LiTTRÉ, Dict. de la langue française, III, p
2. La quantité do oui a paru douteuse à quelques métriciens. Des exemples comme celui-ci, tiré de Molière, ou le suivant, fourni par La Fontaine, ont pu faire croire à l'élision de l'e devant oui qui compterait dans ce cas pour doux syllabes :
Qu'on me vienne aujourd'hui Demander : aimez-vous? je répondrais qu(e) oui.
Mais la consonnance fâcheuse que produirait cette élision et qui eût évidemment rebuté l'oreille de ces poètes nous porte à penser qu'il y a là plutôt un hiatus, dont les yeux seuls peuvent être choqués, car l'aspiration du mot oui est évidente pour l'oreille.
De même le mot onze et parfois le mot ouate se comportent en versification comme s'ils s'écrivaient avec une h aspirée :
Vous le voyez sur le Pont-Neuf, Tout barbouillé de jaune d'oeuf, Depuis sept heures jusqu'à onze, Faire la cour au roi de bronze.
(Saint-Amawd.)
Vh initiale d'hier est tantôt aspirée, tantôt muette : Vous le connaissez donc arrivé d'hier au soir
(Th. COBNEILLE.)
Vous l'avez vu, seigneur, dans ces lâches soldais Qui hier même à vos yeux cherchèrent mon trépas.
(iD.)
2° L'hiatus est permis dans les interjections répétées comme oui, oui, eh! eh! ah! ah! euh! euh! etc.
Ah! ah! c'est vous, seigneur Mercure?
(HOLIÊHB.)
Oui, oui, vous me suivrez; n'en doutez nullement.
(Racirs.)
Cette exception est d'autant plus remarquable que les interjections, même précédées de la lettre h, ne sont pas aspirées:
Cher Zachari(e), hé bien ! que nous annoncez-vous?... Hé bien, madam(e), hé bien, il faut vous obéir*.
(Racine.)
3* On admet encore l'emploi de quelques locutions toutes faites qui ne forment à proprement parler qu'un