DE LA PREMIÈRE ÉDITION. IX
c'est par le secours de ces sciences que le plus souvent il apprécie avec justesse la valeur réelle des procédés opératoires dont il est appelé à faire usage.
La chimie est de toutes les sciences celle dont l’application à la pharmacie est la plus patente, et c’est, sans contredit, celle qui lui a rendu le plus de services. Le pharmacien que la nature a doué de l'esprit d’observation, trouve tous les jours, dans les circonstances où il est appelé à placer les corps, un sujet d’études et d’observations. Tantôt, apportant à l’avancement de la science son modeste tribut, il forme à l'observation de jeunes élèves destinés à devenir un jour ses ésaux, Il éclaire quelque point obseur, ou il signale quelque réaction inaperçue; d’autres, fois, favorisé par des circonstances “heureuses, plus avide de gloire et de réputation, animé
d’ailleurs de ce feu sacré à qui les dieux domestiques ne suffisent plus, il abandonne les opérations trop journàlières de son laboratoire, pour des, recherches d’une plus haute portée. Les MH utirés modestes des pharmaciens, ont ainsi concouru puissamment à l'avancement de la chimie, par les observations qui en sont sorties, ou parce que, véritable pépinière. de chimistes, ils ont développé quelques-uns de ces sujets rares qui‘sont appelés à exercer une haute influence sur la direction et. le poiféctionnement de la seience. Il suffirait, pour ‘s’en convaincre, devoir “combien de chimistes illustres. en sont: SNS, aprés y avoir puisé l amour de la science et l'habitude de l'observation.
La chimie a rendu à l’art de guérir les services les plus signalés ; elle lui a fourni ses remèdes les plus héroïques. Depuis surtout qu’elle est devenue une‘science
w . . PRÉFACE
exacte; elle a singulièrement éclairé la marche de la médecine, en lui faisant connaître avec plus de précision la composition des matières dont elle est appelée à se servir. Personne ne niera, contre l'évidence, que depuis que la chimie a pénétré dans le domaine de la pharmacie, les préparations médicinales n’aient été mieux connues dans leur nature, et que le médecin. n’y ait gagné la certitude d’avoir des médicaments plus semblables à eux-mêmes : pour les substances minérales, sans contredit, chaque fois que les chimistes ont mieux étudié . un corps, qu'ils ont reconnu plus exactement sa composition, qu’ils ont perfectionné son mode de préparation, ou fait connaître les différences qui pouvaient résulter pour lui de modifications apportées dans le mode opératoire, la pharmacie s’est aussitôt enrichie de ces’. observations. La chimie organique, quoique moins ayancée, a cependant perfectionnté l’art des. médicaments, en lui fournisant des eREAe nouveaux, et en lui donhaët les moyens de mieux apprécier la nature de ceux qui étaient déjà connus, ou de perfectionner leur préparation. Parce que sä marche est souvent encore incertaine, serait-il juste de nier tout. Je bien qu ‘elle a fait, serait- il sage de fermer la porte à toutes les M qu’elle peut . amener encore? Le tout est de se tehir en garde contre l'enthousiasme du moment, ét'’être sobre d'applications.. Dans l’état de ieutesse où se. trouve celle païtie de la sience, il faut recevoir Son impulsion avec. : réserve : 1l Y: a souvent indispensable nécessité. à faire marcher de:front et l'observation du chimiste, et celle du médecin : Ja première, quelquefois plus aventureuse, s'appuyant sur les faits observés au, laboratoire, pro-
{ DE LA PREMIÈRE ÉDITION: XI pose les modifications ; l'observation médicale vient ensuite, plus sage, plus dégagée d’idées quelquefois préconçues, confirmer ou détruire les avantages que l’on s'était promis. C'est par cette marche seulement que la pharmacologie des substances organiques sera éclairée, et qu'elle pourra faire des progrès solides ; mais l’accord du médecin et du chimiste est indispensable pour le succès ; il peut seul donner aux observations la précision suffisante, en établissant rigoureusement la nature même de la substance qui a été employée, et en déterminant avec exactitude son mode d’emploi le plus avantageux. Il est aussi difficile au médecin de marcher sans le secours du chimiste, qu’au chimiste de prononcer sur les propriétés médicales d’une substance, ou sur le mérite d’une préparation sans en avoir appelé au médecin.
L’incertitude des applications de la chimie à la pharmacie règne surtout, avons-nous dit, quand il s’agit des matières végétales ; cependant, depuis que beaucoup de ces substances ont été mieux étudiées et mieux connues, il en est résulté de grands perfeetionnements pour la pharmacie. Parmi les analyses qui ont été faites des matières végétales, il en est dans lesquelles chaque principe immédiat a été isolé et étudié; de sorte que l’on sait quels sont les véhicules les plus propres à dissoudre chaque prmape, et quelle action ces principes oaoé les uns sur les autres. On peut, en oufie, calculer au. moyen de quels agents on parviendra à recueillir séparément ceux dont on recherchera les vertus, et à isoler, au contraire, ceux dont on aura intérêt à se défendre. La connaissance des propriétés chimiques de * tous les éléments d’une substance permet, en outre