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ÉLISION

Si dans le corps d'un vers la dernière syllabe d'un mot se termine par un e muet, et que le mot qui suit commence par une voyelle ou une h non aspirée, Ve muet ne compte pas dans la mesure ; il se confond dans la prononciation avec la première syllabe du mot suivant : il est élidé.

La nuit snivant(e), au mêm(e) instant, mêm(e) aventure.

(Émilb Blbkokt.)

Cet e muet se reconnaît à ce qu'il n'est jamais accentué; il ne faut donc pas le confondre avec Ve final du pronom le, bien que ce pronom ait parfois été élidé :

Condamnez-l(e) à l'amende, ou, s'il le casse, au fouet.

(RàCIHM.)

38 TRAITÉ DE VERSIFICATION FRANÇAiaE.

Chassons-l(e). — Arrière tous, il faut quej'entretienne Cet homme *.

(V. Hdoo.)

Cette élision a le double inconvénient d'être désagréable à l'oreille, et d'être en opposition avec la prononciation correcte du mot; elle devra être rejetée.

Notre ancienne versification admettait aussi l'élision d'autres voyelles finales, surtout de la voyelle i dans les conjonctions si et ni; mais alors on supprimait cet i dans l'orthographe même.

Donc s'un peintre avait peint un beau visage humain.

(Vauqcklik ds la Fresnayr.)

Ronsard allait même plus loin : « Quand tu mangerais 1*0 et Vu pour la nécessité du vers, dit-il, il n'y aurait point de mal, à la mode des Italiens ou plutôt des Grecs, qui se servent des voyelles et des diphtongues comme il leur plaît, selon leur nécessité*. » Mais la versification actuelle, plus sévère, n'admet, en dehors de Ve muet, que les élisions habituelles à la prose et marquées par l'orthographe commune.

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