PRÉPARATION DES HUILES VOLATILES PESANTES
Prenez, par exemple, cannelle concassée, 10 parties; sel marin, 2 parties; eau commune, 20 parties. Faites macérer pendant deux jours, et distillez jusqu à ce que le produit ne soit
__ DE LA DISTILLATION. 201 plus laiteux, ce qui annonce qu’il ne passe plus que très peu d'huile; laissez déposer l'huile essentielle, et reversez dans l’alambic l’eau qui surnage; redistillez de nouveau, comme cidessus. La même manipulation doit être réitérée trois ou quatre fois, et même plus, jusqu’à ce qu’il ne passe plus d'huile volatile. C’est par ce procédé que l’on se procure les essences de cannelle de Chine, de cannelle de Ceylan, de girofles, de sassafras, etc. |
On reçoit ces huiles pesantes dans le récipient florentin; mais, au lieu de nager à la surface du liquide, elles se précipitent au fond. |
Si l’on fractionne, de maniere à obtenir à part l'huile essentielle de chaque opération, on trouve qu’elle est toujours moins suave à chaque nouvelle opération, et que dans chaque distillation la première huile qui distille est la plus suave. Au reste, il en est de même dans la distillation des huiles légères.
Le sel que l’on ajoute a pour objet de retarder le terme d’ébullition de l’eau, de manière à ce que la liqueur, dans l'alambie, n'entre en ébullition qu’au-dessus de 100 degrés ; mais la proportion de sel n’est pas assez forte. Pour porter l’eau salée à son maximum de température (107°), il faudrait 35 parties de sel pour 100 parties d’eau.
Quand on distille un mélange d’eau salée et d'huile volatile, l'expérience confirme ce que la théorie fait prévoir, savoir, que l'essence passe proportionnellement en plus grande quantité que si la distillation eût été faite avec de l’eau; mais, ayant reconnu que cette proportion d'essence diminue singulièrement du moment où elle n’est plus en assez grande quantité pour recevoir d'une couche uniforme la surface de l’eau salée, j'ai été amené à douter qu'il y eûtréellement grand avantage à se servir du sel marin dans l'extraction des huiles essentielles. Dans une expérience où j'ai opéré sur 2500 grammes de cannelle de Chine, j'ai obtenu avec l’eau simple, par une première distillation, 10,3 d’essence, et avec l’eau salée 11,3; la totalité de l'essence, avec l’eau simple, a été obtenue en retirant à la distillation 6 litres de liqueur ; le même résultat a été obtenu avec de l’eau salée en retirant 4 litres !/, seulement. Il y a donc eu avantage à se servir du sel marin, mais cet avantage est faible et ne parait pas être compensé par la dépense qu'occasionne l'emploi du sel; il eût été tout à fait nul, si, au lieu
de saturer l'eau de chlorure de sodium, je n’en eusse ajouté que le dixième de son poids, comme le prescrivent les Formulaires.
Un autre résultat fort remarquable a été présenté par le cubèbes, c’est que le sel a nui positivement à l'extraction de l’essence ; ces expériences montrent que la fabrication des huiles essentielles mérite une étude toute nouvelle,