‹ Nouveau traité de versification françaiseChapitre 56 sur 81 · Citer quelques vers renfermant des hiatus autorisés · texte numérisé non relu

Citer quelques vers renfermant des hiatus autorisés

8. Distinguer dans les vers suivants les rimes masculines et féminines. En donner les règles.

La Mort.

La Mort, reine du monde, assembla, certain jour,

Dans les enfers, toute sa cour :

Elle voulait choisir un bon premier ministre Qui rendît ses États encor plus florissants.

Pour remplir cet emploi sinistre, Du fond du noir Tartare avancent à pas lents

La Fièvre, la Goutte et la Guerre.

C'étaient trois sujets excellents :

Tout l'enfer et toute la terre

Rendaient justice à leurs talents.

La Mort leur fit accueil. La Peste vint ensuite. On ne pouvait nier qu'elle n'eût d» mi'rite :

Nul n'osait lui rien disputer, Lorsque d'un Médecin arriva la visite Et l'on ne sut alors qui devait l'emporter;

La Mort même était en balance.

Mais, les Vices étant venus, Dès ce moment la Mort n'hésita plus :

Elle choisit l'Intempérance.

(Flobian.)

9. Qu'y a-t-il à signaler dans les rimes suivantes ? Remarques de versification sur les voyelles soulignées.

Au doux printemps que tous arbres fleurissent, Souef odorants aux plaisants jours de may, Et des boutons toutes belles fleurs yssent, Joyeux d'esprit et laissant tout esmay, ' Sur les verts champs tant beaux je cheminay En contemplant la divine puissance.

Mais Dieu louer, si de luy chemin n'ay Et sa grâce, las ! je ne puis sans ce.

A Dieu donques, duquel tout bien procède, Humble à genoux de bon cueur je supplie Qu'à raoy pécheur de sa grâce il concède Que mon onxvre soit par lui accomplie Et d'uti/es enseignements remplie.

(J. JOUKT.)

Paix heureuse, fille du Dieu des cieux, Engendrée au throne glorieux.

(Alain CnAHTiisn.)

Et se as papier ou encre teinte en voye Réplique à ce que ouan CréLin t'envoye.

(G. Crétin.)

10. An quoi la disposition des rimes suivantes s'écarte-t-elle de V usage?

0 tige heureux que la sage déesse En sa tutelle et garde a voulu prendre, Pour faire honneur à son sacré autel ! Orne mon chef, donne-moi hai diesse De te chanter qui espère te rendre Egal un jour au laurier immortel.

(J. DD BeM.AY.)

Sur l'Océan ténébreux.

Dans ma barque de saphir.

Souvent nous partons tous deux Pour le royaume d'Ophir.

La barque bleue et divine, Sans gouvernail et sans rames, Marche au but qu'elle devine Et vole à travers les lames.

(Alber Jhouney.)

J'ai gagné les hauteurs qu'imprègne le santal, Avec l'espoir de voir rentrer les exilées, Fou du rêve de voir luire, à l'horizon pâle, Le casque de Pallas ou le front d'Astarté.

Des fleurs naissaient. Mais le blond cortège fatal Des beaux visages ceints de roses constellées, Les talons chaussés d'or, les doigts bagués d'opale Les flancs divins, rien n'est, hélas! ressuscité.

(Febnand Mazadb.)

1 1 . Indiquer quelles sont les rimes riches, suffisantes et faibles dans les vers suivants. Signaler les particularités de toute sorte qui "pourraient se trouver à la rime.

Salut, ô belle nuit, étincelante et sombre.

Consacrée au repos. 0 silence de l'ombre,

Qui n'entends que la voix de mes vers, et les cris

De la rive aréneuse où se brise Tétliys !

Muse, muse nocturne, apporte-moi ma lyre;

Comme un fier météore, en ton brûlant délire.

Lance-toi dans l'espace; et pour franchir les airs.

Prends les ailes des vents, les ailes des éclairs,

Les bonds de la comète aux longs cheveux de flamme.

Mes vers impatients, élancés de mon àme.

Veulent parler aux dieux, et volent où reluit

L'enthousiasme errant, fils de la belle nuit.

Accours, grande nature, ô mère du génie ;

Accours, reine du monde, éternelle Uranie,

Soit que tes pas divins sur l'astre du Lion

Ou sur les triples feux du superbe Orion

Marchent, ou soit qu'au loin, fugitive, emportée,

Tu suives les détours de la voie argentée.

Soleils amoncelés dans le céleste azur,

Où le peuple a cru voir les traces d'un lait pur,

Descends ; non, porte-moi sur ta route brûlante, Que je m'élève au ciel comme une flamme ardente 1

(ANDRÉ ChÉNIER.)

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