XII PRÉFACE
de calculer quelle influence peuvent avoir sur ses composés pharmaceutiques les autres corps que l’on voudrait y associer. Quand un travail analytique a été fait sur un pareil plan, il est toujours d’une grande utilité ; malheureusement bien peu ont été exécutés avec autant de perfection.
Il faut dire encore que les principes organiques sont, pour un grand nombre, si peu stables, si altérables dans leur composition, qu’ils se forment, se détruisent ou s’unissent entre eux par l'influence des agents les plus faibles, et que souvent l’on est assez embarrassé de préciser si un produit retiré par l'analyse préexistait réellement, ou s’il s’est formé pendant l'opération. C’est ainsi que nous en sommes à douter si, parmi les nombreux principes que les chimistes ont retirés de Popium, il n’en est pas plusieurs qu'ils auraient créés dans leurs manipulations. L’incertitude est bien plus grande encore quand l'analyse d’une substance n’a été en quelque sorte qu'ébauchée. J'entends parler de toutes les analyses dans lesquelles les” principes immédiats n'ont pas été 1solés à l’état de pureté; c'est ainsi, par exemple, que les matières dites principes actifs du seche de la Gentiane, du Séné, etc., ne:peuvent être considérées, par les chimistes, comme des principes immédiats, mais comme des mélanges de diverses matières ; mais si Pauteur de l’une de ces analyses imparfaites a fait connaître par quels moyens on obtenait, sous le plus petit volume, la plus grande proportion de substance médicamenteuse, et quels agents on devrait employer pour y parvenir, alors son travail n’en est pas moins utile au pharmacien , auquel il apprend à traiter convenablement les