‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 24 sur 141 · CHAPITREII DE DIEU ET DE LA CRÉATION · texte numérisé non relu

CHAPITREII DE DIEU ET DE LA CRÉATION

Je crois, etc.

Nécessité de la Révélation

Le plus grand intérêt de l’homme est de connaître la fin , pour laquelle il est au monde et ce qu’il deviendra après sa mort ; mais son esprit étant très borné, il ne peut concevoir qu'imparfaitement les choses spirituelles : c’est pour cela qu’il doit s’en rapporter à la connaissance que Dieu a bien voulu en donner lui-même para révélation.

Parmi les vérités que Dieu a révélées aux hommes, les unes sont contenues dans l’Ecriture sainte et les autres sont parvenues jusqu’à nous par le moyen de la tradition. L’Ecriture sainte se divise en Ancien et en Nouveau Testament. L'ancien Testament contient tous les livres saints écrits depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ, et le Nouveau, ceux qui l'ont été par les apôtres et par quelques uns de leurs disciples. Tous ces livres ont été écrits par inspiraration divine et leur authenticité est incontestable, On ne peut douter que ces livres n’aient eu pour auteurs ceux à qui on les attribue, qu’ils n'aient été conservés avec une vénération religieuse et qu’ils ne soient venus jusqu’à nous par une transmission constante et non interrompue, Depuis le séjour dans le désert, le peuple hébreux eut en mains les livres de Moïse ; on les lisait tous les jours; les pères en transmettaient la connaissance à leurs enfants, comme leur plus précieux héritage ; l'original en était religieusement conservé dans le Tabernacle; les mots, les lettres même en étaient comptées. Il aurait donc été impossible | d’y introduire le moindre changement, sans s’exposer aux ré. e clamations d’une multitude de personnes toutes intéressées

| #6 ‘sr fc par conscience à l’intégrité des faits qu’ils rapportent. ir Le Pentateuque, comprenant les cinq premiers livres de | %

la Bible, a toujours été attribué à Moïse par un peuple en

entier dont la religion, les usages civile, la constitution même sont fondés sur ce livre ; en sorte qu’on ne pourrait nier que Moïse en soit l'auteur : sans nier l'existence de ce peuple, ce qui serait une absurdité manifeste. Les autres livres de la Bible ont les mêmes caractères d'authenticité : tout y est tellement lié, que les faits rapportés dans ceux qui ont été écrits les derniers supposent nécessairement les événements consignés dans ceux qui ont précédé.

Ceux qui ont écrit ces livres ont prouvé leur mission divine par des prodiges éclatants et par des prophéties qui ont été accomplies à la lettre ; ils étaient donc les envoyés de Dieu. Les miracles qui attestent l'authenticité des livres saints ont été d’une évidence si palpable, qu’il était impossible d’y être trompé. C’est un royaume entier frappé, à diverses reprises, de dix plaies terribles ; c'est la mer ouverte pour donner passage aux Hébreux et refermmée pour submerger Pharaon avec toute son armée ; c'est un peuple immense nourri pendant quarante ans de la manne qui tombait du ciel, désaltéré par des torrents tirés du sein des rochers, couvert par une nuée contre l’ardeur du soleil et éclairé par une colonne de feu pendant la nuit; c’est le Jourdain ouvert au passage du peuple ; c'est le cours du soleil suspendu pour donner le temps d'assurer une victoire ; c'est une armée entière de cent quatre-vingt cinq mille hommes frappés de mort durant la nuit, sous les remparts de Jérusalem. Tous ces prodiges, et mille autres de cette nature dont plusieurs étaient attestés par des fêtes solennelles, établies à dessein d’en perpétuer la mémoire, ne pouvaient être ignorés des plus stupides, ni révoqués en doute par les plus incrédules. Aussi le peuple en est si convaincu, qu'il accepte la loi qu'on lui donne, malgré ses nombreuses exigences et les châtiments terribles qu'elle or- : donne contre les transgresseurs.

La preuve qui résulte des prophéties n’a pas moins de force : on voit dans les livres saints une foule d'hommes inspirés qui ne parlent point en doutant, en hésitant, en coniecturant, mais qui, d’un ton afirmatif, déclarent nau-

tement en public que tels événements arriveront certaine. ment dans le temps, dans le lieu et avec toutes les circonstances qu'ils marquent. Et quels événements? Les plus détaillés, les plus importants, les plus intéressants pour la nation, et tout. à la fois Les plus éloignés de toute vraisemblance dans le temps où ils ont été prédits : tels sont. l’enlèvement des Juifs à Babylone, après la prise et la ruine de Jérusalem, alors florissante ; le terme précis de soixantedix ans, marqué pour la durée de la captivité ; le. retour glorieux de ce peuple dans sa patrie ; Cyrus, son libérateur, désigné et appelé par son nom plus de deux cents ans avant , sa naissance ; tels sont la succession et l’ordre des quatre aux grands empires, dont deux sont nommés : celui des Perses et celui des Grecs, quoique ces derniers fussent alors resserrés dans un coin de la terre et partagés en plusieurs petits Etats. Comment ces prophètes pouvaient-ils pénétrer pee ainsi dans l'avenir ? Qui est-ce qui leur découvrait des évé- è nements si éluignés, si peu vraisemblables alors, sinon Celui ui est le maître des temps et qui a tout réglé dans ses décrets? C'est ainsi que les écrivains sacrés ont de’ tout temps été regardés comme les ministres et les envoyés de L VE Dieu ; c’est zinsi que leurs livres ont mérité d’être révérés

comme des livres divins contenant la parole de Dieu même. "à. L'autorité des livres du Nouveau Testament est appuyée pi sur les mêmes fondements et est également incontestable. Lee Le Nouveau Testament renferme l’histoire de la vie, des Le miracles, de la doctrine du Fils de Dieu, écrite par ses it | disciples, tous auteurs contemporains, qui en rendent un de | témoignage uniforme et qui racontent ce qu’ils ont ouï de hu leurs oreilles et vu de leurs yeux. Dès l’origine du chris- au tianisme, ces livres ont été cités et même transcrits par les | gs plus grands hommes, qui avaient vu les apôtres : jamais les Ja ennemis du christianisme, tel que Julien l’Apostat, C'else, Porphyre, n'ont élevé le moindre doute sur ce point, quoiqu'ils fussent si près du temps des apôtres et par conséquent à portée de connaître la vérité. Les hérétiques, qui F al avaient le plus grand intérêt à contester l’autorité de ces | .

livres divins, l'ont reconnue hautement ; ils se sont seulement efloroés d’en détourner le sens.

Nom ce ea ar

Dans tous le. cemps, l'Eglise a conservé une profonde vénération pour ces livres ; elle en faisait une lecture publique dans toutes les assemblées de la religion ; elle les à toujours regardés comme l’ouvrage du Saint-Esprit, comme la parole de Dieu ; elle a toujours été persuadée que l’on ne pouvait n'y ajouter nien retrancher sans impiété, sans sacrilège. Mais si ces livres sont authentiques et divins, les faits qu’ils contiennent sont donc vrais, mais si ces faits sont vrais, il est vrai de dire què Dieu lui même a parlé aux bommes.

Regardons donc toute doctrine opposée à ce qu’enseigne l'Ecriture sainte comme illusion, mensonge et erreur et opposons la parole de Dieu à la licence audacieuse de l'impie et de l’incrédule. N'oublions jamais que si notre foi doit être raisonnable par l'examen de ln réalité des faits sur lesquels elles s'appuie, elle ne saurait être trop humble par la soumission aux vérités révélées et aux explications que l'Eglise en donne.

HisTorREs.— Plusieurs personnes se rendirent chez un philogophe et lui dirent : Nous sommes envoyés vers vous pour vous prier de nous dire bien clairement ce que c’est que Dieu. Le philosophe leur dit : J’y penserai : revenez dans huit jours. Les huit jours s'étant écoulés, les députés revinrent et il icur dit : Revenez dans huit jours. Huit jours après, ils reçurent la même réponse. Les députés s’ennuyèrent enfin de n’entendre sortir de la bouch* du philosophe que les mêmes paroles ; ils lui demandèrent jusqu’à quel temps il leur dirait de revenir dans huit jours. 11 leur dit alors: Je vous ferai la même réponse aussi souvent que vous me ferez la même demande ; je sais bien que Dieu est, je sais qu’il existe, mais je ne puis et ne pourrai

jamais dire ce qu'il est.

LJ L . VS L1 . * L] A Qui m'instruira de Dieu, si ce n’est Lieu lui-même ?

—Saint Augustin, dans le temps qui précéda sa conversion, allait à l'Eglise autant que ses occupations le lui ermettaient ; il ne manquait jamais d’y aller tous les dimanches entendre les discours que saint Ambroise, évêque de Milan, y faisait.

. “C'étaient, disait-il, d'excellentes explications de la parole

“de vérité, et, à force de les entendre, mon cœur, touché de

fl jh |

s‘J'éloquence de ce saint homme, s'ouvrit à la vérité peu à peu " ae dard. 1 disait après sa conversion : ‘Combien le ‘ chant des hymnes et des psaumes qu’on chantait dans votre ‘ église, mon Dieu, me faisait répandre de larmes ! ”

Le même saint docteur disait : ‘* Ce qui me touche le plus “sur la terre, c’est d'entendre votre voix dans les divins livres “de votre sainte écriture, Ô mon Dieu; c’est un plaisir pour ‘ moi qui passe tous les plaisirs.…...Faites, Scigneur, que je me ‘“nourrisse délicieusement de vos saintes Ecritures, puisque ces ‘6 délices sont toutes chastes et toutes saintes. Faites encore ‘qu’il ne m'arrive jamais de me tromper et de tromper les au- ‘tres en les prenant en un mauvais sens,”’—Confess., Liv. vii, ‘chap. 6.

—‘t Quels sont les livres que vous lisez ?” disait le proconsul Saturnin, sous l’empereur Sévère, au confesseur de la foi, Spérat. Il répondit : ‘‘ Les quatre Evangiles de notre Seigneur Jésus-Christ et les Epîtres de l’apôtre saint Paul.”

Exæruices.—1. Quei est le plus grand intérêt de l’homme ? 3. Pourquoi l’homme ne peut-il concevoir qu’imparfaitement les choses spirituelles ? 3. A qui doit: il s’en rapporter à l'égard des choses spirituelles ? 4, Où sont contenues les véri. tés que Dieu a révélées aux hommes ? 5. Comment divise-t-on l’Ecriture sainte ? 6. Que contient l'Ancien Testament ? 7. Par qui a été éc:it le Nouveau Testament ? 8. Comment tous ceslivres ont-ils été écrits et quelle est leur authenticité? 6. Comment ceux qui ont écrit les livres de l'Ancien Testament ont-ils prouvé leur mission divine ? 10. Quelle autre preuve donne une nouvelle force à la divinité des livres saints ? 11. Sur quoi est appuyée l'autorité des livres du Nouveau Testament ? 12. Que renferme le Nouveau Testament ? 17%. Quelle. est Ja croyance de l'Eglise à l'égard des livres saints ? 14. Comment devons-nous regarder toute doctrine opposée aux enseignements de l’Ecriture sainte ?

ARTICLE II Je crois en Dieu Existence de Dieu

Il y a un Dieu : c’est une vérité qui se présente pour alusi dire d'elle-même à notre esprit ; il ne faut qu’ouvrir les yeux et réfléchir un instant pour l’apercevoir. Tout ce qui est hors de nous et tout ce qui est en nous »n est un preuve. |

Regardons le ciel : quel magnifique spectacle ! qui est-ce qui a fait cette voûte immense ? qui est-ce qui a suspendu tous ces globes éclatants : ls lune et les étoiles qui brillent

à peu en le votre

8 plus livres pour je me e ces ncoro ès au- . VE,

onsul Spérneur

Jour vrir t ce une

t-ce ndu ent

PEU à. ui

au fmament pendant la nuit et qui recommencent chaque jour leur course majestueuse avec une régularité vraiment admirable ?

Abaissons nos regards sur la terre et considérons cette multitude innombrable d'animaux dont elle est peuplée; cette variété infinie d’arbres, de plantes et de fruits dont elle est couverte ; la quantité prodigieuse de poissons que la mer renferme dans son sein ; quel peut être l’auteur de tant de merveilles, si ce n’est Dieu! Attribuer tout cela au hasard, ne serait-ce pas le comble de l’extravagance ? En voyant un beau palais, nous jugeons sans hésiter qu’il y à un habile architecte qui en à tracé le plan, un ouvrier intelligent qui en a opéré l'exécution; si nous voyons un beau tableau, nous ne doutons pas qu’un excellent peintre n’en ait conçu le dessin et distribué les couleurs ; et si quelqu'un venait nous dire que c’est l'ouvrage du hasard, que les pierres de l'édifice se sont taillées et posées d'’elles-

mêmes, que les couleurs du tableau sont venues d'elles-méê. mes s'arranger sur la toile, se nuancer dans un si bel ordre et former une figure régulière, ne le regaraderions nous pas comme un insensé ? Quelle serait donc la folie de celui qui prétendrait que l'univers s'est formé par hasard ?

Enfin considérons-nous nous-mêmes ; voyons ce corps composé d’une multitude étonnante de ressorts et d'organes qui sont placés, arrangés avec un ordre admirable ; partout on aperçoit un dessein marqué et l’on voit que Celui qui a appelé l’homme à l'existence a voulu lui donner une preuve manifeste de sa sagesse infinie, Quel autre, en effet, que Dieu aurait pu faire un si bel ouvrage !

Mais nous n'avons pas seulement un corps, nous avons aussi une âme. Cette âme n'est nas matière : car la matière n’est point capable de penser ; c'est donc un esprit ; cependant, l’âme est unie au corps et cette union est si étroite que, quand le corps est en bon état, une douce joie se répand dans l’âme, et dès que le corps s’altère, l’âme souffre de son côté. Qui a pu unir ainsi deux substances si différentes et établir entre elles cette correspondance si admirable, si ce n'est Dieu f

is

Page 1