PULVÉRISATION FAR FROTTEMENT
If est des corps dont la poudre obstruerait les pores du tamis sans les traverser. On les pulvérise en usant d’un artifice particulier. On prend chaque morceau de matière séparément ; et on le frotte sur un tamis placé au-dessus d’une feuille de papier. C'est ainsi que doivent être pulvérisées la céruse et la magnésie. Ce procédé est encore appliqué à la préparation de la poudre d’agaric, pourvusqu’ on ait l’attenfion de repasser la poudre que l’on a obtenue à travers un tamis de soie.
PORPHYRISATION,
La porphyrisation est une opération qui consiste à faire mouvoir une molette de pierre très dure sur une table de même matière, el que Pon a chargée de poudre.
Le nom de porphyrisation , donné à cette opération, jui vient de ce que l’on fait le plus fréquemment usage de tables de porphyre. Toute autre pierre dure peut lui être substituée; quelquefois l’on se sert de marbre. Il faut toujours se laisser guider dans son choix par la dureté de la matière que Fon veut réduire en poudre. Il doit toujours exister une grande différence entre la dureté de la table et celle de la substance que l’on y pulvérise, sans quoi une partie de la pierre serait détachée et altérerait la pureté du produit.
La molette doit être de même matière que la table, et n'être pas parfaitement plane, mais légèrement convexe. Sans cette disposition , la poudre ne PRES S 'enGager entre elle et le mr du porphyre.
Avant de soumettre les corps à la porphyrisation, on commence par leur donner un certain degré de ténuité. Le fer est limé , pilé
dans un mortier de fer, et tamisé. On pulvérise ainsi les terres, les pierres , les sels.
Quand une matière peut être altérée par l’eau, on la porphyrise à sec. T'els sont beaucoup de sels que l’eau décompose, comme les sels d’antimoine, de bismuth et quelque sels de mercure. Tel est le fer, qui s’oxide.en absorbant l’oxigène à la faveur de l'humidité de l'air. On doit encore porphyriser à sec tous les sels solubles ; l’eau se saturerait de ces sels et par l’évaporation elles les laisserait cristallisés, et par conséquent en morceaux plus ou moins volumineux dans la masse. Quand les corps ne sont pas altérables par l’eau , on les réduit.en pâte, au moyen de ce liquide, pour les pulvériser plus aisément. La porphyrisation en est plus prompte, parce que la matière ne fuit pas aussi facilement sous la molette. |
On porphyrise toutes les matières minérales très dures .que la contusion et le tamisage ne diviseraient pas assez. Tels sont les coquilles d'œufs, le sulfure d’antimoine, le verre d'antimoine, les os brülés, les coraux, les métaux, les sels difficiles à broyer, comme le mercure doux, l'émétique, le sulfate de potasse.
Quelquefois , après qu'une matière a été porphyrisée à l’eau, on la forme en trochisques, dans le but d’en faciliter la dessiccation. A cet effet, on met la pâte porphyrisée dans un entonnoir en fer-blanc, monté sur une planchette en bois, laquelle porte en-dessous un petit pied en bois également, qui dépasse un peu l'extrémité de l’entonnoir ; on met un papier non collé sur une table; et, en frappant à petits coups dessus, on fait tomber la pâte en petits pains qui présentent beaucoup de surface, qui ont peu de volume, et qui par conséquent sèchent promptement à l'air.