‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 38 sur 141 · AN SA · texte numérisé non relu

AN SA

ARTICLE IX

DE LA MORT ET DU JUGEMENT du

Jésus-Christ viendra juger les vivants et les morts pe

ARTICLE PREMIER né

De la mort | ri

: dl Vous mourrez, telle est la sentence qui fut prononcée qe : 0 contre Adam après son péché et que nous voyons se réaliser tous les jours. Il n’est rien de plus certain que la mort, et ; rien de plus incertain que le temps de notre mort. Nous

mourrons tous, c’est-à-dire nous quitterons cette terre que .

nous habitons, et nous entrerons pour toujours dans l’éter- el

nité. A la mort, nous quitterons tout: parents, amis, ri-. ce

chesses, honneurs, emplois, sans exception et sans retour. o

A la mort, tout nous quittera aussi, excepté nos œuvres |

bonnes ou mauvaises. ; Lo

Si la seule pensée de la mort est insupportable aux ama- ;

teurs du monde, aux voluptueux, en un mot aux pécheurs, combien terrible doit en être le coup ! O moment effroyable, qui leur découvre le vide des choses d’ici-bas qu’ils ont trop aimées et l'importance de la vertu, qu’ils n’ont peut-être connue que pour la mépriser.

Rien de plus incertain que le temps et les circonstances de la mort. Mourrons-nous d’une maladie lente, ou subitement ? Aurous-nous le temps de nous préparer, où seronsnous surpris ? Mourrous-nous dans peu de jours, dans un moment, où parviendrons-nous à une grande” vieillesse ? Mourrons-nous dans la grâce ou dans le péché ? Personne ne peut le dire. Ce qui est certain, c'est que nous mourrons et que probablement nous mourrons comme nous aurons vécu ; c’est que l’on ne recueille que ce que l’on a semé ; c’est que la mort est l’écho de la vie. Ce qui est certain encore, c'est que la destinée du mourant est immuable, que la mort décide de tout, que si l’on meurt en état de grâce, on est heureux éternellement, et que si l’on meurt en péché mortel, onest malheureux pour toujours.

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Puisque la mort est inévitable et qu’elle doit décider de notre sort éternel, nous devons nous y préparer et profiter du temps qui nous reste. Il s’agit ici de notre plus grand intérêt, ou plutôt de notre unique intérêt: car, dit Jésus- Christ, que servirait à l’homme de gagner tout le monde s’il perdait son âme ! Et, en effet, serait-on bien consolé dans les brasiers éternels par le souvenir qu’on a été grand, riche, puissant, ou que l’on a fait fortune en ce monde! Ah! on concevra bien alors que l’on a été dans l'erreur et qu’il n’y avait pas d'autre fortune que la vertu. “J’ai pos- ‘ sédé le plus grand empire de l'univers, disait Septime- “ Sévère en mourant; j'ai été tout ce que peut être un ‘“ mortel et il ne m'en reste rien qui puisse me servir dans ‘ l’état où je suis.” Un héraut portant le drap destiné à ensevelir Saladin criait, par ordre de ce prince: Voilà tout ce que le grand Saladin emporter a de tous les empires qu'il a conquis /

Les petites affaires s’expédient sans beaucoup d’application, mais les grandes demandent beaucoup de soin et d’étude. Comme c’est la marque d’un esprit faible de s’occuper beaucoup d’une bagatelle, aussi est-ce le propre d’un esprit bien fait de penser beaucoup à ce qui est important. Il faut proportionner les soins aux affaires, et quelle plus grande affaire que de bien mourir? Est-ce trop de la vie pour se préparer à Ja mort! Est-ce trop de quelques années pour se préparer à l'éternité !

Un homme condamné à mort estime-t-il beaucoup les biens et les honneurs de ce monde ? Telles doivent être nos dispositions : la mort nous poursuit et infailliblement elle nous frappera peut-être au moment où nous y penserons le moins. Préparons-nous donc chaque jour, puisque chaque jour peut être le terme de notre vie. Ne nous y trompons pas, ne nous faisons pas illusion sur un point aussi important ; n’attendons pas le dernier moment: peut-être ne serait-il plus temps. Celui, dit saint Augustin, qui a promis le pardon au pécheur qui se ‘convertira, ne lui a pas promis le lendemain pour se convertir. C’est donc une témérité, c’est même un crime d'attendre à une dernière maladie pour se préparer à la mort. Quoi ? dans ce moment eù l'on n'est même pas capable de s'occuper des affaires les

plus ordinaires, on ponserait pouvoir accomplir l’œuvre la plus difficile, la plus importante, celle qui demande les plus grand soins ! Comment recevoir les Sacrements avec fruit lorsqu'on sait à peine ce que l’on fait ! Comment débrouiller une conscience pleine d’iniquités lorsque toutes les fa- . cultés de l’âme sont absorbées par les douleurs et les horreurs de la mort? Comment prouver à Dieu qu’on déteste le péché, l’ayant aimé et s’y étant livré aussi longtemps qu'on a pu se procurer sa jouissance ? Ce n’est plus alors le pécheur qui quitte le péché, c’est le péché, au contraire, qui quitte le pêcheur. Pour l'ordinaire, Dieu laisse mourir en impénitents ceux qui ont vécu dans l’impénitence : quand il en arrive autrement, c’est un miracle. Dieu peut faire ce miracle, mais c'est une funeste et damnable présomption que de l’attendre en vivant mal.

Historre.—Un jeune officier français, forcé de quitter sa patrie, se retira en Espagne, et touché de la grâce, il résolut de consacrer le reste de sa vie à se préparer à la mort. Plein de cette pensée, il se présente à une maison religieuse qui faisait profession de mener une vie très austère et obtint, à force d'instances, d'y être admis, Pendant son noviciat, il écrivit à sa sœur en ces termes : ‘‘ Il n’y a pas do mendiant en Espagne qui soit plus mal nourri que nous et qui ne soit mieux en tout ce qui regarde les besoins du corps. Cependant, aucun d’entre nous ne voudrait changer son sort contre un empire, sachant bien que la mort ne tardera pas à confondre les empereurs avec le dernier de leurs sujets ! Chacun s’en va n’emportant que ses œuvres ; alors on est bien aise d'avoir reméau milieu des larmes; le mal est passé et la joie succède pour l'éternité? Cinq mois après sa profession, ce religieux fut attaqué d’uné hydropisie qui, au bout de quatre mois de souffrances, le conduisit au tombeau. Couché sur la cendre et la paille, il prenait la main du père abbé avec une expression do reconnaissance qui attendrissait toute la communauté. ‘‘ Que mon bonheur est grand ! disait-il: vous m'avez Ouvert les portes du ciel en m'ouvrant celle de votre maison ! Oh ! que je suis heureux de m'être préparé à la mort ! qu’il est doux de mourir quand on espère fermement passer “a la terre au ciel ! Oh ! que bienheureux sont ceux qui comprennent bien ces paroles: Que sert à l'homme de gagner tout le monde, s'il vient à perdre son âme ! ”

—Que pourrait regretter le juste à la mort ? Les biens de la terre ? Son cœur en a toujours $té détaché. Ses parents, ses amis ? Mais il sait qu'il ne les quitte point pour toujours. Nous

nous reverrons, disait à ses parents désolés une jeune demoisclle de Lyor depuis longtemps en proie aux plus cruelles douleurs, . nous nous reverrons. Ello mourut en prononçant ces paroles. On lui a élevé un superbe mausolée où elle était représentée assise et écrivant sur une colonne ces mots: Nous nous reverrons. |

— Un enfant n'ayant que peu d’instant à vivre et voyant cou- | ler les larmes de sa mère, lui dit: ‘* Ne m’aviez-vous pas appris que pour voir Dieu, il fallait mourir ?”’ Et il avait à peine

sept ans !....….

s le EXFRCICES.—1. Par quoi se termine l'existence de tous les hommes ici-bas? 2. ‘ Quelles consequences pratiques faut-il tirer de la certitude de la mort, de lin- | 441 certitude du moment et de la manière ? 3. Montrez combien on est téméraire de | en différer de se préparer à la mort. + 1 d il ni. ARTICLE II | 1e Du jugement pa- “ Il est arrêté, dit saint Paul, que tout homme mourra de et qu'après sa mort il sera jugé.” ee L'immortalité de l'âme suppose nécessairement un juge- “a ment qui décide de son éternité, car le juste et l’impie ne | t à peuvent obtenir le même sort. La foi nous apprend même ne qu’il y aura deux sortes de jugements, le particulier et le ut général. Le jugement particulier est celui que chaque homtre me subit immédiatement après sa mort, sur le mal qu'il a nt fait et le bien qu’il a omis de faire. Par ce jugement son 4 sort sera fixé pour l'éternité. Aussitôt après ce jugement 28: particulier, les âmes qui, quoiqu’en la grâce de Dieu, ont is encore à satisfaire à sa justice pour des fautes légères, ou à ie raison des péchés graves pardonnés dont elles n’ont pas n- fait une pénitence suffisante, vont en purgatoire pour acheè- ver de se purifier avant d'entrer en paradis ; celles qui sont 16 exemptes de toute souillure sont immédiatement introduià tes dans la gloire; mias celles qui sont coupables de quel- La que péché sont précipitées en enfer, en attendant ia résurit | rection générale qui aura lieu à la fin du monde, ii C’est alors que se fera le jugement général, où sera conr firmée et manifestée la sentence déjà prononcée dans le jugament particulier. Le jugement général sera précédé de à signes effrayants. Notre-Seigneur lui-même nous en a tracé “a s la peinture dans l'Évangile. Il y aura des guerres, des fa- |

d mines, des pestes et des tremblements de terre; le soleil

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