Désire
2. Quelque peu. Dragme se prononçait alors drame. C'est à tort que M. de Banville voit là une assonance.
3. Ainsi nommé parce que les vers y étaient disposés de manière que les plus petits, au lieu d'être placés au milieu de la ligne, commençassent juste au-dessous des plus grands, ce qui, à la rigueur, peut figurer les branches d'un arbre. Voir l'exemple.
anciens genres de poèmes à forme fixe. Il apparaît dès le XII* siècle, avec quelques-uns de ses caractères principaux, dans le Lai du chèvrefeuil attribué à Tristan ; mais c'est au xiv' siècle seulement qu'il se constitue sous sa forme définitive chez Proissart, Guillaume de Machau et Alain Chartier. Le lai admet un nombre indéterminé de couplets, construits chacun sur deux rimes. Le nombre des vers der chaque couplet peut aller de douze à trente-six, suivant Thomas Sibilet, de douze à trente, suivant P. Fabri; au reste, ce chiffre est quelquefois dépassé par Alain Chartier. Les vers généralement employés sont ceux de sept, cinq et trois syllabes combinés au gré du poète, de façon qu'il y ait une rime dominante dans chaque strophe; la première et la dernière strophe doivent présenter les mêmes combinaisons.
Ce poème a été complètement abandonné depuis le xvi^ siècle, et les exemples plus récents qu'on en trouve dans les traités du P. Mourgues et de Richelet paraissent n'avoir été composés que pour servir de démonstration. Encore ne répondent-ils point à la forme généralement adoptée pour ce poème ^ Voici, à titre de
1. L'histoire de ce poème a été bien peu connue jusqu'ici des métriciens. M. de Baaville se borne à citer le lai du père Mourgues et il ajoute qu'on n'a plus guère d'autre exemple sous la main, ce que répètent après lui les autres traités. C'est ainsi que le lai du père Mourgues passe constamment pour le type du lai. D'après M. de Banville, ce poème serait constitué par « une suite de vers féminins de cinq syllabes écrits sur une même rime et séparés de deux en deux par des vers masculins de deux syllabes écrits sur une rime également invariable. » En réalité, les libertés accordées au poète dans le lai étaient autrement étendues. Le père Mourgues que M. de Banville semble avoir plus particulièrement consulte,
curiosité, une sLropKe empruntée au Lay de plaisance d'Alain Charlier :
Plaisance du tout maintient
Et délient
Cil qui se contient,
Et tient gracieusement.
Car tous biens el entretient
Et contient :
A elle appartient
Et en vient gay esbatment.
Ce qu'elle faitluy avient,
Et avient
Que qui la retient
se borne à dire : « II ne paraît pas, que le nombre (des couplets) ait été bien déterminé, non plus que celui des vers de chaque couplet. » Voici, en abrégé, l'histoire du lai, telle que nous avons pu la reconstituer. (Pour plus de détail, on pourra se reporter à notre article sur le Lai, paru dans la Revue de l'enseignement secondaire et supérieur du !<"• février 1890.)
Le mot lai vient-il, comme le voudrait M. Aubertin, des chants bretons primitifs, qui auraient porté le nom de lied ou laoidh? Vient-il plutôt, comme l'indique M. Gaston Paris, de l'ancien saxon lag? Ce qui nous préoccupe plus particulièrement ici, c'est de savoir quelle forme le lai revêtit en passant du celtique ou du saxon au français. Or les lais du xii^ et du xiii» siècle recueillis par M. Francisque Michel sont tous en vers de huit syllabes à rimes plates et n'-offrent aucun rapport avec le poème à forme fixe dont nous nous occupons. Mais ce n'est pas là le seul genre de lais que l'on rencontre aux premiers temps de notre histoire littéraire. Un lai du chèvrefeuil, attribué à Tristan, et qui paraît remonter au xu^ siècle, nous offre déjà une grande ressemblance de rythme avec les compositions plus savantes qui prirent naissance au siècle suivant. On voit apparaître alors les lais de Colin Muset et d'Ernoul leViel, construits sur deux rimes en couplets inégaux de vers d'inégale longueur, et c'est ce second genre de poème, bien différent au point de vue rytlmiique des lais recueillis par M, Fran-
YEUSIUCAriON 10
146 THÂÎTÉ r/É VERSIFICATION FRANÇAISE.
Devient plaisant, doulx et gent.
Les vieux envie soustient,
Contretient.
Cil qui en souvient
Parvient à honneur souvent.