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fermer Yoreille si l’on veut garantir son cœur de la cor. ruption: rien n’est indifférent, tout y est péril; on doit mettre à tous ses sens une garde de circonspection.
Les enfants ne doivent jamais interrompre ceux qui parlent, par des interrogations qui seraient même serieuses et utiles; quand on leur demande quelque chose, ils doivent répondre avec modestie ; il n’est pas nécessaire qu'ils se découvrent à chaque demande ; il suffit de faire une légère inclination à la fin de la conversation. Les gestes ‘trop affectés ou trop réitérés ne conviennent à personne, ne sont pas de mise, encore moins aux enfants. On doit encore leur défendre de fixer effrontément ceux avec qui ils conversent, d'écouter ceux qui adressent la parole à d’autres, tandis qu’ils ne font aucune attention à ce qu’on leur dit; de rire ou d’éclater en parlant; de parler de choses qu'ils conçoivent à peine ; en un mot, il faut convaincre les enfants que leur devoir est d'écouter, de parler peu et de ne parler qu’à propos.
C’est une malhonnêéteté de rire des défauts d'autrui : qui n’x pas les siens ? Souvent celui qui raille impudemment son frère sur une imperfection volontaire ou naturelle, donne lui-même matière à la plus ample censure de sa propre conduite.
Il est des personnes qui, ayant dit un bon mot, semblent mendier l'approbation de ceux qui les entendent, par un rire affecté ; c’est le rire familier d’un sot et d’un demisavant. S'il est permis de rire, il est très malhonnête d’éclater et de prolonger le rire au-delà des justes bornes d’une honnête modération ; l'Esprit saint nous apprend que c'est le propre de l'insensé d'élever la voix en riant. En général, le rire ne convient pas à l'homme sage, s’ii n'est très modéré,
La promenade est une autre espèce de divertissement qui contribue beaucoup à la santé, Lorsqu'on est en compagnie il faut donner le milieu à la personne la plus respectable ; si l’on est deux, il faut lui donner la droite ; cette situation cependant ne doit pas changer quand on retourne sur ses pas, Quand on est dans les rues, il faut placer la personne que l’on respecte clu côté des maisons,
C'est ua devoir assez commun aux jeuños s°"s, lorsqu'ils
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se promènenc en public, de s'entrelacer les bras, de marcher à grands pas, de sauter, de pousser ceux qui passent, de rire haut et souvent au nez des personnes qu’ils rencontrent : rien n'annonce plus sensiblement un esprit léger et une mauvaise éducation | L’homme de bon sens ne doit jamais s’oublier au point de donner le spectacle d’une indécente familiarité ou d’une évaporation continuelle,
Le jeu est une autre espèce de divertissement, mais qui exige de grandes précautions. Il est bien d'observer :
à Tout honnête homme doit s'interdire les jeux de hasard.
2° Les jeux d'exercice doivent être toujours préférés à ceux de séance et d'application ; mais il faut être modéré et ne pas s’y échauffer outre mesure,
3° Ilest dangereux de jouer gros jeu, parce que le jeu dégénère alors en passion et devient la cause de mille dangereux excès. |
4° On doit éviter, dans toute espèce de jeu, les emportements et les vivacités ; rien n’est plus incivil et plus bas que de témoigner de la sensibilité quand on perd ou une joie excessive quand on gagne. Le jeu n’est pas un commerce où l’on ne doive s'occuper que du gain; être avare au jeu, c'est laisser entrevoir une bassesse de sentiments indigne d’un homme bien né.
Il ne faut cependant pas, en évitant ce vice, être prodigue par complaisance et par vanité; mais il faut jouer selon toutes les règles du jeu et pour se procurer de l’amusement,
5° Etre fripon au jeu est presque toujours une marque qu’on l’est en toute autre circonstance, car les caractères ne se manifestent jamais plus sensiblement que dans les parties du jeu : il est donc très important de ne point abuser de la bonne foi des autres et de conserver une exacte fidélité au jeu ; le tort qu’on y ferait serait un vol et par conséquent une injustice. .
6° On ne doit parler que très poliment aux personnes qui ont commis quelque faute dans le jeu et ne prendre jamais un ton de maître vis-à-vis d'elles.
7° C’est une incivilité de chanter, de siffler, de parler à d'autres pendant qu'on joue ; de battre des pieds, de re.
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muer les mains ou de rare quelque autre signe qui annonce de la passion.
89 Lorsqu'on est engagé avec des personnes sensibles à la perte et d’une humeur fâcheuse, il ne faut pas quitter la partie le premier, si l’on gagne, mais attendre que celui ou celle qui est en perte termine le jeu, et ne plus s’exposer à jouer avec ces sortes de caractères,
9° Tout homme qui se connaît sensible au jeu doit absolunsent s’en abstenir ; il en est de même de celui qui a éprouvé par expérience qu’il perd plus souvent qu’ilne gagne.
10° On ne doit jamais fréquenter les académies de jeu ; ce sont des écoles de friponneries, de blasphèmes, souvent d'insultes et de querelles : on y expose son salut, sa réputation, sa vie et sa fortune, ‘
Le chant est un divertissement honnête, agréable ; mais 1! faut éviter avec soin de chanter ou d'écouter avec plaisir des chansons obscènes,
L’apôtre saint Paul, dans deux de ses épitres, ordonne aux chrétiens de chanter des psaumes, des hymnes à la gloire du Seigneur et d'accorder dans le chant le cœur avec la voix, parce que ce sont les louanges du Très-Haut.
Il serait à désirer que les chrétiens appliquassent les règles de la musique aux paroles saintes des psaumes et des cantiques que l’on a traduits en langue vulgaire pour l’intelligence du peuple ; mais si l’on cherche dans la fable ou dans les actions des héros des morceaux dignes du goût et de l’art, on ne peut sans blesser la sainteté du nom chrétien se servir d'expressions qui porteraient à la licence,
Ceux qui ont la voix belle et gracieuse ne doivent jamais s'en prévaloir, ni chanter en interrompant les autres pour se faire admirer ; il faut être fat pour indiquer à ceux qui écoutent les endroits où la voix se fait entendre avec plus d'agrément, et d'art ; c’est une vanité méprisable de prévenir les applaudissements par des gestes approbateurs ; on doit également se rendre à la première invitation que l’on fait de chanter,
Les grands gestes dans le chant ne conviennent qu’à des
“acteurs ; dans un cercle privé, on doit conformer doucement ‘les gestes aux paroles et aux gradations de la voix, car il
serait ridicule d’être en chantant aussi immobile qu’une
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L'homme étant appelé à vivre en société, les visites sont les liens ordinaires par lesquels les hommes s'unissent.
Il est des visites nécessaires, prescrites par la justice et la charité, il est des visites de bienséance et d'utilité, dont on ne peut raisonnablement se dispenser ; enfin il est des visites absolument interdites aux chrétiens de tout âge et de toute condition.
La justice et la charité exigent que nous visitions nos parents malades, afligés ou dans l'embarras d'une affaire épineuse, ceux avec qui nous avons des différends, d’après ce commandement de Dieu, contenu dans le saint évangile, qui veut que nous aimions nos ennemis. La justice veut aussi que nous visitions nos supérieurs pour leur exprimer notre respect et la confiance qu’ils nous inspirent; et la charité n’exige pas moins impérieusement que nous voyions nos inférieurs pour ies édifier, les consoler et leur procurer autant qu’il est en nous ce qui peut leur être utile ‘et nécessaire,
Quant aux visites de bienséance, il suffit de dire que le paganisme même regarde comme une vertu conforme à la grandeur de l’homme le sentiment qui fait rendre les devoirs que les règles de la bienséance prescrivent.
Il ne faut jamais rendre de visites inutiles; quand on ne commettrait d’autres fautes que celle d'aller ainsi de maison en maison, la perte du temps que cela entraîne suffirait pour nous rendre repréhensibles,
Les visites pour affaires doivent être proportionnées pour la durée au sujet que l’on y traite; celles que lon rend par pure étiquette ou en vue de se distraire, ne sont permises que lorsqu'elles ne consument pas le temps destiné au travail. On ne doit jamais se dispenser des visites de bienfaisance que l’usage prescrit en certains temps de l’année ét dans les circonstances particulières, mais il faut bien prendre garde de ne pas se rendre fâcheux par des
conversations trop prolongées. Quand cn fait des visites
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et que l’on trouve la porte fermée, il ne faut pas tirer le cordon de la sonnette avec violence, mais autant qu'il est nécessaire pour se faire entendre ; il faut laisser, entre la première et la seconde fuis que l’on frappe ou que l’on sonne, assez d'intervalle pour donner le temps de venir ouvrir, Quelque familier que l’on soït dans une maison, on ne doit jamais entrer dans un appartement sans avertir de quelque manière que ce soit, quand même on trouverait la porte ouverte. Lorsqu'on attend dans une salle, c’est une incivilité de chanter, de siffler, de toucher les meubles, dn regarder par la fenêtre. On ne saurait avertir trop fréquemment les enfants de ne porter la main sur aucun objet dans les appartements où ils se trouvent, (C’est une pure d'entrer dans une maison le chapeau sur la tête, i, en entrant dans un appartement, on trouve la personne à qui l’on rend visite occupée à parler à d’autres, il ne faut pas l’interrompre, mais attendre qu’elle soit libre et s’en tenir éloigné jusqu’à ce que ses affaires soient terminées,
C’est une faute contre la bienséance, en visitant quelqu’un ou en le rencontrant dans les rues, de lui parler de loin et de lui demander en criant l’état de sa santé. Dans les appartements où il se trouve des fauteuils et des chaises, un jeune homme ne doit pas prendre un fauteuil ; et si on le lui offre, il commettrait une grande incivilité de s'y étaler avec une fastueuse mollesse ; de s'approcher si près de la personne à laquelle il rend visite, que son haleine pût l’incommoder ; il n'appartient qu’au fat, à l’étourdi, de s'asseoir familièrement sur les sièges réservés aux personnes âgées.
Dass les visites que l’on rend, on doit éviter avec soin les longueurs ; dès que l’on a satisfait aux devoirs de la bienséance ou que l’on s’est acquitté de la commission dont on était chargé, il faut se retirer et ne pas distraire inutilement ceux à qui l’on rend visite; si on se trouve dans une compagnie nombreuse, il faut se retirer doucement sans
.que l’on s’aperçoive de la sortie, et cela pour éviter le dé-
rangement et l'embarras.
Quand la personne que l’on visite veut reconduire jusqu’à la porte de l’appartement, ou même de la rue, il faut la prier de ne pas se déranger ; si elle insiste, on insiste à son
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tour ; mais si elle persiste, il faut se contenter de lui en témoigner une grande reconnaissance.
Faire attendre les personnes qui viennent vous visiter c'est une incivilité très grossière ; et si l’on était retenu par quelque personne ou par une affaire importante, on doit charger une autre personne de la maison de les recevoir et de les entretenir jusqu’à ce qu’on puisse soi-même leur rendre les devoirs que la politesse exige en pareil cas ; si l'on ne pouvait leur tenir compagnie aussi longtemps que la politesse semblerait l’exiger, on devrait se dégager le plus honnêtement possible, sans déguiser même que l'on.est sérieusemeat occupé,
Lorsque quelqu'un arrive pendant le temps du repas, il faut le prier de se mettre à table, à moins que ses affaires ne le jui permettent pas ; alors il faudrait abandonner la table pour le «atisfaire sur ce qui l'aurait amené, Au reste, on doit se garder de rendre des visites à l’heure des repas.
Il faut toujours reconduire jusqu’à la porte ceux qui rendent visite. Les personnes publiques sont dispensées de ce cérémonial, leurs affaires les obligent de rester dans leur cabinet.
Dans ïes visites que les personnes d’une même famille ou des amis se rendent, tout le cérémonial consiste dans une politesse douce, réciproque, il faut toujours en bannir la gône et l'air guindé.