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amour doit être aceompagné de profonds sentiments d'humilité, d’adoration et de reconnaissance.
Que recevons-nous dans l'Eucharistie ? Dieu lui-même, le Créateur et le souverain Maître de l'univers, Celui dont la puissance, la sainteté et toutes les perfections sont infinies. Que sommes-nous? Nous n'avons de nous-mêmes que le néant et le péché. Humilions-nous donc devant notre Dieu, et reconnaissons, avec le centenier de l'Evangile, que nous ne sommes pas dignes de nous approcher de lui; adorons-le dans un saint tremblement, et prosternons-nous à ses pieds; car, quoiqu'il soit caché sous le voile des symboles eucharistiques, il n’en est pas moins notre Dieu. Exoitons dans notre cœur une reconnaissance sans boïnes : si elle doit se mesurer sur la grandeur du biénfait, quelle doit être la nôtre pour un don qui est infini!
Il faut aussi que le corps contribue, à sa manière, à honorer l'hôte divin qu’il doit recevoir. Il y a deux dispositions du corps: la première est d’être à jeun ; l'Eglise l’a ainsi ordonné, dès les premiers siècles, par respect pour cet auguste Sacrement : elle n’en dispense que ceux qui, étant dangereusement malades, le regoivent comme viatique. La seconde est d’être à genoux et d'avoir l'extérieur le plus modeste et le plus recueilli qu'il soit possible. (Cette posture du corps et ce maintien annoncent les sentiments d’une âme qui s’abaisse profondément devant la Majesté suprême.
Hisrorre. —- Dieu, irrité de l’endurcissement de Pharaon, et touché des justes plaintes de son peuple, résolut de punir ce prince opiniâtre, et de délivrer son peuple de la servitude dans laquelle il gémissait. Quand le temps marqué par ses décrets éternels fut arrivé, il envoya un Ange exterminateur qui tua en une nuit tous les premiers-nés des Egyptiens ; mais il ordonna à son peuple de sacrifier la veille un agneau, de le manger dans chaque famille, et de marquer de son sang la porte de chaque maison, afin que l’Ange ministre de ses vengeances épargnât les enfants de ce peuple choisi,
Peu après il les nourrit de la manne, qu’il fit tomber du ciel pendant quarante ans.
Pourrait-on ne pas reconnaître dans ces deux figures la divine Eucharistie? Les différents rapports qui se trouvent
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= 96? — entre l’ombre et la vérité sont trop frappants pour pouvoir dy tromper.
Les Israélites, qui étaient le peuple de Dieu, furent les seuls auxquels il fut ordonné d’immoler cet agneau mystérieux: l’Ange exterminateur épargna toutes les familles des Israélites dont les portes étaient marquées de son sang. Rapprochons ia figure de la réalité : les Chrétiens sont les seuls qui aient le droit d’immoler le divin Agneau pascai: l’Ange ministre des vengeances de Dieu épargne tous ceux qui sont marqués de son sang, et Jésus-Christ a commandé aux fidèles de renouveler souvent ce sacrifice, en mémoire de leur délivrance de la tyrannie du démon.
La manne, cette nourriture céleste, était encore une image bien naturelle du Sacrement de nos autels. Elle est appelée le Pain du ciel: elle avait tous les goûts les plus délicieux ; les Israélites n’en mangèrent qu'après avoir été délivrés de la captivité de Pharaon. :
L’Eucharistie, comme nous le dit Jésus-Christ, est le Pain vivant qui est descendu du ciel ; elle est la source féconde de toutes sortes de grâces, et l’on ne peut s’en nourrir qu'après avoir secoué le joug du démon, c’est-à-dire après être sorti de l'esclavage du péché.
ExEeRcICEs. — 1 Avec quel soin et pour quelle raison faut-il se disposer à reccvoir la sainte Eucharistie ?—2. Dites combien de sortes de dispositions sont requises et en quoi elles consistent.
ARTICLE Ill.
Des effets de l’Eucharistue.
L'Eucharistie produit des effets admirables dans ceux qui la reçoivent avec de bonnes dispositions.
Le premier effet de l’'Eucharistie est de nous unir intimement: et de nous incorporer à Jésus-Christ. On peut être uni à Jésus-Christ par la foi, en croyant toutes les vérités qu’il a révélées; on peut aussi s’unir à lui par la charité, en l’aimant parfaitement: la foi lui soumet notre esprit, la charité lui attache notre cœur. Mais il y a une union beaucoup plus intime et plus parfaite, c'est celle qui se fait par la parti-
. Gipation de sa chair sacrée et de son précieux sang:
cette union est l'effet propre de l’Eucharistie. Jésus
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Christ se donne à nous tout entier, il unit son Gofjé avéc le nôtre; par cette union nous devenons un même Corps et un même esprit avec lui. (Comme les aliments que nous prenons nourrissent notre corps, de même la sainte Eucharistie nourrit notre âme. Il y a similitude parfaite; car, de même que ces aliments se changent er notre substance, de même la communion nous transforme en Jésus-Christ. C’est ce qui faisait dire à l’apôtre saint Paul : «Ce n’est plus moi qui vis : c’est Jésus-Christ « qui vit en moi.»
Le second effet de l’Eucharistie est d'augmenter, d’affermir et conserver en nous la vie spirituelle de la grâce. Notre divin Sauveur, devenu l'aliment de nos âmes, n’y reste pas sans agir: il donne un nouvel accroissement à sa grâce; il nous affermit dans son amour, et nous fait conserver ce précieux trésor avec une fidélité constante ; de li cette sainteté soutenue que nous admirons dans ceux qui communient dignement. Voulez-vous sävoir ce qui soutient ce jeune homme dans une piété qui édifie tout le monde, dans une régularité de conduite qui le rend le modèle de la maison où il se trouve? Cest la sainte Eucharistie, qu’il recoit souvent, et avec de saintes dispositions.
e troisième effet de cet auguste Sacrement, c'est d’af. faiblir en nous la concupiscence et de modérer la violence de nos passions. Nous naissons tous avec une forte inclination au mal; elle est comme un venin qui s’est répandu dans toute notre nature par le péché du premier homme. L’Eucharistie ne nous en délivre pas entièrement, mais elle en affaiblit la malignité; c’est pour cette raison que les Pères de l'Eglise l'ont appelée un antidote, un contre-poison. C'est, en effet, ce qu’éprouvent ‘oujours ceux qui reçoivent souvent et dignement cet auguste Sacrement ; ils sentent leurs forces augmenter, et celles de leur ennemi s’affaiblir.
Le quatrième effet de l’Eucharistie est de nous donner le gage de la vie éternelle et de la résurrection glorieuse. C'est Jésus-Christ lui-même qui nous enseigne cette co=solante vérité: « Celui qui mange ma chair et boit «mon sang a la vie éternelle, et je le réssusriterai au « dernier jowr.» La vie que la sainte Eucharistie com:
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munique à l’âme est le commencement et comme un avant-goût de la vie bieuheureuse; et cette vie demeurera en nous et sera éternelle, si nous ne nous en privons pas volontairement. Ce divin Sacrement agit même sur nos corps; il y est comme ure semence et un germe d’immortalité, qui les fera un jour renaître de la poussière du tombeau et les revêtira de toutes les qualités glorieuses.
La présence de Jésus-Christ en nous devient un gage assuré de notre immertalité. mais il n’y a que la communion faite dignement qui opère ces heureux effets. La communion tiède diminue en nous la vie de la grâce, loin de l’augmenter. Quant à la communion sacrilége, il suffit de dire avec saint Paul que ceux qui ont le malheur de s’en rendre coupables mangent et boivent leur propre condamnation.
Hisroire. — Ua jour que Jésus-Christ enseignait dans la synagogue de Capharnaüm, ceux qui l’écoutaient lui firent cette question: « Que ferons-nous pour produire des œuvres de Dieu?» Jésus leur répondit: « L'œuvre de Dieu, c’est
ue vous croyiez en Celui qu’il a envoyé.» A ces mots les
uifs lui répliquèrent: « Quel miracle donc faites-vous, afin que le voyant nous vous croyions? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon qu’il est écrit: Il leur a donné le pain du ciel à manger.» Alors Notre-Seigneur, reprenant la parole, continua en ces termes: « En vérité, en vérité je vous le dis, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel, maïs c’est mon Père qui vous donne le véritable pain du ciel; car le pain de Dieu est celui qui vient du ciel, et qui donne la vi au monde. C’est moi qui suis le poin de vie; vos pères on mangé la manne dans le désert, et ils sont morts; mais voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain qui est descendu du ciel; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éivrnellement, et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, ex je le ressuscitersi au dernier jour; car ma chair est véritablement viande, et mon sang est véritablement breuvage; celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, e; moi en lui.»
Quoi de plus clair que ces paroles: Je pain que je donnerai, c’est ma chair; ma chair est véritablement viande, et mon
sang véritablement breuvage? Et ne démontrent-elles pas invinciblement la présence réeile de notre Seigneur Jésus- Christ dans l’Eucharistie ? S. Jean, vri.
Exercices. — 1. Combien d'effets produit la sainte Eucharistie quand elle ect r2çue dignement ?—2. Expliquez par une comparaison la manière dont ce Sacrement nous unit à Jésus- Christ.—8. En quoi consiste le second effet de cet auguste Sacrement ?—4, Quel est en nous le troisième effet de l’Eyucharistie?—65. Quel est le quatrième effet de ce Sacrement ?—6,. Quand la communion opère-t-elle tous ces effets ?
ARTICLE IV
De la mauvaise communion.
Ceux qui communient en état de péché mortel reçoivent véritablement le corps et le sang de Jésus-Christ, mais ils ne reçoivent pas les grâces et les salutaires effets de ce Sacrement. Au contraire, ils mangent et ils boivent leur jugement et leur condamnation: £’est la terrible expression dont se sert l’apôtre saint Paul: « Quiconque, dit-il, mangera de ce pain et boira le calice du Seigneur indignement, c’est-à-dire dans un état de péché qui l’en rend indigne, sera coupable de crime contre le corps et le sang du Seigneur. Que l’homme donc s’éprouve lui-même, qu'après cela il mange de ce pain et boive de ce caiïice; car celui qui boit et mange indignement, mange et boit sa condamnation, ne faisant pas le dis rnement qu’il doit du corps du Seigneur.» Ces parcles nous apprennent quel est le crime d’une mauvais communion et quelles en sont les suites.
Ce crime est le plus horrible de tous les sacriléges, c’est la profanation du plus auguste de tous les Sacrements et de ce qu’il y a de plus saint dans la Religion. Celui qui s’en rend coupable profane de la manière la plus outrageante l’humanité et la divinité de Jésus- Christ; il unit, autant qu'il est en lui, ce divin Sauveur avec l’iniquité, en faisant couler son sang adorable dans des veines infectées par le péché. Ce crime est une perfidie et une trahison semblables à celles de Judas : comme lui, celui qui fait une communion sacrilôge livre son divin Maître à ses plus cruels ennemis;
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comme lui, après avoir été comblé de ses bienfaits, il viole les droits les plus sacrés de l'amitié et de la reconnaissance ; il le crucifie de nouveau, il en fait le jouet de ses passions, et il foule aux pieds le sang de la nouvelle ailiance ; ce sont encore les paroles mêmes de l'Apôtre.
Quelles sont les suites d’un crime si énorme? Les voici: celui qui communie indignement mange <: boit son jugement et sa condamnation. Le profanateur mange et boit l’arrêt qui le condamne; il se l’incorpore. La nourriture se change au corps et au sang de celui qui l’a
rise, elle devient une même chose avec lui; de même fe profanateur a mangé son jugement, il l'a, pour ainsi dire, chaugé en lui-même; sa condamnation n’est pas seulement écrite sur un livre, ni sur des tables de pierre ou de marbre, mais sur son propre cœur; elle a passé dans ses veines : il la porte sans cesse avec lui. O punition terrible, qui ne peut venir que de la colère d’un Dieu indignement outragé !
Aussi arrive-t-il souvent que celui qui a commis ce crime tombe dans un endurcissement de cœur et un aveuglement d’esprit qui le conduisent à l’impénitence finale. Nous en avons un exemple effrayant dans le
erfide Judas: à peine a-t-il reçu indignement la sainte Hoihanetie que son esprit s’obscurcit et que son cœur devient insensible; désormais rien ne l’arrête ; il se lève brusquement de table, et consomme son crime. A quoi se termine son sacrilége? Au désespoir, à la mort, à la réprobation éternelle.
Il ne faut cependant pas conclure de là que celui qui a fait une communion indigne doive désespérer de son salat: à Dieu ne plaise! quelque grand que soit son crime, il lui reste toujours une ressource, car la miséricorde de Dieu est infinie ; s’il y a recours avec un cœur contrit et humilié, il ne sera point rejeté; ce sang précieux qu’il a profané peut encore le purifier. Mais ce que nous devons en conclure, c’est que nous devons prend + toutes les précautions possibles pour ne jamais tomber dans un si grand malheur, et que si l’on y était tombé, il faudrait promptement avoir recours au s#erement de Pénitence, RS
Hisrorns. — Les Livres saints ne nous présentent qu’un exemple de communion indigne: c’est celle de Judas, qui reçut son Dieu dans une âme souillée par l’avarice, et déjà agitée du projet de le trahir. Aussitôt Satan entre chez lui: il vend son bon Maître, il le livre à ses ennemis, sans que le baiser du Fils de Dieu ni le doux nom d'ami qu’il lui donne touchent le cœur de ce barbare. Quelle fut la fin de ce monstre, objet d'ur.s juste et éternelle exécration? Il tomba
dans le désespoir et fut lui-même son bourreau : il se pendit; et ses entrailles criminelles se crevèrent et se répandirent. Son âme horrible tomba dans les enfers, où elle est depuis dix-huit cents ans. Hélas! ces siècles entassés les uns sur les autres ne sont pas même un point de l'éternité qu’il lui faudra passer dans ce lieu de tourments!
Que cet exemple est terrible! Pesez-èn attentivement toutes les circonstances: voyez l’aveuglement de cet apôtre sacrilége, son endurcissement, son désespoir, et concluez que c’est un crime bien détestable que de communier indigne- DE puisqu'il attire après soi des châtiments si épouvantables.
Exercices. — 1. Quel est le malheur de ceux qui communient indignement, et que faut-il faire pour l’éviter ?—2, Quelle est l'énormité du crime d’une mauvaise communion, et quelles en sont les suites ?—3. Ne reste-t-il aucun espoir de salut à celui qui a fait une communion indigne ?
ARTICLE V De la fréquente communion.
L'apôtre saint Paul, après avoir exposé dans les termes les plus forts l’énormité d’une communion indigne, ne tire pas cette conséquence : Eloignez-vous de la sainte Eucharistie; mais il dit: « Que l’homme donc «s'éprouve lui-même, et qu’ensuite il mange de ce pain «et boive de ce calice.» La craint: de communier indignement ne doit pas nous détouner de la communion, mais elle doit nous engager à ex2miner sérieusement nos dispositions, et à redoubler notre vigilance sur nousmêmes pour pouvoir approcher souvent et dignement de la Table sainte.
Communier indignement est un grand mal sans ‘doute; mais ne pas communier en est un autre: l’un et l’autre conduisent certainement à la mort éter-
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helle. L’Eucharistie est nécessaire pour entretenir él conserver la vie spirituelle de la grâce. Les forces de l'âme s'épuisent peu à peu comme celles du corps, si on n’a soin de les réparer. Le moyen que Jésus: Christ a établi pour entretenir ces forces spirituelles, c’est la divine Eucharistie. «Si vous ne mangez, «nous dit-il lui-même, la chair du Fils de l’homme, «et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la «vie en vous.» Il a institué ce Sacrement sous les espèces du pain et du vin pour nous faire sentir que nous devons le recevoir souvent: la sainte Eucharistie doit être la nourriture ordinaire de notre âme, comme le pain et le vin sont la nourriture ordinaire de notre: corps.
Dans les premiers jours du Christianisme, les fidèles comprenaïent bien cette vérité; ils regardaient l’'Eucharistie comme le pain quotidien des enfants de Dieu ; ils le mangeaient, en effet, tous les jours, et ils ne craignaient rien tant que d’en être privés. Nous devons nous efforcer d'entrer dans les mêmes dispositions et d’imiter leur ferveur. Et qu’on ne dise pas que la fréquente communion était alors en usage, mais que la discipline de l'Eglise a changé. Avouons io Chrétiens ont changé, et que la ferveur s’est ralentie ; mais l'esprit de l'Eglise est toujours le même. Le saint Concile de Trente dit qu’il souhaiterait que les fdèles, toutes les fois qu'ils assistent au sacrifice de la Messe, y participassent non-seulement spirituellement, mais encore par la réception actuelle de l’Eucharistie. Un autre Concile exprime en ces termes le désir de l'Eglise touchant la communion fréquente : « Nous «voyons avec douleur qu’il y a des Chrétiens assez «négligents pour ne communier qu’une fois dans l’an- «née; c’est pourquoi nous ordonnons aux curés et à «ceux qui exercent le ministère de la parole, d’in- «etruire les fidèles sur la fréquente communion, qui «était autrefois en usage, sur les fruits merveilleux «qu’elle produisait alors, et de leur persuader qu’il «n’y a point de moyen plus propre à ramener parmi «nous les beaux jours de l'Eglise naissante, que la fré- « quente communion.»
&i done l'Eglise n'oblige rigoureusement les fidèles qu’à une communion dans l'année, ce n’est pas qu’elle croie que cette communion annuelle sufise généralement pour entretenir dans ses enfants la vie spirituelle de la grâce; elle n'a pas voulu leur faire un précepte de communier plus d’une fois, dans la crainte de multiplier les transgressions 04 les sacriléges; mais elle désirerait qu'ils fussent assez purs pour communier souvent: et ils doivent le faire aussi souvent que cela est nécessaire pour qu’ils conservent, ar la vertu de l’Eucharistie, la vie et la santé de l’âme. ki nous aimons Dieu, nous nous unirons souvent à lui : il nous invite à ce banquet sacré. « Venez à moi, nous « dit-il, vous tous qui avez de la peine et qui êtes chargés, «et je vous soulagerai ;» venez avec &« iance, et ne craignez rien; venez à moi, qui suis votre père, et je vous donnerai le gage le plus touchant de mon amour; venez à moi, qui suis votre Dieu, et je vous enrichirai de mes grâces La plus précieuses. La conduite la plus asgurée qu’un fidèle puisse tenir à cet égard, c’est de se confesser souvent, au moins à l'approche des grandes fêtes, et de suivre l'avis de son confesseur relativement à l'usage plus ou moins fréquent de la sainte communion.
Une pratique extrêmement avantageuse, c'est de faire de temps en temps la communion spirituelle ; ur cet effet, il faut se recueillir un instant, produire un acte de désir de la communion réelle, inviter Jésus- Christ à venir en nous, et le prier de nous faire participants des mêmes grâces que 8i nous avions le bonheur de communier en réalité.
Hisrorre. — Le jeune Aibini n’ayant pas encore l’âge requis pour faire sa première communion, se contentait de soupirer sans cesse après l’heureux jour où il pourrait recevoir son Dieu, caché sous les voiles eucharistiques, et il n’oubliait rien pour se préparer’à une si sainte action. Il avait une si vive horreur du péché, qu’il évitait jusqu’à l’apparence même du mal. Il disait souvent qu’il ne souffrireit pas que le démon entrât dans son cœuravantJésus-Christ; ilavait uneapplication constante à s’instruire de tout ce qui concerne le Sacrement adorable de nos autels. Il ne cherchait pas seulement à retenir les mots du
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com:
gagè à l’a ném plus tran qu’à plus, moin il vo fessi qu’il dit q terre mort de le moin pouv dever C’« L'her temp mais piété taien recon avez entiè moi, :
Je se réser
êles elle alespiun
la eripurs ussi ent, ime.
lui :
OT) gés, craivous vei de 8 Ase se ndes tive- CON1-
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equis pirer Dieu, pour rreur id F1 dans tante ble de ts du
eatéchisme, il s’attachait surtout à en pénétrer le sens. L'innocence de sa vie, le désir extrême qu’il montrait pour la communion, et l’application avec laquelle il s’y préparait, engagèrent celui qui était chargé de la direction & sa conscience à l’admettre à la Table sainte plus tôt qu’on n’y reçoit communément les enfants. On ne pouvait lui annoncer une nouvelle plus agréable. Il remercia son directeur avec les plus vifs transports d’allégresse, et, depuis ce moment, il ne songea qu’à redoubler ses soins pour purifier son cœur de plus en plus, et pour y préparer à Jésus-Christ une demeure qui fût moins indigne de lui. C’est pour cela qu'avant de communier il voulut faire une retraite, pendant laquelle il fit une confession générale de toute sa vie. A voir le torrent de larmes qu’il répandit et la vive douleur dont il fut pénétre, on eû* dit qu’il n’y avait point de plus grand pécheur que lui sur la terre. Cependant il n’avait jamais souillé par aucun péché mortel la précieuse robe de son innocence ; mais les lumières de la grâce dont il était éclairé, lui faisaient regarder les moindres fautes comme autant de monstres odieux, et il ne pouvait se consoler d’avoir offensé un Dieu qui voulait bien devenir lui-même sa nourriture,
C’est dans ces sentiments qu’il passa le temps de sa retraite, L'heureux moment après lequel il soupirait depuis si longtemps arriva enfin, et il eut le bonheur de recevoir son Lieu ; mais il serait impossible d'exprimer les vifs sentiments de piété dont il fut animé pendant cette sainte action, Ce n’étaient que soupirs, que larmes, que transports d'amour et de reconnaissance: «Oui, mon Dieu, s’écriait-il, puisque vous avez eu la bonté de vous donner à moi, je veux me donner entièrement à vous; puisque vous êtes uni si étroitement à moi, rien ne sera capable désormais de me séparer de vous. Je serais la plus ingrate des créatures, si j’usais de quelque réserve envers un Dieu qui m’a aimé sans mesure.»
Ce ne fut point là une de ces ferveurs passagères qui s'évanouissent avec l’occasion qui les fait naître. Albini n’oublia jamais set heureux jour, ni les engag ments qu’il avait contractés avec Dieu. Lu communion fut pour lui un aliment salutaire qui le fit croître sensiblement en vertu et en piété. Bien loin que cette nourriture céleste rassasiât sa faim, elle ne servit, au contraire, qu’à la redoubler, et depuis lors il ne marqua jamais de communier de quinze en quinze jours, sachant bien que la divine Eucharistie est aussi nécessaire à notre âme que les aliments terrestres à notre corps, et comprenant de quelle importance est l’usage fréquent de ce Sacrement pour se maintenir constamment dans les voies de l’innocence et de la piété. Les Ecoliers vertueux,