‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 72 sur 111 · CHAPITRE XIL COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE

L'Eglise a le pouvoir de faire des commandements, et nous sommes obligés de lui obéir, parce que, conduite par l'Esprit saint, elle nous parle de sa part. Dieu ne regarde comme ses enfants que ceux qui la respectent ecme leur mère. ‘Üe pouvoir réside dans les premiers pasteurs établis pour nous gouverne:, c’est-à-dire d le Pape et les Evêques; c'est d'eux que Notre-Seigié a dit: « Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me « méprise» et ailleurs: « Si quelqu'un n’écoute pas l’E- « glisse, regardez-le come un païen et un publicain.»

L'Eglise a toujours fait usage de ce pouvoir, qu’elle

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allant de ville en ville, en prescrivait l'observation dans les Eglises, et He les premiers fidèles les recevaient avec beaucoup de joie.

Nous devons donc u respeoter nous-mêmes. Ce serait désobéir à Dieu que de ne pas se soumettre à ceux qui nous gouvernent en son nom.

Il y a six Commandements de l'Eglise, que tous les fidèles catholiques sont obligés d'observer avec exactitude : on les expliquera dans les articles suivants.

Hisrorres. — Un des porte d’un homme qu’on accusait de prévention contre les décisions du Saint-Siége, lui dit un jour : « Donnez-moi un bon conseil : quel parti dois-je prendre? « faut-il penser comme le Pape? dois-je penser comme vous ?» J Jui répondit: « Tenez-vous fortement au tronc de l'arbre, « et ne vous en séparez jamais.» Lasausss.

— Dieu ne nous damnera pas, disait un mauvais chrétien, si nous observons ses Commandements, quand même nous mettrions de côté ceux de l'Eglise. Une personne |]. i répondit: « Je n’ai vu aucun de ceux qni méprisent les Commarnie de l'Eglise, observer fidèlement les Commanderments de Dieu.»

Et par là même que l’on désobéit à l'Eglise, n’enfreint-on pas déjà un Commandement de Dieu ? Lasavsse.

Exeecices. — 1. L'Eglise a-t-elle le pouvoir de faire des Commandements, et sommes-nous obligés de lui obéir ?—2. L'Eglise a-t-elle toujours usé de ce pouvoir ?—8. Combien y a-t-il de Commandements de l'Eglise ?

ARTICLE PREMIER

Du p: :mier Commandement de l'Eglise.

Les fêtes tu sanctifieras qui te sont de commandement.

e premier Commandement de l'Eglise nous oblige

À sanctifier les fêtes qu’elle a instituées, en nous abste-

nant des œuvres serviles et en nous appliquant à des œuvres de piété et de religion.

Quelques-unes de ces fêtes ont été établies pour

célébrer les mystères de Notre-Seigneur, son Incar-

nation, sa Naissance temporelle, sa Circoncision, sa

Manifestation aux Gentils, sa Présentation au Tempie,

sa Résurrection, et son Ascension dans le ciel, la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres et le mystère de la divine Eucharistie. (Ces mystères étant la source de toutes les grâces ge Dieu nous accorde, et du salut que nous attendons, leur souvenir doit exciter en nous pis sentiments de reconnaissance, d’adoration, de confiance, et nous animer à en recueillir les fruits par un accroissement de foi, d'espérance et de charité. |

Les autres fêtes sont destinées à honorer, dans la très-sainte Vierge et les Saints, les grâces dont Dieu les a comblés, et la gloire dont il les a couronnés. On y rapporte leurs principales vertus, et nous nous enconrageons à les imiter par la vue du bonheur ineffable que en est la récompense. En même temps, pénétrés u sentiment de notre faiblesse, dont une expérience continuelle nous avertit, nous les prions d'employer pour nous leur crédit auprès de Dieu, et de nous obtenir, par les mérites de notre commun Médiateur, la grâce de marcher sur leurs traces, afin d'arriver à l’éternelle félicité dont ils jouissent.

Voilà pourquoi cnaque année l'Eglise nous remet sous les yeux les bienfaits de Dieu et les exemples des Saints.

Dans l’ancienne Loi, Dieu avait prescrit aux Israélites un certain nombre de fêtes pour perpétuer la mémoire des merveilles qu’il avait opérées en leur faveur. C’est sur ce divin modèle que les fêtes de l'Eglise chrétienne ont été instituées, afin d’honorer Dieu, d’instruire les fidèles et de nourrir leur piété. La majesté des divins offices, les lectures qu’on y entend, les saints cantiques dont les temples retentissent nous transportent en esprit aux temps et aux lieux où les mystères ont été accomplis; et nous y adorons Jésus-Christ comme si ces mystères s’accomplissaient actuellement sous nos yeux. Ces grands objets, ainsi rendus présents à notre foi et secondés des instructions et des exhortations des pasteurs, augmentent la ferveur et la piété.

“ C’est d’ailleurs une occasion pour les plus simples d’entre les fidèles et pour les enfants mêmes, de s’instruire du sujet de la fête et d’en apprendre l’histoire. L'Eglise ordonne aux pasteurs de l’enseigner aux peuples qui leur sont confiés; elle veut que les pères et les

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mères en instruisent leurs enfants. C'est ce que Dieux

avait prescrit lui-même aux Israélites : après avoir commundé d’immoler Chaque année YA

célébrer la fête des Azymes, il leu « Quand vos enfants, dit-il, vous

lui demar£er la grâce d’en profiter. Nous devons nous les vertus qui ont éclaté dans les Saints q''olle houore, afin d’avoir part un jour au bor-

heur éternel dont ils jouissent. Nous dr-ons les prier d’intercéder pour nous auprès de Die:: »; de nous obte-. nir les secours dont nous avons bescin.

Hisrorre. — L'impie Nicanor ayant pris la résolution de combattre les Juifs un jour de Sabbat un certain nombre d’autres Juifs que la nécessité avait retenus dans son armée, lui représentèrent qu’il n’était pas convenable de livrer bataille un jour consacré à Dieu. ë

et homme, enflé de sa vaine grandeur, répondit: « Y ai] un Dieu puissant dans le ciel

« qui ordonne de célébrer le Jour du Sabbat ?—G ai, dirent ces « Juifs avec modestie, c’est le Dieu vivant, le puissant Maître

« du ciel.—h bien! répondit l’orgueilleux ICanor, moi qui «suis puissant sur la terre. :

EXERCICES, — 1, Que nous ordonne le premier commäindement de l'Eglise ?—2, Comment divise-t-on les fêtes que l'Eglise a instituées ?—3, Quels sentiments doivent nous inspirer les fêtes établies pour honorer les mystères de N otre-Seigneur ?—4, Pourquoi des fêtes en l'honneur des Saints ?—5. Sur quel modèle l'Eglise :.-t-elle institué ses fêtes ?—6. Que faut-il faire pour sanctifier les fêtes instituées par l'Eglise ?

ARTICLE II

Second Commandement.

Les Dimanches Messe ouires, et les Fôtes Pareillement.

De toutes les œuvres de piété par lesquelles on dort

sanotifier les Dimanches et les Fêtes, la principale, la plus indispensable, c’est d'entendre la Messe, et Eglise en a fait un commandement exprès. Le sacrifice est l’action la plus sainte de la Religion, et celle qui rend à Dieu l'honneur le plus parfait; l'obligation d’y assister tous les jours spécialement consacrés à son cuite est aussi ancienne que l'Eglise. Nous lisons dans les Actes des Apôtres que le premier jour de la semaine, qui est le Dimanche, les fidèles s’assemblaient pour la fraction du pain, c’est-à-dire pour offrir la Victime sainte et y participer.

La Messe de paroisse, où le pasteur offre le saint Sacrifice au milieu de son peuple réuni, est une imitation fidèle de ce qui était observé parmi les premiers Chrétiens; et c'est à cette Messe, célébrée par le pas- Iteur, qu’il convient que les fidèles assistent autant qu'ils le peuvent. Dans les premiers siècles de l'Eglise, l’évêque présidait en personne la grande assemblée des fidèles de son diocèse. Dans la suite, lorsque les Chrétiens se furent multipliés, chaque diocèse fut partagé en différentes paroisses, où l’évêque envoyait des prétres pour les gouverner sous son autorité, pour y instruire les fidèles, célébrer le saint Sacrifice, et administrer les Sacrements. Depuis cet établissement, chaque paroisse est une famille dont le curé est le chef et le père: n'est-il pas dans l’ordre que tous ceux qui la composent se rassemblent avec leur chef pour rendre x Dieu le culte solennel de l’adoration et du sacrifice ?

La Messe de paroisse se dit pour tous les fidèles réunis sous un même pasteur, et en leur nom; il est donc trèsconvenable qu’ils s'unissent à lui dans cette auguste fonction et qu’ils entendent sa voix. Les instructions qu'on y fait s'adressent à eux; elles sont plus proportionnées à leurs besoins, que le pasteur connaît mieux, que celles qui se font ailleurs: elles sont donc plus utiles.

Pour satisfaire à ce précepte, il faut entendre la Messe tout entière: on ne remplirait pas cette obligation si l’on arrivait la Messe étant déj} avancée, ou qu’on sortît avant qu’elle fût finie. Il faut l'entendre avec attention, avec respect et avec piété, ne se contentant pas d’être

présent de corps seulement. Se distraire volontairement,

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proïener ses regards de tous côtés, se permettre dés! entretiens, ce n’est pas entendre la Messe ni remplir le précepte de l'Eglise ; c’est outrager Jésus-Christ, c’est renouveler les opprobres du Calvaire, c’est déshonorer la Religion. Il faut done s'appliquer à la prière pendant tout le temps de la sainte Messe, en se servant, soit d’un livre, soit d'un chapelet, ou de ‘out autre moyen qui puisse maintenir l’attention.

[1 ne suffit pas au pieux fidèle d'assister à la Messe les saints jours de fête et de dimanche, il assiste en: core, autant qu'il lui est possible, aux instructions et autres exercices qui se font à l’église; il fait quelque bonne lecture, vaque à quelques bonnes œuvres. L’Eglise, il est vrai, n’a fait de précepte absolu que pour l'assistance à la sainte Messe, mais la piété demande quelque chose au delà du strict précepte.

Hisroire, — Les persécutions mêmes n°em êchaient pas les Chrétiens de célébrer les Fêtes de l’Eglise. Une vierge chrétienne nommée Anysie se rendait À l’assemblée des fidèles, lorsqu'un garde de l’empereur Dioclétien, l’a ercevant, fut frappé de sa modestie. Il alla au-devant d'e le et lui dit: « Demeure 1à: où vas-tu ?» Anysie, craignant à ce ton qu’il ne l’insultât, fit sur son front le signe de la Croix pour obtenir de Dieu la grâce de résister à la tentation. Le soldat se trouva offensé À ce qu’elle ne répondait que par un tel signe à la question qu’il lui faisait. Il mit la main sur elle, et lui dit avec colère : « Réponds ; qui es-tu ? où vas-tu?» Elle répondit courageusement : « Je suis servante de Jésus-Christ, et «je vais à l’assemhlée du Seigneur.—Je t’empêcherai bien « d'y aller ; je t’'emmènerai sacrifier aux dieux: nous adorons «aujourd’hui le Soleil, tu l’adoreras avec nous» Il lui arracha en même temps le voile dont son visage était couvert. Anysie tâcha de l’en empêcher, et lui soufflant au visage, elle lui dit: « Va, misérable, Jésus-Christ te punira!” Le soldat devint alors si furieux, qu’il tira son épée et l’enfonça dans le cœur de la vierge chrétienne, Elle tomba baignée dans son sang, mais son âme fut couronnée de que dans le ciel.

LEURY, Hist. ecclés.

Exercices. — 1, À quoi nous oblige ie deuxième commandement de l'Eglise ?—2, À quelle Messe convient-il surtout d’assister ?—8, Pourquoi faut-il s’efforcer d'assister à la Messe de Paroisse ?—4, Comment faut-il entendre la Messe pour remplir

— 186 — | l'obligstion que nous impose l'Eglise ?—65. Quand on veut bieñ

sanctifier le Dimanche, faut-il se contenter d'assister au saint Sacrifice ? *

ARTICLE III

Troisième Commandement.

Tous tes péchés confesseras au moins une fois l'an.

Par ce Commandement, l'Eglise ordonne deux choses: la première est de se confesser au moins une fois l’aunée, quand on est parvenu à l’âge de raison, c’està-dire lorsqu'on est capable de discerner le bien d'avec le mal; la seconde est de se confesser à son propre pasteur. Elle a voulu, par ce sage règlement, remédier à deux abus: et d’abord elle a voulu mettre des bornes à la négligence des mauvais Chrétiens, qui passaient plusieurs années sans s'approcher du tribunal de la pénitence, et qui croupissaient dans leurs habitudes criminelles. En second lieu, elle a voulu prévenir l'abus où tombaient ceux qui s'adressaient à des prêtres étrangers dont ils n'étaient point connus, pour en obtenir plus facilement l’absolution sans être obligés de renoncer à leurs péchés et de changer de vie.

Pour accomplir le précepte de l'Eglise, nous devons donc nous présenter au moins une fois l’année au tribunal de la pénitence, et faire l’humble aveu de nos fautes à notre proper pasteur, ou, avec sa permission, à un prêtre approuvé.

Quoique l'Eglise, par condescendance, n’exige qu’une seule confession par an, pour ne pas rebuter ceux à qui ce devoir paraît pénible et diflicile, cependant elle désire qu'on y ait recours beaucoup plus souvent, ce qu’elle témoigne assez par ces mots au moins, qu'elle a ajoutés. Ainsi, quoiqu'il sufiise absolument, pour ne pas transgresser le précepte de l'Eglise, de se confesser une fois dans l’année, ce n’est pas assez pour répondre à son intention et pour remplir son désir, surtout quand on a eu le malheur de tomber dans queique péché mortel. Dieu oblige tous ceux qui se sentent coupables de ne pas différer de se convertir à lui; il faut done

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