‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 91 sur 111 · LS · texte numérisé non relu

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Exencrcss. — 1. Pourquoi la crainte de communier indigne-

‘ment ne doit-elle pas nous détourner de la communion ?—

2, Quelle était la pratique des premiers Chrétiens à l'égard de la sainte communion ?—8. Pourquoi donc l'Eglise n’exige-t-elle qu’une seule communion dans l’année ?—4. Quelle conduite doit tenir un fidèle à l'égard de la communion?—65. Qu’est-ce que la communion spirituelle, et comment faut-il la faire ?

ARTICLE VI

Du Sacrifice de la Messe.

L'Eucharistie n’est pas seulement un sacrement où Jésus-Christ se donne à nous pour être notre nourriture spirituelle, elle est encore un sacrifice où il s'offre à son Père comme victime pour nous. Notre-Seigneur ne s’est pas contenté de souffrir une fois sur la croix pour nous racheter; mais il a voulu laisser à son Eglise un Sacrifice qui représentât celui de la croix, qui en fût la contineation, qui en perpétuât la mémoire jusqu'a la fin du moude, et qui nous en appliquât les mérites ; c'est pour cet effet que dans la dernière Cène, la nuit même qu’il fut livré, i! offrit à Dieu son Père, sous les espèces du pain et du vin, son corps et son sang, qu’il donna à ses Apôtres, les établissent alors prêtres du nouveau Testament; et par ces paroles: Âaites ceci en mémoire de moi, il leur commanda, à eux et à leurs successeurs dans lo Sacerdoce, d'offrir ce même corps et ce même sang en sacrifice, comme l'Eglise catholique l’a toujours entendu et enseigné.

Ce Sacrifice est la figure commémorative et la continuation de celui de la croix: la figure, parce que le sang de Jésus-Christ paraît séparé de son corps; c’est une séparation apparente qui rappelle une séparation réelle: la continuation et le renouvellement, parce que c'est la même victime, la même hostie, le même sacrificateur, et par conséquent le même Sacrifice, tant sur la croix que sur l'autel. Ce qu'il y a de différence n’est que dans la manière: sur la croix il s’est offert par lui-même, au lieu que sur l'autel il s'offre par le ministère des prêtres; sur la croix il s’est offert d’une manière sauglante, au lieu que sur l'autel il s'offre d’une manière non sanglante. Tel est

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le Saerifiee de la Region chrétienne : Sacrifice auguste qui réunit seul tous les avantages que les différents sscrifices ne montraient qu’en figure sf l’ancienne Loi ; il est tout ensemble un sacrifice d’adoration, par lequel nous réconnaissons l'empire souverain que Dieu a sur toutes les créatures; un Sacrifice d’action de grâces, par lequel nous le remerçions de ses bienfaits; un sacrifice d’impétration, par lequel nous en obtenons de nouveaux ; et un Sacrifice de propitiation, par lequel nous apaisons sa justice.

L’oblation que Jésus-Christ fait de lui-même à son Père renferme l'hommage le plus parfait qui puisse être rendu à sa majesté infinie, et rien ne peut le porter plus efficacement à nous regarder d’un œil propice, en lui remettant devant les yeux la mort cruelle à laquelle son Fils bien-aimé s’est soumis volontairement pour réconcilier les pécheurs avec lui.

Instruits du mystère de l’Eucharistie, persuadés que Jésus-Christ est réellement présent sur l'autel, et qu’il y renouvelle et perpétue la mémoire de sa mort, aveu quelle piété et quelle reconnaissance devons-nous assistor à ce Sacrifice auguste! Si nous avions été présents sur le Caivaire quaud notre Sauveur s’est immolé pour nous, quels auraient été ros sentiments ! N’aurions-nous pas été pénétrés de douleur, de componction et d’amour, à un spectacle si touchant? Puisque le Sacrifice de la Messe est le même que celui de la Croix, nous devons y être animés des mêmes sentiments. Il faut avoir soir de nous unir au prêtre qui l'offre, et de conformer nos intentions aux siennes. Il l'offre pour rendre à Dieu le culte souverain qui lui est dû, pour obtenir la rémission de nos péchés, pour attirer les grâces qui nous sont nécessaires, pour remercier Dieu de toutes celles que nous avons reçues.

C’est x Dieu seul qu'on offre le Sacrifice, parce que c’est un hommage de notre dépendance et de notre servitude. On y fait seulement mémoire des Saints pour lnuer et remercier Dieu des victoires qu’il leur a fait remporter par sa grâce, et de la gloire dont il les a couronnés, et pour leur demander qu’ils unissent leurs prières avec les nôtres.

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On offre ce Sacrifice non-seulement pour tous les hommes vivants, mais encore pour ceux qui sont morts en étet de grâce, et à qui il reste quelques péchés à expier dans le purgatoire. L'Eglise demande pour eux, var le mérite de ce Sacrifice, que leurs âmes soient sou-

dans les peines qu’elles souffrent, et qu’elles en goient délivrées pour entrer dans la vie éternelle. Cet usage d'offrir le Sacrifice pour les morts est de la première antiquité, et vient de la tradition des Apôtres.

Histoires. — Une mère de famille qui avait contracté l’heureuse habitude d'assister tous les jours à la sainte Messe, l’entendait le Dimarche pour accomplir le précepte de l'Eglise ; le lundi, pour les âmes du purgatoire ; le mardi, pour la conversion des pécheurs et la persévérance des justes; le mercredi, pour se mettre, elle et sa famille, sous la protection de saint Joseph ; le jeudi, pour rendre ses devoirs à Jésus-Christ au très-saint Sacrement ; le vendredi, pour honorer sa Passion ; et le samedi, pour se mettre, elle et sa famille, sous la protection de Marie. Elle assurait avoir retiré les plus grands avantages de cette pieuse pratique.

— Guillaume Ruffin, jeune écolier dont la vie doit servir de modèle à la jeunesse chrétienne, trouvait son plus grand plaisir à servir la sainte Messe. Il s’en acquittait avec une piété touchante et une ferveur angélique: de sorte qu’on ne pouvait le voir sans se senti# porté à la dévotion; et l’on peut dire que c’est par ce saint exercice qu’il a obtenu de Dieu tant de grâces qui l’ont élevé à un très-haut degré de sainteté.

Wie de Ruffin, par l'abbé CarRox.

Exercices. — 1. L’Eusbaristie n'est-elle autre chose qu’un sacrement ?—2, Quel nom donne-t-on à l'Eucharistie, considérée comme sacrifice, et de quoi est-elle la figure aussi bien que la continuation ?--3. Comb'a@ de sortes de devoirs rendons-nous à Dieu par le sacrifice de 8 Messe ?—4., Que renferme l’oblation que Jésus-Christ fait à 8 x Père dans ce sacrifice ?—5. Comment le sacrifice de la Messe re xwvelle-t-il et perpétue-t-il le sacrifice de Lu erois ?-—6. À qui, «Peur qui, offre-t-on le Sacrifice ?

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