‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 56 sur 141 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

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Les enfants ont auatre devoirs principaux à remplir envers leurs père et mère : ils doivent les respecter, les aimer, leur obéir et les secourir dans leurs besoins.

Le premier devoir des enfants envers leurs parents, c’est le respect. Ce respect consiste à recevoir avec docilité leurs avis et leurs corrections, à leur parler toujours avec soumission, à craindre de leur déplaire, à cacher et à excuser leurs défauts. Un père et une mère sont les images de Dieu à l'égard de leurs enfants, ils en tiennent la place ; ils sont les dépositaires de son autorité ; leur manquer de respect, c'est en manquer à Dieu même; l’injure «u’on leur fait retombe sur Celui qu'ils représentent ; aussi, dans l’ancienne loi, Dieu avait-il ordonné qu’on le punît du dernier supplice. “Si quelqu'un, dit-il, outrage de parole son père ou sa mère, qu’il soit mis à mort.”

Le second devoir des enfants, c’est d'aimer leurs parents.

- Est-il nécessaire de prouver cette obligation et ne suffit-il

pas de rappeler à un enfant bien-né tout ce que ses parents ent fait et tout ce qu'ils font encore pour lui? Ils lui ont doané la vie ; dès qu’il a été au monde ils ont pris soin de lui, et dans ce premier âge, qui demande uüne attention continuelle, ils n’ont été, pour ainsi dire, occupés que de lui; ils ont veillé sur son enfance et quelque rebutants qu’aient été les soins qui lui étaient alors nécessaires, ils s’y sont prêtés avec joie. Que de peines ne se donnent pas un père et une mère! à quels travaux ne se livrent-ils pas pour procurer à un enfant un sort heureux! Un enfant qui n’aimerait pas son père et sa mère ne serait pas un chrétien, ne serait pas même un homme, ce serait un monstre.

Le troisième devoir d’un enfant envers ses parents est l'obéissance, ‘ Enfants, dit l’apôtre saint Paul, obéissez à vos parents, car cela est juste devant le Seigneur.” C’est à cette marque que l’on reconnaîtra si vous les respectez et si vous les aimez sincèrement : un enfant qui désobéit à son père ou à sa mère, ou qui ne leur obéit qu’à regret, n’a pour eux ni le respect ni l'amour qu'il leur doit,

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parents, c’est de les secourir dans leurs besoins, par exemple, dans leurs maladies, dans la vieillesse, dans la pauvreté ; en toutes ces occasions un enfant est obligé de les aider autant qu’il est en son pouvoir. Pour sentir cette obligation, il suffit d’avoir un cœur. On doit se trouver heu-eux de rendre à son père et à sa mère une partie de ce qu’on a reçu d’eux ; manquer à ce devoir serait une monstrueuse ingratitude, il faudrait avoir étouffé tous les sentiments de la nature : aussi l’Écriture s’exprime-t-elle avec force contre ceux qui se rendent coupables de ce crime, ‘ Combien est infâme celui qui abandonne son père et com- ‘ bien est maudit de Dieu celui qui aigrit l’esprit de sa ‘“ mère en refusant de prendre soin d'elle!” Mais si un enfant doit secourir ses parents dans leurs besoins tempo. rels, à plus forte raison doit-il lèur procurer les secours spirituels dont ils ont besoin, surtout-dans leur vieillesse et dans leur dernière maladie. Plusieurs parents seront redevables de leur bonheur éternel au soin que leurs enfants auront eu de leur faire recevoir les sacrements avant leur mort.

Les enfants doivent encore exécuter fidèlement les dernières volontés de leurs parents, prier et faire prier pour eux après leur mort.

Les pères et les mères doivent quatre choses à leurs enfants : la nourriture, l'instruction, la correction et le bon exemple.

Ils doivent les nourrir, les vêtir, les élever selon leur condition.

Il est aussi de leur devoir de leur apprendre, ou par euxmêmes, ou par d’autres, les principaux mystères de la foi, les commandements de Dieu et de l'Église, et les prières qu'ils doivent réciter tous les jours. Et, en ce qui concerne le choix d'un état de vie, ils doivent les aider de leurs conseils sans jamais les contraindre, en leur laissant une pleine liberté pour répondre à leur vocation.

Ils sont obligés de veiller constamment sur leur conduite et, au besoin, de les corriger, c’est-à-dire de les reprendre lorsqu ils tombent dans quelque faute ; mais il faut qe ce

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soit avec doucour et charité et non pas avec colère et pas sion.

Les père et mère doivent beaucoup veiller sur eux-mémes, pour donner toujours bon exemple à leurs enfants et ne jamais faire aucun mal en leur présence ; au’ils soient bien convaincus que plusieurs sont damnés pour avoir été la cause des péchés de leurs enfants, pour ne les pas avoir élevés chrétiennement ou leur avoir donné mauvais exemple.

Ce même commandement ordonne aussi à tout fidèle la soumission aux supérieurs ecclésiastiques. Le pape est le vicaire de Jésus-Christ, l’é évêque diocésain est le successeur des apôtres, un curé est le père spirituel de ses paroïssiens, un confesseur est l’ange visible pour conduire au ciel ceux qui lui donnent leur confiance, tout prêtre catholique est le ministre de Jésus-Christ pour l'administration des sacrements et la rémission des péchés. Il faut donc leur témoigner en toute rencontre l'amour, le respect et l’obéissance que méritent le caractère dons ils sont revêtus et les fonctions qu’ils sont chargés d'exercer de la part de Dieu. C’est à tous les ministres de son Église que Jésus-Christ . disait : “ Qui vous écoute, m'écoute et qui vous méprise, «“ me méprise.”

C’est encore à ce commandement que se rapporte ce que saint Paul écrivait aux Romains: ‘“ Que tous, disait-il, “ soient soumis aux puissances supérieures car iln'y en a aucune qui ne vienne de Dieu. Le prince est le ministre « de Dieu pour le bien ; il est donc nécessaire de nous «“ soumettre à lui, non par crainte du châtiment, mais par « le devoir de la conscience. Rendez donc le tribut à qui « vour devez le tribut, le respect à qui vous devez le res- « pect.” -

Il y a une obligation étroite d'obéir aux lois de ceux qui ont la puissance, et tout ce qui n’est pas contraire aux préceptes divins.

Telle était la doctrine des apôtres et la conduite des premiers fidèles, quoiqu'ils vécussent sous des princes barbares et idolâtres qui faisaient mourir inhumainement une mul-

titude de martyrs, «

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Les souverains sont des hommes, ils peuvent avoir des défauts, il faut les excuser et observer encore plus à leur égard qu’envers les autres hommes les lois de l'Evangile sur la charité.

Vouloir sonder toutes leurs intentions, incriminer toutes leurs actions, c'est une témérité, une usurpation sur les droits de Dieu, dont ils tiennent la place.

Le prince des apôtres ordonne aux fidèles d’être soumis non seulement aux souverains, mais encore à ceux qui sont chargés de l'autorité, aux magistrats, qui sont leurs représentants.

Les maîtres qui sont chargés d'élever des enfants tiennent auprès d’eux le premier rang, après leurs pères et mères. Leur fonction est d'enseigner à leurs élèves là religion et les sciences humaines, de veiller sur leur conduite, de former leurs cœurs et leurs sentiments. Ils sont obligés d’avoir pour leurs disciples un cœur de père et d'en remplir les devoirs.

Les disciples, de leur côté, doivent à leurs maîtres le respect, l’amour, la docilité et la reconnaissance. Un maître consacre son temps, ses veillées, sa santé, pour former ses élèves aux sciences, aux arts et à la vertu ; il sacrifie pour eux sa literté, se réduit à une espèce de servitude ; il supporte avec patience le dégoût, l’ennui de répéter sans cesse les mêmes choses. Quels droits n’acquiert-il pas sur leurs cœurs, tandis qu’il fait pour eux tant de sacrifices ‘et qu’il leur procure des avantages si estimables! Les avis qu’il leur donne leur sont nécessaires pour éviter les dangers auxque!s les passions les exposent : c’est un frein salutaire qui les arrête et qui les empêche de tomber dans les précipices ouverts de tous côtés sous leurs pas. Les réprimandes qu’il lcur fait quelquefois ne doivent point affaiblir leur amour, s'ils sont raisonnables. Il les reprend, mais c’est par zèle pour leur avancement ; s’il les aimait moins, il ne prendrait pas tant à cœur leur éducation. Ce n’est qu’à regret qu’il use de sévérité et sa tendresse souffre toujours des reproches qu’il est obligé de leur faire.

On voit quelquefois dans le monde des hommes qui ont été gratifiés de tous les soins d’une bonne éducation et qui n’en ont retiré presque aucun profit ; ‘ils sont incapables

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