‹ Nouveau traité de versification françaiseChapitre 57 sur 81 · Qu^y a-t'il à dire sur ces rimes · texte numérisé non relu

Qu^y a-t'il à dire sur ces rimes

... On chante que Vénus Naquit d'écume blanche entre vos flots chenus...

... Aussi les autres boucs Ont crainte de sa corne et le révèrent tous... Son sceptre abandoimant, sa couronne et son isle. Pour le récompenser lui accorda sa. fille...

(Ronsard.)

Qu'il s'en prenne à sa muse allemande en français; Mais laissons Chapelain pour la dernière fois... Combien pour quelques mois ont vu fleurir leur livre Dont les vers en paquet se vendent à la livre... Ce discours te surprend, docteur, je raperçoi; L'homme de la nature est le chef et le roi... L'honneur et la vertu n'osèrent plus paroître; La piélé chercha le désert et le cloître...

(BoiLEAC.)

Ces fers dont les anneaux tout rouilles sur nos membres

Ont rivé Jésus-Christ à chacun de ses membres...

Ces voix que les tyrans ne peuvent étouffer

Ne vous demandent pas des discours, mais du fer...

Et lui montre du doigt, sur la muraille écrit :

« Béni soit l'étranger qui vient au nom du Christ! «

(Lamartine.)

Vous semblez avec eux avoir fait la gageure D'égaler leur lumière et leur lustre en injure... Droit de manger du bœuf, droit de manger du porc, Exorcismes, tonlieux, mortuaire, déport... Puisque autour du sommet superbe tout s'éteint, Puisque la bête brute en son auguste instinct...

(Victor Hogo.)

iG8 TRAITÉ DE VERSIFICATIOIV FRANÇAISE.

Il n'eut pas craint non plus que sa faveur trahie Eut fait du cardinal rayer son abbaye...

(A. DE MuSSKT.)

C'estune vieille ruse. — Oui, monsieur, vieille et bonne Et qui peut réussir encore cet automne.

(Emile Adgibb.)

L'étang, sous le soleil de juin tombant d'aplomb, Est comme recouvert par un voile de plomb .

(Amédée Pigeon.)

Est-ce toi dont le cœur de nain rit et soupire, Ami de Prospère qu'apprivoisa Shakespeare?

(Emile Blkmoxt.)

Or, avant notre exil, là-bas, en Israël, J'ai prêté dix talents à certain Gabaël... Tu seras bien ma femme et je Vemmèncrai Vers la chère maison dont le seuil m'est sacré.. . Vous êtes les aimés du Seigneur iésus-Christ. Bienheureux, dira-t-il, les pauvres en esprit !

(Maubice BoncHOR.)

Parfois, dans le brouillard chantant delà forêt, Une fée illusoire éclôt et disparaît.

(Pierre (jdillard.)

13. Diviser lea vers suivants en périodes présentant un système complet de rimes, et dire le nom de chacun di ces si/stèmes. Faire quelques 7'emarques sur le rapport de i arrêt du sens avec la disposition des rimes.

Je ne crois pas que sur la terre Il soit un lieu d'arbres planté Plus célébré, plus visité, Mieux fait, plusjoli, mieux hanté, Mieux exercé dans l'art de plaire.

Plus examiné, plus vanté,

Plus décrit, plus lu, plus chanté.

Que l'ennuyeux parc de Versailles.

0 dieux! ô bergers! ô rocailles !

Vieux satyres, Termes grognons, Vieux petits ifs en rangs d'oignons, 0 bassins, quinconces, charmilles !

Boulingrins pleins de majesté.

Où les dimanches, tout l'été.

Bâillent tant d'honnêtes familles!

Fantômes d'empereurs romains, Pâles nymphes inanimées, Qui tendez aux passants les mains.

Par des jets d'eau tout enrhumées !

Tourniquets d'aimables buissons, Bosquets tondus où les fauvettes Cherchent en pleurant leurs chansons, Où les dieux fout tant de façons Pour vivre à sec dans leurs cuvettes ! 0 marronniers ! n'ayez pas peur ; Que votre feuillage immobile, Me sachant versificateur, N'en demeure pas moins tranquille.

(A. DE Musset.)

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