DU PÉCHÉ
Le Péché, qui est une désobéissance à la loi de Dieu, est de tous les maux le plus grand, puisqu'il offense Dieu, qui est souverainement bon. C’est encore une ingratitude monstrueuse: car nous offensons un Dieu qui nous a créés, qui nous corserve et nous comble de biens tous les jours. Le pécheur est un enfant chéri qui ontrage un bou père: quelle noirceur! Pour comprendre encore mieux l’énormité du péché, considérons ce qu'il en a coûté à Jésus-Christ pour l’expier, cotte pensée est bien capable de nous en faire concevoir une. vive borreur. Voyons aussi les châtiments terribles dont Dieu penis le péché: tous les maux répandus sur la terre, les misères de la vie, les maladies, la mort, sont les suites funestes d’un seul péché, du péché de notre premier père.
Il y a deux sortes de péchés, le péché originel et le péché actuel. Le péché originel est celui que nous apportons en naissant. Tous les hommes, excepté la trèssainte Vierge, ont été souillés de ce péché. Le péché actuel est celui que nous commettons par notre propre volonté, ayant l’usage de la raison. On commet le péché actuel en quatre manières: par pensées et désirs, par paroles, par actions et par omissions. La loi de Dieu ne défend pas seulement l’action mauvaise, elle en défend aussi la pensée et le désir; elle n'arrête pas seulement la main et la langue, elle règle encore l’esprit et le cœur ; c'est dans le cœur que commence la désobéissance; le cœur est la source du péché, les paroles et les actions n'en sont que les effets extérivurs.
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tel et le pêché véniel. Un péché est mortel quand la matière est considérable, et qu’on le commet avec un parfait consentement. Le péché véniel est celui dont la matière est légère, ou, si la matière est grave, qui n’est pas commis avec un plein consentement.
Le péché mortel est le plus grand de tous les maux. Il ncus fait perdre la grâce sanctifiante et le droit à l’héritage céleste ; il donne la mort à l’âme en la séparant de Dieu, qui est sa vie, comme l’âme est la vie du corps; il nous rend dignes de la damnation éternelle. Quand on a le malheur de commettre un péché mortel, on devient l’esclave du démon, l’ennemi de Dieu, l’objet de sa haine et de ses vengeances éternelles. Peut-il y avoir un mal comparable à celui-là ? Quelle horreur ne devons-nous pas avoir de ce péché! avec quel soin ne devons-nous pas l’éviter! Non, il n’y
a rien que l’on ne doive être disposé à souffrir plutôt :
que de commettre un seul péché mortel. Il faut fuir le péché comme on fuirait un serpent. Or, si l’on rencontrait un serpent, et que l’on eût lieu de craindre d’en être dévoré, avec quel empressement ne s’en éloignerait-on pas! La frayeur ne ferait-elle pas prendre aussitôt la fuite, et ne craindrait-on pas que cette fuite ne
fût pas assez prompte? Eh bien ! faisons du moins pour
sauver notre âme ce que nous ferions pour la conservation ge notre corps. Si par malheur on se rendait coupable. d’un péché mortel, il faudrait tout de suite s’en repentir, prononcer souvent, et du fond du cœur, des actes de contrition et d'amour de Dieu, et se préparer à se confesser le plus tôt possible.
Evitons même avec le plus grand soin les péchés véniels, c’est-à-dire ceux qui n’ôtent pas la grâce sanctifiante, mais qui l’affaiblissent; qui ne nous rendent pas dignes de la damnation éternelle, mais qui nous . rendent dignes des peines temporelles. Les péchés que l’on regarde comme les plus petits sont de très-grands maux, parce qu’ils offensent Dieu. D'ailleurs, les péchés véniels, quand on les néglige, conduisent insensiblement au péché mortel. «Celui qui néglige les petites fautes, dit le Saint-Esprit, tombera peu à peu dans les grandes, et enfin il se perdra infailliblement.» Ne com-
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mettons donc jamais un seul péché de propos délibéré et avec réflexion ; mais plutôt évitons, selon le précepte de l'Apôtre, jusqu’à l'apparence du mal.
Histoires. — Sages réponses de personnes à qui on proposait de pécher. « En péchant, je désobéirai à Dieu pour obéir au démon. Quelle injustice ! quelle ingratitude ! quelle folie !» —« Comment pourrai-je commettre un si grand crime, et pécher contre mon Dieu!» (Joseph à la femme de Putiphar.) — 11 m'est bien plus avantageux de mourir que de pécher en la présence du Seigneur.» (Susanne. )—« Nous devons obéir à la loi de Dieu plutôt qu’au roi.» (Les Machabées.)—« En me proposant d’offenser Dieu, et de perdre mon âme par le péché, que me donnerez-vous si je me révolte contre fui et si je perds mon âme 7» —« J’ai en Dieu un maître si rand, si bon, si libéral, qui ne m’a jamais fait que du bien, de qui j'attends une vie, une gloire, une félicité éternelles ; et vous voulez que je lui désobéisse, que je l’offense, que je l’abandonne, que je
* l’outrage, que je me déclare son ennemi, que je consente à
encourir son indignation, sa colère, ses vengeances n»— « Avant que de pécher, cherchez un lieu où Dieu ne soit pas, où il ne vous vole pas, où il ne puisse pas vous ôter à l’instant même la vie et vous précipiter dans l’enfer.»—« Retirez-vous ! Ne serais-je pas bien insensé de m’empoisonner pour goûter quelques instants la douceur d’un poison qui me ferait aussitôt beaucoup souffrir, me rendrait digne de la mort éternelle, et me la donnerait infailliblement, si je ne versais pas ensuite des larmes très-amères !» Lasausse.
EXERCICES. — 1. Qu'est-ce que le péché ?-2. Faites ressortir la malice du péché.—3. Combien y a-t-il de sortes de péchés ? —4. En combien de manières peut-on pêcher ?—65, Quelle différence y a-t-il entre le péché morel et le péché véniel ?—6. Le péché mortel est-il un grand mal ? quelles en sont les suites ? quels sentiments doit-il nous inspirer 7. Devons-nous éviter soigneusement le péché véniel ?
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