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Ces sentiments de joie et de douleur que nous éprouvons sont encore uns nouvelle preuve qu’il y a un Dieu ; car il ne dépend pas de nous de les avoir ; si nous pouvions nous les procurer ou nous y soustraire, nous serions toujour: dans la joie et jamais nous n’éprouverions la douleur.
Nous avons donc un maître souverain et tout puissant, de qui nous dépendons et qui dispose de nous à son gré. Ce maître suprême, c'est Dieu. De là ce cri: Mon Dieu / qui nous échappe dans une douleur inopinée, dans un danger imprévu : c'i indélibéré, qui n’est pas l'effet de la reflexion, mais le témoignage d’une âme naturellement chrétienne, selon l'expression de Tertulien.
Il est donc vrai que nous portons au dedans de nous l’impression de la divinité tracée en caractères ineffaçables.
Aussi n’y a-t-il jamais eu de peuple si barbare et si sauvage qui n'ait reconnu une divinité. On trouve des nations qui n’ont aucune connaissance des arts et des sciences, mais on n’en trouve aucune qui n'ait point de Dieu; plusieurs se sont égarées en substituant des idoles au vrai Dieu, mais elles ont toutes senti le besoin de reconnaître une divinité,
Ce consentement si universel entre les hommes de tous les pays et de tous les siècles, si différents d’ailleurs de gé-
‘nie et de mœurs, séparés par des intervalles immenses de
temps et de lieux, ne peut être l'effet d'une convention arbitraire ; il ne peut venir que d’une lumière aui éclaire tous les hommes et que Dieu à mise dans notre âme en caractères si visibles, que les plus simples même ne sauraient l’y méconnaître,
Les cieux annoncent la gloire de Dieu et le firmament publie les merveilles de sa puissance, Quel autre, en effet, a pu dire au soleil: Sortez du néant et présidez au jour ! Quel autre à pu dire à la lune: Paraissez, et soyez le flambeau de la nuit? Toutes les créatures nous disent qu’elles
ne sont pas faites elle-mêmes, mais que c’est Dieu qui les a
faites Quel autre que Dieu pourrait faire ge-mer les plan-
tes dans le seîn ‘e la terre et leur donner l'aceroïssement, régler la succession des jours et des nuits et fixer l’ordre invariable des saisons ? Tout nous annonce donc l'existence de Dieu.
HisTotRE. —Un impie, aussi léger dans ses raïsonnements que dans sa personne, se présenta un jour chez M. OQudin, savant et pieux ecclésiastique. *‘ Monsieur, lui dit-il brusquement, je | suis bien aise do vous apprendre que je suis un athée.” A ces | mots, l’homme de Dieu recule d’horreur et, s’armant d’une lu- | nette qu’il trouve sous sa main, il fixe les yeux sur le jeune fat. ‘Que faites-vous là, Monsieur ? lui dit celui-ci.—Je regarde cet être étrange qu’on appelle athée et que je n'avais pas enco-
re vu.” Déconcerté par cette parole, le jeune impie disparut. MERAULT.
Exercices.—1. Faut-il beaacoup de recherches pour trouver des preuves de
A l'in- l'existence de Dieu ? 2. Quelles sont les preuves extérieures de l'existence de 8, Dieu ? 3. Pourrait-on attribuer au hasard la formation de l’univers et de toutes les beautés qu'il contient ? 4. La formation admirable du corps de l’homme peutelle être l'effet du hasard ? 5. Les facultés de l’âme et l’union de celle-ci avec le sau- corps sont-elles aussi une preuve de l’existence de Dieu ? 6. ae demontre ce tion cri: Mon Dieu / qui nous échappe dans la douleur ou dans ie danger imprévu ? 18 7. Y at-il sur la terre des peuples qui rejettent l'existence de Dieu ? 8, Que mails prouve ce consentement universel par rapport à l'existence de Dieu ? leurs ia, ARTICLE III nité, k ne Je crois en Dieu, etc., etc.
tous : é Unité de Dieu ) géde La foi et la raison, qui nous apprennent qu’il y a un Se Dieu, nous apprennent aussi qu’il n’y en a qu’un et qu'il ne us peut même y en avoir plusieurs, parce qu’il n'y a qu’un étre pi qui puisse exister par lui-même et ne dépendre d'aucune gra cause. Et n'est-il pas évident qu'étant souvorainement grand, il doit être unique, et que s’il avait un égal, il ne serai à uprême nat it plus l’être sup ?
St Toutes les perfections de Dieu prouvent aussi son unité : 5 il ne peut y avoir qu’un seul être immense, c’est à-dire :. qui remplisse tout et hors duquel il n’y ait plus rien. es
Il ne peut y avoir qu’un seul être infiniment parfait,
c'est-à-dire qui possède toutes les perfeuuions et hors duquel il n'y ait aucune perfection qui ne vienne de lui.
La majesté divine ne peut avoir d’égale, parce qu’elle renferme en elle-même toute la plénitude de la grandeur.
Il y a, sans doute, lieu de s'étonner qu'une vérité si claire ait été autrefois ignorée et que des peuples d’ailleurs très éclairés aient adoré un grand nombre de divinités. Cette erreur si grossière a été l'effet du péché. Lorsque Dieu créa l’homme, il se manifesta à lui: dès ce moment l’homme connut clairement qu’il n’y avait qu’un être supréme, créateur de toutes choses et de qui toutes choses dépendent, L’homme transmit à sa postérité cette religion sainte et pure, qui se conserva pendant quelque temps. Les premiers hommes n'avaient donc besoin que du témoi-
gnage de leurs pères pour connaître l'existence et l’unité de Dieu.
Cette tradition était d’ailleurs si conforme à la raison qu'il semblait qu'elle ne pût jamais être oubliée ni obscurcie. Mais la religion demandait des sacrifices et la corruption de la nature prenait chaque jour un nouvel empire: aussi, à mesure qu'on s’éloigna de l’origine des choses, la plupart des hommes brouillèrent les idées qu’ils avaient reçues de leurs ancêtres et ils ne voulurent plus adorer que
ce qu’ils pouvaient voir : l’idée de Dieu fut confondue avec celle de la créature. |
Ainsi l'on adora tous les objets qui décélaient quelque puissance extraordinaire, ou de qui l’on pouvait espérer ou - craindre quelque chose,
Les astres furent les premiers objets de cette adoration
impie ; les grands rois, les conquérants, les hommes savants, reçurent bientôt après les honneurs divins.
Un si grand mal fit des progrès étranges: on en vint jusqu’à adorer des bêtes et des reptiles ; enfin tout fut dieu parmi la plupart des peuples, excepté Dieu même,
Au milieu de tant de ténèbres, l’homme adora jusqu'à l'œuvre de ses mains : il crut pouvoir renfermer l'esprit di. vin dans une statue et il oublia si profondément que Dicu l'avait fait, qu’il crut à son tour pouvoir faire un dieu, Chaque peuple eut ses dieux particuliers, dont les uns présidaient au Ciel, les autres à la mer et aux fleuves, d’autres aux enfers : on ne s’en tint pas encore là, car bicntôt les vices et les passions eurent des autels.
Ce n'étaient pas seulement des peuples grossiers et barbares qui se livraient à cet excès de folie et d’aveuglement, c’étaient les nations les plus policées et les plus éclairées à tout autre égard, telles que les Egyptiens, les Grecs et les Romains. Ces peuples surpassaient tous les autres par leurs lumières et leurs connaissances ; mais en matière de
religion ils n'étaient pas moins aveugles,
On voyait chez eux de grands orateurs, des poètes célèbres, d'excellents historiens, en un mot des génies rares en tout genre ; et, cependant, ces peuples étaient dans la plus profonde ignorance sur la nature de la divinité, et, ce que l’on aurait peine à croire si les faits ne le prouvaient, cette erreur sur ce point, quoique la plus absurde de toutes, ne fut pas eulement la plus universelle, mais encore la plus enracinée et la plus incorrigible. Si parmi eux quelques sages sont parvenus à reconnaître l’unité de Dieu, ils n'ont jamais osé l’enseigner publiquement.
Les hommes ne seraient jamais sortis des ténèbres de l’idolâtrie, si une lumière surnaturelle ne fût venue au secours de la raison et si Dieu n‘ût parlé lui-même à l'homme pour lui apprendre ce qu’il est et comment il veut être honoré. Nous serions nous-mêmes plongés dans cet aveuglement, si le Seigneur n'avait daigné nous éclairer aussi ; mais, grâce à sa bonté, les premières leçons qu’on nous a données dès notre enfance nous en ont plus appris que n’en ont jamais su les sages du paganisme.
Hisrorre.—Epictète, à qui l’on demandait ce que c’est que Dieu, répondit : ‘‘ Si je pouvais dire ce qu'est Dieu, Dieu ne serait pas ce qu'il est et je serais Dieu—Dieu seul pent dire ce qu'il est.” :
Exancias.—1, Que nous apprennent Ja fol et la raison par rapport à Dieu! 4, Comment les perfeotions de Dieu prouvent-elles son nité À & De quelle expression se sert-on pour dire que Dieu n’a pas d'égal en majesté, en puissance, eto, eto, ? 4, Qu'est-ce qui a donné lieu à l'dolâtrie, c'est-à-dire au culte de plusieurs dieux ? 5. A quels objets les hommes adressèrent-ils d'abord eurs adorations ? 6. Les peuples ignorants et grossiers se livrèrent-ils seuls à lidolâtrie ? 7. À qui devons-nous la délivrance d'un pareil aveuglement.
ARTICLE IV Je crois. en Dieu, etc., ete, Perfection de Dieu.
Dieu est si grand, et notre esprit est si borné, qu’il nous est impossible de comprendre tout ce qu’il est. :
Nous ne le connaissons qu’imparfaitement, par la lumière de la foi et par celle de la raison.
. Cependant, cette connaissance, tout imparfaite qu’elle est, suffit à l’homme dans cette vie. Rien ne nous donne une plus grande idée de Dieu que ce qu'il a dit lui-même : ‘ Je suis celu* qui est, ” c'est-à-dire l’Etre par excellence et le principe de tout ce qui est et de qui tout dépend. Do cette idée de Dieu, il résulte qu’il possède toutes les perfections et qu’il est au suprême degré.
Dieu est esprit, c’est une pure intelligence ; il n’a ni corps ni figure, ni couleur.
Dieu ne ressemble à rien de tout ce qui nous enrironne et qui frappe nos sens, Tout ce que nous voyons, tout ce que nous touchons est matériel et un être infiniment parfait n’est point matière. Les anges et nos âmes sont bien des intelligences, mais leurs connaissances sont
bornées et imparfaites : celles de Dieu embrassent toutes choses,
Dieu est éternel. Il était avant toutes choses, puisqu'il a tout fait ; il était avant tous les temps ; il n’a point eu de commencement et il n’aura jamais de fin. Avant le com-
mencement des siècles, Dieu était en lui-même et rien n'était que lui seul.
CS HDUE LC à
à Dieu!
e quelle en puis- Lu culte d'abord seuls à
Dieu est tout puissant, il peut tout, il fait tout ce qu'il veut ; par sa seule parole il a tiré du néant toutes les créatures ct il pourrait encore créer mille autres mondes, s’il le jugeait convenable,
Il appelle, dit le Prophète, les choses qui ne sont pas, comine si elles étaient, et elles obéissent à sa voix. Rien no lui est donc impossible, rien même ne lui est difficile. Les globes célestes sont suspendus dans l'espace sans autre appui que sa volonté, la mer respecte ses ordres et. ne franchit jamais les limites qu’il lui a prescrites et toute la nature suit les lois qu’il lui a imposées. Le feu, le vent et la tempête obéissent à sa voix ; c’est lui qui couvre le ciel de nuages et y prépare la pluie qui doit arroser la terre; c'est lui enfin qui, chaqueannée, présente à notre admiration la résurrection de la nature entière.
Dieu est indépendant. Principe de tout ce qui est, il ne tient l'être que de lui-même. Source inépuisable de tous les biens, il les distribue à son gré à qui il lui plaît ; souverainement heureux, il n’a besoin de personne, il se suffit à lui-même ; maître absolu de toutes choses, il n’a ni supérieur ni égal. Pour nous, nous sommes dans une dépendance continuelle et universelle à l'égard de Dieu. C’est lui qui nous conserve et qui nous soutient ; sans lui, nous retomberions à chaque instant dans lo néant, d’où il nous
a tirés ; sans son secours nous ne pouvons rien faire.
Dieu est immuable. Ce qu'il est, il l’a toujours été et il le sera toujours. Je suis le Seigneur, dit-il lui même, et je na change point. L'homme n’est jamais dans un état fixe et permanent ; son corps, sujet aux révolutions des différen(s âges, passe successivement de la force à la faiblesse, de la santé à la maladie, de la vie à la mort; sa volonté change, soit par inconstance, soit parce qu'il découvre des raisons d'abandonner ce qu’il recherchait, ou de reche:cher ce qu’il négligeait ; mais en Dieu il n’y a ni changement ni même ombre de vicissitude,
Dieu est infini, c'est-à-dire que son essence et ses perfections n’ont point de borne ; il a toutes les perfections et en lui chaque perfection est infinie. Sa nature est d'être souverainement parfait. Ainsi Dieu est non seulement bon, mais infiniment juste, et ainsi de toutes les autres perfec-
tions, Comme rien n’a pu en limiter le nombre, rien n'a pu en borner la grandeur.
Dieu est immense, parce qu’il est au ciel, en terre et en tous lieux. C’est lui qui anime tout, qui soutient tout, qui donne !a vie et le mouvement à tout. Il est en toutes choses, ou, pour mieux dire, toutes choses sont en lui: sa présence s'étend au-delà des bornes de l'univers ; il pourrait en créer un autre, et, s’il le créait, ce nouvel univers serait dans l’étendue de son immensité.
Ilest donc certain que nous sommes continuellement sous les yeux de Dieu : il entend toutes nos paroles, il voit toutes nos actions ; il est même au fond de notre cœur, il connaît toutes nos pensées et tous nos désirs. Quand nous faisons le mal, c'est en sa présence que nous le faisons, Les ténèbres les plus épaisses ne nous dérobent point à ses regards ; la nuit la plus profonde est à ses yeux comme le jour le plus brillant. La preuve de cette vérité est même gravée dans notre propre cœur. Et, en effet, d’où viennent ces remords qui nous agitent quand nous avons fait quelque mauvaise action, même en secret et sans avoir été aperçu de personne? D'où viennent ces reproches si vifs et si amers que fait alors la conscience? En vain le pécheur s’efforce de les apaiser, le cri perçant de cette voix intérieure surmonte tout ce qu'on lui oppo' ; en vain il fuit son propre cœur et se hâte de sortir de lui-même pour n'être pas accablé de confusion devant un juge qui lui reproche son crime : quelque part qu'il aille, il est saisi de crainte et couvert de honte devant ce censeur invisible toujours attentif à lui représenter la laideur de son crime pour le porter à le détester.
N'oublions donc jamais que Dieu est toujours avec nous et que nous ne sommes jamais seuls ; que, quelque éloignés que nous soyons de la vue des hommes, dans le lieu le plus retiré, dans la plus profonde solitude, nous avons un té-
moin invisible qui nous accompagne et qui observe toutes nos actions.
Cette pensée nous éloignera du mal. L’ennemi de notre salut sera faible, ses efforts seront impuissants, tant que nous conserverons la pénsée de la présence de Dieu. Et enmment oserlons-nous commettre le péché sous ses yeux f
et en at, qui 8 chosa, préurrait serait
ement il voit ur, il 1 nous s, Les es reme le même nnent quelir été i vifs le pévoix 1 fuit pour 1 resi de ible rime
Aurions-nous la témérité de faire en sa présence ce que nous ne ferions pas À la vue d’un père, d’un maître ? C'était la leçon que donnait autrefois Tobie à son fils : ‘“ Mon fils, lui disait-il, ayez Dieu dans l'esprit tous les jours de votre vio.” C’est le conseil que nous donne saint Augustin : ‘“ Si quelqu'un veut vous porter au péché, dit ce docteur, répondez-lui : “Trouvez-moi un endroit où Dieu ne me voit pas ; mais puisqu'il n’y en a point où Dieu ne soit présent, nu m'en parlez plus, je ne suis pas assez méchant pour l'offenser sous ses yenx.” Cette pensée, Dieu me voit, nous soutiendra contre les attaques du démon, nous donnera la force de les surmonter et nous encouragera à remplir nos devoirs avec fidélité.
Dieu gouverne toutes choses, il prend soin de toutes les créatures, et ce soin s'appelle Providence. lien n'arrive dans le monde sans son ordre ou sans sa permission. Le bien qui se fait arrive par son ordre ; Dieu l’approuve ; il le veut, il le commande, il le récompense. Le mal n'arrive point par l’ordre de Dieu ; il le défend, il le punit ; mais il ne l’empêche pas, parce qu’il ne veut point gêner notre liberté et parce qu’il est assez puissant pour tirer le bien du mal même. Ne pensons donc pas que Dieu abandonne ses créatures au hasard, après les avoir faites. Puisqu'il a daigné les créer, il n’est pas indigne de lui de les gouverner.
Cette Providence ne veille pas seulement sur les royaumes ct les empires ; son attention s'étend à toutes les créatures. TI ne tombe pas un passereau sur la terre sans l’ordre de votre Père céleste ; tous les cheveux de votre tête sont comptés, dit Notre Seigneur lui-même. C’est cette Providence qui, tous les ans, couvre la terre de moissons, fait croître les plantes, charge les arbres de fruits et veille sur tous les besoins de ses créatures avec un soin tout à fait paternel. C’est elle qui nourrit les oiseaux du ciel, les poissons de la mer et les animaux qui sont sur la terre.
Ne nous imaginons pas, cependant, que cette attention, que ce soin coûte à Dieu et que son repos inaltérable puisse en être troublé. Tout est également aisé à une puissance et à une sagesse infinies. Si un roi ne s'occupe que des grandes affaires, sans descendre dans le détail des petites : choses qui se passent dans son royaume, c’est qu’un roi, u’ayant qu’une intelligence bornée, ne pourrait s'appliquer
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aux petites choses sans s’exposer à négliger les grandes; mais Ja sagesse de Dieu étant infinie, embrasse tout sans peine et sans efforts.
De ce principe : il y a une Providence, naissent deux devoirs pour l’homme.
Le premier est de se soumettre sans réserve à la conduite de cette Providence ; nous devons l’adorer dans les maux comme dans les biens qui nous arrivent, dans l’adversité comme dans la prospérité, dans la maladie et dans les souffrances comme dans la santé et dans la joie. Nous devons dire alors: Dieu le veut et il ne le veut que pour mon bien ; que son saint nom soit béni! S'il permet quelquefois que l’homme de bien soit dans la misère, tandis que l’impie est dans l’abondance, c’est qu’il veut éprouver sa vertu pour le récompenser magnifiquement dans l’autre vie ; c'est qu’il sait que cette affliction passagére est un moyen pour assurer son salut éternel.
Le second devoir est de se confier en la Providence et d'attendre sans inquiétude de la bonté de Dieu tout ce qui nous est nécessaire pour cette vie et pour l’autre. ‘ Censidérez les oiseaux du ciel, dit Notre-Seigneur, ils ne sèment ni moissonnent ; c’est Dieu qui les nourrit ; combien ne valez vous pas mieux qu'eux! Voyez les lis des campagnes, ils ne travaillent ni ne filent ; cependant le roi Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un deux. Si Dieu à soin de vêtir ainsi l'herbe des champs, combien prendra t-il plus de soin de vous, qui êtes ses enfants 7” Ce serait l'outrager que de s'inquiéter ct de manquer de confiance en sa bonté puternelle. Adorons donc sa providence en tout ce qui nous arrive ; notre sort ne pourrait être en meilleures mains ; jamais un si bon Père n’aban- Le des enfants qui se confient en sa paternelle provi-
ence.
Hisrormes.—Nous lisons dans l'Ancien Testament que la jeune Suzanne fut sollicitée au crime par deux infâmes vieilards. Cette sainte femme rougit de leur proposion, et, levant les yeux au ciel, elle leur dit : ‘Je me vois dans l’ombarras de ‘toutes parts : si je consens à votre honteuse passion, je n'’é- “ chapperai pas à la main de Dieu, qui me voit. Il est mon juge, ‘“il me fera rendre compte d’une action aussi criminelle. Si, au ‘‘çontraire, je ne consens pas à votre “sir, je n’échanperai
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deux
, conas les y l'ad- ; dans Nous pour queltandis "ouver ’autre et un
ice et ce qui Je nsiment en ne Agnes, omon, x. Si 0 bien ats ?” er de Dr'OVIrrait abanprovi-
ue la vieilovant as de > n'éjuge Si, au perai
‘é pas À votre ressentiment et je vois qne vous me ferez bienté” ‘mourir, Mais je crains Dieu et j'aime mieux souffrir tous les ‘ supplices et tomber en vos mains cruelles que d’offenser mon Dieu en sa présence et de tomber entre les mains de sa jus- “tice.” Elle fut sur le point d’être mise à mort par suite des calomnies que firent contre elle ces deux criminels vieillard mais Dieu sut défendre l'innocence de sa servante et ces deux infâmes calomniateurs subirent la peine à laquelle ils avaient fait condamner celle qu'ils n’avaient pu entraîner au crime.
La fermeté de Suzanne fut un effet du souvenir de la présence de Dieu, qu’elle conservait dans son esprit.
—Des flatteurs louaient la puissance de Canut, roi d’Angleterre. Que fait ce sage prince ? Il s’assied sur le bord de la mer (c’était au moment du flux) et ordonne à l'élément fougeux de le respecter. On pense bien qu’il ne fut pas obéi. Se tournant alors vèrs ses courtisans : ‘* Voyez, dit-il, quelle est ma puissance ! ”
MERAULT, Enseignement de la Religion ,t. 1
‘ Quelque affliction qui m'arrive, disait David, je n'ai pas même la pensée d’en former la moindre plainte : je n'ai de voix que pour bénir Dieu et chanter ses louanges, sachant que tout vient de lui comme source de tout bien. Si je suis persécuté et poursuivi par Saül, C’est Dieu qui l’a voulu. Si je suis chassé de mon palais et de ma capitale par Absalon, mon pro-
re fils, c'est Dieu qui l’a voulu.” |
—M. de Chantal, ayant été blessé mortellement à la chasse par l’imprudence d’un ami, fut lui-même son consolateur, en lui disant: ‘ Mon ami, le trait était parti d'en haut avant de partir de ta main,”
Vie de sainte Françoise de Chantal.
—Madame de Sévigné, en parlant de Turenne, dit que ‘‘le canon qui tua ce grand homme était chargé de toute éternité.” Cette pensée est aussi vraie qu'énergiquement rendue.
Lettres de madame de Sévigné.
Exæroicts.—1. Pouvons-nous connaître Dieu parfaitement? 2 Comment pouvons-nous connaître Dieu au moins imparfaitement ? 8. Pourquoi dit-on que Dieu est esprit ? 4. Pourquoi éternel, tout puissant, indépendant? 5, Qu'entendez-vous l’immuabliité de Dieu? 6. Expliquez ces paroles: Dieu est infini. 7. Quelle ren pratique tire-t-on de l’immensité de Dieu ? 8, Quelle idée devons-nous avoir de la providence de Dieu? 9, Quels deux grands devoirs uous prescrit la providence de Dieu ? ;
ARTICLE V Je crois en Dieu, etc., etc.
Mystère de la sainte Trinité
Bien que Dieu soit un quant à la nature, il y a néan-
moins en Dieu trois personnes: le Père, ie Fils, et le Saint-
Esprit, et c’est cu qu’on appelle le mystère de la très sainte Trinité.
C’est Dieu lui-même qui a révélé co mystère d'une manière sensible dans le baptême de Jésus-Christ, lorsqu en entendit la voix du Pèro qui le reconnut publiquement pour son fils bien-rimé et que l’on vit descendre le Saint- Esprit sur Jui en forme de colombe. Jésus-Christ l’a aussi déclaré manifestement, quand il a ordonné à ses apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, montrant par là que ces trois personnes sont un seul et même Dieu, ce qui est confirmé par ces paroles de Saint Jean: “II ÿ en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint Esprit, et ces trois ne sont qu’une même chose.”
Ce mystère est le grand objet de notre foi et il n’y en a point dont notre religion nous rappelle aussi souvent le souvenir. Toutes nos prières commencent et finissent par l'invocation de la sainte Trinité. Le signe dé la Croix, qui revient si souvent dans les cérémonies de l'Eglise et dans ls actions particulières des chrétiens, se fait au nom du Père et du Fils et dau Saint-Esprit.
Mais s’il ne faut point diviser la nature divine, qui est une, il ne faut pas non plus confondre les personnes, qui sont distinguées l’une de l’autre. Le Fils est le même Dieu que le Père, mais il n’est pas la même personne ; le Saint- Esprit est le même Dieu que le Père et le Fils, mais il n’est pas non plus la même personne.
Ces trois personnes ne sont pas trois dieux, maïs un seul dieu, parce qu’elles n’ont qu’une seule ct même divinité, qu'une seule et même nature, d'où il suit que ces trois personnes sont égales en toutes choses et que l’une n’est pas plus grande, ni plus -puissante, ni plus a:vienne