graisses des alcalis plus puissants. ( À

Dans cette théorie , la matière grasse serait un principe immé= diat ternaire dont le mode de constitution serait changé sous l'influence de l’alcali, et qui serait transformé en deux corps nou* veaux, savoir : les acides gras ef la glycérine. C'était la théorie. généralement admise; mais une analyse exacte de la stéariné, faite par MM. Liebig et Pelouze, donne beaucoup plus de vrai="

| DES EMPLATRES: | d 311 semblance à la théorie suivante qui avait été proposée aussispar M. Chevreul. La matière grasse contiendrait les acides gras, et la glycérine toute formée ; elle serait un oléostéarate de glycérine, et l’alcali aurait pour effet de détruire cette combinaison saline-en substituant une base plus puissante, l’oxide métallique, à à une base plus faible, la glycérine. |

La stéarine est représentée par :

Carbone. Hydrog. Oxigène.

70 pp. 67 b — Acide stéarique ___ f Stéarate de 6 7 5 — Glycérine anhydre | glycérine | 70 67 5 — Acide stéarique ___{ stéarate Dh 2 2 — Eau “ =} iydrique 146 143 17

On voit de suite comment une base puissante, déplaçant la s1ycérine, met celle-ci en liberté. Si les acides gras et la glycérine pèsent plus que la matière grasse employée, c’est que la glycérine qui est anhydre dans le corps gras, se combine avec une proportion d’eau au moment où elle est séparée, de même qu’un oxide précipité d’un sel par la voie humide, se sépare à l’état d'hydraté. L'augmentation de poids provient aussi de ce que l'acide stéarique ‘ est pesé à l’état d’hydrate, tandis que l’une des deux DIRES était à l’état anhydre dans la stéarine.

La même réaction à lieu certainement pour la margarine et l’oléine; mais on n’a pu établir aussi nettement la réaction sur des Hiibrés précis.

Veut-on préparer l’emplâtre simple , on prend :

Ph: diftharge en poudres es onde douce À ts AXONGE. ss eeoossosesosenns see eee eee ee 0 DOM Aires AU D Et o cata Cha El Eau commune... er ph RÉ RE 1 0 À

ait fx

On opère comme il vient d’être dit ; quand l’emplâtre est ter= miné et refroidi en grande partie, on le malaxe avec les mains mouillées pour en séparer l'eau, et par suite le principe doux, et on leroule en magdaléons. L’emplâtre simple sert comme base dans la préparation de presque tous les emplâtres. On faisait autrefois de nouvelles combinaisons pour chaque sorte d’emplâtre en particulier ; mais, comme la nature du produit est toujours la même, il convient mieux de se servir toujours d'emplâtre simple.

On se conforme d’ailleurs , pour l'addition des autres substances, aux règles que nous avons données, en traitant des emplâtres de la première série. | |

Si l'emplâtre simple est un savon de plomb, il doit être possible de le préparer par double décomposition ; c’est une idée qui s’est présentée tout naturellement à bien des personnes, mais qui à été soumise à l'expérience par M. Gélis. On opère de la manière suivante :

Pr.: Savon blanc de Marseille. ......... Men ps) RAR OT ou en e M is ACARSE L gts 4 Acétate de plomb cristallisé..... ...... Es a LU

Faites dissoudre le savon à chaud dans l’eau, ajoutez Pacétate de plomb et agitez jusqu’à ce que le liqueur aqueuse ait repris sa transparence. Décantez, remplacez à plusieurs reprises l’eau par de nouvelle eau chaude pour laver lemplâtre et roulez-le en magdaléons.

Cet emplâtre est fort beau, mais il est trop sec ; si l'on veut le faire entrer dans d’autres compositions, on peut s’en servir en cet état en augmentant un peu les proportions de cire et d'huile; mais s’il doit servir comme empltre simple, il faut le ramollir avec un peu d'huile, ou, suivant M. Gélis, avec un peu d'acide gras.

J'ai fait quelques recherches pour savoir à quelle cause il fallait rapporter la différence de consistance de lemplâtre obtenu par le procédé ordinaire ou par double décomposition. Ces deux emplâtres ont une composition différente ; le dernier est un sel neutre; le premier contient une quantité d’oxide de plomb de :/# plus forte qu'il n’est nécessaire pour la saturation ; mais ce n'est pas là la cause de la différence, car en faisant dissoudre dans l’acétate de plomb le‘/, d'autant d’oxide de plomb qu'il en contenait déjà, le produit de sa décomposition par le savon n'a pas eu plus de malléabilité.

Deux causes concourent en même temps à changer la nature du produit. La plus influente c’est la saponification imparfaite du corps gras; quand il a acquis la consistance requise, il contient encore une portion d’oléine non saponifiée. C’est de l'oléine et non de la graisse, parce que les matières grasses solides sont les plus promptes à se saponifier. Cette oléine joue ici le même rôle que lhuile d'olives que l'on ajoute après coup à l’emplâtre fait

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par double décomposition. Dans la préparation de l'emplâtre simple, il faut concevoir que quand il y a une portion de stéaromargarate neutre de plomb formé, il dissout de la litharge et se change en un sel basique. Les dernières portions de matières grasses ne se saponifient qu'aux dépens de l’oxide de plomb qui fait ainsi partie du sel basique; voilà pourquoi l’emplâtre est blanc avant d’être cuit : arrivé au degré de consistance convenable, il consiste en un mélange de stéarate neutre et de stéarate basique de plomb avec une petite proportion d'oléine.

La présence de l’axonge a bien aussi quelque influeñce sur les qualités de l’emplâtre. L’axonge seule donne une massé de consistance assez ferme, mais elle a un caractère de viscosité particulier ; on ne peut la malaxer entre les mains sans qu’elle s’y attache. Le savon d'huile d'olives corrige avantageusement ce défaut, et le mélange des deux emplâtres a une consistance plus convenable que celle qu’aurait chacun d’eux séparément.

L'emplâtre simple obtenu directement, est plus facile à malaxer que celui fourni par la double décomposition. Aussi je trouve le . premier procédé préférable, toutes les fois qu’on peut se procurer facilement les éléments nécessaires.

EMPLATRES BRULÉS.

Ure seule espèce d’emplâtre brülé est encore usitée : c’est l'onguent de la mère.

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