‹ Nouveau traité de versification françaiseChapitre 34 sur 81 · DE L'ENJAMBEMENT · texte numérisé non relu

DE L'ENJAMBEMENT

L'enjambement, ou rejet, est C empiétement de la fin d'une phrase, dont le commencement se trouve dans un vers, sur une partie du vers qui suit. Ex. :

Mais j'aperçois venir Madame la comtesse De Pimbesche...

(Racirb.)

Les classiques condamnaient l'enjambement, et Boileau fait un mérite à Malherbe d'en avoir purgé la versification*. Cependant ils le toléraient :

1° Dans le style de la comédie et des genres qu'ils tenaient pour inférieurs, la fable, le conte, l'épîtré légère, etc. Ils lui trouvaient même une certaine grâce dans les décasyllabes. La Harpe emprunte quelques enjambements à l'épîtré de Marot, Au Roy, pour avoir esté dérobé, et il conclut ainsi : « Cette coupe est très gracieuse dans cette espèce de vers, pourvu qu'on ne la prodigue pas trop. »

2° Quand le rejet était suivi d'un développement

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