‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 111 · SUITE DE LA MORT DE JÉSUS-CHRIST; SA RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

SUITE DE LA MORT DE JÉSUS-CHRIST; SA RÉSURRECTION

Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts.

ARTICLE PREMIER

Est descendu aux enfers

Jésus-Christ étant mort, son âme descendit aux limbes, c’est-à-dire dans le lieu où reposaient les âmes des patriarches et des saints qui étaient morts depuis le commencement du monde. Ces âmes saintes aimaient et glorifiaient Dieu dans l’attente du divin Libérateur, mais elles n'étaient point admises dans le ciel, parce que l’entrée en avait été fermée par le péché de nos premiers parents, et qu’elle ne devait leur être ouverte que par la mort et la résurrection de Jésus-Christ. A la présence de l’âme sainte de Jésus-Christ, unie à sa divinité, les âmes justes commencèrent à jouir du bonheur qu’elles désiraient avec tant d’ardeur; cependant elles ne montèrent dans le ciel que le jour de l’Ascension, parce qu'il était convenable que Celui qui par sa mort en 8 ouvert les portes, y entrât le premier; ce fut donc en

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ee jour qu’elles y entrèrent avec lui, pour honorer son triomphe, et y jouir à jamais du fruit de leurs travaux.

Hisroire. — « Lorsque vous vous préparez à la sainte communion, disait à ses disciples un saint personnage, tâchez d'entrer dans les dispositions des saintes âmes qui depuis

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édempteur. Qui pourrait exprimerela joie qu’elles ressentirent lorsque pour la première fois elles virent l’âme et la divinité de cet auguste Libérateur! Avec quels transports se prosternèrent-elles pour lui rendre leurs hommages et le remercier de la satisfaction qu’il venait d’offrir pour elles, et de la grâce qu’il leur accordait en se communiquant ainsi à elles! Elles ne furent plus occupées que de lui. Renoncez de même à toute autre affection, et attachez-vous uniquement à lui pour le temps et pour l'éternité.»

Exærotces. — 1. Qu’entendez-vous par les limbes?—2, Quel était l'état des âmes qui y reposaient ?—3. Quand entrèrent-elles dans le ciel?

ARTICLE IL

Le troisième jour est ressuscité des morts.

Le matin du jour du Subbat (samedi), les Juifs allèrent trouver Pilate, et, lui rapportant ce que Jésus- Christ avait dit de sa résurrection, ils le prièrent de faire garder le sépulcre, de peur que les disciples n’enlevassent le corps de leur maître, et ne publiassent ensuite qu’il était ressuscité: Pilate leur permit de s'assurer du sépulcre: Vous avez des gardes, leur dit-il, allez, faites-le garder comme vous l'entendrez.

Les princes des prêtres ayant donc fait visiter le corps de Jésus-Christ et fait sceller la pierre qui fermait l’entrée du sépulcre, y mirent leurs gardes. Ainsi la Providence disposait-elle les choses pour rendre la mort et la résurrection de Jésus-Christ plus assurées et plus authentiques, par les précautions mêmes que prirent ses ennemis pour empêcher toute tromperie. Si le corps de Jésus-Christ n’avait pas été visité dans le tombeau

lus de vingt-quatre heures après y avoir été déposé, les Juifs auraient pu dire qu’il n'était pas mort; s'ils

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n'y avaient pas mis leurs propres gardes, ils auraient pu accuser les Apôtres d’avoir gagné les soldats romains pour enlever le corps du Sauveur.

Cependant, le premier jour de la semaine, Jésus- Christ étant ressuscité, c’est-à-dire ayant réuni son âme à son corps, sortit glorieux du sépulcre; un Ange descendit du ciel, renversa la pierre qui fermait le sépulcre et s’assit dessus. Les gardes en furent tellement épouvantés, qu’ils devinrent comme morts. Ils allèrent ensuite annoncer cette nouvelle aux princes des prêtres, qui leur promirent de grosses sommes d'argent afin de les engager à publier que, pendant leur sommeil, les disciples du Sauveur avaient enlevé son corps, leur promettant de les tirer d’affaire si le gouverneur entreprenait de les inquiéter. Cependant Marie-Madeleine, qui ignorait ce qui s'était passé, et ne sachant pas même que le sépulcre avait été gardé, partit de Jérusalem avec plusieurs autres saintes femmes pour aller embaumer le corps de leur maître. Arrivées au jardin, elles virent le sépulere ouvert, et aussitôt Marie-Madeleine courut en avertir les Apôtres. Saint Pierre et saint ‘ Jean y coururent, et n’y trouvant que les linges dont on s’était servi pour ensevelir le corps, ils s’en retournèrent, admirant ce qui était arrivé, mais ne croyant pas encore que Jésus-Christ fût ressuscité.

Madeleine, revenue seule au sépulcre, vit d’abord un Ange qui l’assura que Jésus-Christ était ressuscité, et peu après elle vit le Seigneur lui-même, qui lui ordonna d'aller en avertir les disciples; et, pendant qu’elle y allait, Jésus-Christ se fit voir aux autres saintes femmes restées en arrière dans le jardin. Le même jour il se fit voir à deux disciples qui allaient à Emmaüs; ceux-ci s'étant empressés de retourner sur leurs pas pour avertir les Apôtres de ce qui leur était arrivé, les trouvèrent réunis dans le Cénacle, conférant sur la résurrection de Jésus-Christ, et assurant qu’il avait apparu à saint Pierre. Aussitôt Jésus-Christ se présenta à eux, leur parla longtemps, et leur reprocha l’incrédulité qu’ils avaient temoignée en refusant de croire ceux qui les avaient assurés de sa résurrection. Thomas, qui n’était pas avec eux, refusa de les croire; mais, huit jours

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après, Jésus-Christ leur apparut de nouveau, et, s’adressant à Thomas, lui dit de s'approcher de lui et de mettre sa main dans la plaie de son côté et les doigts dans les trous de ses mains. Le disciple convaincu s'éeria: « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieul» C'est ainsi que pendant quarante jours Jésus-Christ apparut à ses Apôtres et à ses disciples réunis plusieurs fois en grand nombre, leur parla, mangea avec eux, leur rappela ce qu’il leur avait appris avant sa mort, les instruisit sur l'établissement de son Eglise, fit des miracles en leur présence, et les convainquit ainsi de la vérité de sa résurrection.

Hisroire. — Jonas est une figure des plus sensibles de la résurrection du Sauveur. Ce prophète reçoit l’ordre d’aller prêcher la pénitence aux Ninivites; mais, craignant que ces peuples DRE ne le fissent mourir, il s’embarqua pour 'arse. Le Seigneur, indigné de cette désobéissance, permet qu’une furieuse tempête s'élève sur la mer. Les matelots, effrayés et croyant apercevoir quelque chose de surnaturel dans cet accident, jugent que le Ciel poursuit quelque coupable ; ils jettent le sort, et il tombe sur Jonas. Reconnaissant son tort, il consent à être jeté dans la mer, et il exhorte luimême les matelots à le sacrifier pour sauver l'équipage. Ils raie à regret, et aussitôt la tempête s’apaise; mais e Seigneur, qui voulait tout à la fois conserver le prophète et figurer le mystère de la Résurrection du Sauveur, permit qu'un monstre marin l’engloutît dans son sein, Au bout de trois jours il le vomit sur Te sable sans lui avoir fait aucun mal. Alors ce prophète, instruit par sa propre expérience, accomplit sa mission et convertit Ninive. Jésus-Christ luimême nous assure que Jonas, dans la baleine, fut la figure de son corps mis en terre et ressuscité le troisième jour. David avait aussi annoncé ce mystère en disant au nom du Messie: « Vous ne permettrez pas que votre Saint éprouve la corruption du tombeau.»

Exercices.— 1. Quelles précautions les Juifs prirent-ils pour empêcher les disciples d'enlever le corps de Jésus-Christ ?— 2. Comment Jésus-Christ ressuscita-t-il?—3. Que trouvèrent Madeleine et les saintes femmes dans le sépulcre ?—4. A qui Jésus-Christ apparut-il?—5. Que fit Jésus-Christ pendant les quarante jours qu’il passa sur la terre après sa résurrection ?

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ARTICLE Ill.

Preuves de la Résurrection de N.-S. Jésus-Christ.

La résurrection de N.-S. Jésus-Christ étant le principal fondement de notre sainte Religion, Dieu a voulu que ce fondement fût inébranlable. Aussi cette vérité at-elle le plus grand degré de certitude qu'il soit possible de désirer. La mauvaise foi seule, ou un aveuglement volontaire, pourrait résister au témoignage des Apôtres, qui, en prêéchant ce grand mystère, n'ont pu ni se tromper, ni nous tromper.

Ils n’ont pu être trompés; autrement il faudrait dire

ue tous les disciples ensemble se sont imaginé voir Jésus-Christ, l'entendre, le toucher, manger et s’entretenir avec lui, et cela pendant quarante jours; qu’ils se sont imaginé apprendre de sa bouche plusieurs choses nouvelles et importantes sur la prédication de l'Evangile, sur l'établissement et le gouvernement des églises, sur l'administration des sacrements, tandis qu'ils ne voyaient et n’entendaient rien. On sent quelle absurdité il y aurait dans une telle supposition. On peut, à la vérité, se tromper sur une opinion; mais se tromper sur un fait sensible et palpable; mais s'imaginer voir pendant quarante jours ce que l’on ne voit pas, s'imaginer entendre ce que lon n’entend pas, toucher un homme que l’on ne touche pas, manger avec lui quand on n’y mange pas, c’est ce que l’on ne saurait supposer sérieusement, surtout lorsque ce n’est pas seulement une personne, mais plus de cinq cents personnes qui seraient dans cette illusion pendant un si long espace de temps. Il est donc impossible que les disciples de Jésus-Christ aient été trompés sur le fait de la résurrection.

On ne peut pas non plus supposer qu'ils aient voulu nous tromper, qu’ils aient publié cette résurrection sans en être eux-mêmes persuadés. (C’est au milieu de Jérusalem qu’ils annoncent la résurrection de Jésus-Christ; c’est le cinquantième jour après sa mort, dans un temps où il eût été facile de les con-

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