‹ Nouveau traité de versification françaiseChapitre 19 sur 81 · VHRS DE HUIT SYLLABES · texte numérisé non relu

VHRS DE HUIT SYLLABES

Applique à tes roseaux dorés, 0 Pan! tes lèvres arrondies, El par d'agrestes mélodies Charme les troupeaux dans les prés ;

Alin que les brebis nouvelles, Dont j'ai fait don àTryphéra, Quand le soir les ramènera, Traînent de pesantes mamelles.

(Frédéric Plessis.)

Les vers de onze syllabes [hendécasxjllahes) et de neuf syllabes [ennéasyllabes) sont d'un rythme difficile à saisir, et leur emploi a toujours été très rare. On trouve

pour la première fois au xvi° siècle des exemples du vers de onze syllabes ; mais les poètes de la Pléiade prétendaient imiter ainsi certains mètres antiques établis sur la quantité, et leurs essais tentés à un tel point de vue ne pouvaient avoir qu'un succès de circonstance.

Le vers de neuf syllabes, d'invention postérieure encore, convient bien à certaines coupes mélodiques ; aussi le rencontre-t- on souvent dans les pièces destinées au chant : c'est ainsi que Molière l'a employé dans ses divertissements et Malherbe dans quelques chansons. Voici un exemple des vers de onze et neuf syllabes combinés :

Oh ! regarde donc les arbres affolés !

On dirait qu'ils sont pris de vertiges;

Les voilà plus souples que des blés Dont la grêle d'août vient flageller les tiges.

(Enuorn) HAHAucoi'nr,)

L'unique tort des vers de neuf et onze syllabes est de trop se rapprocher du décasyllabe et de l'alexandrin, qui nous ont pHés à leur rythme simple et à leur forme symétrique. Cependant ils ont été repris de nos jours avec succès, et il suffirait d'une éducation plus complète de l'oreille pour les faire accepter définitivement*.

Vheptasyllabe, ou vers de sept syllabes, est très cou rantdans notre poésie. Assez fréquemment employé dans les chansons du moyen âge, soit seul, soit avec d'autres vers, il avait été un peu délaissé au commencement du xvi" siècle, lorsque la Pléiade lui donna une vogue nouvelle. Ronsard écrivit une grande partie de ses odes en heptasyllabes. Nous retrouvons cevers chezLaFontaine

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