DU NEUVIÈME COMMANDEMENT
Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain.
L'œuvre de chair ne désireras, Qu'en mariage seulement.
Dieu, après avoir défendu, par le sixième Commandoment, toutes les actions extérieures de l'impureté, en défend, par le neuvième, tous les désirs et toutes les pensées. Ne croyons pas qu'il suffise, pour accomplir la Loi de Dieu sous ce rapport, de s'abstenir des actions crimielles. Non, cela ne suffit pas: le désir seul est u crime. Dieu, qui sonde les cœurs et les reins, ne se contente pas d’une pureté extérieure, il veut que notre cœur soit pur; il ne permet pas de désirer ce qu’il défend de faire. La pensée même du mal nous rend coupables à ses yeux quand elle est délibérée et consentie, c'est-X-dire quand on s’y arrête avec réflexion et qu'on
rend plaisir à s’en occuper. «Les mauvaises pensées, « dit l'Écriture, séparent de Dieu.» Elles donnent donc la mort à notre âme, si l’on n’a pas soin d’en détourner son esprit, et de les rejeter aussitôt qu’on s’en aperçoit.
Ainsi la loi de Dieu va jusqu’à la racine du mal: elle l’'étouffe dans son principe. L'expérience prouve qu’on n’en vient pas tout d’un coup à des actions criminelles; ce n’est que par degrés qu’on s’y abandonne. Le mal commence par une pensée que l'on écoute, à laquelle on s'arrête volontairement; de la pensée naît le désir,
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