CERTA
Dieu, voulant distinguer l’homme du reste des créatures visibles, sembla se recuellir en lui-même avant de le créer : Faisons l'homme, dit-il, à notre image et à notre res semblance, Il forma son corps de terre et le rendit vivant et animé en lui donnant une âme intelligente, capable
em 933 —
d'umer, de vouloir et de penser ; et c'est en cela que l'howme est fait à l’image de Dieu et capable de le posséder éternellement, s’il se rend digne de ce bonheur par la pratique des vertus qui lui sont commandées.
Il fallait au premier homme une compagne : elle fut tirée de lui-même et reçut le nom d’Eve : ainsi fut institué le mariage. Tous les hommes sont nés de ces premiers parents : ils doivent donc être à jamais une seule et même famille et s'aimer comme les enfants d’un même père.
L'homme n’est pas seulement corps ; il a une âme capable de penser et d'aimer, une âme- qui de sa nature est incorruptible et immortelle.
HisToire.— Un empereur romain avait un cerf qu'on était venu à bout d’apprivoiser. Il était nourri au palais et y revenait tous les jours après avoir visité les forêts voisines. Cet animal était cher à l’empereur. Craignant que dans les courses qu’il faisait au dehors, quelqu'un ne le poursuivit et le blessât, il fit graver sur un collier d’or, qu’on lui mit, ces paroles : Ne me touchez pas, A ag à César.—Nous venons de Dicu, nous appartenons à Dieu, nous sommes à Dieu, nous sommes le bien de Dieu ; il nous a marqués de son sceau : notre âmo et ses facultés, notre corps et les organes de nos sens portent : l'empreinte de la Divinité. Ne nous laissons donc pas séduire par les mauvais exemples, entraîner par les passions et réduire en servitude par l'esprit de malice, qui est notre grand ennemi.
Exeroice.—1. -Comment Dieu distingua-t-il l’homme du reste des Créatures
et comment forma-t-il sa compagne? 2 Quelle ra y faut-il tirer de ce que nous sommes tous issus d’un même père ? 3. De quoi l’hommwe est-il composé ? (1)
ARTICLE III De la spiritualité et de l’immortalité de l'âme.
Les fidèles de la nouvelle Loi ne sont pas les seuls qui fassent profession de croire à l’immortalité de notre âme ; les anciens patriarches, les prophètes, tous les adorateurs du vrai Dieu y ont également cru et en ont fait le motif de leur conduite. Les grands génies de l’antiquité, Platon, Aristote, Cicéron et une infnité d’autres ont, par les lumières de la raison, aidée de quelques souvenirs traditionnels, reconnu que la mort n’est pas la fin de tout homme,
(1) Voir la fin de la vage 8 et le commencement de la page 4.
mais qu'il se survit encore à lui-même, après avoir éprouvé cette oatastroplio, qui n’est autre chose que la séparation des deux substances, l'âme et le corps qui constituent sa nature, è
Et, en effet, nous ne pouvons pas plus douter qu'il y ait en nous deux subtances que nous ne pouvons douter de notre propre existence ; car ce qui pense dans nows, ce qui médite, calcule, compare, réfléchit, ce qui est capable d’une si grande variété de connaissances et de sentiments ne peut être matière. Mais le dogme de l’immortalité de l'âme n’est pas seulement fondé sur de simples conjectures, sur quelques vraisemblances : la révélation primitime, la persuation générale du genre humain, les idées que Dieu nous a données de sa bonté, de sa puissance, de sa justice, tels sont les fondements d’une vérité aussi consolante pour l’homme de bien qu’effrayante pour l’impie.
Après son péché, l’homme a été condamné à mort ; son corps doit rentrer dans la poussière, d’où il a été tiré; mais si son âme devait périr avec son corps, si ce principe de vie émané du Créateur devait être anéanti, la promesse d’un rédempteur était absurde et sans motif. Aussi le dogme de la vie future, et par conséquent de l’immortalité de l’âme, fut-il toujours un des articles fondamentaux de la religion primitive ; il fut l'espoir de nos premiers parents, comme il sera le nôtre, si nous observons avec fidélité les préceptes que le Seigneur nous a donnés.
Le dogme de la vie future, et par suite nécessaire de l’immortalité de l'âme, a été généralement reçu par tous les peuples de l'univers ; l’idolâtrie, loin de la détruire, lui avait donné une nouvelle force, ou plutôt ce fut même l'abus de cette croyance qui fut une des sources de l’idolâtrie ; l’apothéose des grands hommes et l'usage de leur rendre des honneurs divins après leur mort, ne se seraient jamais établis si l’on avait cru que l’homme meurt tout entier.
En créant un être d’une capacité aussi vaste que celle que possède notre âme, Dieu n’a pu avoir d'autre fin que celle de la rendre heureuse par la possession d’un bien digne d’elle, digne de ses œuvres. Peut-on trouver le bonheur en ce monde? L'homme le plis vertueux y est-il
us uvé ration ent sa
l y ait ter de ce qui apable ments ité de onjecprimiidées , de sa consoe.
mort ; 6 tiré ; prina pro- Aussi nortantaux miers avec
re de
tous ruire, nême l’ido- Jeur aient tout
celle que bien bonst—il
toujours le plus heureux ? Hélas ! l'expérience de tous les jours ne nous apprend que trop le contraire:
La justice divine est encore une preuve de l’immortalité de l'âme : on voit souvent en ce monde le vice triomphant et la vertu humiliée ; l’impie heureux et le juste malheureux. Il est donc nécessaire que l’ordre soit rétabli, quele vice soit puni et la vertu récompensée. Mais comment cet ordre serait-il rétabli, et comment la justice divine exercerait-elle ses droits, si l'âme n’était pas ümmortelle ?
On dira peut-être que le remords est la punition du crime ; mais que serait le remords sans la foi ? Disons donc hardiment que nier la spiritualité de l'âme, et pur conséquent, son immortalité, c’est non seulement donner le démenti à la croyance et au sentiment de tous les peuples, mais encore à la sainte raison et au sens commun.
Cette vérité, professée dans tous les temps, et par presque tous les peuples de l’univers, est sans doute terrible pour l’impie ; elle le poursuit partout et lui déchire le cœur, malgré les efforts qu’il fait pour se tranquilliser. Le libre cours qu'il donne à ses passions lui fait redouter l'éternité, parce qu’il n’a rien à attendre qui lui soit avantageux ; il voudrait ne pas croire, mais le remords le poursuit ; il doute, ou plutôt il croit malgré lui. Son incrédulité souvent affectée décèle un cœur coupable. ‘Quand la pensée de l'avenir visite les incrédules, dit Young, ils rampent, ils tremblent, ils doutent, ils croient, ”
Le juste, au contraire, trouve dans cette vérité la force dont il a besoin pour souffrir avec résignation les maux de la vie présente ; elle est de plus son espoir pour l’Eternité.
HisTorre. —Quelques heures avant sa mort, Bernardin de Saint-Pierre, auteur des Ætudes de la Nature, voyant ses enfants tous en pleurs autour de son lit, leur adressa ces touchantes paroles : ‘* Ce n’est qu’une séparation de quelques jours, ne me la rendez pas si douloureuse ; je sens que je quitte la terre, mais non la vie. Adieu, mes bons amis, évitez le mal, faites lc ben, vivez chrétiennement ; nous nous reverrons un jour. :
E‘rroicrs.—1. Les Chrétiens ont-ils seuls reconnu l’immortalité de l'âme ? 2. Q..ets sont 1.8 fondements de notre croyance à l’immortalité de l'âme ? 3. Coment 11 promcs e d un rélempteur prouve-t-elle l’immortalité de l’âme ? 4 Comment le do m2 de la vie future a:t-il tou été regardé ? 6. Montrez la oonfirmatios 1: ce doyua et les erreurs de l'idolâtrts ? 6. Comment la justice divine .
prouve-t-eie l'existence d'une vie future ? 7 Montrez queïs sont les effets de ce ogme, si différents pour le coupable et pour le juste.
ARTICLE IV Chute de l’homme
L'homme, au sortir des m’ins de son créateur, était juste saint, heureux et orné de dons excellents : son esprit était éclairé d’une lumière divine, qui lui montrait tout ce qu’il devait connaître. Il n'avait besoin, pour s’instruire, ni de livres ni de maîtres, sa volonté était droite et sans aucun penchant vers le mal ; rien ne troublait la tranquillité de son âme ; il ne souffrait dans son corps ni douleur ni incommodité, et il ne devai! point mourir.
. Cependant, Dieu devait à sa majesté d'exiger de l’homme le dévouement de son cœur et des preuves de son amour et de son obéissance : c’est pourquoi, en le plaçant dans le paradis terrestre, il lui défendit de toucher à un fruit particulier, en lui accordant l’usage de tous les autres. Ce commandement, facile à observer, surtout en ce moment où l’homme innocent était naturellement porté au bien, fut accompagné de la plus terrible menace, qui est la peine de mort; mais, malgré les bienfaits de Dieu et ses menaces, la femme se laissa séduire par le démon, qui avait pris la forme d’un serpent ; et, après avoir mangé du fruit défendu, elle en présenta à Adam et l’entraîna dans sa déso béissance.
A ce moment, tout fut changé pour eux; ils perdirent tous les avantages que Dieu leur avait accordés en les créant, D’épaisses ténèbres se répandirent dans leur esprit; leur volonté se dérégla, leurs passions obscurcirent les lumières de leur raison; leurs penchants se corrompirent et les portèrent vers le mal. En perdant la justice et en se séparant de Dieu, ils devinrent sujets à la damnation éternelle. Leur corps fut assujetti à ia douleur, aux maladies, à la mort,
Ces suites affreuses du péché d'Adam ont passé à toute sa postérité, parce que son péché même a passé à tous les hommes, qui sont nés de lui. En désobéissant à Dieu, il s’est perdu lui-même, et avec lui tout le genre humain, dont il est le père. Nous sommes ler héritiers de sa faute
PR et de sa disgrâce, cumme nous l’aurions évé de son inno. cence et de son bonheur. VAE Tous ont péché dans le premier homme, tous ont désobéi en lui; son péché, étant ainsi devenu le nôtre, fait que nous sommes tous coupables même avant que de naître. Vérité incompréhensible, mais dont la Religion ne nous permet pas de douter: c’est le dogme fondamen-
us ae tal de la religion chrétienne; c’est à ce dogme qu’elle se qu'il rapporte toute entière, puisque ce péché, qui est la source i dé de tous les maux, est aussi la première cause du besoin cunñ que nous avions d’un médiateur et d’un sauveur qui nous s de | réconciliât avec Dieu, qui expiât nos péchés et qui nous r ni | rachetât de la servitude.
C’est un des dogmes qui sont le plus clairement conte-
in nus dans la sainte Ecriture.
our Le saint roi David dit lui-même qu'il a été formé dans i16 l'iniquité et que sa mère l’a conçu dans le péché. par- L’apôtre saint Paul dit que le péché est entré dans le 6m- monde par un seul homme, et la mort par le péché et & où qu’ainsi tous les hommes ont été assujettis à la mort, parce. fut que tous ont péché dans un seul, s de Nous naissons tous coupables et enfants de colère: c’est s, la pour cela qu’on appelle ce péché le péché d’origine ou de 3 la transmission. | fen- Les philosophes payens eux-mêmes sont parvenus, par éso le secours de la religion seule, non pas à connaître cette
vérité, mais à soupçonner que l'homme naissait coupable ent de quelque crime. La vue des misères auxquelles il est . loë assujetti dès le berceau les avait conduits jusque-là. En sl effet, sans la foi du péché originel, l’homme est lui-même ent un mystère encore plus. incompréhensible; car, comment sivi expliquer toutes les contradictions qui se trouvent en lui! biais Tant de grandeur et tant de bassesse tout à la fois, tant de né lumières et tant de ténèbres, un penchant si vif pour le uk bonheur et une si profonde misère. Il approuve le bien et
| ne le fait pas: il condamne le mal et il le commet. ute | Il n’ÿ a que la foi du péché originel qui puisse expliquer ces difficultés et concilier ces contradictions.
Ce qu’il y a de l’homme de bonté et de lumière vient de in, Dieu et de la première institution de la nature: ce sont de te | beaux restes d’un grand édifice tombé en ruine. L'ignoran-
ê AE RER 4e An PR Qt: à
-. . #— ce-et les vicus v'onnent du péché qui a gâté- l'ouvrage -de: Dieu et défigrré son image jt qu'à la rendre méconnaissable. |
Nous voyons un exemple de cette justice rigoureuse dans la conduite d’un roi qui punit un sujet rebelle en le dégradant lui et toute sa postérité ; mais les comparaisons tirées des choses humaines sont toujours imparfaites ; les règles de la justice des hommes ne sont qu’une ombre de celles de la justice divine ; elles peuvent aider notre foi, mais elles ne peuvent pas découvrir le fond de ce mystère impénétrable.
Dieu avait créé l’homme pour le rendre éternellement heureux avec toute sa postérité. Il était juste et saint quand il sortit de ses mains: il ne tenait qu’à lui de conserver ces précieux avantages et de les faire passer à ses enfants ; il ne fallait pour cela que lui demeurer fidèle. S'il eût persévéré dans la justice, il aurait communiqué le même bonheur à tous ses descendants et leur aurait assuré une félicité éternelle ; mais sa désobéissance a tout perdu et les suites de son péché, c’est-à-dire l'ignorance, l’inclination au mal, les misères de la vie, la mort du corps et la perte ae l’âme, ont passé jusqu’à nous. Ainsi, nous étions exclus
du ciel, si Dieu, par une infinie miséricorde, n'avait préparé E un remède à nos maux en envoyant un rédempteur. C H:sroire.—Le Seigneur appela Adam et lui dit : ‘Adam, où €
êtes-vous ? ” Adam répondit : ‘Seigneur, j'ai entendu votre voix et j'ai craint de me présenter devant vous parce que j'étais nu et je me suis caché.” Le Seigneur dit : ‘‘Qui est-ce qui vous a fait connaître que vous étiez nu, sinon parce que vous avez inangé du fruit défendu ? ” Adam répondit : ‘‘ C’est la femme que vous m'avez donnée pour compagne qui m'en a présenté et j'en ai mangé.”” Dieu dit à la femme : ‘‘ Pourquoi avez-vous ait cela ? ” Elle réponuic : ‘C’est le serpent qui m'a trompée et ‘j'ai mangé de ce fruit ” Le Se'gneur dit au serpent : ‘‘ Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux, tu te traîneras sur ta paitrine, tu mangeras la terre toute ta vie ; je metterai une éternelle inimitié entre la femme et toi et entre sa postérité et la tienne ; elle t'écrasera la tête et tu tendraus des embûches à ses pieds.” Puis il dit à la femme : ‘‘Je multiplierai tes chagrins et tes maux ; tu enfanteras avec douleur ot tu seras sous la puissance de ton mari, qui dominera sur toi.” Enfin, adressant la parole à Adam, il lui dit : ‘‘Parce que, trop docile à la voix de ton épouse, tu as mangé du fruit d u, la: terre sera maudite en tes ouvrages ; tu ne pourras te nourrir de
Du NON PR +
fe à é a # :