V. sur l'origine de ce mot, p. IG
2. Abrégé de l'art poétique français. Au surplus ce mot héroïque n'est pas très clair chez Ronsard; il se pourrait qu'il correspondît au mot mythologique.
4 fi TRAITÉ DE VERSIFICATION FRANÇAISE.
Le coude sur un mol et profond oreiller,
La mitre au front, vêtu comme un roi de Lydie;
Mais il rêve; son cœur est plein de mélodie.
Le roulis de son char le berce; et, chaque fois
Qu'il anime du geste ou flatte de la voix
Ses panthères au poil soyeux, souples et fîères,
On voit, sous les longs cils qui frangent ses paupières,
Une grâce divine alanguir ses yeux noirs.
De légères vapeurs montent des encensoirs;
Le cortège retient ses clameurs triomphales.
Et l'on entend frémir doucement les cymbales.
(MAtmici! BoncuoB.)
Le décasyllabe, ou vers de dix syllabes, et Voctosyllabe, ou vers de huit syllabes, ont été particulièrement en faveur au moyen âge ; nos lais primitifs et nos fabliaux sont écrits en vers octosyllabiques ; les chansons de geste du cycle breton sont dans le même mètre, qui se retrouve encore dans le cycle antique. Le cycle carolingien préfère le vers de dix syllabes. La poésie dramatique du moyen âge a recours, elle aussi, parfois au décasyllabe, le plus souvent à l'octosyllabe. Marot et son école firent un usage plus fréquent du premier de ces vers que du second ; mais par contre la Pléiade préféra en général le vers octosyllabique. Depuis le xvii' siècle et le triomphe définitif de l'alexandrin dans presque tous les genres de poésie, ces deux mètres sont plutôt réservés à la poésie légère. Les contes de La Fontaine, les épîtres de Voltaire, la Sylvia et les Trois marches de marbre rose d'Alfred de Musset, ont montré quel heureux emploi en peut faire ce genre de poésie. N'oublions pas que le décasyllabe et l'octosyllabe conviennent très bien à la
poésie lyrique, qui s'en est souvent servi, soit dans les pièces isométriques, soit dans les pièces hétérométriques.
Sur le coteau, là-bas où sont les tombes, Un beau palmier, comme un panache vert. Dresse sa tête, où le soir les colombes Viennent nicher et se mettre à couvert.
Mais le matia elles quittent les branches : Comme un collier qui s'égrène, on les voit S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches, Et se poser plus loin sur quelque toit.
Mon âme est l'arbre où tous les soirs comme elles De blancs essaims de folles visions Tombent des cieux en palpitant des ailes, Pour s'envoler dès les premiers rayons.
('rilKOHlllLK GaL'TIBII.)